( 2 avril, 2010 )

Prête-moi ta patte !

Moi, Zoé, j’ai encore, cette nuit,  rêvé d’elle ! Entrevu ma douce amie bretonne des jours de galère à la ferme d’avant !  Senti sa tiède fourrure fauve, quand dans la grange, blottie à mes côtés, elle me réchauffait  ! Entendu son souffle rapide lors de nos longues escapades par chemins creux ! Perçu son rauque cri lugubre,  nous deux à peine séparées, au sortir de notre évasion !

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        Havane, ma soeur de galère et d’évasion, malheureuse de notre séparation, attendant malgré tout un éventuel adoptant, car la vie doit continuer ! 

Ma soeur des jours maudits me manque terriblement, surtout la nuit, dans mes cauchemars ! Je la revois sans cesse qui court à mes côtés pour me protéger, qui tremble quand j’ai mal d’un coup de pied reçu au ventre, car trop curieuse des bipèdes environnants, qui grogne à l’approche d’intrus non désirés, qui redouble d’ardeur laborieuse pour nous assurer un maigre repas de musaraignes ou souriceaux des champs, qui pleure en silence à l’approche du bâton menaçant de l’homme ou du torchon fortement agité par la femme au-dessus de nos têtes si j’ose tenter de franchir la porte d’entrée.  Qui enfin me console lors de mes terribles otites à répétition puisque non soignées.

Je la vois ensuite s’éloigner jusqu’à disparaître totalement de ma vue, pour toujours, me semble-t-il. Je m’éveille alors brusquement, toute haletante et tremblante, me dresse vivement sur mon céans, jette un oeil dans la vaste chambre et aperçois aussitôt, à la tendre et rassurante lueur de la lampe à sel, le visage de maman puis attends la délicate caresse de sa main sur mon cou. Apaisée, je fourre alors mon museau dans un coin de ma moelleuse couverture et m’assoupis enfin, rassurée.

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Canapé, lit, banquette, tout est confort mais….tu me manques !

Rêvant, à coup sûr, cette prochaine nuit, à la tendre attention de Brouky, la veille, ce midi du 2 avril 2010, dans la véranda. Arrivé le premier pour un bain de soleil sur l’une des banquettes, il a alors étendu sa patte avant droite, sur laquelle, après m’être blottie près de lui, j’ai doucement posé ma tête. Et l’y ai laissée ainsi de longues minutes jusqu’à …une probable crampe menaçante qui la lui a faite ôter  avec la plus grande attention.

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« Ta patte, Brouky, tel un douillet oreiller !  »

J’ai fort apprécié ce généreux geste. Je sais que lui aussi est mon copain. De même BigMa, mon amie Beagle avec laquelle je taquine, histoire de passer agréablement le temps, les petits rongeurs du champ en savourant d’avance les généreuses, riches et bien odorantes gamelles du midi et du goûter. 

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Rien ne vaut un bon bain de soleil !

Je sais que désormais il me suffira de murmurer « Prête-moi ta patte » à Brouky pour apaiser mes petits coups de cafard, de moins en moins fréquents sauf quand maman s’éloigne trop longtemps !

 

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Ame seule cherche patte à louer ! Faisons un essai ce jour ! Qui veut bien me prêter sa patte ?

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« Pas disponible ! J’étouffe et dois me rafraîchir d’abord ! » Signé Scottish.

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« Va demander aux autres ! Je ne m’occupe que de ma propre personne ! » Signé Nana

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« Ecoute, chère amie, je cherche d’abord une place sur canapé ! Ensuite je t’invite ! » Signé Speed.

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« Chérie, mes pauvres vieilles pattes rhumatisantes me font souffrir et ne pourraient supporter ta tête ! Je t’offre volontiers un peu de mon arrière-train ! » Signé BigMa.

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Avez-vous tout compris de mon histoire vécue ?

Moi, Zoé, la Beagle de petite taille, me suis enfuie, il y a deux ans, de la lugubre ferme dans laquelle j’ai passé les dix premières années de ma vie. Enfuie en compagnie de ma jeune amie Beagle fauve de deux ans. J’ai appris que Havane, puisqu’elle a ainsi été prénommée au refuge, a été une première fois adoptée dans une famille peu digne d’elle puisque reconduite au refuge six mois plus tard. Une seconde fois adoptée par d’honnêtes gens. J’aimerais un jour la rencontrer à nouveau et poser un instant ma tête sur sa patte !

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