( 23 juin, 2017 )

Maman, si tu savais…

Maman, si tu savais le chagrin que me cause

La vue de ta demeure autrefois habitée,

Aujourd’hui dénudée, solitaire, oubliée,

Et ton coquet jardin aux bordures de roses,

Garni de beaux légumes pour toute la famille,

Au coin ombré de pieds de menthes et camomilles.

 

Merci à Jardinage.lemonde

 

Intarissables larmes d’un temps évanoui,

Perdu à tout jamais, le temps de mon enfance !

De toi, maman, me manque la présence,

Déesse du refuge, maîtresse du logis.

Me manquent ton sourire et ta proposition :

« Allons donc au jardin voir ce qui a poussé ! »,

Panier en main, prête à l’emplir avec bonté.

 

Nos chambrettes coquettes, large escalier de bois

Aux rampes dévalantes, les armoires aux draps blancs

Pieusement conservés, défraîchis par les ans,

Racontant les grands-mères : « Dis-moi encore une fois…. »

Et maman rappelait que cette broderie

Au fin fil de coton, c’était celle de Marie.

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Et cette salle à manger préservée des repas

Pour ne pas la salir, à cirer chaque année

Avec sa table ronde et puis le grand buffet.

Ce magique pose-plats, jouant air délicat.

Ces vieux miroirs piqués vers lesquels nous tendions

Nos frimousses d’enfants pour interrogation.

 

Les vilains souvenirs s’estompent avec le temps.

Ne restent que ces vagues de chagrin et regrets

D’une montée de dix marches, d’une cour à traverser,

D’un trottoir à franchir et d’accéder, maman,

A toi, enfin. « Bonjour, ma Lily, tu vas bien ? »

J’irais mieux si, maman, tu revenais demain.

 

Juste pour un instant à gratter tes allées, 

A cueillir les tomates, défouir les pommes de terre,

Ecosser les p’tits pois de tes doigts de fermière, 

A mijoter la soupe ou préparer le thé.

Juste quelques minutes pour savoir si, là-bas,

Dans ton beau paradis, tu as rejoint papa.

 

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Je te porte en mon cœur, ma chère petite maman,

Mais n’ai pu y loger notre vaste demeure

Qui, depuis ton grand départ vers l’ailleurs, se meurt.

Les années défilant, encore quelques paires d’ans,

Eclatée et perdue, telles ces perles de rosée,

Je pleurerai le temps de la pleine maisonnée.

 

 

( 19 juin, 2017 )

Amour de chêne et chèvrefeuille

Chev5En deux siècles de vie, j’en ai vu des intrus.

Maintes familles de lierres grimpant à toute allure,

De tapotants piverts chatouillant mon écorce et ces forts vents contraires brisant mes faibles branches.

J’ai consolé mésanges aux nids par le coucou volés.

J’ai jadis abrité un fringant écureuil jamais à court de noises.

Il m’a même fallu greloter des hivers et griller en juillet.

De l’amour n’ai connu que dame chêne là-bas, hautaine et capricieuse, qui m’a vite oublié dans les bras d’un tilleul.

Je pensais bien finir mes jours sans palpitations, tendresse ni affection.

« Il faut croire en la vie ! », répétait mon voisin le vieux frêne aujourd’hui décédé.

Il avait bien raison, le feuillu maladif ! J’ai trouvé le bonheur.

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A dix mètres à la ronde, j’embaume le jasmin. Que dis-je ? Le chèvrefeuille.

Ses longues lianes folles entourent mon tronc rugueux et ses cent mains fleuries, gorgées de suc miellé, me font tourner la tête. chev2

 

Je crois être tombé en amour de la belle végétale. Nous restons enlacés à frémir dans le vent.

Je lui chuchote ma joie d’avoir trouvé compagne.

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A mon âge, pensez !

Je suis le plus heureux des chênes.

Un chêne, un chèvrefeuille heureux ensemble ? Et pourquoi pas ?

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Ensemble et pour la vie !

Revenez dans deux siècles, si le cœur vous en dit et si Dieu vous permet, et vous constaterez, j’en suis persuadé, notre amour éternel ! 

 

Plusieurs fois par jour, mes balades me conduisent vers ce grand chêne dans le haut du champ, au pied duquel j’ai dessiné un mandala de fleurs de pierre montmartinaises. J’aime à me reposer dans le transat, profitant de son généreux ombrage. Bonheur du subtil parfum de ce généreux chèvrefeuille semblant si heureux à entourer le vieux chêne de ses lianes, fleuries en ce moment.

( 14 juin, 2017 )

Une oreille d’abbé bonne à croquer

ombilic 2 OEn cadeau d’attente pour de nouveaux rendez-vous d’écriture-lecture, cette jolie fleur d’ombilic veillant sur les tombeaux des morts au cimetière de Montpinchon.

Que peut raconter un  nombril de Vénus à ces centaines d’endormis à jamais, sous cette fine pluie diurne ou bien la nuit, au clair de lune ?

La petite succulente, vivace et saxicole, vit ici en solitaire et semble bien s’y plaire puisqu’offrant à la vue des quelques visiteurs en recueillement sa longue hampe de petites inflorescences vert pâle en forme de clochettes. La voient-ils seulement, tout absorbés par leur chagrin ? 

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Moi, je l’ai remerciée pour sa présence divertissante en attente de sortie de messe de profession de foi pour laquelle je devais faire un reportage ce dimanche midi 11 juin. De ce tour de cimetière pour passer le temps, je n’ai retenu aucun nom gravé dans la pierre, aucun ornement tombal particulier. Juste cette modeste fleur perchée au sommet d’un des deux pieux de pierre servant à je ne sais plus quoi.

Connaissez-vous les surnoms de la demoiselle en habits végétaux ?

On l’appelle ombilic, nombril de Vénus mais aussi carinet, cotylédon, coucoumelle, cymbalion, escudet, gobelet, oreille d’abbé.

Tiens, tiens ! Oreille d’abbé ! Nombril de Vénus ! Du sacré au dénudé, n’y aurait-il qu’un centimètre ?

Des confidences enregistrées par une soutane + un mur avec oreilles + la cicatrice fibreuse provoquée par la chute du cordon ombilical de la déesse de la Beauté et de l’Amour = nous sommes en pleine anatomico-ecclésiastico-végéto-nécropolo fiction !

J’observerai de plus près désormais les pavillons auditifs des prélats de la région, ne m’aventurant pas cependant à oser croquer dedans.

Préférant me contenter de quelques tendres feuilles de cette plante, comestibles lorsqu’à l’état de jeunes pousses. A dégustateur de plantes insolites salut !

( 7 juin, 2017 )

L’homme aux six prénoms

1-Connaissez-vous le si bien prénommé René Karl Wilhelm Johann Joseph Maria ?

Non, ne trichez pas en vous vite rapprochant de vos wikipedia ! Essayez un peu. 

2-Né à Prague, Hongrie en 1875, décédé en Suisse à Montreux en 1926. Il a vécu ses cinq dernières années dans le Valais suisse.

3-Marié à Clara Westhoff (1878-1954) de 1901 à 1926, sculptrice allemande.

4-Poète autrichien.

5- Sa photo d’identitéRainer Maria Rilke

5-Nom de famille : Rilke.

Aurez-vous deviné celui plus connu sous le nom de Rainer Maria Rilke, dont je découvre en ce moment la vie et l’œuvre. Un enchantement.

En cadeau, ce poème de lui, qu’il écrivit en 1924, en français, et qui embaume la rose, extrait d’un recueil de vingt-quatre poèmes consacrés à ces fleurs.

    

Merci à Jardinage.lemonde

Merci à Jardinage.lemonde

     Été : être pour quelques jours

 

 

 

 

 

Été : être pour quelques jours
le contemporain des roses ;
respirer ce qui flotte autour 
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d’autres roses absente.

 

( 6 juin, 2017 )

Babeth ne veut pas découver

La nature ayant bien fait les choses en vue de la procréation nécessaire à la survie des espèces, Babeth n’a pas été épargnée par la fièvre géline. Elle a tout récemment eu droit à la toute première hausse de température de son corps après tant de mois de généreuse et infatigable ponte.

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Notre Sussex aux plumes blanches herminées de noir ne voulant plus quitter le nid de nuit comme de jour, je lui ai gentiment expliqué que, pour maintes raisons, son attitude ne servirait à rien. Puisqu’aucun mari, amant ou paxé dans les alentours, pas de souhait de ma part d’avoir des poussins à égorger ensuite avant rôtissage, puisque gêne pour la copine Juliette dont le nid commun affichait désormais « jamais libre »  : autant de conseils pour qu’elle cesse sa couvaison. Elle, si douce d’ordinaire, n’entendait pas capituler son siège et menaça de son bec acéré ma main venue la caresser.

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J’employai donc les grands moyens et lui recouvris la tête du bol vide destiné à leur offrir le grain quotidien. Et la soulevai prestement jusqu’à la grande cage grillagée dans laquelle aussitôt elle se reblottit près de la bolée d’eau claire. 

« Pour découver une poule, il faut l’enfermer trois jours et trois nuits sans manger », pratique courante autrefois enseignée par mes parents et aussitôt mise en application.

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Ma visite triquotidienne à l’emprisonnée m’affligeait. Je la regardais tristement, songeant avec envie au jour de sa proche libération, me faisant violence pour ne pas la lâcher avant la date prévue. 

A sa sortie, cloussant et cloquant encore, gonflant et ébouriffant ses plumes, l’ex couveuse n’obtint pas le meilleur des accueils. Bien au contraire, croyant voir surgir l’ennemie, Juliette et Dame Veuve lui sautèrent dessus, la priant instamment de cesser ces couvetillages et de reprendre au plus vite les picoreries avec ses deux meilleures copines. L’épisode de couvaison babethéenne s’est achevé trois longues semaines plus tard quand la blanchette a elle-même choisi l’heure de quitter définitivement le nid. J’avais omis de vous signaler que, ne pouvant plus supporter d’emprisonner la poulette une troisième fois, je l’avais laissée agir.

( 5 juin, 2017 )

Douce soirée abbatiale

Deux filles sur les marches de l’église Sainte-Croix

Attendent à Saint-Lô la troisième mousquetaire

Pour une autre aventure vers une orée de bois,

A l’abbaye de Cerisy, un grand concert.

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En prélude, un tout jeune et gracieux poulain

Trottant tout près de sa maman vers l’écurie.

Puis cette famille colvert et son petit bambin

En traversée du charmant lac aux moines, sereins.

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Sculptures d’un autre monde sillonnent le sentier,

Qui nous rappellent qu’entre artiste et commun mortel

La compréhension peut s’avérer d’acier.

Ce que rossignol chante n’est qu’au merle rimmel.

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Enfin ces violons charmeurs et envoûtants,

Et cette verte sirène, de son papa fierté.

Sibelius honoré, un superbe moment.

Une soirée amie, comme je les aime tant !

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( 31 mai, 2017 )

Panique sous cape

brou5Les conditions idéales pour que cette panique prenne naissance puis s’incruste au profond de mon être ?

La foule, légère ou condensée. Le bruit, au-delà des décibels supportables. La non action, en attente de rien ou de si peu.

D’abord timide et tolérable, la méchante grossit à vue de minutes et s’amplifie au son des bouchons de champagne qui éclatent, au bruit des coupes qui se cognent, les yeux des trinqueurs ailleurs que dans les miens, au passage des gargantuesques platées de petits fours étouffoirs et autres amusements de bouche à base de ces saumons morts pour la bouffe ou cochonnets réduits en tranches bicolores. Ce brouhaha  hahanant, se riant d’une douce quiétude, ces gens démons fantomatiques qui passent et repassent allègrement sans vous voir, juste pour les convenances. if 6 0

Je pense et me mets alors à rêver aux opposés. Vous savez : ces petits africains au ventre proéminant qui attendant seulement une miette de tous vos gaspillages, une goutte de ce nectar d’orange qui comblerait leur gorge tarie.

Je songe aussi très fort aux amis arbres jamais à court d’ouverture de leurs ombrages et branches déployées, à mes doux chiens câlins toujours satisfaits de si peu et qui attendent mon retour.

J’en ai marre de perdre mon temps dans ces ridicules garden room parties superficielles et guette désespérément l’endroit d’où je suis arrivée, attends le bon moment pour empoigner la poudre d’escampette mais zut ! il faut encore attendre, ne serait-ce que cinq minutes …. J’avertis ma copine de droite puis celle de gauche de mon imminente fuite. Elles me retiennent un peu mais pas trop car elles ont compris !

Le malaise a maintenant atteint son maximum ! Non, de l’extérieur cela ne se voit pas. Ni rougeur ni pâleur ! Aucune crispation ! Pas de gestes désordonnés ! Tout est là-haut dans mon cerveau anéanti par ces conditions atmosphysiques insoutenables ! J’enrage, je bous, je flippe, j’éclate et pars enfin…..

Me voici libérée de ce carcan prison.

Je retourne chez moi, écœurée de cette horrible soirée, vaccinée pour combien de temps ? 

J’enfile bottes et cape puis cours là-haut au champ, suivie de mes copains canins. Et marche, marche en confiant bien vite larmes et peine à ma douce Nature qui sait me consoler. 

Puis reviens apaisée.

Après la nuit réparatrice, un nouveau jour sourit et moi aussi…. pom2O

( 24 mai, 2017 )

Retour des hirondelles

Le couple d'hirondelles. Merci à Marina Rey

Le couple d’hirondelles. Merci à Marina Rey

 

Elles arrivent enfin de leur si long voyage,

Légères hirondelles gazouillant à tue-tête.

Je guettais leur retour, elles qui, pour tout bagage,

Ont encore, sous leurs ailes, du soleil quelques miettes

Méditerranéennes.

 

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Je passerais des heures à contempler leur vol,

Bien assuré, rapide, subtil et vaporeux,

Zigzagant dans l’azur puis plongeant vers le sol,

Acrobates planant, spectacle gracieux

De ces jolies arondes.

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Cherchent déjà l’endroit où construire leur nid.

Le même que l’an passé, c’est là leur  préférence.

S’il est endommagé, le voilà  rebâti.

Et s’il a disparu, autre projet se lance

Du plus rapidement.

resultat Peinture chinoise. Merci à l’artiste

Toujours très affairées, les gracieuses fendent l’air

A la recherche d’un insecte, d’un moucheron

Pour nourrir leurs petits car elles sont bonnes mères,

Déjà depuis matin jusqu’au soir en action,

Pour cinq becs à nourrir.

 

Peinture chinoise

Peinture chinoise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’aime ces belles infatigables voyageuses.

Chaque nouveau printemps, je guette leur arrivée.

L’été venu, de leur portée m’enquiers, anxieuse !

Déjà l’automne vient, qui fait fuir les couvées !

Pourvu qu’elles passent l’hiver !

( 23 mai, 2017 )

Homme de bois

Près de l’homme asexué je me repose.

Une drôle d’histoire, cette mutilation, que je vais vous conter ! Un être de type masculin dont le membre viril a été sectionné. Dame Nature ayant œuvré à l’aide de ses coups de baguette temporelle, par personne interposée.

Si je ne sais la cause réelle de cette anomalie, je l’imagine provoquée par un individu minus genre mus musculus ou microtus agrestis, un débauché venteux, même un nommé Indra, voire un Jupiter jaloux.

Près de lui, la quiétude enfin trouvée d’une éternité sans dégraffage de chemisier, retroussage de jupon ou froissage de draps. La sérénité de jours et nuits, frileux matins et longues soirées, énivrés de tendresse, de joie, de rires et de partage, de regards partagés sans arrière-pensée, de pureté virginale et de parfums subtils.

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A l’abri des regards, je le contemple, toute en silence, lui de même. Seuls mésanges et merles, grives et moineaux nous offrent leur sérénade, perchés sur les multiples branches du vieux chêne. Le soleil voudrait bien, le coquin ! assister à la scène, savoir ce qu’il en est entre ces êtres-là et envoie prestement ses rayons à l’assaut de l’endroit. Mais les branches touffues ne laissent rien entrer de ses rais curieux.

Il n’est pas très bavard, mon compagnon de bois. Même trop réservé, certains jours, à mon goût ! Je sais bien qu’il m’écoute mais les réponses tardent et me manquent un peu. Je me console et dis que le silence est d’or. Je lis dans les pensées de ses cellules privées d’écorce et cela me suffit. Il faut bien se faire une raison. Peut-être est-ce le lot des  hommes asexués ! Tristes et peu loquaces puisque se sentant diminués.

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Je le rassure constamment, l’invite à partager son cœur. Cela nous suffirait bien largement ! D’ailleurs de tête il est aussi privé  ! Voyez donc son portrait ! 

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Ami de bois, mon compagnon agreste, je t’ai, il y a bien des mois, du feu ou de la tronçonneuse sauvé. Repose en paix et attends ma visite quasi quotidienne ! J’arrive de ce pas, à l’autre extrémité du champ, là où tu te caches et m’attends depuis bientôt cinq ans !

 

( 17 mai, 2017 )

Visiteuses ailées

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Sagement assise près du talus dans le champ,

Je lisais. Autour de moi, les chiens en liberté

Gambadaient et flânaient, chaque museau au vent.

Tous six heureux de ce midi ensoleillé,

Au beau milieu de la généreuse nature,

Du jour l’humble voyage et la simple aventure.

Merci à Insecte.org

Merci à Insecte.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la page douze est arrivée une demoiselle,

Longues et fines pattes légères, abdomen vert.

Petite mouche s’est mise à galoper, rebelle

A mon conseil d’un autre itinéraire

Lui offrant la vie sauve, et moi la page suivante,

Evitant le massacre de l’espionne confiante.

Merci à wikipedia

Merci à wikipedia

 

 

 

 

 

N’osant interrompre la marche du moucheron,

J’ai stoppé tout net ma lecture pour contempler

Le diptère volant en pleine ascension

D’un Ev’rest de mots de Franz Olivier.

Vous aurez reconnu Giesbert, l’écrivain,

Mon auteur favori, et de l’insecte nain.

Merci à Gerbeaud.com

Merci à Gerbeaud.com

 

 

 

 

 

 

 

 

Un autre a succédé, tout de rouge vêtu,

Chassant le précédent envolé vers  les cieux.

« Pourrai-je bientôt quitter la page déjà lue

Ou suis-je condamnée par ces petits curieux

A la relire encore une centaine de fois,

A l’apprendre par cœur, eh ! pourquoi pas, ma foi ! »

Merci à insectes.net

Merci à insectes.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sentir en ces insectes toute la beauté du monde

Et respecter la vie même dans sa petitesse,

Goûter du temps qui passe chaque seconde.

Apprécier l’harmonieuse délicatesse

D’une sauterelle dansant sur une page écrite

Et vouloir protéger l’innocent sans limite. 

 

 

 

 

 

( 15 mai, 2017 )

Philomela , la musicienne

Grive musicienne, song trush (en anglais), Sing Drossel (en allemand)

Musicienne elle l’est certes, la grive qui chaque jour m’offre son riche répertoire de tant de chants d’oiseaux. Je reste à l’écouter, toujours émerveillée par ces airs frais et gais lancés de ce petit cerveau vers l’infini des cieux.

La chanteuse ne se laisse pas facilement approcher !

La chanteuse ne se laisse pas facilement approcher !

Merveilleuse copieuse, turdus philomelos, tel est son nom latin, au sommet du grand chêne, sur une branche du frêne ou dans le merisier, s’égosille à tue-tête, comblant l’air auroral de sons multicolores.

Est-ce dans le berceau-nid qu’elle apprend de son père toutes ces mélodies variées et puissantes, qu’elle reproduira sans jamais se lasser ?

Qu’a donc Philomela à faire avec la grive, me direz-vous ?

Cette jeune fille de la mythologie grecque à laquelle, après l’avoir violée, le méchant Térée, roi de Thrace, époux de sa sœur Progné, coupa la langue ! Et qui, transformée en rossignol, continue à pousser indéfiniment ses lamentations. 

Puisant dans cette mythologie, le pasteur allemand Christian Ludwig Brehm (1787-1864), féru d’ornithologie, l’a ainsi nommée en 1831.

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Source d’inspiration pour d’autres savants puisqu’il existe le rossignol Philomèle, superbe chanteur et l’hirondelle parfois surnommée Philomèle, bien au contraire privée de voix.

Notre ami fabuliste Jean de la Fontaine a, lui aussi, succombé à ce mythe et nous a offert cette fable, toujours étonnamment d’actualité.

           
« Autrefois Progné l’hirondelle
            De sa demeure s’écarta,
            Et loin des villes s’emporta (alla)
Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle.
«Ma soeur, lui dit Progné, comment vous portez-vous?
Voici tantôt mille ans que l’on ne vous a vue:
Je ne me souviens point que vous soyez venue,
Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous.
            Dites-moi, que pensez-vous faire?
Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire?
-Ah! reprit Philomèle, en est-il de plus doux?»
Progné lui repartit: «Eh quoi? cette musique,
            Pour ne chanter qu’aux animaux,
            Tout au plus à quelque rustique? (paysan)
Le désert est-il fait pour des talents si beaux?
Venez faire aux cités éclater leurs merveilles.
            Aussi bien, en voyant les bois,
Sans cesse il vous souvient que Térée autrefois,
            Parmi des demeures pareilles,
Exerça sa fureur sur vos divins appas. 
– Et c’est le souvenir d’un si cruel outrage
Qui fait, reprit sa sœur, que je ne vous suis pas:
            En voyant les hommes, hélas!
            Il m’en souvient bien davantage.»

 

( 1 mai, 2017 )

Edenique aperçu

A peine sortis du ventre de leur maman, les bébés jumeaux, garçon et fille, se sont mis à téter, ce midi 1er mai, le tiède lait du pis tendu par la jolie vache normande.

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Tendre spectacle. Mais si un œil pleure de joie du présent, l’autre déjà larmoie de l’avenir.

Saisir ce tableau à l’instant, le graver à jamais.

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Un jour peut-être, ce sera autrement. 

Sont-ils nés dans le mauvais siècle ? Le prochain millénaire sera-t-il indemne de ventres nourris d’animaux ? J’ose l’espérer…

Ephémère image de paradis, illusion d’un monde de douceur, de tendresse, dans lequel les petits veaux pourraient grandir près de leur mère.

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Futur cauchemar provoqué par la proche séparation de ces êtres innocents, dès demain.

Mains cruelles et injustes les empoignant vers la solitude de l’étable. Le chagrin diminuant, les jumeaux orphelins trouveront des amis de semblable condition.

On s’habitue à tout !!

La maman sera, elle aussi, conditionnée pour une ou deux autres naissances l’année prochaine et les suivantes jusqu’à usure puis abattoir. Un ou plusieurs chagrins de plus avant de retourner brouter l’herbe du champ.

On s’habitue à tout ?

Dans le champ d’en face, l’Eden bientôt perdu. Sur l’écran de face, la France en déchirance ! 

Mon cœur sanglote un peu plus chaque jour. Le monde devient fou, cruel, sans cœur, oublieux de l’Histoire, renouvelant les horreurs déjà subies.

Je ne m’habituerai jamais à ça !

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Demain la vache pleurera, ses deux petits aussi. La moitié des Français hurlera sa colère contre ces cinglés du parti ennemi. Pendant que l’autre moitié applaudira à la future Shoa, à la recréation de l’esclavage, au sectarisme, au barbarisme, à la traitrise, au racisme et à la destruction de tout ce que nous avons patiemment acquis pour la paix de l’Europe.

Le monde est fou !

Comment vivre sur terre en paradis ?

( 26 avril, 2017 )

Vivre avec son coeur…

Valse n° 15 opus n° 39 Johannes Brahms, interprétée par Jeno Jando.

 

Pendant que je conte mes histoires sur le blog, dans ma tête me viennent régulièrement ces pensées : « Tu ferais mieux d’astiquer tes meubles ! Et ces vitres de la véranda, va donc les briquer ! La poussière, tu l’as faite cette semaine ? Et cette étagère toute en désordre, quand vas-tu t’y mettre ?  »

Je préfère écrire ! Tant pis !! C’est ainsi !!!

narcisses 2 OVivre avec son cœur, non point la main collée au chiffon à poussière, au balai mécanique ou électrique, à la cire à meubles ou au pschitt à vitres.

Vivre avec son cœur car les actions ainsi accomplies sont bienfaisantes, réjouissantes, enrichissantes, multicolores, parfumées et savoureuses.

Mon cœur palpite au son des touches de ce clavier, rendez-vous quotidien incontournable avec vous, avec moi-même, avec cette vie qui m’entoure, la nature, les animaux, les souvenirs, les espoirs, les enfants, les ami(e)s.glycine 5 o

Confier à la page blanche  ce qui doit être dit.

Choses insignifiantes, petits riens d’un parcours, aperçus fugitifs  : d’un minuscule ru au fond de la prairie jaillit une cascade au flanc de la montagne. Et je m’emporte et je m’étends, avide de tout vous livrer, pour la joie de nous lire, de nous écrire, de passer un petit moment en votre compagnie, autour d’une tasse encore fumante, pleine de signes de notre belle langue française, délicatement remués avec cuiller en plume, patiemment assemblés jusqu’au point terminal. bal 5

Une fois publiée, tel un pigeon voyageur porteur d’un petit message, la page est offrande non timbrée, partage libre et gratuit.

Et peut-être sourire aux lèvres du visage d’en face ! Vivre avec son coeur... dans CROQUENOTES louis-et-denise-mes-parents

( 25 avril, 2017 )

Cet exquis oranger du Mexique…

 

Nun stehen die Rosen in Blüte Johannes  Brahms

Quelle bonne idée a eue, il y aura bientôt deux cents ans,  cet Aimé Goujaud-Bonpland (1773-1858),  chirurgien rochelais et botaniste de renom, de rapporter lors d’une de ses nombreuses expéditions en Amérique du sud, quelques plants de cet oranger… sans oranges. choisya 2Et ainsi de me permettre de poser yeux et nez sur ses merveilleuses fleurs délicieusement parfumées ! Des centaines de petites étoiles immaculées éclatant sur le feuillage vert anis. Tellement généreuses qu’elles réapparaissent à l’automne, plus timides, souvent surprises par les premiers frimas. Qu’à cela ne tienne ! Au printemps suivant, les voici illuminant l’endroit. choisya 3

L’arbuste se nomme Choisya ternata, cousin germain de l’oranger mais ne produisant jamais d’oranges. Les Anglophones l’appellent d’ailleurs faux oranger (mock orange).

Choisya, en l’honneur du philosophe et botaniste suisse Jacques Denis Choisy (1799-1859).

Et ternata parce que mot latin désignant « regroupé 3 par 3″, en parlant des feuilles et des fleurs.

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Mouton, poules et chiens se réfugient souvent sous le feuillage dense de l’arbuste. Apprécieraient-il, eux aussi l’enivrant parfum du végétal ?

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( 19 avril, 2017 )

Hymne aux fleurs de mon verger

pom 1 0Pureté virginale de la fleur du poirier,

Pétales veinés d’incarnadin chez le pommier,

Au sauvage cerisier immaculées corolles,

Flocons de Reine Claude déjà dans leur envol !

Féérie des clairs printemps, beautés éternelles !

Ma Religion, ma Bible, la paisible nature

Et ses joyaux que, chaque saison, elle nous procure.

Déité sans pareille, Parfum incomparable

De cette vie trop souvent pitoyable !

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( 17 avril, 2017 )

Les secrets de l’île Pamplemousse Epilogue

 

 

 

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JJF et le dodo de l’île Maurice

 

 

Hélas non, l’oncle Jean Joseph Fauchon n’a pas rencontré de dodo pendant son séjour d’un quart de siècle sur l’île volcanique de l’océan indien. Pour cause, car le dernier des volatiles qui ne savaient plus voler s’est éteint vers les années 1690. Les secrets de l'île Pamplemousse Epilogue dans HISTOIRES DE FAMILLE : puisons dans le passé 170px-DodoMansur

 

Pourquoi l’animal a-t-il disparu ?

Ce très gros cousin germain des pigeons, endémique de l’île Maurice, au plumage grisâtre, aux ailes très courtes et aux robustes pattes, devait peser vers les 25-30 kg. 170px-Dodo dans HISTOIRES DE FAMILLE : puisons dans le passéParce qu’il n’avait aucun prédateur avant l’arrivée de l’homme, notre pigeon géant n’avait peur de rien, pas même de ces espèces bipattues elles aussi, venant d’Europe à la conquête de tout ce qu’elles rencontraient, pillant et tuant tout sur leur passage : les hommes. Y compris ces gros poulets bons à rôtir de suite même si, paraît-il, leur viande n’était pas très succulente. Bel et bien disparu à tout jamais, ce dodo !

Petite leçon d’anglais, à ce propos.

« Dead as a dodo », disent nos compatriotes brexitains. « Aussi mort qu’un dodo ».170px-Dronte_17th_Century

Ou encore « To go the way of the dodo », « prendre le chemin du dodo » = disparaître.

Je vous souhaite de ne pas encore prendre ce chemin pour profiter de la vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

( 15 avril, 2017 )

Les secrets de l’île Pamplemousse Chapitre 3

Foi de Fauchon ! Puisque la famille de JJF a attendu trois longues années que frère, oncle ou cousin daigne réapparaître et fouler enfin le sol manchois, vous pouviez, vous aussi, patienter une courte journée afin de connaître la suite de l’histoire véridique !

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Nous sommes en 1821. Deux voiliers à l’horizon du port de Granville. Les trois-mâts sitôt accostés, de l’un débarque l’homme en soutane qui s’empresse, faute de portable, smartphone ou Iphone, de commissionner un messager pour prendre la diligence et aller prévenir, à Ouville, son neveu Jean-François Fauchon des Taillis.

« Tu diras à mon cher neveu qu’il m’envoie quelques-uns de ses domestiques pour m’aider à décharger mes bagages, (mes sacs de pommes de terre, dit la légende !). » 

La carriole parut, aux chevaux, bien lourde à tirer sur le chemin du retour. Car ces patates étaient en or. Deux vaisseaux chargés de sacs d’or ! Lingots et pièces sonnantes et trébuchantes vite investis en l’achat du château tourvillais de la branche aînée des Costentin de Tourville, ancienne demeure du grand maréchal de France Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville (1642-1701).

A noter que JJF avait déjà préparé son retour de milliardaire puisque, un an avant de quitter l’île Maurice, le 3 septembre 1817, il avait chargé maître Piton, un notaire de Coutances, de lui réserver ce beau manoir tourvillais de la Vallée pour la coquette somme de 50 000 francs-or, avec terres et dépendances.

Photo du manoir de la Vallée, transmise par Annie Drieu, une autre cousine de l'oncle aux milliers d'écus, que je remercie.

Photo du manoir de la Vallée, transmise par Annie Drieu, une autre cousine de l’oncle aux milliers d’écus, que je remercie.

 

Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville. Merci à Wikipédia

Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville. Merci à Wikipédia

L’amiral était décédé depuis plus d’un siècle à cette époque. Vous avez croisé son imposante statue trônant dans le bourg de Tourville !

Amiral de Tourville. Merci à Wikipédia

Amiral de Tourville. Merci à Wikipédia

Annie Drieu, une autre descendante des Fauchon, bien renseignée, me signale un détail d’importance qui expliquerait ce mystère de la vie du prêtre entre 1818 et 1821. « Le cadastre de l’île de France fait état d’une propriété agricole au nom de Fauchon et ce alors même que notre curé y était installé ». S’il a mis tant de temps entre la décision de quitter l’île et son arrivée à Granville, c’était peut-être le temps nécessaire à « liquider ses avoirs fonciers et intérêts dans l’île« , note-t-elle. Bizarre, bizarre, un prêtre si riche !!!! 

Quant à ce manoir de la Vallée, toujours existant mais très modifié, s’il a été acheté par l’oncle milliardaire en 1817, il est resté dans la famille Fauchon jusque dans les années 1880, signale-t-elle.  

Nombreux autres achats de rentes de l’Etat, de terres à Trelly, Ouville, Saint-Pierre de Coutances, Saint-Denis-le-Vêtu, Une maison à Coutances, une autre à Saint-Lô où il s’installera jusqu’à sa mort le 10 janvier 1836, à l’âge de 78 ans. Pas fou, le saint homme, qui testa le 18 septembre 1835, à peine quatre mois avant de trépasser, en faveur de son cher neveu Jean-François Fauchon Le Taillis (1775-1866) d’Ouville, qui deviendra du jour au lendemain riche à millions, et le frère de celui-ci, Denis Florentin Fauchon La Fosse (1782-1852) de Saint-Denis-le-Vêtu, qui habitait à la Petite Barbouyère, la demeure dans laquelle était né JJF. L’abbé cependant généreux « fit de nombreux legs aux communes dont deux à Saint-Denis-le-Vêtu pour aider les indigents, les vieillards et instruire les enfants, outre 80 ares à la cure de la paroisse à charge de faire célébrer douze messes l’an pour le repos de son âme, fondation épargnée en 1905« , notait Michel Vergé-Franceschi, historien et professeur d’Histoire Moderne à l’université François Rabelais de Tours. « Tiens, tiens, le repos de son âme n’eût-il pas été d’emblée acquis ? », me dis-je. Notre oncle avait-il quelque chose à se reprocher ? Dernière bonne action : à son petit neveu Frédéric Fauchon (1809-1870), le frère aîné de Florentin Fauchon (1813-1887), père de mon arrière grand-père Cyrille Fauchon (1862-1928), arrière grand-père dont je me souviens vaguement de l’épouse Marina (1867-1952), mon arrière grand-mère, à son petit neveu donc, prêtre lui aussi, l’oncle de l’île Maurice léguait les meubles de sa maison de Saint-Lô, 500F de rente annuelle viagère et la jouissance de sa maison de Saint-Lô, laquelle devrait être annexée, à sa mort, selon son vœu, au couvent du Bon Sauveur et qui devint en 1870 le presbytère de la communauté. 

 

Le 2 septembre 1885, la veuve du neveu héritier mort sans postérité depuis 19 années, Rosalie Desbarres, alors à l’agonie puisqu’elle décéderait le lendemain, et sa sœur Euphémie devenue sœur Saint-Bernard, remettaient un sac d’or pour reconstruire la chapelle des Augustines de Coutances. On dit que plusieurs belles armoires normandes que possédait l’hôpital de Coutances venaient du legs du curé Fauchon.

Il est facile d’être généreux quand on est riche !

 

Derniers imprécis petits détails : ma grand-mère possédait trois minimes objets provenant de l’oncle de l’île Pamplemousse, un bocal à pruneaux, une loupe et…… mais pas une seule pièce d’or !

Sources : Histoire de Saint-Denis-le-Vêtu, fascicule de l’abbé Henri Legoupil.

            Les Fauchon de Michel Vergé-Franceschi

            Les récits oraux de maman et ma grand-mère Angélina Lejolivet, née Fauchon. 

 

 

 

 

 

( 13 avril, 2017 )

Les secrets de l’île Pamplemousse Chapitre 2

Symphonie Du Nouveau Monde No.9, En Mi Mineur,.mp3

Revenons à notre mouton en soutane, ou plutôt à notre abbé Jean-Joseph Fauchon, né au hameau de la Petite Barbouyère à Saint-Denis-le-Vêtu le 19 avril 1758, baptisé, le lendemain, par son oncle Jacques-Jean, le vicaire. Décidément, encore un curé Fauchon !

Certainement le nez dans les études jusqu’à l’âge de 28 ans et le voilà nommé acolyte en 1780. Non, rien à voir avec l’emploi de boissons alcoolisées, rassurez-vous ! Non, le rôle de JJF, c’est d’accompagner le prêtre et le diacre pour leur rendre tous les services possibles lors de la liturgie d’un sacrement. Bref, un grand enfant de chœur qui, l’année d’après, on est en 1781, deviendra sous-diacre. Enfin nommé prêtre à 26 ans, sans ministère.

 

Voilier. Merci, Wikipédia

Voilier. Merci, Wikipédia

Comme il n’est pas fonctionnaire, JJF n’aura pas à prêter serment à la Révolution mais s’enfuira quand même avec son oncle baptiseur et le curé local vers Jersey pour échapper aux persécutions et à la coupeuse de têtes bien aiguisée nommée guillotine.

Plusieurs milliers de prêtres réfractaires et notre JJF se réfugieront à Jersey pendant la Révolution.

Plusieurs milliers de prêtres réfractaires et notre JJF se réfugieront à Jersey pendant la Révolution.

Pour notre exilé ecclésiastique, pas question de rentrer en Normandie !

 

Notre prêtre se révèle une âme de globe-trotter et s’embarque pour l’Isle de France (Maurice). Combien de jours de bateau ? Un mois peut-être ?

Quelle drôle d’idée !  Pour y évangéliser les autochtones ? Par envie d’exotisme ? Pour s’enrichir ? Notre tonton pasteur a hélas emporté son secret dans sa tombe !

Sur l’île peuplée de 45 000 habitants à cette époque, sept prêtres seulement. Quinze ans plus tard, il n’en resterait que trois dont JJF.

Le voilà curé à Saint Julien de Flacq puis à Saint François d’Assises de Pamplemousses. Ca y est ! Le premier secret est levé ! Ecrivait-il à sa famille proche : « Je suis à Saint François de Pamplemousses » ? Famille qui annonçait aux autres membres : « L’abbé est à Pamplemousse ! »  D’où l’inexactitude parvenue jusqu’à ma grand-mère qui me l’a retransmise en évoquant l’oncle de l’île Pamplemousse, alors qu’il s’agissait de l’Isle de France ou île Maurice.

Saint François de Pamplemousses existe toujours. Situé dans le district du Nord-Ouest de l’île.

Le district de Port Louis où se trouve Saint François de Pamplemousses.

Le district de Port Louis où se trouve Saint François de Pamplemousses.

Son église, l’un des trois plus vieux édifices religieux de l’île, a été bâtie en 1756. Toute en pierres noires volcaniques.

 

L'église Saint François de Pamplemousse

L’église Saint François de Pamplemousse

C’est donc dans un édifice quasi neuf qu’officiait le grand oncle.

Vue du jardin botanique

Vue du jardin botanique

A deux pas du jardin botanique  débuté par Bertrand Mahé de la Bourdonnais, amiral et gouverneur de l’île,  et achevé par Pierre Poivre

Buste de Pierre Poivre à l'entrée du Jardin Botanique de 37 ha.

Buste de Pierre Poivre à l’entrée du Jardin Botanique de 37 ha.

 

vers 1770.

Vue du jardin botanique

 

Après un quart de siècle passé à 9 658 kilomètres de sa famille, le 3 juin 1818 JJF décide de rentrer au pays natal. Or le second mystère ne fait que commencer car notre abbé voyageur ne réapparaîtra au port de Granville que trois ans plus tard, en 1821, avec deux voiliers chargés de …………

La suite à demain, si vous le voulez bien.

 

( 12 avril, 2017 )

Les secrets de l’île Pamplemousse – Histoire vraie – Chapitre 1

The Apache Honoring Song tiré de Ballades Des Indiens d’Amérique  par Walela Feat. Rita Coolidge

Enfin j’ose m’attaquer à cette histoire de l’oncle Fauchon. Je dois l’écrire en plusieurs chapitres, je risquerais de vous fatiguer et moi de même, avec un long texte. La patience étant donc mère de toutes les vertus, soyez…..patients.

J’ai souvent entendu maman et sa maman, ma grand-mère Angélina, née Fauchon, arrière-arrière petite nièce de notre héros Jean Joseph Fauchon, évoquer l’île Pamplemousse.

L'île Maurice

L’île Maurice

 

Je ne la trouve, hélas, dans aucune note historique. Une chose est quasi certaine, cette île mystérieuse est l’île Maurice actuelle. Il est vrai que l’île, au gré des visiteurs, a connu abondance de noms. Appelée Dina Arobi, au Moyen-Age, par les navigateurs arabes puis Cirne, début XVIe sècle, par les Portugais, Maurice par les Hollandais, à la fin du même siècle, en l’honneur de leur futur souverain Maurice de Nassau, prince d’Orange.

Maurice de Nassau

Maurice de Nassau

 

Et nous, les Français, l’avons rebaptisée Isle de France mais l’avons perdue en 1810 au profit des Britanniques la renommant Maurice.

En créole, Moris, et en hindi मॉरिशस.

Détail capital : JJF (appelons ainsi l’ancêtre) était, le 8 février 1793, curé de la paroisse de Saint-Julien de Flacq.

Le district de Flacq

Le district de Flacq

Or Flacq, c’est le plus grand des neuf districts de l’île volcanique. Je vous laisse savourer les délicieux noms créoles des autres villages du district.

Fait-il bon habiter aux Quatre Cocos, au Trou d’Eau Douce ou à Lalmatie ?

Nom population
Lalmatie 10 404 habitants
Brisée Verdière 7 374
Médine-Camp de Masque 7 244
Poste de Flacq 7 133
Bon Accueil 6 553
Laventure 6 171
‍ Écroignard 5 952
Sébastopol 5 745
Quatre cocos 5 724
Trou d’Eau Douce 5 665
Camp de Masque Pavé 4 520
Camp Ithier 4 401
Olivia 3 980
Quatre Sœurs 3 515
Saint Julien d’Hotman 3 335
Saint Julien 3 188
Queen Victoria 3 025
Camp de Masque 2 721
Grand Rivière Sud Est 2 472
Mare La Chaux 2 058
Clémencia 1 835
( 11 avril, 2017 )

Symphonie safranée

 

Sehnsucht nach dem Frühlinge  ou Komm lieber Mai  Mozart

Symphonie du printemps, chaque an renouvelée,

Pissenlits Florin d'or

Pissenlits Florin d’or

Talus en fête, prairies fleuries, jolis murets,

Ficaires fausses renoncules jaune soleil

Ficaires fausses renoncules jaune soleil

Dominances d’ocre, canari, jaune poulette,

Primevères, jaune citron ou poussin

Primevères, jaune citron ou poussin

Pointillés de violettes, d’asters, de pâquerettes.

Epineux ajoncs jaune paille

Epineux ajoncs jaune paille

 

 

Tant de beautés offertes, harmonie des couleurs,

Ne froissez pas les ficaires en les baptisant boutons d'or !

Ne froissez pas les ficaires en les baptisant boutons d’or !

 

 

Subtile délicatesse, mélodie du bonheur.

Jonquilles, langueur d'amour.

Jonquilles, langueur d’amour.

Mon cœur se réjouit du concert que donnent les fleurs,

Primevères tendresse, affection pure

Primevères tendresse, affection pure

 

 

 Bel hymne du silence, de la fête en couleurs. 

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