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    • Album: Nana sous toutes les coutures

Noble dame BigMa

Posté par nellieguil le 31 octobre 2009

Noble, le suis-je vraiment ? Elle le dit.

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Dame ? Assurément. Malgré les ans, je conserve le port altier d'une reine, presqu'en fin de règne.

Big ? Que celles qui n'ont pas, après la soixantaine, accumulé  quelques grammes  de graisse à la taille me jettent la première pierre !

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Big ? A moins qu'il ne s'agisse d'un surprenant raccourci du terme Beagle, tribu à laquelle j'appartiens.  

Ma ? Tant de fois me sont nés de jolis bambins que j'ai élevés et dorlotés de mon mieux, dans cadre et conditions ni salubres ni enjoués ! Tant de fois j'ai pleuré leur brusque départ, à peine quatre lunes après leur naissance, que je conserve au coin de l'oeil une bosse de chagrin, fort visible par tous les temps.

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J'ai beau désespérément tenter de compter tous mes petits : je ne le puis. Peut-être bien une centaine en tout,  qui se sont tant régalés de mon lait qu'au fil des ans mes mamelles se sont démesurément allongées !

Cessons d'évoquer mon passé, je vous prie et laissons libre cours à ma nouvelle vie !

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Après une halte de quelques semaines au refuge, suite à mon abandon, j'ai trouvé l'âme soeur.

Depuis le 13 juin 2007, je coule des jours paisibles, insouciants et joyeux dans la campagne verdoyante d'un village normand.

Tolérante et patiente avec mes frères et soeurs canins, je le suis moins auprès du Labrador qui, le jour de mon arrivée, m'a accueillie plutôt fraîchement, crête de coq et grognements à l'affiche.

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On m'aime, naturellement, puisque je suis douceur, bonté et tendresse personnifiées.

Excepté musaraignes et taupes qu'inlassablement je poursuis, au grand regret de mes vieilles jambes. Les gros chantiers ne m'effraient point, témoins les quelques vilains trous sur la partie herbue du champ. A mi-temps j'exerce cette occupation, mes pelles mécaniques pattues s'enrayant vite.

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Zoé, la petite Beagle, est mon amie. Mêmes passions, mêmes discours.

Ames sensibles, rassurez-vous ! Très peu (trop peu, murmurerai-je !) de ces petits rongeurs se laissent croquer sous mes dents fort élimées !

Juste quelques candidats au suicide ou bien quelques jeunots, non encore avertis des dangers extérieurs par leurs imprévoyants parents.

Au cours de ces longues chevauchées quadripédestres, s'il m'arrive malencontreusement de franchir la clôture à peine dissuasive du seul rang de barbelés du champ de haut, moins hermétique que le champ de bas, rassurez-vous ! ou bien, selon mon humeur, j'opte, très occasionnellement, pour une petite et courte virée à la ferme des gentils voisins, à la recherche de quelque éventuel os à finir de ronger, ou bien je rentre tout de go et attends fort sagement, sur mon céans, qu'Elle daigne ouvrir la grille d'entrée.

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Elle qui, pourtant, devrait apprécier mon retour me sermonne alors quelques reproches de bienvenue, tout en m'administrant sur l'échine de douces tapes amicales, incontestables signes de contentement.  

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Après de telles virées suivent de longues et interminables siestes sur l'un des trois lits dont deux ne sont réservés qu'à mon usage sauf par temps de vacances scolaire en Hélvetie, lointaine contrée de ses enfants et petits-enfants. Dans ce cas, il me reste un grand panier ou une banquette dont je m'accommode sans rechiger.

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Vous ai-je dit que je suis gourmande ?

Mises à part notre belle assiettée du midi et notre légère collation de fin d'après-midi,  je me hasarde souvent, non sans me faire réprimander, à quémander une ou deux bouchées de leur repas. J'interromps même mon sommeil prénocturne, et, peti peton, je descends les deux escaliers pour réclamer ma douceur du soir, lapper une gorgée de ma boisson préférée et …faire un tour aux latrines.  

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Ma voix n'a rien d'extraordinaire. Registre ténorette ou bien basse légère. Avec un puissant coffre de barytonne à faire se sauver tous les minets de la contrée ! Initialement destiné à accompagner le cri du cor à la chasse à courre, faute de cor et de chasse à courre, mon aboiement monophonique croissant est réservé à convoiter une chasse occupée par un quidam : essuyage de gamelle,  léchage de casserole gratinée, motte de terre goûtue, caresses ou brossage prioritaires.

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Seule ma compagne Zoé  se plaît à mes côtés !

Attention, attention ! Je détecte, grâce à mon nez de parfumeuse, un chevreuil au loin, un lièvre dans les taillis ou une perdrix sous les fougères ! Tels mes lointains aïeux, je détale alors et pousse un sprint endiablé à la poursuite de la pauvre bête innocente, tout en lançant mes profonds Ouah ouah ! Suis-je stupide ? J'abandonne alors la partie, heureuse d'avoir pu épargner une vie et d'être en harmonie de sentiments avec Elle. 

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  Ce jour-là, ni chevreuil ni lièvre à l'horizon ! Seule une montgolfière ! Aucun intérêt !

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Pieds nus dans la rosée

Posté par nellieguil le 30 octobre 2009

C'était une aube rose,

                      un temps où toute chose

sommeille encore

            après la nuit

                    puis s'éveille alors,

    presque sans bruit.

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Le frêne s'étirait

       et le chêne baîllait.

              Les sapins secouaient

                   leurs branches tout humides

                        et le charme rêvait

                                 à son Adélaïde.

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                                Encore un jour nouveau,

                         sur la terre et sur l'eau,

                       se levait calmement.

                   Le matin était beau,

              humble et émouvant :

        un merveilleux cadeau.

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Dans la fraîche rosée,

                          pieds nus, m'en suis allée

marcher et contempler

                                   le soleil se lever,

s'extraire des nuages

                       comme on tourne une page.

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Et j'ai su que la vie,

         la vraie vie était là,

               au coeur de la Nature

         où passé et futur

sont niés dans l'instant. 

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                             Bien loin les lendemains

                    et leur  lot de chagrins !

               Evanouis les hiers,

        tout chargés de misère.

Enfin, l'éternité ! 

 

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Trois saines réflexions sur le bonheur, en cas de blues…

Posté par nellieguil le 14 octobre 2009

“Le bonheur, c'est la somme de tous les malheurs qu'on n'a pas.”

 Marcel Achard, auteur dramatique français (1899-1974)

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Pourtant âgé et biscornu, cependant si fleuri !

“Ce qui nous fait vivre, c'est l'hypothèse selon laquelle les problèmes insurmontables de nuit sont surmontables de jour.”

Thomas Bernhard, écrivain autrichien (1931-1989)

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Tel ce puzzle minéral concrétisé avec patience !

“La joie est en tout. Il faut savoir l'extraire.”

  Confucius, philosophe chinois (vers 551-479 av JC)

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Plions, plions, ne rompons pas !

 

 

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Histoire de la famille Rebita (récit)

Posté par nellieguil le 14 octobre 2009

J'abhorre les foires aux animaux de ferme, portail béant vers l'abattoir.

Je hais les maquignons, les “haricotiers”, les vendeurs, les acheteurs non respectueux des animaux. Et ils sont nombreux….

Et pourtant, ce matin-là, j'en fus une, d'acheteuse. Ceci afin de trouver une compagne à notre brebis restée seule après la mort de Praline qui avait atteint l'âge plus qu'honorable de 13 ans, faisant d'elle une centenaire.

Dès l'aube de ce jour du 10 août 2005, à la foire Saint Laurent de la commune voisine nous partîmes, en quête de celle qui serait l'heureuse élue, future promise à une longue et paisible vie de broutage agn5.jpg

et de repos, à peine perturbée une fois l'an par la nécessaire tonte de la trop chaude et épaisse toison. Egalement perturbée, plusieurs fois l'an, par le parage, indispensable taille des ongles. Car ces animaux, même très familiers, rechignent à se faire capturer pour subir, pourtant sans la moindre souffrance, de tels soins. Une bonne vitesse de pointe est alors requise de la part du poursuivant, ponctuée d'une forte empoignade d'une parcelle de surface lainée, ce qui stoppe net la course du poursuivi, avant le passage du licol.

Un petit tour, puis deux, puis trois parmi tous les ovins bêlants et agités et nous voilà donc en quête du prix d'une brebis repérée, sympathique au premier abord, à la tête fort large et au regard doux.

Le vendeur décidé à vendre : 

“-Celle-là, c'est pour l'abattoir. Avec un trayon en moins à cause d'une mammite l'an passé, elle n'est plus bonne à rien.”

Moi, naïve : 

“-Est-elle gentille et douce ? Quel âge a-t-elle ? Combien la vendez-vous ? ”

Le vendeur :

“-Oui, pour sûr, elle est douce. 50 € j'en demande.”

Mon mari, tentant un marchandage :

“-Et pour 45, on peut l'avoir ?”

Le marchand, sans hésiter :  ”-Marché conclu !”

“Ouf, pensons-nous, une vie sauvée, sauvons-nous avec notre nouvelle pensionnaire.”

Chèque rempli, animal libéré et pris en main, nous nous éloignons quand soudain derrière nous une jeune agnelle galope, bêlant à chaudes larmes. Suivie de notre vendeur tout affolé, qui se précipite sur la jeunette, manu militari la ramène et l'attache haut et court à la barre du foirail. Je retourne alors près de l'homme qui m'explique que cette bête est la fille de notre nouvelle achetée.

Moi, toujours naïve : 

-”La pauvre, on ne va pas la séparer de sa maman !”

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“T'as un beau petit, tu sais !”

Le marchand, ravi à l'idée de faire d'une pierre deux coups :

-”Vous la prenez aussi ? Dans deux mois, elle sera bonne à tuer. Ce sera d'la bonne viande ! Allez, 50 € aussi.Et c'est pas cher !”

Végétarienne depuis trente années, par respect pour la vie animale, pensez si l'argument du marchand a pesé dans ma décision d'ôter sur le champ cette petite créature à cet individu mangeur d'agneaux !

Il me fallut, sans grande difficulté, convaincre l'époux qui, enfin, donna le feu vert pour la bonne action. ”45 + 50= ce n'était pas prévu mais bon…, si tu le veux vraiment, c'est d'accord.”

Pas question, de la part du vendeur, de baisser les tarifs pour celle-ci. Peu importait ! Nous étions contents.

Nous quittâmes le champ de foire avec deux ovines trottinant joyeusement l'une près de l'autre, s'appelant mutuellement avec de doux bêlements. Précédées de nous deux, trottinant dans nos têtes, heureux d'avoir accompli deux sauvetages et même bientôt trois car, en quittant le vendeur, nous l'entendîmes nous crier :”Peut-être bien que bientôt vous en aurez un troisième ? La vieille est sûrement pleine !”

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Maman, soeurette et frérot Rebita.

Quatre mois et demi plus tard, naissait Kiwi Rebita (du patois ovin brebis, rebis, rebita), le fils de maman Rebita et frère de soeurette Rebita, de père inconnu cependant, ce qui ne le gêna guère.

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Kiwi Rebita , doux comme … un agneau.

Inséparables ils sont désormais au champ, l'un bêlant à tue-tête lorsque l'autre s'éloigne de quelques dizaines de mètres. 

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Ovins et canins en bons termes.

Heureux ils sont aujourd'hui, tantôt broutant l'herbe tendre du pré, tantôt sommeillant à l'ombre des pommiers ou dans la petite bergerie par temps de pluie, croquant, au râtelier, le foin odorant de l'été passé.    

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Chaque jour est une nouvelle vie

Posté par nellieguil le 11 octobre 2009

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Petit coin de mon jardin printanier en 2006.

Attention, attention, sur le diaporama qui suit, ne vous y trompez pas, les dahlias et autres merveilles ne proviennent pas de mon jardin mais bel et bien de celui des apprentis jardiniers du Lycée Agricole de Coutances, ce mois de septembre 2009. Un appareil photo, quelques minutes de promenade et le tour était joué. Je revenais avec une foison de superbes fleurs.

http://www.kizoa.com/i-Contact/sflite.swf?did=516504&kc=3555412

 La vie, c'est, chaque jour, un jour à la fois.

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L’ami Dandy et les sept paires d’yeux

Posté par nellieguil le 9 octobre 2009

Dandy, le chat de ma gentille voisine, ose parfois s’aventurer dans mon champ, terrain  sur lequel règnent mes 7 chiens. Fort heureusement sa pointe de vitesse laisse mes quatorze paires de pattes penser qu’elles  ont rêvé. Il reste bien le trou dans la haie, bizarrement vide … 

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Dandy, le chat de ma voisine (photo prêtée) 

Tapi dans la verdure,

L’ami Dandy murmure:

“La camoufl’essayons,

Les oreill’seules pointons.

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BigMa a, la première, repéré Dandy, petite tache noire à gauche

Ne suis pas repéré,

Je reste ici caché.

Quand quatorze paires d’yeux,

brillant de tous leurs feux,

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Nous avons dû rêver ! Où donc est-il ? 

aperçoivent le minet,

” M’enfuir à pas pressés,

Il y va de ma vie !”

Hurle notre Dandy,

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 “Pas la pein’ de m’presser, j’arriv’rai pas à temps !”

“A mon trou dans la haie,

J’aurai enfin la paix.” 

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Rentrons chez nous goûter un scone ! (Photo prêtée)

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Halte à la pluie

Posté par nellieguil le 19 septembre 2009

Janvier et février 1995 ont été deux mois particulièrement généreux en averses incessantes. De là, un certain ras-le-bol de l'élément liquide venu du ciel !

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Il pleut à voix basse

sur la terre lasse

d'absorber,

d'avaler

l'eau qui tombe du ciel

avec un goût de fiel,

l'eau qui n'en finit pas

de sonner le trépas

sur l'herbe suffocante,

les cailloux délavés,

sur les bêtes ruisselantes

et sur les gens fâchés.

Halte à la pluie !

As-tu fini

ta comédie ?

Cesseras-tu

cet impromptu ?

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La malaimée 

S'en est allée,

sans faire de bruit

nous a tous fuis.

Et le soleil est revenu.

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Enfin l'espoir est apparu !

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Nana fait sa loi…. (récit)

Posté par nellieguil le 9 septembre 2009

 

http://www.kizoa.com/i-Contact/sflite.swf?did=499491&kc=2180592 

Pourquoi maman  serine-t-elle souvent à mes longs et élégants cornets auriculaires ces quelques mots :”Nana, arrête de faire ta loi ?”  

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Je continue pourtant sans relâche, moi, Nana Long Nez de la Mauvillère, à tenter de me faire respecter de mes congénères. Je ne suis ni méchante ni effrontée. Mais voilà ! Chaque fois qu'un pattu me frôle, même de loin, j'émets un alignement de bourdonnements plus ou moins clairement forts selon l'ouverture de ma bouche. Bouche fermée, le danger n'est pas menaçant. Toutes dents dehors, l'ennemi est à ma portée. Non, non, rassurez-vous, je ne vais pas vous mordre ! Pensez donc ! Abîmer mes jolies canines immaculées dans une chair souillée et malodorante ! Jamais.

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Ma technique de dissuasion présente parfois ses faiblesses. Speed, le Labrador, doit avoir une bonne couche de cerumen au fond du tympan car il reste zen et me signifie que ce tapage l'indiffère !

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Malgré notre petite taille, à mon fiancé Scot à à moi-même, nous pouvons parfois dépasser Speed le Labrador !

Quant à BigMa, la grande Beagle, elle m'assure qu'elle en a vu d'autres dans sa vie antérieure et que mes ridicules borborygmes gutturaux ne l'effraient nullement.

Si bien que, même malgré l'intervention de maman, de ses cris et de sa tapette à mouches agitée au-dessus de nos matières grises,  nous prolongeons, un sacré bout de temps, nos prises de becs poilus. Rassurez-vous ! Ces échanges restent verbaux, les vingt centimètres nous séparant n'étant jamais franchis.

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Chacune sur son lit jumeau et le calme règne !

Une fois l'orage passé, je m'empresse de retourner près de mon amoureux, le Scottish de mes rêves. Le choix des prétendants potentiels étant limité puisqu'il est le seul gars de ma taille ! Je n'oserais imaginer porter des talons hauts ou bien  coller mon postérieur à l'assise d'une chaise jusqu'à la soixantaine passée, afin de pouvoir regarder de près l'un ou l'autre des deux autres messieurs de la meute ! 

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Taquin, jovial, placide, discret, pacifiste convaincu, joueur increvable, mon amoureux présente presque toutes les  qualités requises !

Cependant légèrement fragile de la gorge car souvent obligé d'interrompre nos parties de courses-poursuites avec ou sans retournements, saltos avant, arrière, prises de catch et judo…..

Je me tapis alors sournoisement dans les hautes herbes ou à l'abri d'une taupinière pendant que monsieur reprend on souffle. Pour aussitôt recourir, rebondir,  rerouler et …. retousser encore ! Zut alors !

J'ai omis de vous confier que si nos atomes se révèlent si semblablement crochus, c'est que nous venons tous deux du même bord, de la rue, bref nous sortons de la même geôle.

Cette terrible prison cage d'une déchetterie des environs dans laquelle, à six mois d'intervalle, on nous a jetés car, soi-disant nous traînions sur la voie publique !

Arrête-t-on tous les humains qui font une sortie en campagne, une fugue ou bien une escapade nocturne, histoire de voir plus loin que le bout de sa truffe !

A quand la parité chien-homme ?

Maman a fort heureusement eu la sublime idée, en entendant parler de ce lugubre endroit, de nous apercevoir derrière les barreaux et de venir à notre secours, nous sauvant de la piqûre du véto chargé d'euthanasier tout animal encagé et non réclamé (ou adopté) au bout d'un certain temps.

Je l'ai échappé belle car le matin où maman est venue me chercher, mes deux copines d'infortune venaient d'être piquées. L'une, parce qu'elle était vieille et l'autre parce que borgne et enceinte !

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Deux autres infortunés encagés  à la déchetterie (je crois y reconnaître un de mes nombreux demi-frères, adopté peu de temps après par un si gentil couple d'amis de maman et prénommé Boubou (le poilu noir),  ainsi sauvé d'une fin tragique.

Imaginez  une telle sélection chez les deux pattes avec gros cerveau !

Je suis désormais à l'abri, chez mes parents chéris et, même s'il m'arrive de tenter de faire, de temps en temps, ma loi, j'accepte et resigne immédiatement les conditions de vie  en tribu conseillées par le réglement intérieur de notre maison familiale.

Je vous embrasse tous et toutes et au plaisir de vous enquiquiner !

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Le soleil s’est couché……..

Posté par nellieguil le 5 septembre 2009

 Le soleil s’est couché

Là-bas, entre les chênes.

Il nous a salués

Puis a quitté la scène.

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Quelques nuages mauves

S’étirent dans le ciel bleu

En gagnant leur alcôve.

Des hirondelles volent

Au-dessus de nos têtes. 

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Les fourmis caracolent

Parmi les herbes vertes

Et les criquets bavardent,  

Cachés dans les buissons. 

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Une lune blafarde

Se lève à l’horizon.  

La clarté diminue,

Le silence grandit.

Les criquets se sont tus,

Les hirondelles aussi.  

Un autre jour a fui,

Laissant place à la nuit

Qui déploie son manteau

De silence et de paix.  

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Avant le jour nouveau,

Allons nous reposer !

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Le marronnier de l’oncle Jules

Posté par nellieguil le 2 septembre 2009

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Le marronnier de Jules, le grand-oncle que je n’ai pas connu

“ Pourquoi diantre veux-tu planter un marronnier d’Inde ? D’accord pour un chêne, un châtaignier ou un hêtre ! Enfin ! pourquoi cet arbre qui ne produit que de gros fruits non comestibles ! ”

Tel il avait dit, tel fut fait. Jules planta, à la sainte Catherine 1906, le marronnier sur le talus bordier de la petite route qui mène au Boulay. Pour faire plaisir à Marina et à Cyrille, ses chers parents, il planta aussi, le même jour, le chêne sur le talus qui séparait les deux parcelles de terre, à égale distance de la route et du chemin. Quant au hêtre, le jeune homme se dit qu’à chaque jour suffit sa peine et qu’il attendrait un peu.

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Le grand chêne au centre du champ

En 2009, ces deux vénérables arbres continuent d’abriter de leur généreux ombrage les quadrupèdes ruminants. A l’automne, les cyclistes pestent contre les fruits oblongs qui envahissent l’asphalte, au risque d’occasionner une chute. Lors de l’abattage du talus qui séparait les deux champs, dans les années 1980, le beau chêne a été fort heureusement épargné. S’il a souffert des grandes bourrasques de vent qui, peu à peu, lui ont sculpté un tronc tortueux, il est là, témoin d’une époque disparue, celle de l’oncle Jules et du sombre destin qui attendait le jeune homme.

Car ce jeune homme, prénommé Jules Albéric Aimable, était alors âgé de 12 ans, l’année de la plantation du marronnier. Né à la fin du XIXe siècle, il pensait bien voir les arbustes grandir en même temps que lui. D’ici quelque cinquante années, leur ombrage serait apprécié, non seulement des animaux, mais peut-être aussi de ses petits-enfants !

Le sort, hélas, en a décidé autrement.

Jules est devenu un beau jeune homme, secondant chaque jour ses parents agriculteurs, aux travaux des champs, ne pensant pas qu’un tristement célèbre jour d’août 1914, il ne pourrait faire taire les toscins des villages environnants.

Jules a dû quitter sa famille et ses terres ! 

Presqu’une année d’enfer, dix longs et sanglants mois à l’issue desquels, à l’époque des fenaisons, il est tombé sur le champ de bataille !   

S’il m’arrive parfois, lors d’une ballade au clair de lune, ou dans le frais matin  ou bien le soir au crépuscule,  de prêter fort l’oreille près des beaux arbres centenaires, je les entends murmurer doucement la complainte de Jules.

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