( 21 août, 2013 )

Time has gone pour petite maman

maman                                                      papa et maman

Pourquoi ce titre franco-anglais ? Pour le rapport qu’a entretenu maman toute sa vie, à partir de ce matin de fin juillet 1944, avec l’Angleterre et tout ce qui y touchait. Cette aube du  juillet 1944 quand Joseph, son père, a découvert, juché dans un arbre du champ derrière la maison familiale de la Huberdière, Dereck Brook. Cet aviateur anglais tombé en parachute, vers 23h, juste avant que l’avion dans lequel il se trouvait avec six de ses camarades soit abattu par la DCA allemande et s’écrase au bourg de Muneville-sur-mer. Mais ceci est une autre histoire……

 

Seule, toujours seule, encore seule ce jour à partager pourtant avec petite maman et mes amis chiens!

Maman, ma pauvre petite maman si âgée, m’attend, ce dimanche midi, toute en rituels, attendant sa fin de vie patiemment, sans jamais se plaindre.

Au fur et à mesure du temps qui passe, les méandres de sa vie s’effilochent puis s’éteignent peu à peu.

Maman et les roses

Maman n’a plus d’amies (sauf la fidèle Madeleine), plus de papa depuis le 1er juin 2005, ne sort plus, ne rit plus, ne jardine plus, ne pratique plus les mots fléchés, ne joue plus au scrabble, ne va plus à la messe, n’invite plus ses enfants, petits et arrière petits enfants les dimanches et jours fériés. Elle, bonne cuisinière, ne se rend plus au fourneaux, n’épluche plus ses légumes pour la soupe.

Il ne lui reste que si peu d’activités.

« -Alors, maman, tu lis ?

-Faut bien passer le temps ! », soupire -t-elle en tournant la page du livre de cuisine cent fois lu et relu.

Elle appuie mécaniquement sur le bouton télé dès que je pars le soir pour ne pas se retrouver dans son lit médicalisé dès dix neuf heures, seule à attendre le lever du jour le lendemain après quinze heures de position allongée et seulement quelques moments de sommeil.

A petits pas mal assurés, elle arrive encore, après le passage de l’infirmière pour la toilette et les soins, à franchir les quelques mètres qui la mènent du lit au fauteuil, du fauteuil à la table et de la table à la chaise près de la fenêtre, histoire de se sentir plus proche de l’extérieur, de son jardin qu’elle aimait fréquenter, de la campagne qu’elle arpentait et de l’air pur dont elle n’a plus le goût en tête.

Sa petite chatte vient parfois lui rendre visite quand la porte d’entrée n’est pas close. Petite maman se penche alors lentement vers l’animal et caresse doucement sa fourrure tricolore.

Si triste fin de vie, toujours seule, même si ma sœur et moi y allons tous les jours, Monique le matin, Mireille, son aide ménagère le midi et moi-même le soir.

Seule, si seule à attendre la mort…..qui ne saura tarder.

Et c’est ce qui attend chacun de nous….

Comment profiter tant qu’il est encore temps !

 

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