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( 28 décembre, 2015 )

Trop de saisons ?

Au point où l’on en est, après la réduction des régions, bientôt celle des communes, pourquoi ne pas aussi diminuer le nombre des saisons ?

L’hiver ? Vous l’avez aperçu ?

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Oranger du Mexique, ce n’est pas le Pérou ! Tu laisses s’épanouir
tes fleurs à Noël ?

Autour de moi, je ne vois que signes du printemps.

Pour un Noël Blanc, c’est fichu !

L’herbe du champ continue de pousser.

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Et vous mes chères omphalodes, vous ne vous plaindrez pas du froid !

Dans les jardinières, les primevères des jardins offrent leurs chatoyants coloris.

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La primevère violette doute un peu de cette arrivée précoce du printemps !

Elégante coulemelle, tes frères et sœurs sont partis depuis déjà deux mois !

Elégante coulemelle, tes frères et sœurs sont partis depuis déjà deux mois !

Une coulemelle est même fièrement sortie de terre le 15 décembre pour y accomplir son cycle de vie jusqu’à aujourd’hui 28 décembre où elle s’est affaissée.

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Et si l’hiver arrivait, que ferions-nous avec nos robes de printemps ?

Bilan : rayons donc l’hiver de la liste des saisons. Et une de moins !

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Une carotte sauvage en pleine floraison le 28 décembre ?

Alors vive le printemps !

« Une économie de plus », prôneraient les politiques !

« Notre pauvre planète est à l’agonie, maltraitée, malmenée et nos descendants vont le payer cher », ajouterai-je.

Et Romain Gary de conclure :

« Moi je veux bien admettre que nous sommes peut-être des survivants d’une époque révolue, et que le poids des réalités ignobles nous fera bientôt disparaître de la planète, un peu comme les éléphants, tenez.

 » Tant pis pour nous ! »

« L’humanité disparaîtra, bon débarras ! », titrait même Yves Paccalet en 2007.

 

 

Tendres coloris à peine altérés par les quelques pluies de décembre

Tendres coloris à peine altérés par les quelques pluies de décembre

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Et dans deux mois, les filles, que ferez-vous ?

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Marguerites, vous vous essoufflez à fleurir deux fois l’an !

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Les belles, vous avez deux mois d’avance sur votre rendez-vous.

( 25 décembre, 2015 )

Mon bel Africain

Hier j’ai rencontré un beau jeune homme à la peau noire.

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Venait-il du Niger, du Soudan ou du Tchad ? Je ne sais.

Etait-il muet ? Je le crois car aucun son ne sortait de sa bouche.

Je me suis approchée et ai caressé ses cheveux courts tout bouclés, d’une infinie douceur.

Son fin regard fixe était dirigé vers nulle part ou peut-être vers un ailleurs que je ne voyais pas.

Ses mains jointes à hauteur de poitrine, était-il en prière ?

C’était la veille de Noël, le jour où chacun s’agite autour des cadeaux ou s’affaire, tout préoccupé par la préparation des victuailles du repas de fête. Lui s’en fichait, impassible et serein.

cadeaux

Vêtu d’une tunique bicolore saumon et beige, aux bords rehaussés de broderies dorées, il attendait sereinement ma visite et celle des autres gens qu’il côtoie quelques semaines chaque fin d’année.

Etait-il mendiant ? Car il avait placé, à ses pieds, une coquille de bénitier, ce mollusque des mers chaudes aussi appelé tridacne.

bénitier

De mon porte-monnaie j’ai sorti une pièce et discrètement l’y ai glissée. Aussitôt, mon bel Africain a hoché la tête en signe de remerciement. A cet instant précis, ma vie a basculé et je me suis retrouvée soixante ans en arrière, accomplissant ce même geste près de maman dans l’église de mon village.

Sauf que l’être auquel je tendais un sou était un ange aux ailes repliées.

J’ai quitté mon bel Africain,

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sans un mot, une larme coulant sur ma joue, une larme au goût amer, au goût d’un rêve devenu chimère, d’un passé à jamais perdu, d’un conte féérique auquel je ne crois plus.  

( 16 décembre, 2015 )

La souche de Noël

Vous savez ce qu’est la souche d’un arbre ?

Cette partie inférieure du tronc, située au-dessous du collet et d’où partent les racines.

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Partie généralement considérée, une fois l’arbre abattu, rompu ou déraciné, comme impropre à quoi que ce soit, et même indébitable pour le bois de chauffage.

Pardonnez-moi cette comparaison peut-être malheureuse : il en est de même des pattes des animaux consommables, généralement jetées après abattage.

pattes

Et pourtant cette partie eut ses lettres de noblesse, elle qui reliait le végétal ou l’animal à la terre, elle qui alimentait en sève la partie supérieure du tronc ou transportait le corps.

Revenons à notre souche, normalement jetée ou brûlée une fois séparée du tronc. Et qui, au fil des ans, s’amincit, s’affine, s’épure au fond du champ, dans le bois ou la forêt. Offrant ses formes tortueuses, harmonieuses et pouvant presque accéder au rang d’œuvre d’art. Oui, j’ôte le « presque ».

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Une œuvre d’art qu’a offerte et déposée Michel Mauger, le jardinier en chef de la ville de Coutances, en juin 2015 dernier, pour orner le massif du rond-point principal du bourg de Saint-Denis-le-Vêtu, lors de la réfection des parterres.

Un beau cadeau faisant l’admiration des passants.

Dame souche siégeait, ses racines dirigées vers le ciel, entourée de sa cour de rudbeckias, érigerons, cosmos, asters, stipas et autres vivaces auxquels elle apportait un charme supplémentaire, quasi féérique. La couleur de son bois tranchant avec les morceaux de brique déposés à ses pieds.

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Tout l’été, elle vécut. L’automne venu sans les habituels frimas, fleurs et bois furent tout aussi charmants jusqu’à ce petit matin de fin novembre.

Un camion a percuté la belle, la pulvérisant en moins d’une seconde et écrasant quelques-unes de ses dames-fleurs de compagnie,

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Les restes de la souche après massacre (sans préméditation) au camion !

laissant de disgracieuses traînées de roues, des miettes de vieux bois et… des plaques d’huile sur la chaussée proche, se dépêchant de prendre la poudre d’escampette, oubliant donc, bien sûr, de signaler cet incident en mairie ou ailleurs !

Parmi les hypothèses de ce fracas de souche, peut-être la vitesse excessive du véhicule percuteur !

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Des racines pointant élégamment vers l’azur, il ne reste que ce genre de crocodile émergeant de la vase !

Et si la souche s’était vengée en percutant, à son tour le réservoir d’huile du véhicule fou, expliquant les traces grasses et luisantes sur l’asphalte !

Que reste-t-il de dame souche ? Le souvenir d’un généreux cadeau, d’une éphémère œuvre d’art et… une photo.

Une photo qui va faire le tour des chaumières de la commune puisque publiée dans le bulletin municipal.

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Et le tour des maisons d’une partie du centre Manche puisqu’illustrant le conseil municipal de la semaine du 19 décembre. La preuve ? La voici.

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Grâce est donc rendue à la souche qui survivra sous une autre forme et restera, en ma mémoire, la souche de Noël.

 

 

 

( 11 décembre, 2015 )

Roses de la pureté

 

Depuis le Moyen-Age, l’hellébore ou ellébore (helleborus niger), nom masculin, est associé à cette époque de l’année, symbole de pureté.

Niger en latin, noir, de la couleur de sa racine pivotante.

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Des légendes se sont créées autour de cette fleur plus connue sous le nom de rose de Noël.

Celle d’une bergère voyant passer les Rois Mages chargés de riches présents, allant les déposer aux pieds du Nouveau-Né.  La jeune fille en pleurs, car elle n’a rien à offrir au bébé, rencontre un ange qui, effleurant ses larmes, fait éclore une fleur blanche ombrée de rose.

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Une autre légende venue d’Allemagne : un roi germanique tout-puissant détestant la foi chrétienne naissante se moque de sa fille Helga.

rosedenoel2- »Papa, demain c’est la fête de la Joie ! », annonce timidement Helga à son père, paroles auxquelles le roi répond brutalement :

« Avant que j’incline mon front devant le dieu des Chrétiens et plie mon genou sous la croix,  il faudrait d’abord qu’ici, sous mes yeux, les roses éclosent en pleine neige ! » 

Sous la fenêtre d’Helga, le lendemain matin, jour de Noël, le roi trouva des roses de Noël dans la neige.

« Christroses ! Regarde, papa ! »

Vous savez maintenant comment on dit rose de Noël en allemand.

Au Moyen-âge, elle se nommait aliboron (mot de l’ancien français venant du grec elleboros qui signifie « folie »).

Car la plante était supposée guérir la folie et la mélancolie.

N’ayant pas encore vraiment besoin d’en consommer pour ma santé, je me contente de les contempler chaque jour près des rocailles, toujours admirative de leur pureté malgré les frimas, la pluie, le vent, le passage des limaces… Je n’en coupe jamais.

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Photo Truffaut

Une fleur coupée, c’est comme un animal mort. La vie éteinte dans la sève ou dans les veines, juste le cadavre de ce que fut l’être vivant. Un plaisir égoïste pour soi ou pour offrir, en oubliant le respect de toute vie.

- »Mais comme il faut bien manger », me direz-vous, « tu coupes la salade, déterres les pommes de terre ou la carotte, cueilles les tomates et les pommes ou poires ? »

- »Oui. Toujours dans le respect de la vie et pour me nourrir, juste pour vivre. Un minimum de souffrance et jamais de gâchis ! »

En ce moment, pensez donc ! gâchis de sapins tronçonnés, d’oies tuées, de chevreuils abattus, d’animaux égorgés pour la surabondance et le trop plein de débordement de nourritures à ingurgiter et peut-être à aller vomir ensuite ou maudire car trop « bouffé » ! On ne refera jamais l’être humain !

Vive la vie quand même, avec un grand respect et un regard joyeux vers la pureté d’une rose de Noël !

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