( 27 février, 2015 )

Bon bûcheron, coupe du bois…

Voici une récitation qui m’a beaucoup émue quand j’étais petite et qui m’émeut encore. Un poème de Victor Hugo écrit en 1853.

Une histoire de fin d’été et début d’automne accompagné de son lot de jours froids. Lancinante rengaine rappelant l’envol de ces beaux oiseaux migrateurs vers des contrées plus tempérées. Et nous, pauvres de nous, privés d’ailes et d’option GPS au cerveau, devant subir l’air dur, les frimas au corps et au cœur. L’approche de la mort, peut-être aussi. Il reste certes le feu dans la cheminée, bien vite éteint, si l’on n’y veille, incapable cependant de réchauffer chagrins et douleurs morales, pour Hugo en exil à Guernesey les affres de l’éloignement.  

Hommage aux artisans fournisseurs de cette source de chaleur dans l’âtre : bûcherons, charbonniers et fagotiers, si humbles et pauvres gens. Pensée pour ce quasi insignifiant brin d’herbe au toit de chaume et ces touffes d’orties, indésirables mauvaises herbes pour tant d’humains. Souvenons-nous. Victor Hugo clamait et je l’approuve entièrement : « J’aime l’araignée et j’aime l’ortie…. », pauvre animal et plante obscure, « La vilaine bête et la mauvaise herbe murmurent, (elles aussi), Amour. 

Et ce terrible dernier vers : « Vous qui tremblez, faites du feu. »  Dont je ne comprenais absolument pas le sens lorsque, écolière, j’en arrivais à la fin du poème. Dernières flammes de la vie avant … la grande paix de l’éternité, peut-être….

Car au-delà des ajoncs, de l'ombre et de la mort, il y a peut-être la lumière naissante d'un soleil infini, tels ces rayons, ce matin, passant outre les piquants acérés, sur le talus.

Ce poème, c’est soudain toute mon enfance révélée, la petite école du village, le grincement de la craie sur le grand tableau noir, la haute élégante silhouette de Melle Douguet et ses longs ongles vernis de rouge, mon doigt taché de violet collant sur le porte-plume lorsque trempé trop fort dans l’encrier, la strophe de récitation à recopier sur le cahier, sans fautes s’il vous plaît, le long chemin tortueux, boueux l’hiver et angoissant à la tombée du jour, à parcourir pour rentrer au logis, ma bonne arrière grand-mère Louise chez laquelle nous allions prendre le repas du midi. Temps perdu de l’enfance, remontant souvent à la surface sous forme de sensations dont celle-ci à propos de ce poème.

 

 

Fagots. Site Paru Vendu.

Fagots. Site Paru Vendu.

Enfin espoir du retour des hirondelles, encore un printemps à venir avant le grand départ.

 

 

 

Chanson - illustration 1
Les hirondelles sont parties.
Le brin d’herbe a froid sur les toits ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon bûcheron, coupe du bois.
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Les hirondelles sont parties.
L’air est dur, le logis est bon.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon charbonnier, fais du charbon.
************************************
Les hirondelles sont parties.
L’été fuit à pas inégaux ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon fagotier, fais des fagots.
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Les hirondelles sont parties.
Bonjour, hiver ! Bonsoir, ciel bleu !
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui tremblez, faites du feu.tasdebois.jpg

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