( 30 août, 2015 )

La saint Michel à la fin du mois d’août ?

« A la saint Michel s’en va l’hirondelle ! » annonce le dicton.

Aujourd’hui 30 août 2015. Plus aucun gazouillis dans le ciel et au-dessus des toits ! Les fils électriques sont vides. Toutes nos hirondelles viennent-elles de fuir, hier en fin d’après-midi ou ce matin de bonne heure, ce capricieux climat normand ? Dure saison pour nos élégants oiseaux migrateurs, annonciateurs du printemps. Fidèles à leur annuel lieu de rendez-vous, elles ont à peine le temps de finir l’élevage de leurs hirondeaux qu’elles doivent déjà se sauver vers des cieux plus cléments !

La saint Michel à la fin du mois d'août ? dans CHERS ETRES PATTUS hirondelles-1

Nos deux hirondeaux survivants, blottis l’un contre l’autre avant la tombée de la nuit.

Jusqu’à 10 000 kilomètres à franchir pour ces petits à peine prêts, je n’ose y penser !

Dans le garage nichait cette année un couple de jeunes, peu expérimentés, qui ont d’abord tardé à construire leur nid. Un nid étroit dans lequel n’a pu longtemps rester la couvée de cinq bébés. Le premier tombé du nid n’a survécu que deux jours, appelant désespérément ses parents trop occupés avec les quatre autres oisillons. Quant au second, je l’ai retrouvé mort dans le panier de Riri, le tout petit chien inapte à poursuivre et attraper un oiseau sauf mort après chute du cocon familial. Il restait donc trois becs grand ouverts à alimenter, 300 kilomètres en moyenne par jour à parcourir par les parents pendant trois semaines, disent les ornithologues.

Une fois emplumés, ce furent les premiers envols. Deux petits se perchant sur le rebord de la petite fenêtre de la porte du garage dont la vitre avait été spécialement ôtée à leur intention pour leurs allées et venues. Et le troisième à terre, peut-être un peu moins robuste et vite oublié des parents.

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Quelle hécatombe ! Et quel chagrin de voir ces tout-petits êtres affamés trissant tristement, pleurant et hurlant de toute la force de leur frêle gosier après papa et maman pour survivre.

Nous en sommes donc à deux survivants sur cinq qui semblent bien se porter, ayant quitté leur perchoir pour s’exercer aux vols précédant la prochaine migration vers des climats plus favorables.

Je croise fort les doigts pour que nos deux petites hirondelles puissent accomplir ce premier grand voyage et peut-être revenir en pays normand l’an prochain !

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( 21 août, 2015 )

La plume de l’oiseau

Une fois détachée du corps de l’oiseau, la plume ne lui appartient plus. Elle seule pourtant pourrait raconter  l’histoire de ce corvidé étourdi qui a laissé, hier, choir au milieu du champ,  l’un des milliers d’éléments composant sa protection naturelle.

Après «  l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », pourquoi pas « la fille qui écoutait parler une plume » !!!

La plume et l'oiseau

« Oui, moi, rémige de l’aile gauche de mon ami le corbeau, poussée par ma suivante qui avait choisi le même follicule plumeux, après quelques lunes de vie  je viens de tomber en plein vol. Une chute si vertigineuse que je ne m’en remettrai jamais.

Même pas eu le temps de lui dire adieu, lui qui, toute ma vie, m’a lissée chaque jour de la délicate pointe du bec, m’a offert tant de merveilleux voyages au-dessus de la campagne environnante, de superbes piqués vertigineux à la recherche de la nourriture, d’élégants vols planés dans les courants ascendants, juste pour le plaisir.

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J’aimais aussi l’entendre murmurer, près du nid, de tendres croassements à sa compagne et câliner les corbillats nouveau-nés.  Je veillais à toujours bien me positionner pour abriter au maximum les petits.

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Vous ai-je raconté l’une de nos mésaventures quand, c’était en mai, pour interdire aux corvidés l’accès aux graines de maïs tout juste semées, je l’ai vu se percher sur une étrange maison de fer. J’y ai aperçu, et lui aussi, cinq de ses amis encagés dont l’un venait de mourir de faim. J’ai alors entendu la longue plainte des prisonniers dont on dit qu’ils sont d’une intelligence et d’une organisation sociale très supérieures à la moyenne des oiseaux. Ne pouvant rien faire pour eux, nous avons quitté le sinistre lieu de barbarie en nous disant que jamais un oiseau n’aurait l’idée d’inventer un tel supplice de mise à mort par privation de nourriture.

J’étais donc seule dans la rosée du petit matin de ce jour d’août quand je me suis sentie soudain transportée, à nouveau lissée, cette fois entre deux doigts avant d’être délicatement posée sur une table.

Non, je ne vais pas finir en éventail comme chez les Egyptiens, Chinois, Mayas ou Aztèques. Non, je n’ornerai pas un vêtement, un chapeau ou une coiffe.

Non, je ne finirai pas en farine de plumes ou enfermée dans l’édredon d’un plumard.

Non, il est trop tard. Je ne serai pas trempée dans le liquide violet d’un encrier.

Non, je ne jouerai pas de mauvais tours aux poissons en servant de leurre.

Je serai à l’honneur dans le prochain tissage qu’elle va créer et que nous vous présenterons prochainement.

Signé    La plume de l’oiseau

 

( 14 août, 2015 )

La diva de Romi

La charmante épouse de Romi, c’est Mélanie.

Ses enfants chéris se nomment Laly et Baptiste.

Mais il a un  péché mignon, une diva avec laquelle il sort souvent le dimanche, qu’il aime bichonner dans la semaine  et qui pourtant ne nuit à personne. Au contraire, les enfants la portent en grande estime et Mélanie l’accepte volontiers, en profitant pour s’accorder en famille quelques jours de camioncamping en sa compagnie pendant l’été.

La dame à la jupe rouge et noire, aux motifs  de l’alphabet est d’une rare élégance.

Plus roulante que marchante il est vrai.

Très peu buveuse d’eau, elle ne passe jamais à la pompe, se faisant servir à domicile.

Si elle broute parfois un peu d’herbe, elle déteste les cailloux sous les semelles, qu’elle oblige à ôter vivement. Et Romi s’accomplit.

La belle fille déteste la pluie, n’ayant jamais trouvé un Kway fiable aux coutures.

Folle de vitesse, elle porte un lorgnon caméra qui la filme en action. Et plus elle file vite, plus chacun l’apprécie.

Et Laly de hurler : « Allez, Allez, encore plus vite !! »

Et Baptiste d’articuler « Vroum vroum vroum ! » avec force mimiques.

Vous l’aurez deviné !

La diva, c’est la Norma, la barquette monoplace châssis année 2004 propulsée par
un moteur Honda 2 litres qui développe 240 cv pour un poids de 450 kg avec une
boîte de 6 vitesses séquentielles palette au volant.

Avec laquelle Romi vient de remporter sa première victoire au scratch en course de côte à Quettreville-sur-Sienne dimanche dernier 9 août.

Bravo champion !

remontage Normasans-titre

 

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