( 22 juillet, 2018 )

Et mon cœur dans ton cœur

 

Mes yeux dans tes doux yeux,

Et ma main dans la tienne,

Nous marchons, bienheureux,

A l’ombre des grands chênes,

Tout nimbés d’un halo

D’irréelle lumière !

Arbre E

 

Et le chant du ruisseau

Au milieu des fougères,

Au fond de la vallée,

Le babil des oiseaux

Volant en canopée

Accompagnent nos pas

Vers la route secrète

Guidée par un compas

Menant à l’aveuglette.

D’hier à aujourd’hui,

Telle une ritournelle,

Tel un bonheur enfoui,

Ainsi la vie est-elle !chèv1

 

 

( 17 juillet, 2018 )

Tout là-haut, sur l’étagère, les pots de confiture…

Me tapant sur l’épaule, elle m’a dit, suite à mon texte relatif à cette pièce débarras-cagibi nommé médon : « Et, dans le médon, les pots de confiture, tu les as oubliés ? »

Oui, ma chère sœur, j’avais oublié cette longue étagère très haut perchée dans le médon, ce cagibi dont vous connaissez maintenant presque tous les trésors.

Merci aux sites sur lesquels j'ai chipé quelques pots de confitures.

Merci aux sites sur lesquels j’ai chipé quelques pots de confitures.

 

Le tabouret de service, parfois l’escabeau, étaient les bienvenus pour atteindre les bocaux de verre remplis de ces friandises très sucrées.

Inévitable et unique dessert sept jours de la semaine, matin, midi et soir, ce copain de la tartine, en osmose avec l’inséparable ami beurre.

L’alternance était appréciée.

Après dix pots de gelée de pommes, denrée courante puisque pommiers à gogo aux vergers, quel délice, celui d’enfin ouvrir un trésor de confitures de prunes ou de cerises avec morceaux laissés à fondre dans la bouche pour que dure le plaisir. images

Je me souviens de ces longs ennuyeux après-midi entiers à cueillir grades, cassis et groseilles à maquereau (plus rarement celles-ci car moins productives), temps d’entraide familiale car à la ferme il n’était pas concevable de ne pas aider les parents dans presque toutes les tâches habituelles, y compris celles de la récolte des fruits à confitures.

L’automne approchant, nous courions vers talus et taillis à la recherche de mûres, en n’omettant surtout pas de prélever une bonne quantité de fruits encore rouges pour que la confiture prenne. Une fois de retour, il nous restait à ôter les piquants de nos doigts et à supporter quelques jours la brûlure des griffures de ces arbrisseaux épineux aux aiguilles acérées.

Merisier

Merisier

 

Au champ nommé la Verrerie, il y avait un merisier dont la généreuse fructification nous permettait quelques pots de délicieuses confitures de ces minuscules merises dont la cueillette nous colorait doigts et lèvres d’un gourmand rouge cramoisi.

Et ces tiges de rhubarbe, plusieurs fois l’an coupées car de rapide levée de tiges, qui permettaient de varier les plaisirs gustatifs. images 3

Le cagibi a été détruit ainsi que toutes les pièces de la maison de notre enfance.

Papa et maman s’en sont allés vers d’autres cieux d’éternité.

Fini le temps des confitures et gelées.

Je n’en consomme plus du tout. Trop sucré. Aliment vide, qui n’apporte rien de bon car fait avec du sucre blanc. Je préfère les fruits entiers à cette mixture archi sucrée. Sauf pour la consommation des tiges de rhubarbe sur lesquelles je ne voudrais me casser les dents !

Et vous, la confiture, ça vous parle ? 

 

( 12 juillet, 2018 )

Quelle vie d’éphémère !!!!

De l’apparition du premier hominidé à ce plus ancien insecte ailé toujours présent près de nos ruisseaux, il y a une éternité.

Si Lucy, l’une de nos ancêtres australopithèques, est apparue il y a un peu plus de 3 millions d’années, la venue de l’éphémère daterait d’il y a environ 300 millions d’années.

Hier encore, ignare que je suis, je ne savais rien de cet insecte et de sa curieuse vie.

En bref résumé très succinct !, à partir de l’œuf pondu par l’insecte adulte sort la larve baptisée du joli nom de naïade puis de nymphe.

Merci à wikipédia

Merci à wikipédia

Trois années s’offrent alors à elle en eau douce. Le farniente pour ce bébé qui se délecte de la couverture d’algues recouvrant les pierres du lit de la rivière, en la broyant et la mâchonnant avidement de ses grandes mandibules.  Miam !  A moins qu’un poisson affamé, passant par là, croque lui-même cette chose appétissante bien dodue !

Et maman, pendant ce temps, où donc est-elle ? Paix à son âme car après avoir engendré la petite et ses 500 à 3000 soeurs-oeufs, ne possédant plus de mâchoire l’infortunée accouchée trépasse dans la journée ou survit, sous une bonne étoile, quelques jours sans pouvoir s’alimenter. Obligatoire grève de la faim, erreur du créateur !!

Photo Insecte.org

Photo Insecte.org

 

Papa serait-il plus veinard ? Pas vraiment car, pour lui, une fois les galipettes accomplies avec sa dulcinée lors du bal nuptial, il passe de vie à trépas car, pour lui aussi, pas question de croquer un steak d’algues sans appareil buccal !

Pas enviable cette vie d’éphémère !

Si, cet été, vous passez près d’un paisible cours d’eau, ayez une pensée émue pour ces élégants insectes aux fines ailes transparentes dont la durée de vie ne dépasse pas la semaine et soyez contents d’avoir la possibilité de devenir centenaires !

Je laisse le mot de la fin, bienvenu, à Fleurette Lévesque (1915-1998), écrivaine française.

Le bonheur est éphémère, il passe sans s’arrêter, il s’attarde parfois, l’espace d’une illusion, mais rares sont ceux qui savent le retenir, le garder. Il est si fragile, si vulnérable, il suffit de trois fois rien pour l’effrayer, le voir fuir à jamais.

 

 

( 9 juillet, 2018 )

Soleil couchant

Coucher de soleil à Hauteville, le 7 juillet 2018
Coucher de soleil à Hauteville, le 7 juillet 2018

Ce doux soir de juillet, nous avons regardé le soleil se coucher sur les vagues rougies. Voguant vers d’autres cieux, reviendrait-il le lendemain, aussi radieux et espiègle, jouer sa sérénade à la terre éblouie ?

( 2 juillet, 2018 )

Solitude panthéonienne ?

« -Antoine, ne trouves-tu pas que cet endroit manque de clarté, de gaieté ?

Dieu merci, tu es à mes côtés et c’est le principal ! Après 67 ans de vie commune, ils n’allaient quand même pas nous séparer !!!

Image Ouest France

Antoine et Simone Veil  Image Ouest France

-Oui, Simone, nous étions pourtant bien dans ce cimetière de Montparnasse. Les amis ne manquaient certes pas. Tu te souviens des soirées où nous parlions littérature et poésie avec Jean-Paul Sartre et sa Simone, le grand Charles Baudelaire, Guy de Maupassant, Marguerite Duras, Joseph Kessel.

Image wikipédia

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre  Image wikipédia

Et ces après-midi à écouter Camille Saint-Saëns imitant les animaux de son Carnaval ! J’aimais aussi les matinées théâtre et cinéma avec Jean Poiret, Gérard Oury, Philippe Noiret et la petite dernière arrivée, la jolie Mireille Darc.  

-Ici, c’est le grand silence. Même pas de chats à venir chatouiller la pierre, aucun clair de lune dans la nuit brune, nulle aube rose, pas de chauve-souris frôlant le tombeau, la nuit venue. Et ces amoureux des cimetières qui hantaient les allées, même après minuit !

-Ououhhhh ! Y a quelqu’un d’autre là-dedans ?

-Simone, tu verras. Si nous ne vivons pas à ciel ouvert, tu t’habitueras à l’atmosphère qui nous convient finalement, n’ayant plus le souci de nourrir nos cellules. Nous sommes une bonne bande de copains qui faisons de chouettes réunions. Tu rencontreras Voltaire et Rousseau, Zola et Jaurès. Même Victor Hugo, Louis Braille et Sadi Carnot.

-Qui es-tu, toi qui me parles ?

-Devine. Moi aussi j’ai connu les affres de cette satanée Seconde Guerre Mondiale et si toi, dans ce camp de concentration, tu as failli perdre la vie, moi, elle m’a été ôtée après tant de tortures, dans un train en partance vers un autre camp en Allemagne, le 8 juillet 1943. Certains disent que ces cendres ne m’appartiennent pas ! Qu’ils causent toujours ! Mon esprit est bien là ! Ils ont mis 21 ans pour m’accorder ces honneurs. Toi, Simone, un an après, tu es là ! C’est de l’express !! Dis donc ! 

-Jean Moulin, tu es Jean Moulin ! Un honneur pour nous de te côtoyer maintenant pour un certain temps.

-Vous verrez aussi Pierre et Marie Curie.

Pierre et Marie Curie   Image Musée Curie

Pierre et Marie Curie Image Musée Curie

Tout se passera bien. Les visites ne manquent pas. Et si nous avons des revendications à faire, il sera toujours temps d’interpeler le prochain chef d’Etat qui nous rendra visite. Nous pourrions monter un SRP !

-SRP ? Je ne vois pas !!!

-Un syndicat des Râleurs du Panthéon !wiki

Finalement vous au moins, vous êtes en couple ! Trois heureux binômes en tout dans ce château des QFGFH (Qui Furent de Grandes Figures de l’Histoire) ! Veinards !

 

( 29 juin, 2018 )

Victor, Léopoldine et …Alphonse Karr

Pas possible d’oublier au moins l’un des poèmes de Victor Hugo (Elle avait pris ce pli…, Demain dès l’aube, Oh, je fus comme fou… et tant d’autres ), écrits à propos de la disparition de Léopoldine, sa fille aînée.

Victor, Léopoldine et ...Alphonse Karr dans CROQUENOTES leopoldine-et-francois-victor-dessines-par-madame-hugo

Léopoldine et François Victor, son cadet de 4 ans, dessinés par Madame Hugo.

 

Souvenez-vous : Villequier, commune de Seine Maritime, depuis 2016 faisant partie de la commune nouvelle Rives-en-Seine. Nous sommes en 1843. Léopoldine,tout juste 19 ans et Charles Vaquerie, son mari depuis 6 mois, viennent d’acheter un canot à voiles. Pourquoi ne pas, en cette claire matinée du 4 septembre, rejoindre l’autre rive de la Seine, pour l’essayer et aller visiter le notaire de Caudebec ? Belle balade en perspective ! Les accompagnent Pierre, le père de Charles, 62 ans,ancien capitaine de navire et un frère de Charles, Arthur, 11 ans. Mais Léopoldine n’est pas prête. Elle tarde à s’habiller. Tant pis !

A peine partis, les trois hommes s’aperçoivent que ce canot bien léger a besoin de lest. Ils rentrent chercher quelques pierres et …. la jeune femme qui a enfin terminé de se préparer. Rivière d’huile. Aucun vent. Splendide !

Léopoldine peinte par Auguste de Châtillon

Léopoldine peinte par Auguste de Châtillon

Tout se passe bien chez le notaire qui avertit le petit groupe de visiteurs du handicap de manque de vent pour rentrer à la voile.

- »Je vous reconduis en voiture, par la route. Vous serez arrivés plus vite.

-Non, non. Nous rentrons par le fleuve. Nous avons le temps. »

Un soudain vilain tourbillon de vent dans la voile et voilà notre canot renversé. Pierre et Arthur se noient rapidement. Quant à Charles, il essaie désespérément de décoincer sa jeune épouse agrippée à la coque renversée. Six fois il plongera, en vain, ont raconté des témoins sur l’autre rive. leopoldineDe désespoir il sombrera avec elle. Et  pourtant excellent nageur.

Pendant ce temps, Victor Hugo, le père de Léopoldine, revient de vacances espagnoles avec Juliette Drouet, sa maîtresse tandis que Mme Hugo garde la maison familiale. Le poète n’apprend le drame que quatre jours plus tard, à Rochefort, en lisant son journal. Un article d’Alphonse Karr (1808-1890), son ami romancier et journaliste. Tel était le texte dans le journal Le Siècle :

« le canot était coiffé ayant ses voiles bordées dont les écoutes étaient imprudemment tournées à demeure… En le redressant, on trouva dans l’intérieur le cadavre de Pierre Vacquerie incliné et la tête penchée sur le bord. Les trois autres personnes avaient disparu. On supposa d’abord que Charles Vacquerie, nageur très exercé, avait pu en cherchant à sauver sa femme et ses parents être entraîné plus loin. Mais rien n’apparaissant à la surface de l’eau, au moyen d’une seine on dragua les environs du lieu du sinistre, et le premier coup de filet ramena le corps de l’infortunée jeune femme. Madame Victor Hugo a appris ce matin au Havre, qu’elle habite depuis quelque temps avec ses deux enfants, le terrible coup qui la frappe. Elle est repartie immédiatement pour Paris. Monsieur Victor Hugo est actuellement en voyage. On le croit à La Rochelle… »

Victor Hugo (Wikipédia)

Victor Hugo (Wikipédia)

  »Oh! Je fus comme fou dans le premier moment,

Hélas! et je pleurai trois jours amèrement…

Oh! que de fois j’ai dit : Silence! elle a parlé!

Tenez! voici le bruit de sa main sur la clé!

Attendez! elle vient! Laissez-moi, que j’écoute!

Car elle est quelque part dans la maison sans doute! 

4 sept 1852, 9 ans plus tard, à la date du terrible anniversaire Les Contemplations Livre quatrième IV

 

…Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx blanc et de bruyère en fleur.

3 sept 1847, 4 ans plus tard, Extrait de Demain dès l’aube Livre quatrième  XIV

 

Merci aux sites sur lesquels je suis allée chercher tous les détails de ce tragique événement.

  

 

 

( 22 juin, 2018 )

Mosaïque de pierres

Le bonheur n’est pas un gros diamant, c’est une mosaïque de pierres d’inégale valeur et d’éclat différent, parmi lesquelles se trouvent quelques cailloux et qui souvent n’ont d’éclat que par le rapprochement ou le contraste des couleurs.       
Alphonse Karr    La maison de l’ogre (1890)
Et cette mosaïque de pierres, il faudrait savoir la bâtir tous les jours.
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Aléatoire, cet enfilage de petits brins de bonheur pour constituer un élégant collier pour lequel, le soir avant de m’endormir, je me dirais : « oh ! qu’il est joli ! »
Certains jours, la collection se révèle intéressante. Merveilleuses pierres de concerts enchanteurs, partages entre amies, visites agréables… D’autres, c’est la dèche ! Rien à mettre sur le fil d’or, désespérément vide ou  bien, à peine l’aiguille enfilée, le voilà qui se rompt.
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Alors, les jours de diète, je me dis que
« des malheurs évités, le bonheur se compose ».
Encore une citation d’Alphonse Karr, ami de Victor Hugo dont je vous parlerai bientôt.
Je fais alors le tour de mon jardin, y découvre quelques maigres cailloux qui feront l’affaire, bien assemblés, me rassasie du parfum de l’œillet sur lequel je pose délicatement le nez, du goût d’une framboise ou  d’une fraise des bois.
Je me sustente d’une nouvelle de Sylvain Tesson ou de quelques pages d’un bon bouquin. Et….. je vous écris.
( 19 juin, 2018 )

Image furtive insolite

Sur le parcours de retour au logis, c’était très récemment, je suivais une voiture avec petite remorque. Normal.

Une remorque dont la porte arrière à double battant ne faisait que de s’ouvrir et se fermer à demi. Moins normal !hdr

Le pied sur l’accélérateur, j’ai suivi d’un peu plus près l’engin sur roues à portière baladeuse. Ma crainte ? Qu’un animal de type mouton ou veau soit tombé de cette remorque, peut-être, ou bien encore, attaché à un anneau, risque de s’apeurer ou de rompre sa corde et chuter lourdement du véhicule en marche.

Je découvre, ébahie, que sur ce panneau arrière de la remorque étaient dessinés deux aigles ou volatiles de la même famille  !!!

Que transporte habituellement cette remorque ???? hdr

Si ce sont ces grands oiseaux rapaces, alors les portes de la liberté leur étaient ouvertes ce matin-là ! Et tant mieux !!!hdr

( 14 juin, 2018 )

Etrange mariage !

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Il est parfois d’étranges mariages.

Unions d’humains, voire de végétaux

Tel ce replet champignon en alliage

Avec une ronce des haies. Il faut,

Dans cet extrême cas, penser

Que la courte commune vie

Avec fille aux doigts acérés

Peut engendrer trace bleuie

Sur la jupe toute en frou-frou

De notre infortuné pleurote.

Une bizarre union, c’est fou !

D’un chêne souchard anecdote !

Vu au champ

Vu au champ

 

( 6 juin, 2018 )

Que je cire, que tu cires….Que je cirasse, que j’eusse ciré….

« Le parfum de l’âme, c’est le souvenir », écrivait George Sand (1804-1876) dans Lettres d’un voyageur (1837). Souvenir d’un être cher ou, pourquoi pas, d’une chose évocatrice d’épisodes de l’enfance qui soudain remontent à la surface. Ah ! L’enfance, cette partie de vie qui semble aujourd’hui si bénie, si heureuse alors que, pas sûr du tout, je la vivais parce qu’il le fallait bien, avec ses contraintes, son temps d’obéissance sans rechignage et ses séances de… cirage ! Avec le temps, tout se transforme !

Photo pinterest

Photo pinterest

J’aime l’odeur de la cire. Comme Proust appréciait le goût de la madeleine.

Non parce qu’il est produit naturel bio fabriqué par ces ingénieuses et infatigables ouvrières mais parce qu’il fait partie de mon enfance.

Dans une boîte ronde en fer se cachait cette source de travail auquel maman nous invitait souvent à participer : enduire de ce produit visqueux meubles, parquet de la salle à manger dans laquelle nous ne mangions jamais pour ne pas la salir, marches de l’escalier qui menait aux chambres, modérément, sans trop de cire sinon descente-polissage ultra rapide assurée sur les deux fesses !!. Ce produit volé par grand-père aux abeilles que, chaque été, il délogeait sans pitié, faisait donc partie des produits naturels bruts allant du producteur au consommateur. 

Au début du mariage, j’ai encore appliqué cette coutume de régulière corvée d’annuel passage à l’encaustique du coffre de l’horloge, de l’armoire normande et autres meubles de bois.

Aujourd’hui, c’est  ter    mi    né !!!!

Rebellion ? 

Plutôt préservation de l’huile de bras pour autres activités plus jouissives. Après tout, les meubles eux aussi apprécient-ils que je leur fiche enfin la paix !  

Or ma jeune et consciencieuse dame de ménage a parfois l’idée de sortir ce produit, hélas un peu trafiqué, amélioré, à base de cire pour lustrer l’un d’eux.

Quel bonheur, cette odeur qui s’agrippe à la demeure toute la journée ! Emotion, images d’antan à exprimer sur le blog pour ne pas les laisser filer en vain. 

Grand-père, grand-mère, maman, vous souvenez-vous de ce temps ciré, sentant bon la douceur, l’amour filial, la vie partagée et ces corvées qu’il fallait accomplir parce que c’était ainsi …. 

cire

Cire brute ou encaustique (mélange de cire et d’essence de térébenthine), j’ai touché aux deux, la première moins maniable et étalable que la seconde. Ce parfum me chatouille encore les narines pour un court voyage à travers le temps, retour à l’enfance perdue à jamais !

A bon ou mauvais cireur, salut !

 

 

 

 

( 3 juin, 2018 )

Frederick, pour ton 21ème anniversaire …..

Sergeant Robert Elcombe

Sergeant Robert Elcombe

Sergeant Lionel Pearcey Croom

Sergeant Lionel Pearcey Croom

 

William Lynam, flying officer

William Lynam, flying officer

Sergeant Farewell Harrisson

Sergeant Farewell Harrisson

Il est des reportages Manche Libre plus émouvants que d’autres, tel celui-ci,du dimanche 3 juin, que je relate dans l’édition de cette semaine du 7 juin 2018.

 

 

Il y a 74 ans, ils étaient sept aviateurs dans un bombardier Lancaster, partis pour une périlleuse mission en temps de Seconde Guerre Mondiale, un certain 6 juin 1944.

Chaque année, sans faillir, Hilary Thompson leur rend hommage au pied de la stèle érigée à leur mémoire. Des Anglais de la région ou proches parents déposent un insigne près de chacun des noms gravés dans la pierre. Surgit de cet endroit la terrible vision de ces 7 jeunes tués en plein ciel, emprisonnés dans leur avion de malheur. Emotion………renouvelée chaque année……..Emotion partagée par les Anciens Combattants, porte-drapeaux, autorités présentes et fervent public qui n’oublie pas. 

« Chaque fois que je me recueille près de la stèle érigée en souvenir d’eux, je leur parle comme s’ils étaient mes enfants », évoque Hilary Thompson, la voix chargée d’émotion.

Hilary, lors de la cérémonie ce matin

Hilary, lors de la cérémonie ce matin

 

Au décollage de la base de Binbrook, au nord de Londres, ce 6 juin 1944, ils étaient 7 aviateurs à embarquer à bord du bombardier Lancaster pour une mission de nettoyage sur Vire. Les 3 précédentes ayant été annulées à cause du mauvais temps, celle-ci démarrait bien.

Arrivé d’Australie en 1943, Frederick Knight, le jeune pilote de 21 ans, sa montre en or au poignet, offerte par Frederick et Margaret, ses parents d’Haberfield, banlieue de Sydney (Australie), était aux commandes du Lancaster. Un bombardier, tout juste sorti d’usine en 1940, de la compagnie Royal Australian Air Force. Ses 6 compagnons, John Read, 21 ans, William Lynam, 26, Leonard Hillman, 24, Farewell Harrison, 23, Robert Elcombe, 18 ou plus exactement 17 car il avait menti sur son âge pour être incorporé, et Lionel Croom, 39, étaient tous anglais, de la Royal Air Force. 

Frederick Knight

Frederick Knight

 

L’avion a-t-il été touché par la DCA ennemie lors de son survol de la Manche ? Le feu s’étant brusquement déclaré à bord, aucun des hommes n’a pu sortir son parachute, tous périssant brûlés vifs dans l’appareil qui s’est désintégré sur quelques communes du canton de Cerisy-la-Salle.

 

Sur le terrain du drame où l’habitacle de l’avion est tombé, un seul corps a été retrouvé intact, les autres calcinés et déchiquetés.

Serge Torchio, le président des Anciens Combattants du canton se souvient, étant enfant en 1944, avoir vu une partie de l’avion tombée sur la commune de Notre-Dame-de-Cenilly. Il ajoute qu’un habitant allait déposer chaque 6 juin un bouquet de fleurs à cet endroit. 

Flying officer John James Read

Flying officer John James Read

 

La montre en or de Frederick a été retrouvée dans un champ de labour, bien des années plus tard, la partie en or intacte, le reste calciné. A l’intérieur, était gravé : « Frederick, pour ton 21e anniversaire, 1943« .

Les corps des sept victimes ne reposent pas en cet endroit mais au cimetière britannique de Bayeux dont j’ai fait un rapide survol informatique pour y découvrir leurs sépultures et une seule photo, celle de Frederick Knight.

Ce cimetière britannique est un bout de terre française offerte aux Alliés à l’issue de la guerre. Y reposent 3935 Britanniques, 181 Canadiens, 8 Néo-zélandais, 1 Sud-Africain, 25 Polonais, 3 Français, 2 Tchécoslovaques, 2 Italiens, 7 Russes, 466 Allemands et 17 Australiens parmi lesquels Frederick.

Etait présent à cette cérémonie le neveu du plus jeune des aviateurs d'à peine 18 ans

Etait présent à cette cérémonie David Elcombe, le neveu du plus jeune des aviateurs d’à peine 18 ans, Robert Elcombe.

 

Frederick Knight, pilot officer

Frederick Knight, pilot officer

Leonard Hillman, seargent

Leonard Hillman, sergeant

 

 

( 26 mai, 2018 )

Mel…. Ancolie

Connaissez-vous cette fleur haut perchée sur sa tige, toute en équilibre précaire, vacillant au gré du vent, si fragile et pourtant redressant le buste après chaque tempête, appréciant l’éternel retour du soleil, chaque matin, dans la fraîche rosée, contemplant, nuitamment, la voie lactée, luisant au clair de lune ?

Ancolie au jardin

Ancolie au jardin

 

Similitudes entre la fleur et l’être humain ? 

Sa contemplation m’ôte le fait d’une mélancolie passagère.

Amie ou sœur, à cœur de fleur, sans cœur ? Indifférente ?

Peu m’importe !!! 

Elle là, tout près, au jardin, fleurie en ce moment et ce m’est un petit bonheur supplémentaire picoré au fil de mes visites.

Une originale au jardin

Une originale au jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cueillons, rassemblons, amassons les tout petits bonheurs du jour pour que ce temps qui nous mène inexorablement vers le néant nous soit encore plaisir !

Une classique au jardin

Une classique au jardin


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je découvre avec joie que le poète Francis Jammes (1868-1938) les appréciait, lui aussi.

Dans son recueil : « Clairières dans le ciel », voici ce qu’il écrivait, en alexandrins, sur ces fleurs.

« Deux ancolies se balançaient sur la colline.

Et l’ancolie disait à sa sœur l’ancolie :

Je tremble devant toi et demeure confuse.

Et l’autre répondait : si dans la roche qu’use

l’eau, goutte à goutte, si je me mire, je vois

que je tremble, et je suis confuse comme toi.

Le vent de plus en plus les berçait toutes deux,

les emplissait d’amour et mêlait leurs cœurs bleus. »

 

Albrecht Dürer (1471-1528), le peintre allemand, les a immortalisées vers  1520, lors d’une balade du côté de Nuremberg (en Bavière).

Reproduction trouvée sur Internet

Reproduction trouvée sur Internet

 

( 23 mai, 2018 )

A propos d’araignée…

 

 

reproduction wikipedia

reproduction wikipedia

A propos d’araignée qui fait si peur aux humains…..

« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie

Parce qu’on les hait…. » clamait Victor Hugo

Je viens de relire, avec grande émotion, la suite du poème extrait du recueil Les Contemplations (1856)

Si cela vous tente…..

 

« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,    

Parce qu’on les hait ;

Et que rien n’exauce et que tout châtie    

Leur morne souhait ;

 

Parce qu’elles sont maudites, chétives,    

Noirs êtres rampants ;

Parce qu’elles sont les tristes captives    

De leur guet-apens ;

 

Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ;    

O sort ! fatals nœuds !

Parce que l’ortie est une couleuvre,    

L’araignée un gueux ;

 

Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,    

Parce qu’on les fuit,

Parce qu’elles sont toutes deux victimes    

De la sombre nuit.

 

Passants, faites grâce à la plante obscure,    

Au pauvre animal.

Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,    

Oh ! plaignez le mal !

 

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;    

Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie    

De les écraser,

 

Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,    

Tout bas, loin du jour,

La mauvaise bête et la mauvaise herbe    

Murmurent : Amour !

 

 sans-titreIl est vrai que je répugne à tuer ces aranéides solitaires, surtout quand elles agissent dans l’ombre d’un placard peu fréquenté. Ce qui m’a inspiré ces modestes vers.

 

Tout au fond du placard une araignée

Tissait sa toile-piège dans le noir.

Le chiffon à poussière en main, j’allais

D’un geste vif et assuré, pourvoir

A mon droit de propriété, logique !

M’avisant juste à temps que l’animal

Privé de charmes visibles esthétiques

Possédait, comme moi, un cœur …normal.

J’ai épargné cette noire araignée.            

Notre locataire avait, pour l’hiver,                     

Squatté le placard aux pots de gelées

Et confitures aux parfums divers.

 

Quelques années après….

 

Bien sagement elle tisse sa toile,

Contrat renouvelé dans le placard.

Les bocaux se parent d’un léger voile 

Et quand je jette parfois un regard

Dans cet obscur antre de solitude,

Je sais que l’araignée est là, qui vit,

qui est, ainsi que moi, dans la quiétude,

Pour quelque temps encore, en paix aussi. 

 

 

 

 

 

 

 

( 30 avril, 2018 )

Manif paysanne ?

Quelle était sa revendication ? Pourquoi les autres n’ont-ils pas suivi le mouvement ?

J’ai bien essayé de parlementer, d’engager le dialogue, me montrer affable, afficher mon plus beau sourire, essayer la séduction ! Rien n’y a, hélas, fait.

Hier dimanche à 12h32 exactement, il était planté là, en plein carrefour de trois routes, la plupart du temps fort peu passagères sauf en cas de convoi pour nouveaux mariés ou de passage de troupeau allant d’un champ à l’autre. Revêtu d’une cotte kaki, il impressionnait par sa bedaine rebondie, ses formes boulimiques, sa voix de carpe et son aspect de vert ver luisant. Tant bien que mal, j’ai réussi à me faufiler, sous les huées de ses supporters postés en terrain élevé.

round baller

Quelques heures plus tard, il fut obligé de rejoindre, tractu militari, obéissant aux forces de l’ordre agricole locales, ses compagnons en attendant d’être confié à un plateau en direction de la ferme !

Drôle de manif paysanne !

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( 25 avril, 2018 )

Mon cloître de verdure…

J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons  le chemin, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse et les pieds vite humides.

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Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère au contour régulier, longeant d’autres prairies et frontalier d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

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En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, à chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers, touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et oiseaux. Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.

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J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

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Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage. sapins 2

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo.mandala 3 O

 Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai encore sentir le frais parfum des fleurs du pommier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage ravi.

 

 

 

( 10 avril, 2018 )

Tiens, une journée de printemps !!

Que le  soleil est beau quand tout frais il se lève

Comme une explosion nous lançant son bonjour !… »

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Tout à fait d’accord avec Charles Baudelaire (1821-1867) qui commençait ainsi l’un de ses sonnets.
Ce 5 avril, explosion de lumière, haute couverture bleu uni, douce chaleur tiède, renouveau dans les airs, sur terre, sur le corps, dans la tête, enfin bonheur de retrouver cet astre trop longtemps absent de nos si tristes journées…
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Immédiate envie de jardiner, de sarcler, de tondre la pelouse, de repiquer fleurs et arbustes, d’aérer les plantations en place, de semer, de planter, les chiens allongés sur l’herbe encore fraîche, appréciant, eux aussi, cette inattendue venue du dieu Phébus en habits d’apparat. En un tournemain, tout est oublié : grisaille, boue, mélancolie….
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« Pourvu que ça dure », comme l’aurait aussi dit Letizia Bonaparte (1750-1836), la mère de l’empereur Napoléon, en apprenant la nouvelle d’une des nombreuses victoires militaires de son fils. Hélas, il y eut ensuite Waterloo….
( 1 avril, 2018 )

Demain le merle chantera….

La météo au quotidien

La météo au quotidien, ce sont de lourds nuages noirs…

Demain le merle chantera

Aux premiers éclats de l’aurore.

Car aujourd’hui ne le fera :

Il pleut, repleut et pleut encore.

Mon cœur est ce noir corvidé

Qui, au gré des intempéries

Ou des longs jours ensoleillés,

Pleure puis rit, chante ou crie.

Des chiens qui pataugent dans la gadoue

…des chiens qui pataugent dans la gadoue

Quand j’ouvre, matin, les volets,

je regrette bien du printemps

La promesse d’un ciel aimé.

Cette image de pluie et vent,

C’est carrément désagréable.

...des jonquilles qui font la tête.....

…des jonquilles qui font la tête…..

Je fais alors courte prière

A monsieur du Soleil, joignable

Tout au-dessus de l’atmosphère,

Qui me répond, indifférent :

« Va donc voir ailleurs si j’y suis ! »

....des pervenches qui ont perdu leur éclat...

….des pervenches qui ont perdu leur éclat…

Rien à faire sauf patient

Se montrer et rompre l’ennui

En enfilant tenues étanches

Pour aller faire un petit tour, 

Louer jonquilles et pervenches,

Primevères en joyeux atours.

...et des primevères qui cherchent encore le printemps !

…et des primevères qui cherchent encore le printemps !

Je rêve que demain le merle chante,

Que le printemps promis arrive,

Douce chaleur revigorante

Et qu’enfin, enfin tout revive ! 

 

 

 

 

 

 

( 27 mars, 2018 )

Du temps pour tisser les jours…

Du temps pour tisser les jours aux jours pour tisser le temps….

Voici un tout récent tissage enfin achevé, sur cadre en bois flotté, assemblé à l’aide de chevilles en bois.

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Le tissage, c’est une passion cyclique.

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Ca va, ça vient au gré des envies, des occupations et centres d’intérêt, au fil des heures, des jours et des ans qui passent. 

Lauréanne Harvey, écrivaine canadienne dit cela mieux que moi :

 

“Que vaut le temps, s’il n’en reste plus pour s’émouvoir, s’attendrir, aimer ? Ce n’est pas nous qui décidons de notre temps, mais le temps qui tisse les jours, fait et défait les volontés, les aspirations de l’homme.”

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( 23 mars, 2018 )

Entre paix de la charrue et paix de Dieu….

Au salon du livre médiéval d’Agneaux le 3 mars, nous avions rendez-vous pour y chanter quelques mélodies d’antan.

Merci à l'auteur de la photo.

Merci à l’auteur de la photo.

Mais j’ai aussi eu le plaisir de rencontrer des écrivains locaux parmi lesquels François Neveux et Claire Ruelle, auteurs d’un ouvrage sur Guillaume Le Conquérant aux Editions Ouest France, livre que je me suis procurée.

Issue du monde paysan, j’ai pensé, en lisant ce passage sur la condition paysanne au temps du Conquérant, à mes lointains ancêtres, certainement laboureurs. Paysans dont les aïeux avaient vu, dès le Xe siècle, surgir ces hordes de Vikings dirigées par Rollon, le Scandinave. Il y eut probablement des révoltes dans les campagnes dont une en 996, évoquée par Guillaume de Jumièges.

Merci à Bayeux Museum.com

Merci à Bayeux Museum.com

Fut instaurée, quelque temps plus tard, la paix de la charrue, loi précepte visant à protéger les manieurs du soc et du coutre (charrue basique tirée par un âne, un cheval ou des bœufs) contre les guerriers peu respectueux des endroits qu’ils empruntaient. Car chacun sait que le labourage était l’une des mamelles du pays, dirait Sully (1560, 1641), quelques siècles plus tard.

Autre précepte institué, celui de la paix ou trêve de Dieu débutée en 989 au concile de Charroux (village près de Poitiers), en Normandie proclamée  par Guillaume et les évêques au concile de Vaucelles (près de Caen) en 1047. Elle interdisait de guerroyer du mercredi soir au lundi matin, le jeudi en respect pour le Jeudi Saint, le vendredi en souvenir de la mort du Christ, etc…Interdit aussi de faire la guerre du début de l’Avent à l’octave de l’Epiphanie soit un bon mois, idem du début du Carême à l’octave de Pâques (plus de 40 jours) et du début des Rogations (3 jours avant l’Ascension) à l’octave de la Pentecôte. Drôle de coutume qui obligeait à choisir une période pour conquérir un donjon, anéantir une armée ennemie ou tuer ses opposants ! Sous peine de lourdes amendes. Essai d’un moyen non violent créé par l’Eglise mais si peu respecté…..Hélas……La paix à tout prix… sauf si…….et des sauf si, il y en eut par milliers…… Et ça continue tous les jours……..

Bayeux Museum

Bayeux Museum

( 19 mars, 2018 )

Sur la toile du drap

 

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Sur la toile du drap, maman,

Tu as, de tes doigts compétents,

Brodé ce bouquet de violettes.

J’étais encore toute jeunette

Et me fichais de ce trousseau 

Et de tes insistants propos,

Ajoutant au côté pratique

Des ancêtres la symbolique .

Pourquoi me parlais-tu ainsi ? 

Me fallait-il déjà mari

Trouver ? Cette étrange coutume

Jetait mon cœur en amertume.  

Mais je t’ai obéi, maman.

Une fille sage consent.

J’exigeai que la broderie

Rompe avec la monotonie

Traditionnelle, blanc sur blanc.

Aux lys et roses en rubans

Je préférai les violettes,

Dans leurs timides collerettes.

Et tu t’exécutas, maman,

En donnant de ton temps,

Entre deux tâches agricoles,

Enseignée à très bonne école

Puisque, de mère en fille, c’était,

Depuis la nuit des temps, un fait

Inscrit dans les mœurs familiales,

Avec le broder d’initiales.

Sur la toile du drap, Maman,

Ce bouquet oeuvré patiemment,

A toi pour toujours me relie

Par un fragile fil de vie. 

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