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( 30 septembre, 2015 )

La colombe s’est éteinte…

30 septembre 2015

J’ai trouvé, ce matin, sous le pommier du petit verger, une tourterelle agonisant dans l’herbe humide de rosée.

tourterelle malade

Symbole de la paix, la cousine de la colombe a succombé à ce trop-plein de haine et de malheurs du monde, préférant rejoindre la Grande Paix de l’Eternité.

Une paix dans laquelle les cœurs tourmentés ne saignent plus, les âmes angoissées  ne souffrent plus, les larmes de la peur ne coulent plus.

J’ai cru trouver, ce midi, la colombe apaisée, heureuse d’avoir franchi le pont vers la Grande Paix.

colombe

Or un léger souffle la maintenait encore en vie. « Pauvre oiseau, souffres-tu ? Pourquoi luttes-tu pour résister encore? », lui ai-je murmuré.

Vous ne me croirez pas ? Et pourtant c’est vrai. J’appelle cela un miracle des forces surnaturelles qui nous régissent tous.

Cet après-midi, osant à peine retourner la voir, j’ai eu l’immense joyeuse surprise de la trouver sur ses pattes, reprenant ses esprits et décidant de continuer le chemin tracé sur cette terre.

Dix minutes plus tard, elle s’était envolée.

Morale : Quand tu crois que tout est fini, que la mort est ta seule issue, il y a toujours une nouvelle force qui te guide pour repartir du bon pied, le cœur allégé et l’esprit plus tranquille. 

             1er octobre 2015

« Va chercher la cage à oiseaux. La tourterelle gît près du hangar ! »  vient me dire mon mari en toute hâte. 

Je sors précipitamment la caisse aux barreaux tout rouillés, remplie de toiles d’araignées, lieu très occasionnel d’infirmerie pour oiseaux blessés et cours vers l’infortunée colombe que je découvre au milieu de ses plumes éparpillées, une bosse à la tête, le cou révulsé en arrière mais respirant encore. Apeurée quand nous la saisissons doucement pour la poser dans cette cage avec eau et grains de blé, à l’abri dans la bergerie.

Repartir du bon pied pour rechuter dès le lendemain, est-ce cela : vivre ? Souffrir encore et encore, le jour, la nuit ? Croire  en la vie et vouloir la quitter ? L’animal est en tous points semblable à l’homme, qui espère une vie à l’abri des souffrances, physiques et morales mais n’est pas épargné !

 

Tourterelle est morte ce midi.

Envolée vers des cieux plus cléments, bien à l’abri des tourments !

A toi, humble oiseau dont seule je connais la souffrance et la mort, je dédie ce tissage nouvellement créé.

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La colombe insultée  Début octobre 2015

La colombe insultée Début octobre 2015


 

( 9 septembre, 2015 )

Histoire de trois coulemelles

Nous, de la famille des Agaricacées, sommes nées, il y a une semaine, toutes trois dans ce grand champ tout vert, bien à l’abri au bord du talus du haut,  en plein sud. Solitaires, nous vivons notre temps de lépiotes élevées en profitant de la rosée et des généreux rayons du soleil de septembre. De passage il n’y a guère, sauf quelques pattus chiens et bovins que nous semblons laisser indifférents.

lépiote 2

Quoique juste un peu attirés par notre odeur de champignons.

Seule une deux pattes, élevée elle aussi, vient nous contempler matin, midi et soir.

 

 

 

lépiotes 1 0
Nous étions trois, ma sœur jumelle sortie de terre à la même heure que moi et notre cadette, d’une journée et demie plus jeune.

 

lépiote 3Hier soir, suite au passage d’un lapin de garenne étourdi, mon aînée a été heurtée et s’est effondrée, le pied rompu. Paix à son chapeau qui repose désormais sur l’herbe, séparé de son pied.

 

Aujourd’hui mercredi 9 septembre 2015, c’est moi qui ai un problème à mon unique jambe, devenue trop fragile pour supporter ma tête. Ainsi va la vie !

Et dire que pendant ce temps, le petit-fils de la visiteuse se blessait au tibia ! A quand la pratique du plâtre pour un champignon élevé !

lépiote 4

Ne nous plaignons pas ! Nous aurions pu finir sur la poêle ou dans la casserole ! Puisque nous étions trop jolies pour une telle fin, elle a choisi de nous laisser vivre notre vie de champignons. Une belle idée !

Lépiote 6 0

D’ailleurs, nous avons pris note et reviendrons, l’été prochain, embellir ce coin d’herbe de notre présence.

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