• Accueil
  • > Archives pour novembre 2015
( 30 novembre, 2015 )

Les échelles du possible

Achevé hier soir 29 novembre, ce petit tissage sans prétention, juste pour le bonheur d’occuper mes doigts, la laine de mes brebis et quelques bois flottés, a été baptisé « Les échelles du possible », à l’image des ces brindilles perdues au milieu de la toison.

échelle 1 O

Quoi, quoi, quelles échelles et quel possible ?

La vie est ainsi faite, d’échelles à monter ou descendre chaque jour.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

D’échelles à monter pour nous grandir en sagesse, humilité, patience, compassion, enfin les qualités dont nous avons besoin pour vivre avec soi et avec les autres.

échelle 2 O

D’échelles trop vite descendues quand la colère, la jalousie, la méchanceté, le mépris nous envahissent.

échelle 3 O

Savoir saisir un barreau lors d’une de  ces descentes aux enfers et pouvoir s’y agripper, avec ou sans aide,  et remonter peu à peu les échelons pour refaire surface et revoir le ciel bleu.

 

Echelle posée contre le mur de la connaissance, toujours disponible car il nous est permis de continuer d’apprendre jusqu’à la mort.

Echelle de la beauté intérieure dont les barreaux sont lustrables jusqu’ad vitam aeternam.

échelle 4 O

Echelle de l’amitié, si fragile car faite d’un bois tendre, à ménager pour une longue vie.

Echelle de l’amour à reconstruire ou à rêver, tant d’échelons ayant rompu au fil des ans.

Toujours monter ces échelles du possible et même pas douter d’une impossible à grimper.

Toutes les échelles sont celles du possible. A nous de nous hisser à la force des bras, jambes et volonté.

Quel programme !

 

 

( 28 novembre, 2015 )

Sale temps pour les sapins !

Déjà les tronçonneuses s’acharnent à couper, de l’aube au crépuscule, des milliers de champs entiers plantés de petits sapins tout juste au printemps de leur vie.

sapins coupés

Petits sapins privés de vie dont le moignon de pied sera enfoncé dans un seau de sable ou cloué sur une planche pour qu’ils aient l’aspect d’un vrai sapin en vie.  Et qu’on baptiste, un fois morts,  « sapins  de Noël » !

 

Je croyais que Noël signifiait la naissance d’un enfant, non la mort de millions d’arbrisseaux !

Petits sapins ensuite jetés à la poubelle.

gachis

 

Des forêts entières saccagées pour la fiesta, les artères du poumon atmosphère brisées pour un leurre, pour une soi-disante joie d’enfants (déjà éduqués à trouver beau un arbre mort !), les parents pestant vite après la perte des aiguilles ternies sur le tapis du salon. « Vivement que Noël soit fini et qu’on se débarrasse de ça ! »

sapins 3

Petits sapins immolés parce que l’être humain n’y voit pas plus loin que le bout de son nez, parce qu’il ne sait pas respecter la nature !

sapins 1

Pourtant il existe des jardiniers, plus sensibilisés à la vie, qui proposent des arbres de Noël avec leurs racines, des arbres dotés d’une chance de continuer leur vie.

images35O9UKMO

Parce que la coutume veut que…. Gare à celui qui n’a pas son sapin dans la maison à Noël ! Il est ringard ou lugubre ou idiot ?

Mais non, il est joyeux, heureux et va fêter la naissance de l’enfant autrement (pas la naissance d’un seul enfant nommé Jésus, non l’enfant en général, le mystère de la naissance).

images32SO97J5

Je suis ravie en me contentant d’aller saluer, chaque jour, la vingtaine de fiers sapins du champ, religieusement et rapidement replantés sur le talus, après chaque Noël quand les enfants étaient encore petits. Tradition vite abandonnée une fois les jeunes absents du nid familial.

sapins 2

Je suis ravie d’allumer une bougie sur la table de la salle à manger pour la beauté vacillante et enivrante de sa flamme.

Jamais je n’ai supporté d’acheter un sapin coupé, même dans la classe de Maternelle dont j’avais la charge. Je présentais aux enfants le conifère avec ses racines et leur expliquais combien la vie d’un arbre est importante. Qu’en ont-ils retenu aujourd’hui ?

A bientôt pour d’autres croquenotes !

Et que la sève du sapin continue de l’alimenter !

 

 

 

 

( 25 novembre, 2015 )

L’herbe à qui ? A Robert ?

Vous connaissez tous cette petite fleur, souvent considérée comme une mauvaise herbe car aimant côtoyer les autres fleurs et se glissant aisément dans les pots, les bordures et les jardins.

Mais à quel Robert appartient-elle ?Redford

 

A Redford, Mitchum ou Yves, côté cinéma  ?

 

 

Desnos

A Desnos ou Frost, les poètes ?

 

 

Robert Merle

Ou bien à l’un des écrivains Sabatier ou Merle ?

 

 

Robert Kennedy

Pas à un politique, Schuman ou Kennedy ?

 

 

 

 

Alors qui a donné son nom à cette jolie petite fleur des talus baptisée Herbe à Robert ?

220px-Geranium_robertianum1003

Cette humble et pourtant très fréquente plante aux tiges violacées et petites fleurs rose lilas, semi rampante, généreuse. Ce petit geranium  nommé Robertianum (Robert en latin) parce que, paraît-il, au VIIIe siècle,  un évêque bavarois nommé Rupert en aurait révélé les propriétés médicinales, soulageant ainsi et stoppant les hémorragies, les contusions et les maladies rénales.

200px-Ruperthead

L’évêque en question

Ou bien peut-être s’agirait-il d’une confusion entre « ruber » rouge, à la prononciation presque semblable à celle de Robert,  dont le sens aurait été mal comprispar le peuple.

290px-Geranium_robertianum_-_haisev_kurereha

Eh bien oui, tout cela pour vous dire que j’en ai  encore rencontré un specimen fleuri ce mercredi 25 novembre. De charmantes petites fleurs bien résistantes. Tout en finesse et élégance. Si discrètes, si douces au regard.

Le petit bonheur du jour puisqu’ainsi est faite ma vie, juste de petits bonheurs à attraper partout où je peux, de petits bonheurs purs, certes éphémères mais de petits bonheurs qu’il faut savoir s’offrir chaque jour, le grand bonheur permanent n’existant évidemment pas ! 

( 23 novembre, 2015 )

Les yeux sont-ils le miroir de l’âme ?

maman

 

Qu’ils soient humains ou animaux, les yeux en disent souvent long sur l’état d’esprit du moment.

Les yeux sont-ils le miroir de l'âme ? dans CROQUENOTES yeux-chicane-2

SAMSUNG CAMERA PICTURES

yeux denise

Yeux rieurs, tristes, mi-clos, sereins, fuyants, apeurés, charmeurs, doux, profonds, ils sont certes l’âme du visage, laissant un message à celui ou celle qui sait y regarder.

yeux Freckles O

Nombreux sont les écrivains qui les ont évoqués.

 

Les yeux sont les interprètes du cœur, mais il n’y a que celui qui y a intérêt qui entend leur langage     Blaise Pascal

yeux Sandrine
Les yeux sont le miroir de l’âme, celui qui sait y voir est rarement trompé.      Pierre-Claude-Victor Boiste
SAMSUNG CAMERA PICTURES
L’œil est une fenêtre qui donne sur le cœur.      Proverbe turc
« Comme les yeux savent parler quand il n’y a plus de mots ! »

Francine Ouellette

yeux Romi

« Aie confiance, ferme les yeux et au fond de toi tu sauras ». Anonyme

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Quand quatre yeux se rencontrent, le mensonge est fini.     Proverbe guadeloupéen
SAMSUNG CAMERA PICTURES
Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. »

Coco Chanel

SAMSUNG CAMERA PICTURES

yeux Lénaël
« Les yeux ont toujours faim de voir ».
Anonymemoi
Peut-être que nos yeux ont besoin d’être lavés par nos larmes de temps en temps, afin que nous puissions voir la vie avec une vision plus claire encore. »

« Ne regarde pas en arrière, les yeux pleins de regrets.

Regarde plutôt en avant, les yeux pleins d’espoir . »

Anonyme

Au fait, avez-vous, vous qui êtes de la proche famille, reconnu toutes ces dix-huit paires d’yeux ?
Désolée pour les amis. Ce jeu ne leur est pas accessible.
A très bientôt sur le blog.

 

( 16 novembre, 2015 )

Le visage dans la mousse du talus

Pour un retour aux sources, une plongée dans le ventre de maman, peut-être une arrivée au paradis, s’il existait ! ou plutôt une entrée dans la grande paix du monde après la mort, j’enfouis chaque matin, quelques secondes, mon visage dans la mousse du talus.

mousse 1 O

« Drôle de rituel ! », me direz-vous.

"Mais que fait-elle donc ? Elle n'a pas un nez de chien !"

« Mais que fait-elle donc ? Elle n’a pas un nez de chien ! »

mousse 2

Me viennent aussi chaque fois en mémoire les Noëls de mon enfance, lorsque maman nous demandait d’aller chercher un peu de mousse pour tapisser l’entrée de la crèche. Nos croyions encore aux contes et légendes à cette époque !

mousse 3 O

Le retour à la terre mère grâce au visage offert à la pluie, aux flocons de neige, au doux soleil ou à la mousse, grâce aux pieds nus dans l’herbe humide ou les vaguelettes sur la plage, grâce aux mains caressant la branchette du sapin, l’écorce rugueuse du chêne, la poignée de feuilles mortes, tout nous est offert en permanence.

"Moi, je sens, je sens ...une musaraigne !"

« Moi, je sens, je sens …une musaraigne ! »

 

mousse 5 O

Il nous faut juste être attentif et trouver le moment ! 

mousse 8 O

« Ne te tracasse pas, Riri. Elle va bien en sortir, de son trou de mousse. Et la balade va continuer ! »

Enfouir son visage dans la mousse pour oublier les massacres, pour cacher sa honte d’être un humain au potentiel énorme, pour zapper un instant la laideur de la vie, la trahison, le mensonge, enfin pour survivre…  

L’espoir d’un matin toujours frais après une veille en dents de scie !

( 13 novembre, 2015 )

L’art naïf de la séduction

 

Primevères doubles du jardin refleuries en novembre.

Primevères doubles du jardin toujours épanouies ce 13 novembre.

Zut et rezut ! Après consultation de l’étymologie du mot « séduction », je devrais changer le titre, peut-être !!

Du latin « seducere », détourner du droit chemin.

Allons aux synonymes proposés : « captiver (rendre captive ?), envoûter, ensorceler, appâter, hypnotiser, attirer, abuser, débaucher, leurrer, suborner, tromper, enjôler (enfermer dans une geôle)  » !!  Re re zut !

Un sacré mot à double tranchant, celui de la caresse, le revers doux et non tranchant du couteau ou bien celui de la lame très aiguisée !

Freckles, notre brebis très âgée, si douce...

Freckles, notre brebis très âgée, si douce, aux yeux séducteurs

Il me reste « charmer, fasciner, éblouir, enchanter », termes qui conviennent mieux à mon propos d’aujourd’hui. Je les prends. Ouf ! Je garde mon titre. Le terme « naïf » vous gêne ? 

J’avoue l’être, naïve, et il le faut, pour survivre. Cela signifie, pour moi, croire au premier degré, sans douter, à ce qui m’est dit de gentil, doux, agréable et bon pour le moral. Oublier le reste. 

 

Quel bonheur, pas si éphémère que cela, d’entendre un compliment, de la bouche de quelqu’un ! Cela enchante le cœur, rassure et permet d’avancer. Il suffit de se le remémorer pour retrouver son parfum, sa saveur, son bienfait ! Autant de fois que l’on veut !

sans-titre

Crevette, la douce génisse au captivant regard

Surtout quand cette personne à la rencontre éphémère et même peut-être unique, vous ne la reverrez jamais. C’est le goût d’un bonbon dans la bouche d’un enfant, la caresse du vent, la douceur du timide rayon de soleil, le sourire d’une fleur, un rêve de paradis !  

Que fait la fleur quand elle se permet de s’épanouir à la mi-novembre sinon séduire ?

Que fait l’ami canin qui tend la patte, pose les deux sur vos genoux ou vous fait les yeux doux sinon séduire ?

Et le troglodyte, là-haut sur la branche du cerisier, sifflant sa longue série d’harmonieuses trilles ?

Et cet inconnu qui vous regarde dans les yeux et vous dit qu’il les trouve superbes ?

margu 0

Marguerites à la mi novembre, si enchanteresses à cette période de fleurs rares.

Et encore ces lecteurs et lectrices de mon blog ou bien du journal ayant pris plaisir à lire mes modestes pages ou articles, dont le compliment me va droit au cœur, à l’esprit, au corps  et à l’âme, si j’en ai une  ?

 Vous ai-je séduits, ravis, enchantés, charmés ? J’en suis fort aise ! 

Vous aurais-je séduits, abusés, leurrés, appâtés ? J’en suis marrie.

 

 

 

 

( 10 novembre, 2015 )

Croire encore au printemps…

Le soleil point de temps en temps, le fond de l’air est doux.

Les frimas paraissent lointains.

Quelques fleurs du jardin ont même opté pour leur renaissance avant l’heure.

ompha 1 O

Deux minuscules omphalodes, mes préférées entre toutes, dans leur robe pure fraîcheur ciel bleu cerclée de blanc, paraissent si délicates au milieu de leur généreux feuillage !  

Imprudentes ou aventurières, les fragiles beautés affichent un air coquin parmi leurs sœurs flétries, ratatinées ou bien décolorées.

sedums O

« A la sainte Flora (24 novembre), plus rien ne fleurira ! »

Se moquant du dicton, les belles éphémères profitent de la vie, la vie à pleines corolles, la vie sans soucis ! Elles se rient des feuilles mortes qui jonchent le sol tout autour d’elles.

ompha2 O

Et si le froid arrive, elles sauront se mettre à l’abri, sous l’aile du feuillage en attendant que le printemps revienne !

Car même à l’aube de l’hiver, il faut croire encore au printemps !

 

( 5 novembre, 2015 )

Arrêter le massacre, pour une planète végétarienne…

Un repas de convivialité à la salle des fêtes communale.

Le plat de choucroute avec garniture saucisses et énormes morceaux de jarret passe et s’arrête de convive en convive. Arrivé à ma hauteur, il ne séjourne pas. Alors fuse la question de ma voisine :

-Mais sers-toi donc !

-Non, merci, dis-je discrètement.

-T’aimes pas ?, interroge-t-elle .

-Je ne mange pas de viande.

Haussement d’épaules intérieur, voire ricanement, peut-être même catégorisation immédiate de « Quelle andouille, celle-là ! Elle veut faire dans la fantaisie ! » Ou peut-être juste une interrogation soudaine avant questions qui fusent aussitôt autour de ma personne « pas comme les autres ».

-T’es végétarienne ? Et pourquoi ? Et depuis quand ? Moi j’arriverais pas. J’aime trop la viande ! Tu vas manquer de quelque chose ! Il te reste quoi pour te nourrir ?

C’est quoi un jarret ? Une partie du cadavre d’un animal-être vivant presqu’humain qui a vécu (dans quelles conditions ?), qui a souffert jusqu’à l’abattage.

Inutile d’entamer le dialogue !

Qu’ont ces gens à la place du cœur, ces milliards de gens qui n’ont jamais croisé le regard du poulet dans la gorge duquel ils vont enfoncer le couteau acéré ? Celui du lapin auquel ils osent arracher un œil de son vivant avant les violents coups de bâton lancés à la base de ses longues et douces oreilles ?

lapin 1 O

Pimpin, le joli lapin bélier russe aujourd’hui disparu.

Celui du veau qui vient de passer sa jeunesse cloîtré dans 1m2 de cage bétonnée sans pouvoir faire bouger ses pattes autrement que sur place ? 

foie-gras-2

Celui de l’oie ou du canard au foie malade de la stéatose hépatique nutritionnelle, devenu énorme, pauvre bête si malade et ayant tant souffert à chaque gavage, tuée avant une mort imminente ? 

vache O

Crevette, la génisse qui ne manque jamais de venir nous saluer.

Celui du paisible bœuf ou du mouton qu’on a arraché à sa prairie pour l’égorger ?

Freckles, notre brebis très âgée, si douce...

Freckles, notre brebis très âgée, si douce…

Celui du cochon en batterie qui n’a connu que l’adversité et les morsures de ses codétenus irrités par des conditions de vie dégueulasses ?

 Et celui du poisson qu’on exhibe, pendant et étouffant au bout de l’hameçon qui lui déchire la gorge ?

Celui du faisan tout juste lâché de sa volière, effrayé, apeuré et qui va être tiré dès le lendemain pour le plaisir du sport de la chasse, hélas pas encore enregistré aux Jeux Olympiques ? 

Poules, brebis et chiens font bon ménage à la maison, tous considérés comme nos amis.

Poules, brebis et chiens font bon ménage à la maison, tous considérés comme nos amis.

Tous, animaux et humains, ont le droit au respect.

 

Il nous reste à savourer la généreuse collection de tous les légumes et fruits que peut porter notre Terre Mère, les céréales, les graines oléagineuses, les algues et tant d’autres bonnes choses !

A quand notre jolie planète végétarienne, sans tueries inutiles ?  

« L’homme est véritablement le roi de tous les animaux, car sa cruauté dépasse celle des animaux. Nous vivons de la mort des autres. Nous sommes des tombes marchantes ».
Léonard de Vinci, génie universel

 

« Je crois que l’évolution spirituelle implique, à un certain moment, d’arrêter de tuer les êtres vivants que sont les animaux, simplement pour satisfaire nos désirs physiques ».
Mahatma Gandhi, prix Nobel

 

« Si la cruauté humaine s’est tant exercée contre l’homme, c’est trop souvent qu’elle s’était fait la main sur les animaux ».
Marguerite Yourcenar

 

« Si vous mangez de la viande, ce n’est certes pas parce que la viande est nécessaire pour votre survie, ni pour votre santé : c’est pour atteindre un but qui est à votre goût, peu importe la misère gratuite induite à d’autres êtres vivants, souffrants. »

Steven Harnad

Primevères doubles du jardin refleuries en novembre.

Primevères doubles du jardin refleuries en novembre.

 

Je vous offre ces primevères, en fleurs aujourd’hui 5 novembre 2015. Parce que vous avez été assez courageux pour lire cette page malgré ses durs exemples. Cela égaiera un peu mes propos si tristes et pourtant bien exacts.

 

( 4 novembre, 2015 )

Ballet automnal des feulles mortes, avant renaissance

feuilles 1 O

C’est l’automne et sa féérie de feuilles multicolores dans et au pied des châtaigniers, marronniers, noisetiers, hêtres, frênes et merisiers du champ. Un vrai ravissement pour les yeux, les pieds et le cœur.

Alliant la musique à la danse, elles volent, dansent et virevoltent dans les airs avant de rejoindre leurs sœurs sur l’herbe humide de rosée.

feuille 3 O

Une fois à terre, bien séchées par les derniers rayons du soleil, les demoiselles privées de cellules, ayant perdu leur habit vert et revêtu leurs toilettes mortuaires, craquent, chuchotent, bruissent, frémissent, crissent et gémissent sous mes pas.

feuille 4 O

Une vie de feuille = une vie d’humain ?

Du printemps à l’automne, de la naissance à la vieillesse et puis la chute, le pourrissement et l’oubli.

Pour renaître à la vie, un peu plus tard, un nouveau bourgeon, une autre jeunesse, la maturité et encore la chute, après un temps plus ou moins clément passé à côté de son voisin, sa voisine, son compagnon, sa copine….

Une vie jamais à l’abri des tempêtes et orages, parfois enjolivée de bribes d’un éphémère bonheur…

 

Une vie cependant toujours guidée par la force vive du tronc, par la force intérieure de l’esprit, une vie à apprivoiser, à contrôler sans cesse…

Une vie à faire confiance en la vie…

Enfin une vie unique avant d’attendre, peut-être, une autre vie après la vie !

feuille 2 O

Mais ceci est une autre histoire, abordée dans le si beau film que j’ai récemment découvert, intitulé « Et la vie continue« , film iranien réalisé par Abbas Kiarostami, sorti en 1991, basé sur les écrits de Chico Xavier.

A voir absolument pour une sorte de réconciliation avec la mort.

Un baume de jouvence et de sérénité, qui ne peut laisser indifférent.

( 3 novembre, 2015 )

Un jour, sur mon chemin, Doudoune et Riri les bien aimés

doudoune 1O

doudoune 5 O

Deux êtres de douceur, de gentillesse, charmants et charmeurs, affectueux, toujours à l’écoute, discrets mais aussi très présents.

 

Ils sont entrés dans ma vie lorsque j’avais choisi, au printemps 2013, d’offrir mes services sous forme de promenade, trois fois par semaine, aux chiens d’un refuge proche de Coutances.

doudoune 6 O

Un endroit insolite, Arche de Noé presque inimaginable, grande maison bourgeoise aux multiples pièces dans laquelle vivaient une dame et sa quarantaine de chiens, plutôt de chiennes, en liberté, presque toutes recueillies suite à un abandon.  Juste quelques mâles très doux côtoyaient la meute de filles dont une chienne couleur fauve, triste, constamment en boule sur l’un des nombreux fauteuils et canapés qu’offrait la demeure. Quant aux autres mâles, de petits enclos grillagés leur étaient réservés tout autour de la grande propriété, car très souvent caractériels et ne se supportant pas entre eux.

Doudoune 9 O

C’est donc à ceux-ci que j’accordais une longue promenade, un par un généralement, sauf Rouky et sa compagne Sally, habitués ensemble dans le même box. Moins heureux tous ceux-là car n’ayant droit qu’à une très relative liberté d’un quart d’heure par jour. Une douzaine d’allers et retours, douze animaux, chacun son tour, au bout de la laisse à enrouleur d’abord à la sortie du box en traversant la cour puis dans le chemin pour accéder au champ herbu parcouru en long et en large à la grande joie du chien flairant et humant d’autres odeurs que celles de son étroit logement.

doudoune 7 O

Un vaste champ aux herbes hautes, couvert de rosée avec, en toile de fond, les éoliennes du pré d’à côté. Je n’ai jamais osé en lâcher un seul et pourtant que c’est triste un chien au bout d’une laisse ! Peur qu’il ne revienne pas, peur de me faire gronder !

Doudoune 2 O

Un talkie walkie me servait de mot de passe pour entrer dans la cour après la balade, la dame de nourrissage et de nettoyage des boxes en ayant lâché un autre dans cet endroit clos, pendant ma balade.

Joie de rendre ces chiens captifs un peu heureux avant de regagner leur prison. Stan, Rouky, Baïla, Ulysse, Cachou, Furious, Bijou : tant de noms qui me rappellent le souvenir de ces amis occasionnels…

Doudoune 3 O

Que sont-ils devenus ? D’autres amis des animaux ont-ils pris ma suite ?

Souvent quand je regarde Doudoune et Riri heureux ici, je pense à ceux qui n’auront jamais la chance de connaîte un foyer d’amour et qui continueront de végéter toute leur vie en box !

Je dois vous expliquer que pour Doudoune, la grande fauve, croisée Braque et peut-être Labrador, toujours en boule, si triste sur son fauteuil, le coup de foudre a été immédiat. Mme X, la propriétaire, me demandant un matin d’aller aérer un peu cette chienne qui lui grognait dessus, j’ai passé le collier à la prénommée Gitane qui, avec son intelligence géniale, a tout compris. Le jour suivant, dès mon arrivée, elle me suivait pour une autre balade. Et ainsi de suite jusqu’au jour où je n’ai pu m’empêcher de proposer un marché à Mme X. Elle me donnait la chienne en échange de mes services. Marché conclu.

Quant au tout petit Riri, anciennement Helliott, le « rebut d’élevage » qu’elle avait rapporté de chez des éleveurs savoyards voulant s’en débarrasser, je n’ai pu résister à l’emporter bien vite à la maison, moyennant un bon paquet de billets.

Rebut d’élevage et invendable sur le marché car prognathe (avec une dent proéminente) plus queue cassée. Ce qui portait à six le nombre de mes amis canins à cette époque.

Quand on aime, on ne compte pas !

doudoune 4 O

 

|