Un blog, c’est peut-être vivre… en pensant aux autres

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Ecrire, écrire pour soi puis refermer la page ! N’y plus penser, ne pas partager ! A quoi bon !

Ecrire pour soi, c’est une certaine libération, un moyen de chasser ses démons, de se connaître, de se prouver qu’on existe un peu.

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Ecrire pour les autres (sur le blog) devient un rendez-vous d’amitié, un moment de bonheur en plus, celui de dire à l’autre les petits actes ou gestes positifs de la journée (gardons les négatifs  sur le non blog) .      

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   Primevères du jardin

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Lettre posthume de Jojo le camarguais à Fafa le breton

  

Avant de quitter ce vil bas monde, je me devais, cher cousin espagnol, de te conter le triste sort des camarguais de mon espèce en évoquant d’avance ce qui bientôt me sera réservé. Car je viens d’apprendre d’un ami à l’oreille baladeuse que mon matricule a été tiré au sort ainsi que celui de dix copains de la bande. Pour que, bien cher *Fadjen, tu fasses part au monde entier de cette coutume archaïque et barbare qui consiste à torturer et mettre à mort un animal sous les yeux et les ovations de spectateurs de tous âges, fanatiques et sanguinaires. 

Pense, en tout premier lieu, à signaler à Frédéric Mitterand que si son peuple de bipèdes peut être fier de sa tarte Tatin, de sa quiche lorraine, de sa dentelle d’Alençon et de ses tapisseries d’Aubusson, tout être normalement constitué devrait avoir honte de revendiquer l’attachement à cette coutume barbare. « C’est une décision honteuse, écœurante, indécente, ignoble et lâche qui déshonore notre peuple», disent les gens de cœur. Honte à lui et à tous ceux de ces stupides gratte-papier des ministères qui n’ont jamais pensé une seule seconde  que nous, les animaux, naissons, rions, pleurons, enfantons, souffrons, hurlons, agonisons et mourons comme eux ! Honte à ceux qui ont inscrit cette cruelle pratique au patrimoine immatériel de la France, une soi disante « mesure de sauvegarde en soi » ! Qu’y a-t-il de plus important à sauvegarder ? Une coutume ou bien une vie ? 

N’oublie pas de joindre à ton courrier une seule paire de banderilles, proportionnellement au poids du ministre, comparé au nôtre qui en reçoit trois ou quatre paires avant l’estocade finale. A son bon choix de se les planter ou faire planter dans la fesse, le bras ou le ventre ! S’il en redemande, trouve-lui l’adresse du meilleur fournisseur de ces bâtons d’environ 80 cm de long, terminés par un harpon et recouverts de papier de couleur.

Pense aussi, mon cher ami, à renouveler ton courrier à destination de messieurs et dame Fillon, Sarkozy et Bachelot, *aficionados de ce genre de pratique stupide et sadique, assoiffés de notre sang ! N’oublie pas le post scriptum suivant, ma phrase préférée de l’écrivain auteur de L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera : «Le véritable test moral de l’humanité, ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci: les animaux ». En pièce jointe-cadeau, tu glisseras un ou deux cauchemars de nos misérables fins adaptées à leurs personnes, à consommer dans l’une ou l’autre de leurs dix prochaines nuits après réception du courrier. Toi qui désormais as le loisir de brouter l’herbe tendre des près bretons, sais-tu à quoi tu échappes ? Campe-toi fort sur les quatre pattes et lève bien haut les oreilles. Eloigne tes plus jeunes amis du champ car il y a forcément rectangle blanc. 

 De ma maman j’ai été éloigné très jeune. Je sais seulement que pour enfanter un futur taureau de combat, elle a dû subir l’épreuve de la « tienta », devant prouver sa bravoure à la réception d’une sorte de banderille enfoncée dans ses chairs par un picador.   D’elle je porte fièrement le nom : Jojo pour Josito, fils de ma mère Josita. 

De mon père dont ma mère a obtenu la semence par voie anormale, non naturelle, j’ai appris que lui aussi a dû faire ses preuves en étant sauvagement projeté à terre sous le choc de la piqûre d’un aiguillon. Sa combativité a été jugée sur sa réaction après s’être relevé.

Ma première douleur à moi, je l’ai ressentie à la triple pose du fer sur la fesse (le fer de l’éleveur), sur le flanc (un numéro d’ordre) et sur l’épaule (le dernier chiffre de mon année de naissance). Une fois la brûlure apaisée, il restait trois fort jolis tatouages en somme ! 

Ensuite j’ai cru au paradis sur terre dans ma ganaderia : farniente et broutage des végétaux méditerranéens camarguais sur des centaines d’hectares. Un paradis avec apparitions occasionnelles de bipèdes juchés sur monture hippique ou motorisée. Un eden aux herbes rases, aux sols craquelés sur lesquels nous devions parfois nous contenter de grignoter la salicorne ou la saladelle si salées, un paradis de pâture au milieu des roseaux et des flamants roses ! Mais en liberté !

 Jusqu’au jour d’hier où je me suis retrouvé encerclé par un groupe de gardians à cheval vociférant et hurlant, enfermé dans un clos et soudain propulsé taureau cocardier, en compagnie d’une dizaine d’amis. Et notre calvaire a commencé. 

Tu n’imaginerais pas les dix pratiques barbares les plus courantes dont ces brutes d’humains sont friands ! ! ! 

1-Douloureux sciage, à vif, de nos élégantes, longues et fines cornes. A la prochaine visite chez leur dentiste, qu’ils demandent à se faire scier une dent vivante sans anesthésie, ces ignobles sauvages ! 

2-Coups de pieds, de planches pour nous rendre encore plus agressifs ! 

3-Aiguilles cassées insérées dans nos testicules pour nous éviter de nous asseoir ou de tomber pendant le combat. Dans cet état, nous serons transportés vers la ville taurine dans des caissons de contention, de longues heures sans bouger, sans eau ni nourriture, dans une chaleur asphyxiante. Je sais que juste avant le combat, les immondes brutes prolongeront notre calvaire. 

4-Coton enfoncé dans les naseaux pour rendre plus difficile notre respiration. 

5-Vaseline dans les yeux pour nous désorienter. 

6-Essence de térébenthine sur nos pattes pour provoquer des brûlures et nous empêcher de rester tranquilles. 

7-Sabots limés à vif jusqu’à la chair. 

8-Tranquillisants, hypnotisants, sprays paralysants jetés sur nous pour achever de nous déboussoler. 

9-Une trentaine de sacs de sable jetés l’un après l’autre sur chacun de nos dos juste avant l’entrée dans l’arène. 

10-Pour le moral, les cris, les insultes de toutes sortes.   

Et j’oublie ce qui se pratique ailleurs car, mon cher cousin, tu ne me croirais plus ! Il me resterait à te conter l’apothéose de la souffrance, l’apologie de la cruauté, les tocades, la graduation des violences, l’estocade finale…

Mais, vois-tu, je suis soudain apeuré, énervé, découragé, démoralisé, fatigué, écœuré… Toi qui le peux, dis haut et fort notre calvaire. Pour que cesse à jamais le terrible carnage !   Demande que soit exigé le retrait immédiat de cette décision abjecte, de cette infamie qui autorise l’état à subventionner, avec nos sous, la torture des animaux, faisant de chaque citoyen français un barbare.  Demande que soient abolies la corrida et tous les autres jeux de tueries des animaux ! 

« La corrida n’est ni un art, ni une culture, mais la torture d’une victime désignée, avec, autour, des badauds qui regardent. » a dit Emile ZOLA il y a plus d’un siècle. 

« Corrida basta », clame l’écrivain Christian Laborde qui ajoute : «L’homme est-il encore un homme, un être de culture, un honnête homme quand il écorche, humilie, torture et tue un animal afin que jouisse la plus grande salope que la terre ait jamais portée : la foule?» 

Porte-toi bien, Fafa, pense fort à nous, les malchanceux et adieu !  

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*Fadjen : jeune taureau sauvé des arènes et de la torture tauromachique par Christophe, un breton d’Ille-et-Vilaine.

Devenu la mascotte du CRAC Europe (Comité Radicalement Anti-Corrida).

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Mon cousin Fafa, sauvé de la barbarie des hommes.

*Aficionados : amateurs de corrida


Scottish, l’oublié de la déchetterie

Je lui semblais laid, sale et insignifiant. Emprisonné dans la cage d’une déchetterie normande, en triste compagnie d’une jolie Bergère allemande aux superbes yeux bruns et d’un fringant Labrador noir doté d’un pelage fort reluisant. Enfermés tous trois dans cet enclos de deux mètres sur deux, ne disposant que d’une seule et unique niche, d’une seule et unique gamelle débordant constamment de croquettes sèches ou détrempées, selon la météo, mais croquettes tout de même et d’une seule casserole pleine ou vide de boisson selon les maladresses des occupants. 

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« -Il est à donner, lui, le gris ! annonça le préposé de service à la déchetterie en voyant celle qui deviendrait ma maman lorgner vers les infortunés engeôlés.

-Et la Bergère ? se hasarda-t-elle car, dans sa logique, quitte à sauver un animal, de préférence opter pour un être présentable, qui vous fait les yeux doux au travers des mailles du grillage et éviter le crotté dont le regard semble toujours occupé ailleurs si bien que seul le postérieur est visible ! songeait-elle ! 

- Elle vient d’arriver et va peut-être être réclamée tandis que le petit gris, ça fait deux mois qu’il attend ! » 

Eh oui, depuis deux longs mois de cet été 2006, été de la canicule, j’attendais ! Souvenez-vous de l’hécatombe chez les personnes âgées à cause de ces grandes chaleurs ! Qui eût songé que moi aussi, petit chien portant manteau épais car non tondu, je puisse souffrir aussi de l’anormale et durable hausse du thermomètre ! Certainement pas les centaines de videurs de déchets en tous genres occupés à soulager leurs remorques et rentrer chez eux sans s’encombrer d’un chien ! Car du monde de passage aux heures d’ouverture de l’endroit, il n’en manquait pas ! Tous indifférents ou presque !

« Encore et toujours question du gris ! » soupira-t-elle en elle-même !

A peine de retour à son logis, elle intercepta un coup de fil  du préposé l’informant que les maîtres de la Bergère venaient justement de la reprendre à l’instant.

Soulagée de laisser son esprit rêver que, pour la prisonnière, l’affaire était classée.

Nous apprîmes, peu de temps après, de la bouche de ce même gars, que notre belle amie état morte de maladie. Avait-elle fui la maison et erré sur la route en cherchant un endroit où finir, à l’abri des regards, sa vie sur terre ? Trop tôt attrapée par un quidam soucieux de faire place nette en la jetant aussitôt à la fourrière ?

Quant au noir Labrador, lui aussi a rapidement retrouvé son domicile.

Devinez qui restait enfermé !

Ses fréquentes visites furent donc pour moi, le seul bas pattu restant encagé. Je daignai enfin  jeter un oeil vers la visiteuse. Et puis deux ! La solitude me pesant, j’avais vraiment envie de sortir de ce lieu maudit ! Cette humaine, ce pouvait être une aubaine ! Intéressée par le pauvre gris malodorant, l’était-elle réellement ?

Rassemblant tous les atouts de mon côté, je me mis à agiter frénétiquement ma queue touffue entre deux séances de grattage corporel !  A tourner en rond et en long sur le sol en béton, en évitant de piétiner mes rejets expulsés après digestion. Etait-ce le début d’une longue complicité ?

Chaque lundi, avant et après sa séance de chorale sur le chemin de la déchetterie, nous nous sommes mis à discuter, moi à me trémousser de contentement, agitant tout mon être vivement, émettant des roucoulements plaintifs, elle à m’asperger de moult mots câlins et à laisser couler quelques larmes au moment de l’au revoir, me promettant qu’elle reviendrait très vite !  En guise de salut, je poussais un long jappement d’adieu, triste, monotone et monocorde.

Un jour, elle me l’a promis. Et elle a tenu promesse. Non sans avoir pris rendez-vous chez le vétérinaire et la toiletteuse, avant de m’emmener dans sa voiture.

« Vous verrez, il est très mignon et gentil. Il m’arrive, après ma journée de travail, de le lâcher quelques minutes. Il revient toujours vers moi », lança le préposé en guise d’adieu.

Tous trois soulagés de constater l’heureuse tournure de cette histoire.

Le vétérinaire a confirmé en ajoutant que moi, canidé, j’avais environ deux ans et que ma santé était excellente.

La toiletteuse a confirmé en précisant que je devais avoir pour ancêtres  un certain Cairn écossais ou bien un Griffon bruxellois ou encore une aïeule Scottish. 

Ont été vite repérées dans ma toison deux puces à pattes, bien françaises !

Une fois shampooiné, tondu et brossé, j’étais devenu méconnaissable ! D’une rare élégance même ! 

Scottish, me nomma-t-elle ! En voilà un joli nom pour un bâtard d’Ecosse !

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C’est à un accueil plutôt réservé que moi, fringant pattu, j’eus droit de la part de l’homme canin en place depuis cinq années, le Labrador blond, Speed du Manoir, Speedou pour les intimes.

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« -Un basset intrus sentant la cocotte, au poil rêche grisonnant, qu’est-ce ? Pour une courte visite, d’accord ! Ensuite qu’il retourne donc d’où il vient ! osa le blond.

-Tiens, tiens, une grande cour non grillagée avec un seul occupant ! Mais on y pourrait caser une centaine de malheureux ! Accès libre aux trois étages de la maison d’habitation et au jardin ! »

Le luxe pour ma petite personne qui n’avait jusqu’à présent connu que la cage de la déchetterie et auparavant le tierre (en patois normand : chaîne qui sert à attacher un animal dans un champ ou une cour ).

 Cette satanée chaîne qui me donnait le tournis à force de piétiner, dans un sens puis dans l’autre, le périmètre du  cercle réduit que je traçais, au passage quotidien de la factrice à la voiture jaune qui me frôlait dangereusement ainsi qu’à l’arrivée de tous les étrangers à la maisonnée, triste chemin creusé par mes pattes, rendu stérile aux herbes en tous genres ! Et ce collier de cuir épais qui me brisait les cordes vocales car tourner en rond, tirer sur le tierre et japper en même temps, quel sport ! Et cette caisse en bois me servant d’abri, malodorante et pleine de courants d’air ! En guise de matelas couverture, une pouche sac de jute toute raidie par la saleté accumulée au fil des deux années passées dans ce sombre endroit ! Enfin cette pâtée peu ragoûtante faite des reliefs des repas jetés dans un seau autrefois bleu, en résumé d’épluchures de légumes, de pain rassis, d’os incroquables à mes mâchoires prognathes (mâchoires déportées plus ou moins fortement vers l’avant) et d’un peu de lait devenu suret à cause du séjour prolongé dans le récipient ! Beurk ! J’étais donc apprécié des volailles moins délicates que moi, auxquelles je fournissais volontiers la moitié de ma pitance !

Je n’oublierai jamais cette nuit de pleine lune pendant laquelle j’ai tant et tant tiré sur mon tierre que j’y suis parvenu. M’enfuir et prendre le large, tel ne fut pas mon but immédiat, je l’avoue. Mon projet urgent, rendre visite à une demoiselle des environs dont je humais le parfum depuis quelque temps ! A la belle en chenil je ne pus rendre hommage ! Me restait l’errance provisoire ou définitive… Pas question de retourner tendre le cou chez les Gendru, ces grossiers personnages dont je connaissais les infâmes conditions de vie  réservées par eux à un être de ma condition !

Ensuite vous devinez : un premier magistrat d’une petite commune voisine, stupide car raciste, m’a attrapé et conduit  à la déchetterie.  Un chien, c’est fait pour être enfermé ! Un chien en balade, ça fait louche ! Un chien errant, non, ça fait désordre !

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Revenons à nos moutons ! Tiens justement, dès notre arrivée chez elle, dans le grand champ nous sommes allés nous promener. J’y ai rencontré les mouton et brebis de la famille Rebita (voir artile blog), quelques pondeuses emplumées et un gros rat, m’a-t-il semblé de prime abord, sur lequel j’ai foncé. Je haïssais la venue de ces quasi rampants à longues queues qui n’hésitaient pas à laisser leurs traces malodorantes dans ma tierrée et jusque dans ma gamelle ! Le saisissant à grand peine dans ma gueule aux mâchoires inadaptées et ne le lâchant surtout pas malgré les cris déchirants de mon  accompagnatrice !

J’appris plus tard à respecter celui qui était en fait le cochon d’Inde de la famille, vivant en liberté dans le vaste enclos-verger.

 

Depuis déjà cinq années je vis au paradis, je m’balade à pied, en voiture, matin, midi et soir, par tous les temps…

La compagnie des cinq autres rescapés me plaît fort ! 

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J’ai l’embarras du choix pour dormir sur le canapé, le lit, la banquette ou le tapis …..

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Je me gave de petites croquettes, de bolées de riz, carottes, haricots verts, poisson et autres délicieuses nourritures adaptées à ma drôle de denture …..

J’aime la compagnie des deux pattes au soi-disant gros cerveau.

J’ai des câlins à  longueur de journée et je les rends à qui me tend sa patte !

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Je joue avec ma tendre copine Nana Long Nez. Vous confierai-je que j’en suis tombé amoureux !

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Je garde cependant quelques séquelles de ma vie antérieure !

Détestant la couleur jaune-voiture-factrice !

Tournant en rond sur moi-même à l’arrivée d’un étranger !

Toussant si par mégarde l’on me touche à la gorge !

Et urinant volontiers au pied d’un meuble une fois maman partie : c’est là mon principal défaut, je l’avoue ! Changeant d’endroit à chaque occasion donnée, ce qui l’oblige à faire une si longue recherche que la prochaine fois elle m’emmenera ou bien restera à la maison avec nous.

Il ne faut plus m’oublier désormais !  Jamais ! Jamais ! Et je le signe comme je peux !

Scottish

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Dans le coeur d’une primevère…. Poème

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Dans le coeur d’une primevère

j’ai humé la frêle senteur

d’une partie de mon enfance

quand, par les chemins, nous allions

jusqu’à l’école du village.

Nous aimions picorer les fraises

que nous trouvions sur les talus,

minuscules et parfumées.

Chacune était un paradis,

un instant de bonheur intense.

Petits riens de la vie,

humbles plaisirs si brefs

qu’il ne faut pas rater,

qu’il faut savoir trouver.

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Où aller, s’il vous plaît ?

C’était un bel oiseau au plumage richement coloré des nuances automnales, à la longue queue de fines plumes, à l’élégante démarche altière. Sa courte vie jusqu’à présent, l’animal l’avait passée entouré de nombreux autres compagnons ailés dans la très grande volière d’un cynégiculteur (mot trop savant pour désigner le stupide éleveur de gibier à occire dès le premier lâcher) . «  Un peu tassés même  », pensait le jeunot en croisant les copains, évitant les grincheux et leur bec acéré.

De l’horizon au-delà des limites des grillages environnants l’oiseau ne s’était jamais préoccupé, bénéficiant d’une nourriture abondante, d’eau et d’air purs à souhait. Notre gallinacé sentait bien parfois démangeaison au niveau des ailes, devant alors faire preuve d’un savoir voleter tout limité en mettant constamment un frein à ses envies d’envol, au risque de heurter le bas plafond de treillis métallique. Il s’en contentait cependant…

Aucun autre choix d’existence en vue  !

Détrompons-nous !

Par un clair matin frais, après quelques lunes passées hors de l’œuf pondu par des parents inconnus, le voilà prestement saisi, jeté en cage telles sardines en boîte, hissé dans un engin motorisé, inconfortablement ballotté par monts et par vaux, enfin brutalement jeté hors de l’espace de mailles restreint. Parachuté dans un endroit non quadrillé, immense, inhospitalier. Seul, sans mangeoire ni abreuvoir. Grands espaces nus à perte de vue, talus et fossés aux ronces et épines acérées, routes asphaltées aux multiples dangers : tout un univers inconnu et hostile! Quasi incapable de prendre son envol au moindre danger car inhabitué, inapte à trouver sa nourriture, l’infortuné oiseau, ce samedi de mi novembre 2010, errait sur l’asphalte lorsque j’ai croisé son regard. Un regard inquiet, perdu, noir, effrayé ! «  Où aller, s’il vous plaît ?  », crus-je entendre alors !

Pauvre hère au funèbre proche destin : gueule du chien, tir du chasseur ou choc contre la roue d’une voiture ? Barbarie humaine, cruauté de l’horrible jeu de la chasse, bêtises d’idiots qui, le fusil à l’épaule, un filet de sang à la boutonnière, le sourire crétin et le parler imbécile, se prennent pour des héros, maigres cervelles d’abrutis incapables de comprendre que la souffrance animale égale celle de l’être humain, à aucun degré moindre ! A douleur, peur, colère, souffrances et chagrin égaux !

Incompréhension du langage, des mœurs de ces autres êtres tellement supérieurs à nous, qu’ils soient d’élevage, sauvages, de compagnie !

«  L’homme n’a pas deux cœurs : un pour les humains et un autre pour les animaux. Il en a un seul ou il n’en a pas du tout. », a énoncé un fin penseur.

«  Les chasseurs sont des malades mentaux  » a écrit le philosophe Jacques Brosse.

Combien de temps encore, d’heures, de minutes ou de secondes notre bel oiseau a-t-il continué d’errer ?

Etait-ce lui ou bien l’un de ses semblables qui, le lendemain matin, sur la banquette gauche de la même route, non loin des tirs fournis des chasseurs, semblait encore poser la même question ? «  Où aller, s’il vous plaît ?  »

J’ose à peine espérer que le malheureux aura survécu une journée de plus, trouvant repères, âme sœur et de quoi se remplir le gosier !

J’ose à peine souhaiter que le coup de feu l’aura percuté de plein fouet, sans qu’il s’en aperçoive !

Cet oiseau ne fut que le premier d’une longue lignée de successeurs que chacun peut croiser, éviter  ou ….massacrer, du mercredi soir au dimanche midi entre fin septembre et février.

Désolée pour les autres périodes de l’année : stock épuisé ! A renouveler l’année suivante !

Car, comme l’a si bien écrit un ami proche : « Sans l’homme, la terre serait habitable ! »

Et Yves Paccalet de conclure :  « L’Humanité disparaîtra ? Bon débarras ! »

Pour documentation, lu sur un site Internet (merci au journaliste)

UNE PRATIQUE HONTEUSE ET DANGEREUSE

Les lâchers de tir sont d’abord condamnables pour des raisons éthiques: les animaux sont lâchés dans les jours qui précèdent l’ouverture de la chasse et dans les jours qui précèdent les week-ends pendant la saison !
Ces animaux ne sont pas adaptés à la vie en liberté. Ils sont bien souvent incapables de se nourrir seuls. Ils sont habitués à la présence humaine et leur approche par le chasseur n’est guère difficile… Certains chasseurs appellent d’ailleurs cela le tir sur « cocotte »…

Il faudrait stopper la pratique du lâcher de tir et mieux encadrer celle du lâcher de repeuplement. Certaines revues de chasse osent l’écrire; certains responsables cynégétiques osent le dire… mais les lâchers continuent. La chasse en a trop besoin pour éviter la chute des effectifs de chasseurs !

LE SORT DES ANIMAUX DITS « DE TIR »

1 -- Regard sur leur élevage
« Les faisans doivent porter des anneaux sur le bec pour éviter le picage : les faisans se piquent entre eux et s’arrachent les plumes jusqu’à s’entre-tuer… On les équipe d’avibecs fixés dans les narines ».
Source: Le Courrier picard du 22 septembre 1992. Pour combattre le picage, on utilise aussi le débecquage qui consiste à couper le tiers de la partie supérieure du bec à l’aide d’une lame chauffée au rouge
.

2- Jour de chasse
« le gibier avait été lâché le matin même…sur quatre-vingt pièces, soixante-six avaient été tuées ». Source: La Voix de l’Aisne du 31 octobre 1992.

3- Le sort des survivants
En longeant un bois un chasseur est suivi par un faisan « lâché une semaine avant, une semaine pendant laquelle il n’avait rien mangé ».
Source: Le Chasseur français de février 1992.

Victor Hugo lui aussi dénonça la barbarie humaine.

À un homme partant pour la chasse

Oui, l’homme est responsable et rendra compte un jour.
Sur cette terre où l’ombre et l’aurore ont leur tour, …
Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.
Te figures-tu donc être un tel but final
Que tu puisses sans peur devenir infernal,
Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,
Échiner le baudet, exténuer la rosse,
En lui crevant les yeux, engraisser l’ortolan,
Et massacrer les bois trois ou quatre fois l’an ?
Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,
Confine à l’assassin et touche au sacrilège.
Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.
Tuer pour jouir, non…

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Le 28 janvier 2011

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