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( 28 février, 2015 )

Le printemps va venir !

Il faut y croire encore, à cette arrivée du printemps, des jours sans pluie, sans boue, sans bottes…

Le tapis vert du champ n’en peut plus d’absorber ce froid breuvage qui s’empresse de tomber. L’eau fait des mares, des flaques un peu partout. Et les riantes balades avec les cinq chienchiens sont bien vite endeuillées par ce trop plein liquide qui, ajouté à la terre collante, les barbouille de gris, de marron et de bronze. La gadoue sous leur ventre, la gadoue à leurs pattes, ils rentrent de vadrouille, leur pelage maculé de cette bouillie salissante. Serviettes à la main j’éponge, je frotte et je refrotte. Eux se prêtent au jeu, insouciants et contents. Alors je peste seule contre ces gros nuages sans cesse intarissables qui feraient mieux d’aller distribuer leurs tonnes d’eau en pays africain où il ne pleut jamais.

« Quand on croit que tout est fini, il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter », a dit Paul Claudel.

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Le printemps va venir car, ce matin, j’ai vu des primevères jaunes, des primevères roses, tout encapuchonnées, pointer leurs fins museaux aux mousses du talus.
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Et des pervenches mauves  sortir leurs purs pétales de dessous les feuilles mortes.

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Tellement d’actualité encore aujourd’hui dimanche 29 mars !

( 27 février, 2015 )

Bon bûcheron, coupe du bois…

Voici une récitation qui m’a beaucoup émue quand j’étais petite et qui m’émeut encore. Un poème de Victor Hugo écrit en 1853.

Une histoire de fin d’été et début d’automne accompagné de son lot de jours froids. Lancinante rengaine rappelant l’envol de ces beaux oiseaux migrateurs vers des contrées plus tempérées. Et nous, pauvres de nous, privés d’ailes et d’option GPS au cerveau, devant subir l’air dur, les frimas au corps et au cœur. L’approche de la mort, peut-être aussi. Il reste certes le feu dans la cheminée, bien vite éteint, si l’on n’y veille, incapable cependant de réchauffer chagrins et douleurs morales, pour Hugo en exil à Guernesey les affres de l’éloignement.  

Hommage aux artisans fournisseurs de cette source de chaleur dans l’âtre : bûcherons, charbonniers et fagotiers, si humbles et pauvres gens. Pensée pour ce quasi insignifiant brin d’herbe au toit de chaume et ces touffes d’orties, indésirables mauvaises herbes pour tant d’humains. Souvenons-nous. Victor Hugo clamait et je l’approuve entièrement : « J’aime l’araignée et j’aime l’ortie…. », pauvre animal et plante obscure, « La vilaine bête et la mauvaise herbe murmurent, (elles aussi), Amour. 

Et ce terrible dernier vers : « Vous qui tremblez, faites du feu. »  Dont je ne comprenais absolument pas le sens lorsque, écolière, j’en arrivais à la fin du poème. Dernières flammes de la vie avant … la grande paix de l’éternité, peut-être….

Car au-delà des ajoncs, de l'ombre et de la mort, il y a peut-être la lumière naissante d'un soleil infini, tels ces rayons, ce matin, passant outre les piquants acérés, sur le talus.

Ce poème, c’est soudain toute mon enfance révélée, la petite école du village, le grincement de la craie sur le grand tableau noir, la haute élégante silhouette de Melle Douguet et ses longs ongles vernis de rouge, mon doigt taché de violet collant sur le porte-plume lorsque trempé trop fort dans l’encrier, la strophe de récitation à recopier sur le cahier, sans fautes s’il vous plaît, le long chemin tortueux, boueux l’hiver et angoissant à la tombée du jour, à parcourir pour rentrer au logis, ma bonne arrière grand-mère Louise chez laquelle nous allions prendre le repas du midi. Temps perdu de l’enfance, remontant souvent à la surface sous forme de sensations dont celle-ci à propos de ce poème.

 

 

Fagots. Site Paru Vendu.

Fagots. Site Paru Vendu.

Enfin espoir du retour des hirondelles, encore un printemps à venir avant le grand départ.

 

 

 

Chanson - illustration 1
Les hirondelles sont parties.
Le brin d’herbe a froid sur les toits ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon bûcheron, coupe du bois.
************************************
Les hirondelles sont parties.
L’air est dur, le logis est bon.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon charbonnier, fais du charbon.
************************************
Les hirondelles sont parties.
L’été fuit à pas inégaux ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon fagotier, fais des fagots.
***********************************
Les hirondelles sont parties.
Bonjour, hiver ! Bonsoir, ciel bleu !
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui tremblez, faites du feu.tasdebois.jpg
( 26 février, 2015 )

Magie noire ou magie blanche

Je viens de retrouver quelques notes prises à partir d’une cassette audio que m’avait prêtée Rudi, le kinésithérapeute granvillais que j’avais rencontré lors des séances prises à l’école du dos, il y a une vingtaine d’années.
Message très direct, difficile à appliquer mais à essayer quand même.

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En résumé, se laisser posséder par la magie blanche (tout ce qui est positif dans les pensées) et fuir la magie noire (le négatif).
Si je privilégie la magie blanche, je reçois du cosmos ce qui est positif.

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Le corps n’aime pas les changements continuels de température psychique et se détériore à lutter. Echapper à ses angoisses par la serpe (terme de yoga) signifie couper ce qui est négatif et veut entrer dans le mental. Ne garder que le positif.
Changer, c’est mourir pour une nouvelle naissance.
Maîtriser ses sentiments.

Et cette phrase à méditer du philosophe andalou Moïse Maïmonide (XIe siècle)
« En fait, tout homme a la possibilité d’être un juste ou un méchant, un sage ou un sot. Et il n’est personne qui le contraigne ou prédétermine sa conduite, personne qui l’entraîne dans la voie du Bien ou du Mal. c’est lui qui, de lui-même et en pleine conscience s’engage dans celle qu’il désire. »

Omphalode Starry Eyes

( 25 février, 2015 )

Pourquoi tous ces tissages ?

Garance, terre et mer Garance, terre et mer

Hier soir, tard, j’ai fini ce tissage. Il va rejoindre les autres dans la caisse et, ce soir, une autre chaîne sera montée pour une autre aventure.

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Pourquoi tous ces tissages ? Pourquoi cette frénésie à vouloir toujours créer à partir de presque rien ?

Pour le bonheur de créer, d’emplir mes mains de laine et de sentir la douceur de la matière, pour combler mes yeux d’harmonieux coloris, pour occuper le temps qui passe, pour une victoire sur moi pour lutter contre ce sentiment d’infériorité qui me grignote, pour essayer de franchir la porte pourtant grand ouverte de la positivité et du paradis ( état de sérénité et de non souffrance morale) ?
« Le paradis n’est pas un lieu. C’est un état d’âme », disait l’essayiste Georges Barbarin.

Et, plus profondément pour cette raison que je viens de trouver sur le blog de Yurtao.

« Je crée désespérément de beaux objets pour obtenir la confirmation de mon existence, des objets que je suis incapable de vendre, parce que, ce que je réclame, c’est de l’amour, la gratuité de l’amour, pas de l’argent. Parce que je ne veux pas être aimée pour ce que je fais mais pour ce que je suis. Mais je ne sais pas qui je suis. »

Signé Sylvie Barbe. Merci, Sylvie.

Garance, terre et mer

Garance, terre et mer

( 21 février, 2015 )

Espoir

Ainsi se nomme le tissage terminé hier soir 20 février.
Des racines de l’arbre au bleu du ciel en passant par les couleurs de la forêt, des dunes, du sable, l’espoir renaît chaque jour.

Tissage non fini, encore sur le cadre.

Tissage non fini, encore sur le cadre.


Innovation d’un cadre à tapisserie de chez Ashford, venu de Nouvelle Zélande. Emploi de très grosse laine teinte avec les plantes, filée main en plusieurs passages pour obtenir une « art yarn » (laine d’art ou grosse laine fantaisie).

Des bois flottés relient ainsi la terre à la mer. Bois flottés trouvés au « Hab » ou au Hameau Labour à Bricqueville lors d’une balade en compagnie des chiens. Une certaine façon de voyager pour moi qui ne le peux autrement. L’espoir de terminer une journée en se disant qu’elle n’a pas été vaine. Et puis l’espoir, après une nuit calme, d’un autre jour encore meilleur.
Espoir 20 février 2015

« Le matin, pluie et boue ; le soir, vent et poussière ; hier froid, demain chaud ; voilà comme on voyage, même sans sortir de chez soi. (Citation chinoise)

( 20 février, 2015 )

L’arbre de vie

Tissage arbre

J’aime cet arbre qui veille sur l’isba. Fait de laine teinte avec les plantes rencontrées dans la nature, il est le reflet de ses frères les arbres du champ, de la région et du monde entier. Zen malgré les mochetés de la vie, droit devant les tempêtes, à l’écoute, protecteur et toujours calme.

( 19 février, 2015 )

Complainte des pommiers de la Platoisière

LA GUERRE poème de Jacques Prévert
« Vous déboisez imbéciles vous déboisez
Tous les jeunes arbres avec la vieille hache
vous les enlevez Vous déboisez imbéciles
vous déboisez
Et les vieux arbres avec leurs vieilles racines… »

Papa et maman en corvée de ramassage des pommes en 1979. Papa et maman en corvée de ramassage des pommes en 1979.

Depuis toujours ils étaient là, dans ce champ réunis. Ils fournissaient les pommes que maman aimait tant. Ils fournissaient le cidre chaque jour bu à la table familiale. Ils fournissaient le bois lorsque, trop âgés ou abattus par la tempête, papa les débitait. Ils étaient un morceau de l’âme de la Platoisière. Nous les apercevions de nos fenêtres. Dès que l’un s’éteignait, il était remplacé. Les grands-parents aussi savaient les respecter, les tailler, leur accorder une jambe d’appui lorsque, fatigués ou ébranlés, ils se penchaient.

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Leurs noms faisaient chanter leur bois : les Belles Filles, les Calville, les juteuses, les douces, les sûres, les à tarte ou à compote, les à cuire au four, les à couteau, les qui se conservent peu ou longtemps… Par leur ombrage ils abritaient vaches et veaux les jours de grand soleil. Fièrement ils se dressaient dans ce plant proche de la maison familiale. Quelle horreur ont-ils vécue lorsque, les uns après les autres, ils se sont vus ébranlés, maltraités, déracinés ! Tous ! Pas un survivant, jeunes et vieux, tous abattus ! Une image d’apocalypse ! Bien vite, les arbres fruitiers ont été débités, leurs branches brûlées. Un coup d’émousseuse à l’emplacement de leurs racines et ni vu ni connu. Des pommiers à cet endroit ? Vous rigolez ! Ca ne rapporte pas, les pommiers ! Tandis que le maïs pour engraisser les vaches, ça, c’est d’actualité !

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Adieu papa, adieu maman, adieu jardin aux mille fleurs et beaux légumes, chambres et autres pièces de la maison de notre enfance si vite anéanties, adieu pommiers !
Il restera heureusement nos souvenirs que ni la tronçonneuse ni la pelleteuse ni le marteau piqueur ne pourront effacer. Une autre page se tourne de notre éphémère vie.

Les arbres sont des êtres vivants, capables de souffrir aussi.
Une belle phrase de l’écrivain, chanteur et sage belge.

arbre Julos

( 18 février, 2015 )

L’ami Rataton 1985-1987

Dédale à rat

Dédale à rat

Il était une fois un rat tout blanc. Il avait débuté sa vie de rongeur chez Annie, femme de service à l’école maternelle du Parc à Coutances. Y étant peu attachée, elle me l’avait cédé. Quelle ne fut pas la grimace de mon mari quand il aperçut l’animal, ayant toujours eu auparavant une certaine aversion pour ce genre de mustélidé !!

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Le temps aidant, le mari bricoleur découvrit que cet être à longue queue, vif et intelligent, qui ne mordait que les personnes qui ne l’aimaient pas, avait besoin d’une cabane. Un petit trou fut creusé dans le mur de la salle à manger qui donnait dans le cagibis, avec grande boîte aménagée. Rataton s’ennuyant dans cet étroit logis sautait allègrement du pas de sa porte pour venir se blottir sur nous pendant les séances de télévision, le soir.
Le petit rat aimait se régaler de graines, morceaux de biscuits, fruits et chocolat.
J’avais pris l’habitude de l’emmener, en liberté dans la voiture, jusqu’à l’école où il faisait le bonheur des petits de maternelle. Pour la fête des mères, cette année-là, nos mamans eurent droit à la photo de leur enfant, Rataton posé sur leur épaule, le tout joliment encadré et peint par leurs soins. Un cadeau, certes, très original !

Rataton et Romaric à l'école.

Rataton et Romaric à l’école.

Au bout d’un an, au début des vacances scolaires, pensant que le rattus rattus serait plus heureux en liberté, je l’ai conduit dans le grenier à foin de la cabane aux brebis et aux poules. Chaque jour, j’allais le voir et lui porter des friandises et de l’eau. Etait-il heureux ? Allait-il trouver une compagne grise ? Il a ainsi vécu plusieurs mois puis, un jour, il s’est tu. J’ai imaginé qu’il avait convolé en justes noces et vivait désormais heureux quelque part avec femme et enfants à damiers blancs et gris !

A l’automne, j’ai retrouvé son cadavre tout desséché de rat, anciennement blanc, quand j’ai « détassé » une botte de foin pour les brebis.

Notre grand-père Rataton avait peut-être atteint ses 3 ans d’âge, espérance de vie chez cet animal.

Des cachettes à rat.

Des cachettes à rat.

( 15 février, 2015 )

Il est loin le temps ……

Il est loin le temps des fenaisons, des senteurs d’herbes sèches, des bottes de foin à rassembler, des vieillottes à bâtir les soirs d’orage, des greniers brûlants et poussiéreux, des lourdes charretées tirées par Mignonne, notre jument.

Mignonne

Il est si loin le temps des écoliers, l’encre violette versée dans l’encrier de porcelaine blanche, sortie d’un long flacon d’un litre avec bec verseur et l’odeur de la craie grinçant sur le tableau noir.

Il est bien loin le long chemin du retour de l’école emprunté à la nuit tombante quand, restée à pleurer sur un problème à mes yeux insolvable, je quittais la classe vers 18h ou 18h30. Les ombres menaçantes, aux quatre coins du chemin, s’en donnaient à cœur joie, me faisant stopper net et attendre un éventuel mouvement des monstres.

abbé blandet

Il est très loin le temps des premières messes basses auxquelles, levée tôt, j’assistais avec mes deux grand-mères dans l’habituel banc situé en face de la petite porte d’entrée de l’église. Et puis l’heure du catéchisme qui suivait l’office, les notes de l’abbé Blandet. Attention au 5 à peine et aux humiliantes notes en-dessous de ce chiffre !

nous

Envolé le temps des récitations à apprendre par cœur. Chaque jour, deux ou trois nouveaux vers étaient écrits sur le tableau noir, à recopier par l’élève sur son cahier de récitations et à apprendre le soir. La cigale et la fourmi,

Il est parti le temps de l’enfance, avec son lot de petits bonheurs, de joies et de tristesses, de pleurs et de rires.

( 14 février, 2015 )

Créer à partir de rien

Ma définition de l’Art ?

L’Art, c’est créer, à partir de rien, une harmonie de formes et de couleurs, en jouant avec elles. Tout un dédale de lignes, de courbes à faire vibrer en fonction de mon humeur, de mes possibilités. Harmonies d’un art simple, humble, naturel, sources de plaisir de la création, de la recherche et surprises de la découverte.

arbre 2002

Regarder la Nature sans la copier. Vivre les sensations, écouter, sentir.

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Réflexion du jour

« Avoir confiance en soi, c’est être capable de faire face à de nouveaux défis, être capable de s’adapter, d’aller au-dedans de l’autre, d’avoir des pensées positives et d’agir sans que l’anxiété soit trop grande. »
Rosette Poletti, psychothérapeute

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( 13 février, 2015 )

Partir en voyage tout près

Un exploit, ce matin ? Levée en même temps que ce soleil de février, je pars, une bonne heure avant les autres jours, en voyage …dans le champ accompagnée de mes cinq explorateurs poilus, sans bagages. Munie de mon appareil photo. SAMSUNG CAMERA PICTURES
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Le ciel s’est doté de coloris variés et les nuages roses s’étirent au gré du vent d’ouest. Les arbres se reposent, préparant en secret leurs prochaines feuilles.
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Après sa virée nocturne, le blaireau est retourné se blottir dans sa tanière au creux d’un talus proche, laissant à Brouky d’odorantes traces de son passage récent.
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Lovées dans la mousse, à l’abri du grand chêne, trois primevères roses sont nées, humbles demoiselles annonçant le printemps.
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« Voilà des années que je ne suis plus partie en voyage, ce qui fait que j’essaie de rendre l’immobilité aussi déroutante que le dépaysement »,
constate Claudie Hunzinger. Et je pratique comme elle, faute de mieux.

( 12 février, 2015 )

Remercier encore, encore et toujours…

Remercier pour tout ce que j’ai et ne pas en vouloir davantage.
Remercier pour les moments de bonheur lors d’une balade à la mer et ne pas vouloir aller plus loin.
Remercier pour le bois flotté trouvé près de la dune et qui ornera le prochain tissage.
Remercier pour cette gamme de roses et rouges que donne la racine de garance à la laine de mes brebis.
Remercier d’avance pour tout ce que je vais recevoir. Être attentive à tous ces petits riens qui font la richesse de la vie.
Il est toujours possible de trouver un motif pour remercier.
Ne jamais se lasser de remercier.SAMSUNG CAMERA PICTURES

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( 10 février, 2015 )

Mes chers fantômes de Muneville-sans-la-Mer

imagesQui a eu la stupide idée, en 1801, de modifier le nom de la commune Muneville-près-la-Mer en Muneville-sur-mer, alors que ladite mer ne borde aucune frontière ?
Notons que ce n’était pas la première fois que la bourgade changeait d’appellation.
Les vikings scandinaves au IXe siècle ont laissé trace de leur passage en nommant le lieu la ville de Muli, patronyme d’un des leurs. Et le ruisseau s’est appelé Mulambec, bec venant de bekkr, ruisseau, le ruisseau de Muli.
En 1056, note est trouvée de Mulevilla, dans une charte établissant que la paroisse est le bien de la cathédrale de Coutances.
Trois siècles plus tard, en 1349, la commune se nomme Mulleville.
Pendant la Révolution, en 1794, elle s’appelle Muneville-près-la-mer jusqu’en 1801, devenue Muneville-sur-Mer.
Un long bourg d’une enfilade de deux rangées de maisons séparées par la départementale 971. Un bourg sans personnalité, à la rigueur triste et peu attrayant.

Le village de mon enfance

Jamais je ne longe cette départementale sans revoir, tout au long de l’alignée d’habitations, les fantômes des gens qui y logeaient et qui, depuis longtemps, pour la plupart, ont rejoint le cimetière au centre du bourg. Depuis une extrémité jusqu’à l’autre, des deux côtés surgissent les occupants des demeures.
Jeanne Gohin et son café où nous allions déjeuner chaque midi d’école quand Louise, notre arrière-grand-mère ne put plus le faire, trop âgée et fatiguée.
Alphonsine Lehodey, pas commode.
Janina Lepinçon, la polonaise rescapée des geôles allemandes qui avait suivi Georges jusque chez lui, le facteur à pied du village. Un couple grinçant, le mari faisant sa journalière tournée à vélomoteur, sa sacoche de cuir noir bien calée sur le porte bagages de devant et quelques colis sur celle de l’arrière, trouvant beaucoup d’occasions de boire un p’tit coup sur son long chemin de distribution des lettres et journaux, rentrant éméché au logis. Janina criant et vociférant contre ce Georges devenu alcoolique. Occupée au jardin et à sa fermette de quelques vaches, avait-elle la nostalgie de son lointain pays ?
Aline et Louis Leloutre, autres figures typiques, elle petite fermière à la tête de quelques têtes de bétail, occupée à la traite deux ou trois fois par jour, lui menuisier à son atelier et à domicile.
Louis Leloutre
Sur la ruelle vers la petite école et celle des garçons, habitait le cordonnier Charles Combrun, l’homme à la jambe de bois. Humble demeure, nombreux enfants, tout petit atelier sentant bon le cuir et la cire.
La grande et belle demeure qui jouxtait l’école était habitée par le couple Vençon.
Et puis ma petite école, celle de Mademoiselle Le Cerf, ma toute première institutrice. Nous apprenions à lire avec Zizi et Panpan, les héros du manuel scolaire « Le Coffre aux Joujoux ». Une histoire de Zizi la poupée et Panpan le pantin. Méthode globale pure à partir de petites histoires illustrées dont les héros étaient des jouets.
Au-dessus de la classe, l’école des garçons et son maître sévère, vêtu de sa longue blouse grise.

En face de la cour de l’école, humbles et riches Munevillais reposaient au cimetière entourant l’église. Enjambant l’échalier, dalle de pierre verticale destinée à empêcher les animaux domestiques de pénétrer dans l’enceinte sacrée, nous entrions dans un territoire où il fallait parler à voix basse, jamais ni rire ni courir.

Le coffre aux joujoux

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Zizi

Grand-mère Louise

Un peu en retrait pentu de la route, face au grand mur de la vaste demeure des Dugué, habitait grand-mère Louise, notre bisaïeule, mère de la mère de notre père. Vieille dame au grand cœur, toujours vêtue de gris, mauve ou noir, les cheveux tirés en chignon, petites lunettes sur le nez, elle allait à petits pas vers son jardin aux petites bordures bien dessinées, aux mille et une fleurs, bien fourni en légumes aussi. D’un foi profonde, louise se rendait chaque jour à la messe, suivant l’office dans son missel et communiant à chaque fois. La langue bien pendue, elle fréquentait de nombreux amis ou connaissances : les Brodebeck, couple étrange d’institutrice et de retraité.
Le drame, aux yeux de mes parents et de sa fille, c’est que Louise ne s’attardait jamais à faire le ménage, passer le balai, épousseter, cirer les meubles, nettoyer les vitres… Elle avait tant d’autres qualités, cette Louise la généreuse, que je ne me permettrai jamais de la critiquer pour ce manque de propreté dans sa maison et sur elle-même.

Brodbeck

Louise 1

Louise et moi1

( 9 février, 2015 )

Brouillard

Ce matin, le brouillard a tout enveloppé de sa grande cape de fines gouttelettes. L’atmosphère est devenue pesante, mystérieuse.

Le grand chêne de l’oncle Jules semble perdu au beau milieu du champ.
Des perles de diamant pendent aux branchettes des arbustes sur le talus.
Et le pauvre soleil, malgré bien des efforts, ne peut pas se résoudre à percer les nuages. Tout est silencieux, les bruits étouffés et les chiens en balade des ombres agitées.
Les feuilles mortes crissent sous les pas et la mousse, cette nuit, a blanchi.
Doudoune, la grande chienne, a repéré la trace fraîche du blaireau qui, chaque nuit, vient se gaver de châtaignes et glands à moitié enfouis dans le sol.
L’isba devra se contenter, cet hiver, de ce genre de manteau et ne partira pas en pays sibérien.

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( 9 février, 2015 )

Pensée du jour

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« Un jour dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri, tu n’es pas fou? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu va éteindre le feu! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Pierre Rabhi

( 7 février, 2015 )

Toujours d’actualité !

« La tolérance et la patience sont les deux ailes de l’Amour », écrivais-je le 23 août 1995. Si l’Amour s’est usé avec le temps, il est vrai qu’il faut, chaque jour, chaque heure et chaque minute, une énorme dose de ces deux ingrédients pour que règne l’entente au sein d’un couple vieillissant !

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( 7 février, 2015 )

Ariège et Pyrénées

 

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                                       Ariège

Près des Pyrénées,     l’Ariège coule,     Lentement s’écoule

A travers Pamiers.     Le flot transparent

Passe sous les ponts,         Sur les galets ronds       Usés par le temps.

Plus loin le cours d’eau                      Descend en cascade,

sans-titre.Ariègepng      Fait une escapade

Tout en tremolos.

 

 

 

 

J’ai extrait ces deux poèmes sans prétention du cahier que je tenais lors du voyage  vers Pamiers, chez Marie-Jeanne et Bernard Allix entre le 19 et le 25 août 1995, en compagnie de papa et maman.

                                                     Pyrénées

 

Montagnes bleues,                         Montagnes vertes,

Pics nuageux,           Masses inertes,          Formes sculptées

Aux grands chapeaux                Toujours en paix

Et en repos                              Depuis des temps immémoriaux.

Malgré les vents                        Et les trombes d’eau,

Salut à vous,                    Les Pyrénées !

Apprenez-nous l’humilité,      L’amour du Beau,           De la pureté,

Loin des grands maux                 D’la société,

Avec un goût                 D’éternité !

Merci à vous,           Les Pyrénées !

Py                                      pyre

 

 

 

21 août 1995

 

( 4 février, 2015 )

Remercier

SAMSUNG CAMERA PICTURESDire merci. Reconnaître tous les petits événements et détails positifs de la journée. Dans le confort du lit, bien au chaud entre les draps de coton, encore remercier avant de se laisser lover dans le sommeil réparateur. Se forcer à retrouver la moindre mini parcelle de bonheur du jour et la valoriser par un merci à la Vie. Un regard souriant, une attention particulière de l’autre, un nuage coloré de rose dans le petit matin, une goutte de rosée accrochée à l’aiguille du sapin, la timide pâquerette perdue dans l’herbe rase de la prairie, la léchouille d’un chien par temps de cafard, une page de lecture, un blog d’autrui juste découvert, tout, tout, tout devrait être prétexte à dire merci. Et l’on se sent mieux après.

Posologie : renouveler l’opération plusieurs fois par jour. Aucune contre-indication. 

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Balade d’hier mardi 3 février à Montmartin-sur-mer, coin de paradis pour nous six, mes cinq amis canins et moi. Extraordinaire terrain inculte où la végétation sauvage a repris ses droits et où l’eau de pluie accumulée a formé de magnifiques petits lacs. Le bonheur à l’état pur, à moins qu’une arrivée d’autres visiteurs impromptus gache la fête !

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( 3 février, 2015 )

Le petit chemin de nos enfances

 

J’ai retrouvé, dans un vieux cahier d’écolier tout jauni ayant appartenu à papa, son texte manuscrit, travail d’une rédaction du vendredi 3 mai 1935.

Le maître proposait : « Une promenade, par un beau jour de printemps, dans un sentier en pleine campagne. »

Très inspiré puisque familier de ce chemin d’un kilomètre et demi  qu’il devait emprunter chaque jour pour se rendre à l’école de Muneville-sur-mer, papa a pris son porte-plume muni d’une « sergent-major » et reporté au propre,  sur la page blanche immaculée de son cahier du jour, le texte qu’il avait auparavant griffonné sur le cahier de brouillon. Bien des années plus tard, à notre tour, Monique, Daniel et moi prendrions la direction de ce chemin, en route vers la même école communale, petit chemin à jamais gravé dans nos cœurs et nos mollets. Une mise en marche à ces belles balades que nous aimons tant faire.

« Dans notre commune, il y a beaucoup de petits chemins. Chaque jour, je parcours, pour venir en classe, un chemin qui part de la bourgade principale et qui conduit jusqu’à ma demeure. Ce pauvre chemin n’est pas goudronné ni même empierré. Pour cette raison, il y a presque toujours de la boue. Pour ne pas salir mes souliers, je monte sur des talus qui sont en démolition.

Mon chemin est en ce moment très agréable à cause de la renaissance des fleurs. C’est pour cela que j’aime venir par ces sentiers. On voit quotidiennement de l’herbe drue et fraîche, des primevères, des boutons d’or, des violettes, des pâquerettes, les brebis du cordonnier qui ,n’ayant pas de champ, les met à paître dans le chemin et les abeilles qui butinent de fleur en fleur pour faire le miel.

On sent le parfum des fleurs qui embaument le chemin, on sent également l’herbe fraîche. On entend les oiseaux qui chantent ou qui sifflent dans la plaine ou au bord de leur nid. On entend aussi le bêlement des brebis, le mugissement de la vache dans la prairie et le claquement d’un fouet dans le lointain. »

Numérisation_20150203Premières primevères.

Signé papa, dans son cahier d’écolier, le vendredi 3 mai 1935. Il avait sept ans et demi et n’a obtenu, pour cette page de rédaction qu’un 6/10.

 

( 2 février, 2015 )

Less is a big thing !

Posséder moins, quelle bonne idée ! écrivait l’artiste Jude Hill sur son blog « Spirit Cloth ».

Une yourte, quelques étagères de livres et  deux porte-vêtements, une caisse de nourriture de base et un grand panier de fruits, un jardin tout près, des animaux en liberté dans le champ autour, un cœur à aimer, des enfants et petits-enfants heureux dans leurs habitatsauriculesfonces.jpg, la vie rêvée ! Mais peu accessible, étant conditionnés par la maison et sa kyrielle de pièces, les armoires remplies de linge et vêtements, la télé, le four, l’ordinateur….

Je rêve d’une vie meilleure, en less sauf la tendresse.

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