( 26 avril, 2015 )

Bienvenue aux quatre filles de Barnhaven

rousseLeur maman, ce fut Florence Bellis, une Américaine qui, un jour, emménagea dans une vieille grange (barn en anglais) et trouva cet endroit hâvre de paix (en anglais haven). C’est dans ce lieu que la passionnée de jardinage cultiva les primevères et laissa ce nom de Barnhaven primroses. C’est là aussi qu’elle entama son programme d’hybridation dans les années 1930.

bleue

Aujourd’hui, la société est basée en Bretagne, à Plestin-les-Grèves, dans le Finistère et, chaque année, est présente au château de Crosville-sur-Douve, dans le cadre de la Journée des Plantes franco-britanniques.

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Etonnante fleur bordée de vert sur fond de feuillage vert.

Primevères de Barnhaven aux superbes coloris, primevères auricules, mes préférées et de nombreuses autres espèces s’y côtoient.

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Je n’ai pu résister à leur charme et en ai invité quatre à rejoindre les habituées du coin primevères à la Mauvillère.

Un coucou à Frances qui, elle aussi, est allée à Crosville et m’a envoyé une photo d’un Auricula Theatre, petit théâtre de bois grand comme une fenêtre, avec étagères pleines de pots d’auricules.

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( 14 avril, 2015 )

Tisser la vie…

Le travail de la laine est long.  Après qu’elle a été tondue, ôtée du dos des brebis, la toison est lavée en cinq jours consécutifs, à  cinq eaux de pluie, en laissant tremper. Après le séchage, vient le cardage (démêlage de la toison) en plusieurs soirées. Puis je passe à la teinture végétale en trois bains (trois jours) avec mordançage. Le filage au rouet s’effectue patiemment mètre par mètre. Enfin c’est le moment du tissage, duite après duite. une fois la chaîne montée. 

 

Laver la vie en supprimant le superflu,

Laver la laine pour faire partir l’excès du suint.

Laver les liens avec douceur mais fermeté.

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Tondre la vie pour couper court à tous les drames,

Tondre la laine chaque printemps, pour la beauté,

Tondre les liens pour ne garder que la clarté.

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Carder la vie au long des heures, pour démêler,

Carder la laine pour enlever les nœuds maudits.

Carder les liens. Seul restera le vrai ami.

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Teindre la vie au cours des mois, avec *Claudie.

Teindre la laine aux couleurs des près et des bois.

Teindre les liens pour qu’ils resplendissent avec joie.

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Filer la vie, au fil des ans, jusqu’à la mort.

Filer la laine, tant que je peux, avec passion.

Filer les liens et tout quitter pour l’évasion.

 

 

Tisser la vie au fil d’une vie, jusqu’à toujours !

Tisser la laine de fil de chaîne en fil de trame !

Tisser des liens ou d’amitié ou bien d’amour !

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*Claudie : il s’agit de Claudie Hunzinger, écrivain que j’aime beaucoup et qui a écrit «  De toutes les couleurs  », livre consacré, avec son mari Francis, à leurs expériences de teintures végétales du temps où, dans leurs jeunes années de couple, ils travaillaient la laine de leur troupeau de brebis.

 

( 13 avril, 2015 )

Starry eyes, les bien-nommées

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Il est, dans un coin du jardin, de toutes petites beautés que je ne me lasse jamais d’admirer, printemps après printemps. Ce ne sont pas des myosotis dont elles ont la taille, ni des véroniques avec lesquelles elles possèdent en commun les coloris bleu et blanc.

Leur nom, me direz-vous ?

En russe : Пупочник et en chinois : 脐果草属. Cela ne vous dit rien ?

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En anglais omphalode et en français aussi.

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En latin, omphalodes cappadocica parce qu’originaires de la région de Cappadoce en Turquie.

En grec, ompholos veut dire nombril. Appelées ainsi à cause du creux des capsules de leurs fruits qui ressemblent à un nombril.

Leurs surnoms : petite consoude ou herbe aux nombrils.

Il y a de nombreuses espèces cultivées parmi lesquelles ces deux-ci :

-L’omphalode Starry Eyes (yeux étoilés), aux fleurs d’un bleu mauve avec pourtour des lobes mauve pâle, lilas ou blanc.

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-L’omphalode Cherry Ingram (du nom d’un ornithologue jardinier anglais (1880-1981) aux fleurs bleu mauve lilas uni.

Ces deux dernières dans le même pot se plaisent ensemble. La preuve !

Aucun parfum mais des feuilles vertes toute l’année.

J’ai lu que la plus simple des espèces, omphalodes verna,  d’un bleu pur était aussi nommée Les Yeux de la Reine car ce bleu serait le bleu des yeux de  Marie-Antoinette.

Gageons que ces fleurs auront une fin moins tragique que cette pauvre reine !

 

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( 11 avril, 2015 )

Le mandala du haut du champ

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Mandala, mandala, quoi ? Tibétain, africain, sud américain ? Pourquoi pas tahitien ?

Non, il est juste mien, presque rond, sans prétention, pour le même besoin constant de créer, de ne pas passer un seul jour sans, le soir dans mon lit, faire le bilan en disant : «  j’ai perdu ma journée ! »

Alors je crée. Un coin calme à l’abri des regards, un bout de bâche noire pour éviter l’invasion des herbes, des pierres du champ soulignant le cercle, de jolis cailloux prélevés dans la terre à maïs, balade après balade, au champ de l’Epine au Page, assemblés en fleurs, le tout saupoudré de pouzzolane et voilà mon mandala.

Et puisque les promenades du matin, du midi et du soir m’y conduisent, je m’y attarde, m’assois sur une grosse pierre et me contente d’être là, dans la pureté, la beauté et le calme de la nature.

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Petit bonheur de quelques instants gagné sur la vie. Une vie que j’essaie constamment de combler de ces bribes de joie , étant convaincue que le bonheur se construit au présent, bribes après  bribes.

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«Le bonheur ne s’acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences, chacun d’entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son coeur» – Proverbe Africain

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Gardien occasionnel du mandala, Riri, le plus petit des cinq amis canins

( 10 avril, 2015 )

Le cygne des herbus

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A Monique, ma sœur grâce à laquelle je partage avec bonheur les balades du mercredi après-midi.

 

 

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Incleville

Cet après-midi du mercredi 1er avril où,  parties du Pont de la Roque, dans les herbus nous avons vu un magnifique cygne blanc évoluer le long d’un petit chenal creusé par la Sienne et la mer. Avec un poisson d’Avril ? Non, pas du tout. Il était seul.  J’y suis retournée  ce dimanche 5 avril, munie de mon appareil photo. Il n’y était plus. Alors j’ai imaginé que…..

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Comme madame, près des roseaux, couve ses œufs,

Dans sa livrée immaculée, majestueux,

Monsieur le cygne vogue et se laisse porter,

Au fil de l’eau par le léger courant marin

Du reflux, tout le long de l’étroit chemin

Très lentement creusé par la Sienne et la mer

Se partageant le lit entre les herbus verts.

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Prêtant souvent l’oreille, les brebis pâturent

Toujours accompagnées de leur progéniture

Bêlant en gambadant et bien vite se sauvant

Puis, sentant le danger s’éloigner, reprenant

Leur dégustation des ces herbes halophytes

Qui recouvrent généreusement le site :

L’obione, la salicorne et la puccinellie

Par l’eau de mer et les dernières pluies amollies.

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Des bernaches cravants volent au-dessus de nous,

Lancent incessamment leurs courts cris graves et doux,

Perturbées par nos voix qui rompent leur quiétude,

Tournoyant pour trouver un coin de solitude.

Quelques tadornes au loin enfoncent dans la vase

Leur bec à la recherche de nourriture de base.

Les yeux émerveillés, nous marchons dans la joie,

Sans crainte et sans chercher de la vie le pourquoi.

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( 9 avril, 2015 )

Papillon du soir, espoir ?

En fermant la fenêtre de la salle à manger, ce soir il m’attendait, ses deux grands ocelles des ailes antérieures tels de beaux yeux noirs grands ouverts. Dans sa robe de fourrure aux riches nuances et motifs marron, bordée d’une épaisse lisière écrue, le grand paon de nuit s’était perdu. De sa courte vie d’une semaine, il venait de gâcher quelques précieuses heures.

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Ce papillon de nuit qui est le plus grand d’Europe est doté d’antennes mais pas de trompe car, ai-je lu, il ne mange rien.

Drôle de vie !

Je l’ai délicatement fait glisser sur un carton avant de le déposer bien à l’abri d’un muret. J’ose espérer qu’il va reprendre son envol, la nuit venue, s’il lui reste encore un ou deux jours à vivre.

grand paon de nuitIl possède en tout quatre ocelles, les deux autres sur les ailes postérieures.

Quant aux dictons,

« araignée du soir espoir, araignée du matin chagrin »

ou encore
« papillon du jour  toujours amour, papillon du soir  un peu d’espoir »

et aussi

« fourmi du matin encore du chagrin,

fourmi du soir encore de l’espoir »,

je vais être gâtée car si la visite du papillon prévoit …de belles choses, dans la cuisine en ce moment précis de mars, comme chaque année dans les vieilles demeures, des fourmis se baladent souvent le soir. Peut-être l’espoir d’une belle journée ensoleillée, cela me conviendrait.

imagesCette dernière photo prise sur le site « fond-écran-image.com »

( 8 avril, 2015 )

Sculpture naturelle

Trouvé jolie, cet après-midi dans le petit bois de l’Epine au Page à Montmartin, cette sculpture naturelle de bois sec.

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( 5 avril, 2015 )

Vive le soleil !

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Si ficaires et primevères du talus sourient enfin au soleil retrouvé, nous aussi ! 

 

 

 

 

     Heureux renouveau à tous !

( 4 avril, 2015 )

Violons du printemps

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Entendu au champ, ce matin, la fidèle assemblée des violons du printemps pousser de longs sanglots et, entre deux soupirs, gémir :

- »Une vie sans soleil, noyée de cette pluie constante, c’est pas drôle, même pour nous ! »

-Le beau temps arrive et va vous réchauffer, jolies pervenches », leur chante le merle noir perché sur la plus haute branche du chêne.

- »Il est trop tard, nous voici déjà presque fanées !

-Ne vous plaignez pas trop, les filles, l’an prochain, vous aurez la chance de refleurir, de ressusciter. Ni un merle ni un oiseau, aucun animal et aucun humain n’a ce pouvoir, même en temps de Pâques. »

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Violons : surnom donné par maman et mes grands-mamans aux petites pervenches (vinca minor) qui, chaque année, refleurissent généreusement sur les talus, à l’abri des grands arbres.

Dans le langage des fleurs, emblème du doux souvenir.

En anglais, dwarf periwinkle.

Des surnoms, elle en a à foison selon son usage au cours des siècles.

Herbe à la capucine, herbe de fidélité ,pour sa persévérance à refleurir au même endroit.

Violette des sorciers, petit sorcier, car longtemps considérée comme plante magique. Sacrée chez nos ancêtres les druides. Utilisée dans les philtres d’amour au Moyen-Age.

Chasse-lait : connue pour arrêter le lait des femmes au moment du sevrage.

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Violette des serpents.

Violette des morts car utilisée dans le tressage des couronnes des morts …ou des mariées !

Et tant d’autres surnoms : buis bâtard, bergère, pucelage, vanchée, vanque,  prévanche, vinche, varvante, ouinche.

( 3 avril, 2015 )

Lettre posthume de Jojo le camarguais à Fafa le breton

  

En 2011, j’avais déjà publié ce texte anti corrida sur mon blog. Cette année, au programme de ma chorale, nous chantons plusieurs airs de Carmen, l’opéra de Georges Bizet, d’après la nouvelle de Prosper Mérimée. Il me vient à l’idée de vous le proposer à lecture ou re, bien que je sois persuadée que, vous aussi, détestez faire souffrir  animaux, et humains de même, pour le plaisir !

Lu sur un site : « Carmen ne sera pas joué à Perth (Australie) le 17 octobre 2014« . Motif ? Devinez ! L’œuvre fait l’apologie du ……tabac.

« La torture n’étant pas notre culture »,  disait un manifestant anti corrida et la musique étant censée adoucir les mœurs, nous n’attenterons fort heureusement à la vie d’aucun taureau en interprétant ces quelques airs. Tout au plus au suicide par chute vertigineuse de quelque araignée bigote bien ancrée au sommet d’une statue de la Vierge ou de saint Louis, soudain agressée par les soixante dix voix hurlant l’apparition d’un œil noir. Ou à la noyade d’une mouche ayant bu trop de tasses dans le bénitier, suite à la rupture de son silence préféré.

Malgré tout, permettez-moi de crier encore une fois :

« Olé, el toro, en ga a a arde……… »

 

Voici la lettre posthume que Jojo le camarguais aurait pu écrire à Fafa le breton.

Avant de quitter ce vil bas monde, je me devais, cher cousin espagnol, de te conter le triste sort des camarguais de mon espèce en évoquant d’avance ce qui bientôt me sera réservé. Car je viens d’apprendre d’un ami à l’oreille baladeuse que mon matricule a été tiré au sort ainsi que celui de dix copains de la bande. Pour que, bien cher *Fadjen, tu fasses part au monde entier de cette coutume archaïque et barbare qui consiste à torturer et mettre à mort un animal sous les yeux et les ovations de spectateurs de tous âges, fanatiques et sanguinaires. 

Pense, en tout premier lieu, à signaler à Frédéric Mitterand que si son peuple de bipèdes peut être fier de sa tarte Tatin, de sa quiche lorraine, de sa dentelle d’Alençon et de ses tapisseries d’Aubusson, tout être normalement constitué devrait avoir honte de revendiquer l’attachement à cette coutume barbare. « C’est une décision honteuse, écœurante, indécente, ignoble et lâche qui déshonore notre peuple», disent les gens de cœur. Honte à lui et à tous ceux de ces stupides gratte-papier des ministères qui n’ont jamais pensé une seule seconde  que nous, les animaux, naissons, rions, pleurons, enfantons, souffrons, hurlons, agonisons et mourons comme eux ! Honte à ceux qui ont inscrit cette cruelle pratique au patrimoine immatériel de la France, une soi disante « mesure de sauvegarde en soi » ! Qu’y a-t-il de plus important à sauvegarder ? Une coutume ou bien une vie ? 

N’oublie pas de joindre à ton courrier une seule paire de banderilles, proportionnellement au poids du ministre, comparé au nôtre qui en reçoit trois ou quatre paires avant l’estocade finale. A son bon choix de se les planter ou faire planter dans la fesse, le bras ou le ventre ! S’il en redemande, trouve-lui l’adresse du meilleur fournisseur de ces bâtons d’environ 80 cm de long, terminés par un harpon et recouverts de papier de couleur.

Pense aussi, mon cher ami, à renouveler ton courrier à destination de messieurs et dame Fillon, Sarkozy et Bachelot, *aficionados de ce genre de pratique stupide et sadique, assoiffés de notre sang ! N’oublie pas le post scriptum suivant, ma phrase préférée de l’écrivain auteur de L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera : «Le véritable test moral de l’humanité, ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci: les animaux ». En pièce jointe-cadeau, tu glisseras un ou deux cauchemars de nos misérables fins adaptées à leurs personnes, à consommer dans l’une ou l’autre de leurs dix prochaines nuits après réception du courrier. Toi qui désormais as le loisir de brouter l’herbe tendre des près bretons, sais-tu à quoi tu échappes ? Campe-toi fort sur les quatre pattes et lève bien haut les oreilles. Eloigne tes plus jeunes amis du champ car il y a forcément rectangle blanc. 

 De ma maman j’ai été éloigné très jeune. Je sais seulement que pour enfanter un futur taureau de combat, elle a dû subir l’épreuve de la « tienta », devant prouver sa bravoure à la réception d’une sorte de banderille enfoncée dans ses chairs par un picador.   D’elle je porte fièrement le nom : Jojo pour Josito, fils de ma mère Josita. 

De mon père dont ma mère a obtenu la semence par voie anormale, non naturelle, j’ai appris que lui aussi a dû faire ses preuves en étant sauvagement projeté à terre sous le choc de la piqûre d’un aiguillon. Sa combativité a été jugée sur sa réaction après s’être relevé.

Ma première douleur à moi, je l’ai ressentie à la triple pose du fer sur la fesse (le fer de l’éleveur), sur le flanc (un numéro d’ordre) et sur l’épaule (le dernier chiffre de mon année de naissance). Une fois la brûlure apaisée, il restait trois fort jolis tatouages en somme ! 

Ensuite j’ai cru au paradis sur terre dans ma ganaderia : farniente et broutage des végétaux méditerranéens camarguais sur des centaines d’hectares. Un paradis avec apparitions occasionnelles de bipèdes juchés sur monture hippique ou motorisée. Un eden aux herbes rases, aux sols craquelés sur lesquels nous devions parfois nous contenter de grignoter la salicorne ou la saladelle si salées, un paradis de pâture au milieu des roseaux et des flamants roses ! Mais en liberté !

 Jusqu’au jour d’hier où je me suis retrouvé encerclé par un groupe de gardians à cheval vociférant et hurlant, enfermé dans un clos et soudain propulsé taureau cocardier, en compagnie d’une dizaine d’amis. Et notre calvaire a commencé. 

Tu n’imaginerais pas les dix pratiques barbares les plus courantes dont ces brutes d’humains sont friands ! ! ! 

1-Douloureux sciage, à vif, de nos élégantes, longues et fines cornes. A la prochaine visite chez leur dentiste, qu’ils demandent à se faire scier une dent vivante sans anesthésie, ces ignobles sauvages ! 

2-Coups de pieds, de planches pour nous rendre encore plus agressifs ! 

3-Aiguilles cassées insérées dans nos testicules pour nous éviter de nous asseoir ou de tomber pendant le combat. Dans cet état, nous serons transportés vers la ville taurine dans des caissons de contention, de longues heures sans bouger, sans eau ni nourriture, dans une chaleur asphyxiante. Je sais que juste avant le combat, les immondes brutes prolongeront notre calvaire. 

4-Coton enfoncé dans les naseaux pour rendre plus difficile notre respiration. 

5-Vaseline dans les yeux pour nous désorienter. 

6-Essence de térébenthine sur nos pattes pour provoquer des brûlures et nous empêcher de rester tranquilles. 

7-Sabots limés à vif jusqu’à la chair. 

8-Tranquillisants, hypnotisants, sprays paralysants jetés sur nous pour achever de nous déboussoler. 

9-Une trentaine de sacs de sable jetés l’un après l’autre sur chacun de nos dos juste avant l’entrée dans l’arène. 

10-Pour le moral, les cris, les insultes de toutes sortes.   

Et j’oublie ce qui se pratique ailleurs car, mon cher cousin, tu ne me croirais plus ! Il me resterait à te conter l’apothéose de la souffrance, l’apologie de la cruauté, les tocades, la graduation des violences, l’estocade finale…

Mais, vois-tu, je suis soudain apeuré, énervé, découragé, démoralisé, fatigué, écœuré… Toi qui le peux, dis haut et fort notre calvaire. Pour que cesse à jamais le terrible carnage !  Demande que soit exigé le retrait immédiat de cette décision abjecte, de cette infamie qui autorise l’état à subventionner, avec nos sous, la torture des animaux, faisant de chaque citoyen français un barbare. Demande que soient abolies la corrida et tous les autres jeux de tueries des animaux ! 

« La corrida n’est ni un art, ni une culture, mais la torture d’une victime désignée, avec, autour, des badauds qui regardent. » a dit Emile ZOLA il y a plus d’un siècle. 

« Corrida basta », clame l’écrivain Christian Laborde qui ajoute : «L’homme est-il encore un homme, un être de culture, un honnête homme quand il écorche, humilie, torture et tue un animal afin que jouisse la plus grande salope que la terre ait jamais portée : la foule?» 

Porte-toi bien, Fafa, pense fort à nous, les malchanceux et adieu !  

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*Fadjen : jeune taureau sauvé des arènes et de la torture tauromachique par Christophe, un breton d’Ille-et-Vilaine.

Devenu la mascotte du CRAC Europe (Comité Radicalement Anti-Corrida).

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Mon cousin Fafa, sauvé de la barbarie des hommes.

*Aficionados : amateurs de corrida

 

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