( 14 novembre, 2018 )

Le buvard de mon coeur

Aubes roses. Pastels gras 1996

Aubes roses. Pastel 1996

J’aime colorier ma vie de fantaisie,

Enluminer mon temps de sobre poésie.

Peindre mes jours de bleu, de rose et d’un trait d’or,

Juste un filet ourlant les contours du décor.

 

Roses vagues 1995 Pastels gras

Roses vagues 1995 Pastel

Dessiner sur fond noir les joies de l’existence,

Ecrire et partager mes impressions en stances,

Sculpter mes nuits de rêves, à peine dévoilés,

Aperçus fugitifs car sitôt envolés.

 

Au ventre de la mère 1996 Pastels gras

Au ventre de la mère 1996 Pastel

Ainsi les années passent, à chagrin moins enclines.

Durables amitiés, passions opalines,

Angéliques tendresses à vivre intensément.

 

Commencé en 1997. Inachevé Pastels gras

Commencé en 1997. Inachevé Pastel

Ma palette est la terre. Mes amis, les pigments.

Un support favori, le buvard de mon cœur.

Je veux tisser ma vie au métier du bonheur.

( 9 novembre, 2018 )

Le phoenix et la licorne

 

Phoenix rouge de la peinture chinoise

Phoenix rouge de la peinture chinoise

Le  phœnix en la ville

S’ennuyait sur sa branche,

Rêvant d’une Sybille,

Œil vif et plume blanche.

 

Licorne en son vert pré

Songeait, bien solitaire,

A quelque doux galant

Avec qui chemin faire.

 

L’un des dieux de l’Olympe

Entendant leurs soupirs

Sur la montagne grimpe

Pour taire leur souffrir.

 

Mais comment rassembler

Deux si différents êtres ?

L’un sait si bien voler,

L’autre a deux ailes piètres.

 

Bonne dame Nature

Dans l’affaire intervient

Qui abolit torture

Et, dans l’heure qui vient,

 

Soulève la licorne

Emmène le phœni(x)

Dans un pays sans bornes.

La suite ne vous dis.

Licorne peinture rupestre

Licorne peinture rupestre

Le mardi 6 novembre, minuit

( 27 octobre, 2018 )

Si tu diffères de moi ….

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ! »

photo Revue des deux mondes

photo Revue des deux mondes

Pas besoin de commentaire à cette phrase issue de Pilote de guerre, l’un des romans d’Antoine de Saint-Exupéry, d’abord intitulé Flight to Arras, publié aux Etats-Unis le 20 février 1942, par l’écrivain en exil, censuré par les pétainistes et les Nazis car appelant les USA à entrer en guerre contre l’occupant. De Gaulle lui-même en interdira la publication en Algérie, à l’époque où la politique était encore au colonialisme !! Car respecter l’autre, c’était suspect !!!!!

Terre des hommes en 1939, Pilote de guerre en 1942, Le Petit Prince en 1943, et tous ses autres ouvrages : une superbe leçon de vie, de fraternité et de justice. Merci, monsieur Saint-Ex.

Il était né en 1900, disparu en vol lors d’une mission le 31 juillet 1944, tombé en Méditerranée, non loin de Marseille.

« Pardon de vous déranger… c’était seulement pour dire bonjour !  » Extrait de Lettres à l’inconnue, écrites en 1943, publiées post mortem en 2008, révélées lors d’une vente aux enchères en 2007.

 

( 26 octobre, 2018 )

Chuter pour renaître !

Chuter... 1 O

Doucement se balancent au gré du vent d’automne

Les ultimes feuilles du figuier au jardin.

Voici déjà, au cadran de l’année, que sonnent

Déclin, mort et trépas en voltigeant gadin.

 

Entraînant dans leur chute une douce pelisse,

Ce qui était hier, la chaleur du soleil,

 Heures d’insouciance et ces  jours de délices,

Les fenêtres ouvertes à mes nuits de sommeil.

 

L’une d’elles en dansant son ballet d’Ophélie

A lancé à tout va ces quelques mots d’adieu.

Je les ai retenus. Avant que les oublie,

 

Vous les offre aussitôt. L’espoir délicieux,

C’est que, dès le printemps, tout va réapparaître.

« N’oubliez surtout pas ! Faut chuter pour renaître ! » 

Nellie 9h du matin, le 25 octobre 2018

( 23 octobre, 2018 )

Ca fait caquet si je vous dis que …..?

Eh bien oui, j’oserai vous faire caquet !! Je viens de retrouver dans mes bagages cette expression que vous comprendrez sans traduction tant elle est claire et charmante. Tout droit venue du pays des Helvètes d’où je rentre.

Une contrée attingible par voies de terre et des airs en quelques heures, environ sept, pour rejoindre le troisième et dernier étage du chalet « Au pied du mont » le bien nommé, au village de Grimentz, le plus fleuri de Suisse, annoncent les dépliants touristiques.  Même si, à cette période automnale, les balcons se vident de leurs contenus géraniumniques…  

Lorgnez vers le 3e étage. Peut-être apercevrez-vous la famille Duval ? Aux balcons encore fleuris, non pas de géraniums mais des pétunias blancs.

Lorgnez vers le 3e étage. Peut-être apercevrez-vous la famille Duval ? Aux balcons encore fleuris, non, cette année, pas de géraniums rouges mais des pétunias blancs.

« Au pied du mont » ? Car juste au-dessus, il y a Bendola, la station de ski et ses pistes broutées, à la verte saison, par les belliqueuses, mais pas trop ! vaches d’Hérens. Et l’hiver, très largement poudrées de sel céleste.

Je ne me lasserai jamais de l’accueil et des surprises que me réservent mes enfants et petits-fils à chacune de mes ascensions vers leur montagne préférée, le nid qu’ils ont bâti depuis leur arrivée en 1996. Déjà 22 ans ???

Au royaume des edelweiss,

Edelweiss en haut du barrage de Moiry

Edelweiss en haut du barrage de Moiry

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Ce lac des Autannes, un merveilleux bijou !! Photo Lénaël

chamois, marmottes, aigles et neiges éternelles, je vais de surprise en surprise, Lénaël et Sandrine n’étant jamais à court d’idées en balades  ! Le paradis ! Ce petit lac des Autannes, à peine 5 hectares. « C’est tout de même pas le lac de Genève avec ses 58 000 hectares ! » me direz-vous ! Certes mais celui-ci est unique, majestueux, si haut perché, à 2665 mètres, merveilleux bijou se reflétant dans son écrin de sommets, juste au-dessus de la tsigère de Pierre

La tsigère, cabane de montagne pour garder les vaches autrefois et faire le fromage d'été.

La tsigère, cabane de montagne pour garder les vaches autrefois et faire le fromage d’été.

et de la ferme d’altitude.

Sur la pente herbue tout près du chalet, le troupeau des vaches villageoises, entre la désalpe et l'étable pour l'hiver.

Sur la pente herbue tout près du chalet, le troupeau des vaches villageoises, entre la désalpe et l’étable pour l’hiver.

Un eden de fraîcheur, de transparence, de cette eau cristalline tout droit venue de la fonte des neiges.

Barrage O 2018

Le barrage de Moiry et sa voûte de béton retenant les eaux du glacier.

En redescente vers la vallée, 400 mètres plus bas, nous sommes donc à 2249m d’altitude, après ces célestes heures autour de ce petit réservoir glaciaire, il y a le grand, l’immense lac artificiel hydroélectrique de Moiry. 4 années de construction, de 1954 à 1958, et 1200 ouvriers au travail, 148 mètres de hauteur, 610 m en long, d’une surface de 129 ha. A la base de la construction en voûte, 34 mètres et à son épaisseur au sommet 7 mètres. Et cette eau tout juste venue du glacier en contrehaut, d’un bleu de rêve…

Lac des Autannes deux mois plus tard. Photo de moi.

Lac des Autannes deux mois plus tard. Photo de moi.

Et ces sentiers à explorer, qui le ceinturent. Et cette cabane d’altitude qui le domine…. Et ces marmottes et marmottons déjà ensommeillées dont je rêve d’apercevoir la silhouette… Trop tard ! Et ces cerfs bramant pour appeler leurs dames, et ces chamois juste au pied du barrage, passant paisiblement à la tombée de la nuit….

 

Non, je ne veux vous lasser avec toutes ces splendeurs… Juste vous dire que le paradis existe aussi sur terre ! Il vous attend quelque part, à moins que vous l’ayez déjà trouvé !

Mille mercis à mes chers enfants suisses. A vous revoir bientôt…

Belle journée à vous et prenez ces septante, octante et nonante bises !!!

( 21 octobre, 2018 )

Fraîche bribe d’enfance

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Je ne sais pourquoi ce texte humble et frais est toujours la cible de commentaires de sites un peu tendancieux, jamais méchants cependant.  En changeant le titre du poème, peut-être ne sera-t-il enfin visité que par mes amis ?

Dans le coeur d’une primevère

j’ai humé la frêle senteur

d’une partie de mon enfance

quand, par les chemins, nous allions

jusqu’à l’école du village.

 

Nous aimions picorer les fraises

que nous trouvions sur les talus,

minuscules et parfumées.

Chacune était un paradis,

un instant de bonheur intense.

 

Petits riens de la vie,

humbles plaisirs si brefs

qu’il ne faut pas rater,

qu’il faut savoir trouver.

( 18 octobre, 2018 )

Flirt automnal

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Flirt automnal

 

Voici déjà pointer l’automne de ma vie !

Néanmoins j’ai au cœur cet éternel printemps

Inondé de soleil, cette durable envie

De découvrir encor des trésors palpitants.

 

Une aube aux mille tons, au firmament l’étoile,

Cette senteur des bois, ce parfum du muguet,

La pluie sur mon visage et du soleil le voile,

Du silence l’écho qui procure la paix.

 

Elle est aussi trésor la tendresse infinie

Que peuvent se donner deux êtres en harmonie !

Et l’une main dans l’autre et leurs yeux bienveillants,

 

Partage de leurs joies, de leurs désagréments,

Dure est la solitude à qui aime bien vivre,

Doux sont les mois et ans qui préservent du givre.

 

Nellie, 22h, le 18 octobre 2018

( 4 octobre, 2018 )

En route vers la magie helvète

Valise dépoussiérée, talons cirés, sac à dos empli, avion et train réservés, mercredi je pars pour mon seul et unique grand voyage annuel : le pays de Lénaël, Sandrine, Timo et Nolan. Non ce n’est pas le bout du monde. Juste mille kilomètres de distance et 1500 m de hauteur nous séparent. Ce village du Valais suisse, aux jolis chalets de mélèze noircis par les ans, aux alpages à l’infini, aux cimes enneigées, c’est en quelque sorte un peu du paradis sur terre.

Ce matin justement, nous recevions de là-bas cette superbe photo, prise par Lénaël au lever du jour, cliché de la magie helvète qui m’attend pendant ces quatre jours. Je n’ai pu m’empêcher de vous l’offrir à mon tour. IMG-20181004-WA0000

( 27 septembre, 2018 )

Na na na né né né ou Le chant du nez qui pleure

Ma copine Mo qui l’a pourtant si joli en plein milieu du visage, bien qu’elle ne puisse, par un maladroit geste du créateur, l’admirer, nous non plus d’ailleurs, a en ce moment une incisive contre lui. cuisse 3

Sans que vous me tiriez les vers du nez, je vous en dirai juste deux mots.

Cet indispensable promontoire lui joue de vilains tours de gorge, l’enchaînant à une série de toussotements et éternuements en salves, tel un carabinier peu sérieux, avide d’épuiser sottement ses munitions. Malheureuse jusqu’à, entre deux quintes de ces expectorations pseudo-bronchitales, prestement glisser cette phrase de Marcel Marriën, l’incontournable aphoriste belge : mon « nez est l’idiot du visage. »

Autres auricules

Après mainte et mainte consultation au cabinet de son officier de santé, il lui a été signalé qu’un malin fragment d’amalgame dentaire avait osé choisir ses sinus paranasaux pour auberge.

Fichtre ! Qu’allait-il faire dans cette galère cloisonnée exposée aux quatre vents, aux soudaines crues torrentielles ou aux grands coups de chiffon de papier blanc risquant de l’expulser de sa chambre ?oeillets 11ww

 

Sachant qu’ « un coup d’oeil est souvent trompeur, pas le coup de nez », dixit Philippe Sollers qui a donné raison au charmant Antonio, Mo s’est enfin décidée à consulter un spécialiste ORL.

En pensant certainement qu’ « un nez qui peut voir en vaut deux qui reniflent », comme le dit si bien Eugène Ionesco.

Oui mais…. Il lui a fallu souffler du nez pour accepter une nasofibroscopie et ce fin tuyau engagé d’un côté de la narine se dirigeant vers ses buts précis : visites guidées du larynx et du pharynx.oeillet 2 ww

Oui, oui, l’on se passerait bien d’une telle excursion !

Désormais lointain souvenir d’un bref séjour chez notre jeune docteur italien, Mo et son nez se remettent tranquillement en défaisant, matin et soir, une pleine valisée de jolies dragées multicolores. Jusqu’à ce que, je le lui souhaite de tout cœur, le rétablissement s’amorce et que ma chère amie reprenne toutes ses activités, les doigts dans le nez !

Pour parfumer cet article pauvre en nez, permettez-moi de l’embaumer avec quelques fleurs écloses (Rose Cuisse de Nymphe Emue, auricules et œillets) en ce moment au jardin. A bientôt pour des aventures autres que nasales.

( 22 septembre, 2018 )

Macadamia, pacanes, anacardes et Cie

L’eau à la bouche, le fruit dans l’arbre et le mot…. sur la langue ? Voyons voir.

Si vous élargissez vos connaissances botaniques en même temps que moi, alors c’est parfait ! Je suis comblée. 

Chaque midi, fruitarienne à la douzième heure du jour, je me régale de noix différentes ajoutées à mon bol de fruits.

Quelles noix, me demandez-vous ?

 

Noix de macadamia

Noix de macadamia

Eh bien, les noix de Macadamia (45€ le kilo !). Je viens d’apprendre que ces jolies petites boules écrues proviennent du macadamier ?Oui, aussi appelé noyer du Queensland qui pousse en Australie et en …Espagne. Ces graines « aux mille vertus » sont bourrées de sels minéraux et d’une huile de grande qualité.

 

Noix de Pécan

Noix de Pécan

Une autre portion de noix de Pécan ou pacanes, issues du pacanier nord-américain, riches en anti-oxydants.

250px-Cashew_nut_industEn plus, quelques noix de cajou, en forme de fœtus. Ou bien anacardes nées de l’anacardier brésilien. Vous avez projeté de vous rendre prochainement au pays du carnaval de Rio ? Attention ! Si vous tombez sur un anacardier, ne consommez pas ses noix crues car toxiques. Mais comestibles une fois cuites seulement, pleines de protéines végétales.

 

Noix du Brésil

Noix du Brésil

Quant aux noix du Brésil, gorgées de vitamine E, également connues sous le nom de châtaignes d’Amazonie, elles apparaissent sur le noyer du Brésil. Pas de piège à celui-ci. Vous auriez pu le deviner de suite. 

Inutile de vous demander comment s’appellent les arbres porteurs des noisettes et noix ordinaires ajoutées à ma mixture et en provenance directe des talus du champ, surtout en ce moment car gaulées par les rafales du vent de galerne (ouest). Et que j’obtiens patiemment, casse-noix vissé en main, en regardant, le soir, un bon film à la télé, à condition qu’elles ne résistent pas à sortir de leur coque douillette !  

( 20 septembre, 2018 )

A chaque arbre son fruit…

« L’arbre est connu par ses fruits, non par ses racines », dit un proverbe. Au propre comme au figuré.

Restons-en au propre un instant.

En ce mois de septembre, cueillons, cueillons pêches, pommes et poires. Récoltons châtaignes, noisettes et noix.

Vous savez que beaucoup d’arbres portent des fruits, comestibles ou non. Mais connaissez-vous leurs noms ? En voici quelques-uns qui jonchent nos chemins et routes en ce moment.

 

Photos wikipédia

Photos wikipédia

Ainsi, que porte le hêtre ? Bingo. Vous avez dit faînes. La faîne, c’est cette minuscule amande enfermée dans sa cupule, qui en sort dès que mûre. A petite dose, elle est comestible aux humains et régale plus souvent écureuils, blaireaux, sangliers et oiseaux.

samares du frêneEt le frêne ? Son fruit est la samare, un akène (fruit sec non déhiscent, qui n’éclate pas), tels le gland ou la faîne. Un fruit lui aussi apprécié des écureuils et oiseaux, comestible pour les humains, les Anglais les consommant comme les câpres ou cornichons.

glandQuant au chêne, inutile de nommer ce gland dont les animaux qui s’en nourrissent exclusivement sont des balanophages (le cochon sauvage, le sanglier et autrefois les Egyptiens et des peuples nomades dont c’était l’aliment de base pendant la saison).

A suivre…

 

 

( 18 septembre, 2018 )

La vie est un grand jeu

 

Photo wikipédia

Photo wikipédia

La vie est un grand jeu, éventail de possibles.

Jeu du hasard de naître en cocon bienveillant,

Avec parents aimants ou famille terrible,

Tel un pauvre gavroche jeté dès que naissant.

 

Un jeu de memory aux règles éphémères,

Car sans arrêt changeantes à qui veut les savoir.

Jeu de colin maillard, les yeux pleins de chimères,

Les bras toujours tendus afin de ne pas choir.

 

Un jeu du quitte ou double avec le partenaire,

Hasard de loterie, la chance de l’été ?

Amère comédie ou manège enchanté ?

 

Un jeu de l’élastique, aujourd’hui comme hier,

Avec rebondissements, un passe-temps de hasards

Et ses multiples choix, avant le grand départ !

 

Nellie, mardi 18 septembre 2018, à midi

( 13 septembre, 2018 )

Bizarreries de vocabulaire. Merci Joo !

lever« Maintenant vous ascendez vos bras au-dessus de votre tête », nous a dit ce matin Joo, notre charmant et très compétent professeur de yoga-Qi-Gong, récemment arrivé d’Angleterre et qui a très vite dû s’immerger dans la langue française.

Un quart de seconde d’étonnement et oui, bien sûr ! Oh, ce verbe que j’oyais pour la première fois et dont j’ai aussitôt saisi le sens, tant il est évident. Vous aussi, n’est-ce pas ? 

Ascendre-descendre

Sitôt revenue à la maison, j’ai saisi le Littré en 5 volumes et rien de rien à ascendre. Bien sûr, ascendant, ascendance, ascenseur, ascension, ascensionnel, ascensionniste (qui fait une ascension en montagne).

Tous ces mots opposés à descendant, descendance, descensionnel et même descenseur. Eh oui, un descenseur, c’est un objet propre à descendre des objets ou des personnes. Peu usité de nos jours il me semble !

Prenons l’ascenseur pour joindre le 7e étage et le descenseur pour gagner le rez-de-chaussée !! Pourquoi pas !

Photo you tube

Photo you tube

Et l’opposé à descente, serait-ce ascente ? Pas de traces de ce mot.

Les Britanniques seraient-ils plus conservateurs que nous grâce au vocabulaire apporté par Guillaume Le Conquérant il y a bientôt deux mille ans, emprunté au latin ascendere, descendere ?

Comme j’aime beaucoup le yoga et le professeur qui l’enseigne, je retournerai bien volontiers jeudi prochain pour ascendre mes bras au-dessus de ma tête !

Merci, Joo pour la résurrection de ce mot quasi perdu et que désormais j’utiliserai chaque fois que j’en aurai l’occasion. Une mort évitée et tant mieux ! 

 

 

( 6 septembre, 2018 )

Mon cloître de verdure (revu et enrichi)

Oui, il s’agit toujours du même cloître de verdure et de la même nonne en robe légère de coton, chaussée de sandales de rosée dans le petit matin, chapeautée d’un bibi anti-soleil aux heures chaudes du jour et revêtue d’une petite laine le soleil couchant venu. 

J’ai juste amélioré le texte paru il y a un ou deux ans sur le blog, venant ce jour de l’envoyer pour parution dans une revue (d’un ami d’une amie) à très faible tirage.

Alors si le cœur vous en dit, revenez faire une balade avec moi dans cet endroit à la limite des mondes mystique et profane. 

              

                                   

         Mon cloître de verdure

 

détail du mandala (1)J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons d’ordinaire le sentier imprimé par nos allées et venues, au fil des jours, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse, la quiétude assurée.

 

Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère convexe aux contours réguliers, longeant d’autres prairies, bordé, à l’occident, d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

 

En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers,  touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et d’oiseaux. Un mélèze helvète y pousse allègrement, souvenir d’escapade au pays des enfants expatriés.   Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.mandala-2-o-300x234

 

J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

 

Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage.

Sur le talus oriental, une douzaine de sapins croissent élégamment, symboles des Noëls de naguère. Car les enfants ont depuis fort longtemps déserté le cocon. Mais les confères sont là, évoquant le mystère de la Crèche et ces matins des étrennes aux paquets avidement ouverts.

 Mandala 1

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo. Pour tous ces êtres chers, tel un Ave Maria, Requiem, Te deum ou In Paradisum, j’ai dessiné ce mandala sous un chêne abrité. Qu’ils reposent en paix, ces doux êtres chéris !

 Le mandala (cercle de 2m  de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies , aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kms du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

Le mandala (cercle de 2 mètres de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies, aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kilomètres du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

 

Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller cependant car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai alors encore humer le frais parfum des fleurs du pommier ou poirier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage réjoui.

Nellie Duval, La Mauvillière. Modifié le 5 septembre 2018

( 4 septembre, 2018 )

Château de sable, hutte de paille

 

Epilobe

Fragile comme les pétales de l’épilobe

 

Le bonheur est un compagnon fragile

Qu’il faut apprivoiser avec dextérité,  

Tel un château de sable modelé,

Bâti jour après jour au bord d’une île.

 

Créée avec la tendresse des doigts,

Sous l’ardente lumière estivale,

L’éphémère forteresse royale,

Née de l’union de deux cœurs en émoi,

 

Va-t-elle pouvoir préserver ses murailles

Contre les éléments perturbateurs

Prêts à tuer la cité du bonheur,

A l’engloutir entière, vaille que vaille ?

 

Avec le poète je dis : « Rêver,

C’est le bonheur, attendre, c’est la vie. »

L’attente a ses plaisirs, flamme d’une bougie,

Vacillante parfois, que je ne veux souffler.

 

Nellie, La Mauvillière, 11h du matin, le 4 septembre 2018

( 1 septembre, 2018 )

Déhiscant, ce marron d’Inde ?

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En ce moment roulent sur l’asphalte de gros cailloux (mar en ligure, parler italien du sud, signifie caillou) végétaux quasi ronds, marron qui font pester cyclistes et motocyclistes risquant de chuter de leur engin.

Oui, il s’agit des marrons, fruits du marronnier d’Inde qu’on dit déhiscants puisqu’ils s’ouvrent spontanément à maturité, quittant leur enveloppe bogue. Mon vieux lexique latin français indique que le verbe dehiscere signifie s’entrouvrir.

Chic alors ! Un mot nouveau à notre vocabulaire ! Dur, dur de le placer dans une conversation, il est vrai.

Dialogue entre deux marrons :

« -Hier, ma bogue m’a déhiscé. Et toi, qu’attends-tu ?

   -Seules deux de mes fentes sur trois sont ouvertes. Ça devrait être pour demain ! »

Aesculus_hippocastanum_fruit

Trois valves s’ouvrent pour laisser sortir le fruit.

Venu d’Inde, cet arbre ?

Non, il n’en est rien. Un peu façon Christophe Colomb et ses Indes américaines !

L’arbre robuste qui a dû survivre à la glaciation du côté des Balkans (merci wikipédia) a probablement été introduit à Constantinople en 1557. Un ambassadeur en aurait  glissé un fruit dans la poche d’un autre ambassadeur et, de nonce en légat, le tour était joué jusqu’à Paris, la graine prête à germer plantée à l’hôtel Soubise en 1612.

Sa famille ? Les Hippocastanaceae. Y aurait-il du cheval là-dedans ? Dans le langage populaire, l’arbre est aussi nommé faux châtaignier ou châtaignier de cheval. Parce que ces équidés pouvaient en manger, sans excès cependant car très astringent. Gare aux brûlures entre leur sphincter et pylore !!!

feuille marronnier

Pas possible de confondre une feuille de marronnier avec une autre du châtaignier !

feuille châtaignier

Feuille de châtaignier

 

Mais alors pourquoi la châtaigne est-elle si souvent appelée marron mais jamais l’inverse ?

« Chauds, chauds, les marrons, chauds….. »

Probablement car le marron-châtaigne, plus gros et charnu, plus délicieux aussi, utilisé par les confiseurs, possède une seule amande qui ne s’écrase pas à la cuisson alors que notre châtaigne commune en possède trois, habillées de leur peau amère.

Gare aux confiseurs fraudeurs qui confondraient les deux marrons. Ils ne tireraient plus les marrons de leur feu mais deviendraient les marrons de cette farce !!!

Notons cependant que notre cher marron d’Inde, si indigeste voire vomitif, rend de précieux services à la médecine puisque ses graines sont utilisées pour l’insuffisance veineuse…. Mais ce serait une autre histoire….

A marron mauvais bonne châtaigne !!!!!!

( 27 août, 2018 )

Si chère Benoîte !

Vous êtes légèrement morose ? Le soleil estival vous manque ? L’approche de l’automne et de ses désagréments nous guette ? Que faire pour sourire en cet instant précis ? 

J’ai trouvé le remède, certes éphémère mais si bienfaisant, à tous ces petits maux.  Des larmes de rire ne peuvent que couler à flots sur vos joues, déclenchant ce lâcher des zygomatiques, nerfs, plexus, décoinçant mâchoires et tensions de toutes sortes, peut-être même vous offrant, en lieu de la pilule à dormir ce soir, une merveilleuse tasse-infusion de sommeil.

Photo Femme magazine

Photo Femme magazine

 

Eh bien, j’y arrive ! Non, je n’ai pas le don de vous apporter cette détente sauf par l’entremise de Benoîte Groult (1920-2016), merveilleuse écrivaine dont je fais en ce moment une cure de livres. Et je me délecte. Excellentissimes passages à propos de la vieillesse en particulier, dans laquelle elle est entrée et dont elle se rit élégamment. Car « Le problème, c’est que pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être entré en vieillesse…. »

Photo Nouvel Obs

Photo Nouvel Obs. Benoîte, Mitterand et Paul Guimard, son mari

 

« Que se passerait-il si je faisais encore l’amour avec Adrien ? Il enlèverait ses prothèses dentaires et ne pourrait plus me mordre. J’enlèverais mes prothèses auditives et ne pourrais plus entendre ses mots d’amour (si on les garde, ça siffle quand on vous prend la tête entre les mains. Si on les enlève, il faut vous crier « Je t’aime », comme Yves Montant dictant un télégramme d’amour à la demoiselle des Postes dans un numéro célèbre), nous pousserions de petits gloussements que l’autre prendrait pour des cris d’extase alors qu’ils traduiraient une sciatique, une crampe ou quelque difficulté à faire progresser un outil périmé dans un conduit désaffecté. Je lui crierais « Mais tu m’as mis quelque chose de rouillé, Adrien ! Ôte-moi ça, s’il te plaît ! » Etc etc….

Photo Paris-Match

Photo Paris-Match

Extrait du livre « La touche étoile », sublime de drôlerie et d’émotion, de même que ses autres bouquins dont le tout dernier « Journal d’Irlande, carnets de pêche et d’amour« , savoureux recueil de notes issues de ses cahiers, sorties des tiroirs par sa fille. Un bonheur pour nous, l’amour usé de son mari, la fougue de son amant……

Si vous n’avez ni ri ni souri à la lecture de ce passage, inquiétez-vous de votre santé !!!!!

 

 

( 20 août, 2018 )

Attente

   

L'iris, messager des dieux, porteur de bonnes nouvelles.

L’iris, messager des dieux, porteur de bonnes nouvelles.

       

 J’attends mon bel Ami. Viendra-t-il aujourd’hui ?

Je l’attends chaque soir sur le pas de la porte

 Que je n’ose fermer.  Mais dehors, pas un bruit

Sauf le cri de la chouette que le noroît apporte,

Les pleurs du petit veau de sa mère éloigné,

Les répons angoissés de la vache à l’étable,

Lamentations d’un chien à la chaîne entravé,

Qui implore la terre, liberté introuvable.

 

J’attends mon bel Ami. Oui, il viendra demain 

Car il me l’a promis. J’entendrai sur la route

Son crissement de pas, son souffle sibyllin.

Mon cœur s’emballera. Evanouis mes doutes !

Mon sang bouillonnera. Le printemps sera là

Même au cœur de l’hiver. Et je lui dirai : « Entre !

Heureuse de te voir ! Viens sous la véranda ! »

Lui offrirai mes seins, mes lèvres, et de mon antre

 

Lui donnerai à boire un nectar raffiné.

Toute la nuit, nos corps ne feront que s’aimer

Et frémiront, heureux, sous nos folles caresses.

Il partira ensuite, car il faut se quitter,

Oui, pour se retrouver. De l’attente ivresse.

 

Nellie, La Mauvillière, lundi 20 août, 21h.

( 16 août, 2018 )

To my lovely Love

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Dessin Centerblog.net

 J’ai empli mon panier de maints superlatifs

Cueillis tôt ce matin à l’arbre de la vie,

Tout gorgés de rosée, au pouvoir nutritif

Vitaminé, intense, pour faim inassouvie.

 

Tes mains sont les plus douces aux miennes enserrées

Ou à mon corps offert quand elles frôlent le tour.

Ta bouche la plus tendre sur mes lèvres posée,

Sur mon front et mon cou, s’attardant en détour.

 

De tes mots les plus fous je me nourris sans fin.

De tes promesses aussi, même quand elles sont folles.

La plus belle aventure, je la découvre enfin

 

Près de toi, mon Amour. Mes plus soyeux instants,

Mes rêves les plus fous, ma plus gaie barcarolle,

Je les vis maintenant chaque jour, hors du temps.

 6h du matin, le 16 août 2018

( 5 août, 2018 )

Notre symphonie

 

 

Photo significationfleurs.fr

Photo significationfleurs.fr

 

Tes deux mains sur mon corps jouent une symphonie,

Ta bouche sur mes lèvres entame un menuet.

Et nos corps enlacés dansent en harmonie

Une si folle valse au parfum du muguet.

 

Ange de mes doux rêves, dieu de ma tendre Olympe,

Je n’ose imaginer que je te retiendrai

Avec mes talons hauts et ma soyeuse guimpe.

Car, vois-tu, je n’ai plus du jeune âge l’attrait

 

Et le regrette tant. Cependant nulle offense

Ne ferons à Vénus. Et puisqu’elle a voulu

Que nos chemins se croisent, profitons de la chance !

 

 Aimons-nous, charmons-nous, c’est notre symphonie.

 Telle celle de Schubert, retardons le moment

Où nous saurons tous deux qu’elle s’est achevée !

 

La Mauvillière,  9h30, le 5 août 2018

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