( 26 août, 2016 )

Dame Corneille et sire l’écureuil

J’ai toujours aimé ces fables de Jean de La Fontaine, apprises en classe. Une façon déguisée fort judicieuse de transmettre des messages au roi Louis XIV et à sa cour, une manière indémodable de rire de ses travers et de ceux des autres. Car chacun peut se reconnaître en l’une ou l’autre des 240 fables. La mienne n’a rien de prétentieux ni de justicier : juste une rimaillerie (sans rimes) de plus sur les pages de mon blog.

 

Dame Corneille, hier, rencontra l’écureuil,

Vivant en même tronc du chêne centenaire.

L’emplumée noir de jais nichait en canopée,

La tanière du rouquin quelques mètres au-dessous.

Corneille noire Corvus corone Carrion Crow

 

« -Cher ami, lui dit-elle, que faites-vous donc là,

Si près de ma couvée, à lorgner les beaux œufs ?

Vous viendrait-il envie de m’en chaparder un ?

-Rassurez-vous, ma mie, » lui souffla le coquin,

« Je passais par hasard, errant de çi de là, 

A la recherche de noisettes, graines et fruits secs 

Afin d’améliorer mes repas de demain.

-Passez votre chemin, monsieur l’importuneur, » 

Lui cria la noiraude agacée par ce sot.

« J’ai fort à faire chez moi, ce jour et non demain. 

Votre légèreté ne vous donne pas droit

De vous accaparer mon temps et puis mes œufs ! »

Accompagnant, d’un coup de bec fort aiguisé,

Ses durs propos sur le crâne de l’écureuil. 

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Notre panache infortuné, un moment assommé,

Descendit, tout endolori, vers sa tanière.

Moralités, au choix :

1-Ne convoite jamais le bien d’autrui !

2-Ne te mesure pas à plus fort que toi ! 

3-Ne pense pas au lendemain car « à chaque jour suffit sa peine ! »

( 26 août, 2016 )

Passeport pour l’amitié, sans âge ni frontière

 

L’amitié ? 

« L’amitié est une inclination réciproque entre deux personnes (ou plus) n’appartenant pas à la même famille », dixit Wikipédia qui ajoute « Ignace Lepp pense cependant qu’« il arrive (…) qu’une vraie amitié existe entre frères et sœurs, mais il ne nous semble pas exagéré de dire qu’elle est née non pas à cause de leurs liens de sang, mais plutôt malgré ceux-ci ».

Prenant le relais de M. Lepp, écrivain français d’origine lettone, je dirai que l’amitié est le moteur fidèle et immuable de la vie, contrairement à l’amour, variable,  de durée et d’intensité incertaines, s’usant au fil des ans, capable de disparaître pour un clin d’œil adverse ou de chuter sans crier gare.

L’amitié est telle le parfum de l’œillet solitaire sur lequel j’ai posé le nez ce matin, une bouffée de pureté délicate et rare. Car n’obtient pas le titre d’ami qui veut. Il faut savoir apprendre à se connaître, s’apprivoiser, discuter, se jauger, trouver des points communs, connaître les faiblesses de l’autre pour l’entraide ou le réconfort.

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Lien basé sur la confiance, l’amitié se travaille, se cultive, doucement, simplement, comme la terre du jardin peu à peu enrichie de compost et d’humus qui produira généreusement légumes et fleurs.

L’amitié, c’est le ciment de la vie dont chaque jour l’on constate la solidité, bien à l’abri dans la demeure lorsque l’orage gronde, à l’abri les jours de grande pluie, les nuits de gros chagrin.  

L’amitié, c’est aussi le respect du silence de l’autre, l’attente, sans mot ni lettre dire ou écrire, attendre, jamais en vain, même s’il en coûte, attendre encore et espérer car l’amitié ne meurt jamais et, dans l’éternité, survit encore. 

L’hymne à l’amitié de Jules Romains (extrait de Les copains) est célèbre.

On ne sait pas ce que c’est que l’amitié.
On n’a dit que des sottises là-dessus. Quand je suis seul, je n’atteins jamais à la certitude où je suis maintenant. Je crains la mort. Tout mon courage contre le monde n’aboutit qu’à un défi.

Mais, en ce moment je suis tranquille.
Nous deux, comme nous sommes là, avec ce soleil, avec cette âme, voilà qui justifie tout, qui me console de tout.
N’y aurait-il que cela dans ma vie, que je ne la jugerais ni sans but, ni même périssable… »

(extrait de Les copains).

( 24 août, 2016 )

Gaude en robe jaune

Elégante certes, la demoiselle que je côtoie plusieurs fois par jour atteint bien son mètre cinquante.

Tout de vert vêtue, la mignonnette a choisi de s’établir contre le paravent extérieur en bois, le long de l’escalier qui monte au champ, sans demander permission.

La gaude ou reseda luteola pousse là où elle le veut et réapparaît chaque année à des endroits différents.

La gaude ou reseda luteola pousse là où elle le veut et réapparaît chaque année à des endroits différents.

Et la coquine dont la taille s’est vite alourdie au fil des jours, se trouvant bien logée à cet endroit, m’a obligée à prolonger l’une des marches pour continuer notre chemin sans trop l’importuner.

La belle, dont les aïeules venues du bassin méditerranéen étaient fort connues autrefois, a perdu sa renommée et se fait désormais rare.

On la nomme gaude, parfois herbe à jaunir. Son nom latin : reseda luteola (de luteum=jaune).

Oui, vous l’aurez deviné, il s’agit d’une plante tinctoriale. Et non des moindres puisque considérée comme la meilleure des teintures jaunes naturelles grâce à son principe actif, la lutéoline.

Une autre grande qualité de la plante : toute sa partie aérienne est tinctoriale. Pas de difficultés à emplir le panier !

Petit détail historique :  également nommée « herbe des juifs » car c’est l’une des plantes utilisée, du XIIIe au XVIIIe siècle, par les juifs du Comtat Venaissin, du côté d’Avignon,  (qui était alors un domaine pontifical) pour teindre en jaune les chapeaux qu’ils étaient obligés de porter comme signe distinctif.

Il est temps de la couper, presque à regret, pour l’utiliser. Je lui laisserai quelques belles tiges qui assureront sa progéniture.

Il me reste à trancher fines les tiges et les plonger dans l’eau de pluie mise à ébullition.

Coupée en tronçons, elle a bouilli une heure dans l'eau.

Coupée en tronçons, elle a bouilli une heure dans l’eau.

Laisser cuire un quart d’heure pour obtenir le jus de cuisson dans lequel je plongerai, demain,  une fois ce bain de teinture refroidi, la laine mordancée (bouillie une heure avec un peu d’alun pour que les fibres animales puissent accepter la teinture).

Enlever la plante bouillie pour ne conserver que le jus de teinture. Certains remettent, avec la laine et le bouillon, la plante dans un bas de nylon pour encore plus de couleur.

Enlever la plante bouillie pour ne conserver que le jus de teinture. Certains remettent, avec la laine et le bouillon, la plante dans un bas de nylon pour encore plus de couleur.

Encore une heure à 90 ° et miracle de la gaude !

Ca y est. après trois opérations d'une heure chacune, en trois jours, la laine est teinet. Il faut la laisser refroidir dans son jus pour ne pas créer de chocs de température, ce qui la feutrerait.

Ca y est. après trois opérations d’une heure chacune, en trois jours, la laine est teinte. Il faut la laisser refroidir dans son jus pour ne pas créer de chocs de température, ce qui la feutrerait.

Un superbe jaune, teinte très solide à l’eau, la lumière et au temps !

Il reste à la carder puis la filer au rouet. Je m'y mets aussitôt.

Il reste à la carder puis la filer au rouet. Je m’y mets aussitôt.

Merci, mademoiselle Gaude !

 

( 23 août, 2016 )

Qui dois-je inviter à ma table aujourd’hui ? Eros, Philia, Storgê ou Agapé ?

Si, aujourd’hui, j’invitais un hôte à ma table, lequel des quatre amis choisirais-je ? Eros, Philia, Storgê ou Agapé ?

Mais si, bien sûr, vous aussi vous les connaissez et les avez déjà abordés, peut-être au moins une fois dans votre vie !

Le plus fou, sensuel, passionné et turbulent, c’est Eros alias Cupidon. Vous vous souvenez de la flèche plantée au beau milieu du cœur, c’est lui. Jamais satisfait. Toujours à la recherche d’aventures nouvelles.

Photo Encyclopédie de l'Agora

Photo Encyclopédie de l’Agora

Non, pas lui, qu’il aille voir ailleurs, plus jeune et aguichante fille ! J’ai passé l’âge des galipettes et des sauts de lit.

Quant à Agapè, le plus sage,  très réfléchi, il a beaucoup à donner.  Généreux, extraverti, se souciant de notre sort à long terme, Agapé est le réconfort de l’esprit. Et j’en ai bien besoin.

Storgê, le plus fidèle, a toujours veillé sur mes enfants. Nous sommes très proches et  l’amour filial qui nous unit est indéfectible.

Inutile de vous dire que Philia, c’est ma copine, en amitié de toujours. Oui, elle, c’est une fille. Et j’en ai, de bonnes copines ! Mi et Mo, Paulette….. Je vous en ai déjà parlé!  Si Philius était libre, se joindrait-il à nous ? 

Je m’en vais ajouter une rallonge à la table et, congédiant poliment Eros, je passerai la soirée en compagnie  de mes trois amis grecs Philia, Storgê et Agapé, prenant la précaution de poser un couvert de plus, on ne sait jamais !

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Une table digne de celle d’une reine ! Une occasion unique dans cette vie bassement matérialiste et consumériste. La panacée, l’Eden !

Ne vous inquiétez pas ! Essayez de les appeler au numéro ci-joint. Je sais que leur carnet d’invitations est bien chargé. Cependant qui n’ose rien n’a rien ! Vous connaissez le dicton !

A bon entendeur salut !

En cadeau, ce texte indémodable  de Platon.

« -Que penses-tu de ce garçon, Socrate ? me demanda-t-il. N’a-t-il pas une belle figure ?
-Une figure merveilleuse, répondis-je.
-Eh bien, reprit-il, s’il consentait à se dévêtir, tu ne ferais plus attention à sa figure, tant ses formes sont parfaites.”
Et comme les autres confirmaient les éloges de Khairéphon :
-“Par Héraclès, m’écriai-je, comment résister à un pareil homme, s’il possède encore une seule petite chose ?
-Laquelle ? demanda Critias.
-S’il est bien doué du côté de l’âme, et l’on doit s’y attendre, Critias, puisqu’il est de votre maison.
-Il est, dit-il, également beau et bon de ce côté-là.
-En ce cas, dis-je, pourquoi ne déshabillerions-nous pas son âme pour la regarder, avant de contempler la beauté de son corps ? À l’âge où il est, il doit déjà être disposé à discuter.”
Platon Charmide. 154d.

 

( 19 août, 2016 )

Auguste Péronne, petit commis de ferme

Plaisir, ce 9 juillet, de retrouver, ou plus exactement de trouver,(car je n’étais pas encore née), 70 ans après, un p’tit gars qui a vécu chez mes parents.

Auguste Peronne et son épouse

Auguste Peronne et son épouse

Devenu un vieux monsieur charmant de 86  ans, très alerte, encore tout jeune dans sa tête et ses souvenirs, venu effectuer un séjour au pays de sa jeunesse laborieuse et suivre deux étapes du Tour de France en direct.

Né en 1930, à Moyon, Auguste Péronne a grandi près de Madeleine, sa mère alcoolique et de Joseph (dont il évoque le boîtement) que sa mère avait épousée lorsque l’enfant était âgé de huit ans. Reconnu par ce nouveau père qui n’hésitait pas à lui infliger de mauvais traitements. Plusieurs autres enfants sont nés de ce mariage. « Il y avait vingt ans d’écart avec ma plus jeune sœur Micheline qui a vu le jour en 1950. J’ai été le seul à aller à la DASS en 1942, j’avais douze ans. On était logés à l’hôpital et on allait à l’école près de la cathédrale (de Coutances) »

Bien plus tard, Auguste a retrouvé sa mère qui regrettait avoir agi ainsi. « Je les ai même assistés tous les deux jusqu’au bout ! »

Le  p’tit gars de l’Assistance Publique est arrivé à la ferme de la Platoisière en 1945, à l’âge où les jeunes d’aujourd’hui, rivés sur leur console de jeux, désœuvrés ou simplement attentifs à leurs études, sont loin de penser au dur labeur de commis de ferme.

Quatorze ans, c’est bien jeune et encore…. « Quand je suis arrivé chez Louis et Denise, vos parents, j’avais déjà fait une ferme à Gavray ! Moqué et maltraité par les enfants des patrons, mal nourri, c’était la galère pour un gamin de 13 ans ! J’en garde un mauvais souvenir ! L’autre petit commis, c’était Robert Lebreuilly qui deviendrait scieur de bois au Loreur. » 

Marie, la mère du marié, veuve

Marie, la mère de mon père Louis

Quand Auguste a été placé à la Platoisière, la ferme de mes parents, en 1945, ceux -ci n’étaient pas encore mariés. C’était donc à Marie, ma grand-mère, veuve et à son fils Louis, mon père qu’il devait obéir.

Autoritaire mais très droite et juste, Marie ne tolérait pas qu’on discutât ses ordres. « Un jour que son fils Louis avait pris la décision de vider l’étable à veaux alors qu’un autre travail, peut-être plus urgent attendait, j’ai entendu la mère dire au fils : « Quand tu seras chez toi, tu commanderas ! »

 

Papa et maman en 1991. Ils avaient mon âge aujourd'hui et je les croyais éternels. On est si peu de chose !!!

Papa et maman en 1991. C’est vrai : papa n’était pas toujours très commode !

Louis a retenu la leçon et fait ce qui était tracé par sa maman.

Il est vrai qu’à cette époque, les enfants avaient du respect pour leurs aînés. De plus le vouvoiement était de mise, mettant déjà une certaine distance entre mère et fils.

Le 3 octobre 1946, papa Louis et maman Denise se sont mariés, ont pris possession de la ferme et Auguste est resté, encore dix-huit mois.

Au matin de la noce, maman évoquait volontiers, elle aussi, ce souvenir, geste qui l’avait touchée. 

Auguste Perrone, le jeune commis de la ferme, tout juste quinze ans, p’tit gars de l’Assistance Publique, offrit un bouquet à notre mariée, tout émue (voir dans le texte « Ce fut un beau mariage »).

Papa et maman en 1946

Papa et maman en 1946

Sans que j’en parle lors de notre rencontre au Chemin du Manoir, chez Thérèse et François Leverrand, accueilli, avec son épouse en chambre d’hôtes, l’ancien commis a évoqué cet épisode du bouquet, précisant qu’Alphonse, le journalier lui avait lancé en boutade : « Va cueillir des fleurs pour offrir à la mariée ! » Ce qu’il avait fait, pour la plus grande joie de maman.

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Auguste est le 2e à partir de la gauche au 1er rang, juste à côté d’Alphonse, le grand commis, beaucoup plus âgé.

Le salaire d’un p’tit commis de l’époque ?

Assez maigre certes, le petit pécule était versé à l’Assistance Publique qui lui en accordait une partie pour son argent de poche et l’achat de vêtements.

« On allait ramasser des escargots pour les vendre chez un charcutier à Bréhal le dimanche. Y en avait cent au kilo. Un jour, on a eu des concurrents, des camelots. On leur a signifié que c’était notre chasse gardée et ils sont partis ! »

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Les choses se sont ensuite gâtées entre le petit commis et son patron, Louis, mon père. Auguste n’osait évoquer ces épisodes, pensant me faire de la peine. Mais je savais papa dur au travail et pas toujours tendre, encore moins avec les ouvriers, lui qui, orphelin de père à 9 ans, avait dû trop vite prendre de la hardiesse et du commandement pour diriger la ferme avec Marie, sa mère.

Je l’ai donc encouragé à me dire la vérité qui suit.

Un jour, c’était en hiver, que le patron accusait Auguste de n’avoir pas donné assez de nourriture aux vaches, le jeune homme, sûr d’avoir respecté la ration à fournir, avait encaissé le coup de pied au cul en se disant que, la fois suivante, il se vengerait. bâtiments ferme

 

Deux ou trois mois après, Auguste, rentrant des travaux dans les champs avec la jument et l’émousseuse (engin destiné à aplanir le sol), fut interpelé par mon père.

- »Regarde, la jument a une blessure à la patte ! Comment t’es-tu débrouillé, maladroit, imbécile, propre à rien… ? »

Auquel la réponse fut :

- »C’est pas moi, j’ai rien fait ! »

La vengeance était accomplie, Auguste accusé à tort la 1ère fois prenait sa revanche en niant la faute involontaire qu’il avait commise en laissant un cordage traîner, ce qui avait légèrement irrité la peau de l’animal. Comme prévu, le second coup de pied du patron vers l’arrière-train du commis suivit. Sans mot dire, notre jeune de l’Assistance publique rejoignit au pas de course sa bien modeste chambrette jouxtant l’étable aux vaches, fit sa valise et prit la poudre d’escampette. Rejoignant le bureau de l’Assistance, le petit commis fut écouté et défendu : « C’était au premier coup de pied qu’il fallait partir ! », lui conseilla-t-on.

Auguste se souvient être revenu à la ferme dans les années 1980, pour saluer mes parents. Un repas partagé en toute convivialité fit oublier les rancunes trentenaires.

Après la ferme chez mes parents, le jeune commis se loua dans un autre domaine, du côté de Carentan. Deux tables différentes pour les repas, celle des patrons et l’autre, plus modeste, des serviteurs.

« Une fois la patronne devenue veuve, elle offrait le drôle de tableau de manger seule à sa grande table ! »

Après 18 mois de régiment, Auguste a choisi quelques fermes dans le Calvados.

Puis trente-deux années ont vu notre commis travailler sur des chantiers de couverture d’étanchéité et obtenir le poste de chef de chantier.

« Et dire que pendant que je bossais sur les chantiers, ma femme peu sérieuse se tapait des gars. J’ai alors divorcé ! »

Les boîtes de couverture ont fermé les unes après les autres. Auguste a travaillé sept ans chez Citroën à Caen. Licencié économique à 55 ans, avec un maigre salaire. Trois mois en préretraite à chercher du boulot. 

Convoqué à l’ANPE, il a eu la bonne surprise de s’entendre dire : « Monsieur Peronne, vous avez assez travaillé ! »

Ouf ! Sa vie de retraité pouvait enfin commencer, près d’Annick, sa troisième épouse ! Et des enfants, Jean-Marc, le fils aîné plombier, Yolande, la fille chauffeur de bus, Nelly, handicapée née à cinq mois et demi, qui ne pesait que 940 grammes, « moins qu’un kilo de sucre », ajoute Auguste. Et Philippe, le petit dernier, chauffeur de poids lourd.

Merci à vous, Auguste d’avoir bien voulu raconter tous ces souvenirs, parfois fort douloureux, d’une jeunesse à la dure. 

Merci à tous les deux.

Et longue vie ensemble !  Eté 2016     Nelly Duval

Auguste Peronne et son épouse

Auguste Peronne, son épouse Annick et leur petit chien.

 

 

 

 

( 12 août, 2016 )

Juliette et Babeth

Elles sont arrivées le 13 juillet, non cocardées pour la fête nationale du lendemain bien que venant de briser les grillages de leur enclos-prison d’élevage pour une longue vie de liberté et d’insouciance à la Mauvillère.

Deux jeunes élégantes ont donc rejoint notre seule et unique poule, veuve de sa sœur depuis quelques semaines.

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Babeth, la Sussex, au plumage bien fourni blanc herminé noir dont les lointains ancêtres non gaulois vivaient en Angleterre, dans le comté du même nom, au sud de Londres. Un pays encore dirigé par une certaine Elizabeth ou Elibabeth.

 

Quant à Juliette, la jolie bipattue gris ardoise, elle a bien failli ne jamais porter de prénom.cocot 5

Une fois choisie parmi les dizaines de poulettes et capturée dans un filet genre épuisette, à la ferme cueillette de fraises et élevage de gallinacées sise au Mesnil-Rogues, la poulette a été indélicatement saisie par les ailes. La demoiselle grise légèrement incommodée par cette posture peu confortable, au sortir du poulailler grillagé s’est débattue et a pris la poudre d’escampette. La maladroite qui avait pourtant repéré les allées et venues nerveuses de l’énorme cerbère à l’extérieur de l’enclos aurait dû s’envoler !!! Oubliant que le maître avait récemment sectionné quelques extrémités de plumes à son aile droite pour que la gallinacée reste pattes à terre.

Aussitôt libre aussitôt poursuivie par le gros chienchien de la maison, un nommé Jules, qui l’a vite eue à la course et saisie entre ses crocs ! 

Voilà notre propriétaire de poules courant après son chien, le quatrepattu champion de marathon galopant, loin devant, à peine alourdi par sa proie emplumée. Un grand champ à traverser au pas de course et nous en compagnie des quatre petits-enfants, assistant, impuissants à la terrible scène, anticipant déjà sur la fin proche de notre future hôte.

Eh bien non, cinq minutes plus tard, homme, chien et poule sont revenus, la cocotte, tel un bâton de relais au 4x400m à pied, ayant changé de camp, indemne, la crête soudain devenue jaune de peur.

« On va l’appeler Juliette« , ont alors proposé Timo, Nolan, Laly et Baptiste, les vacanciers, soulagés, décidés à rompre l’atmosphère morose, en souvenir de cette course poursuite à l’heureux dénouement.

Emballées dans un carton, Juliette et Babeth ont gagné leur nouveau logis, avec quarantaine d’une demi-journée et d’une nuit au poulailler, pour s’imprégner du lieu.

Les demoiselles n’ont hélas, un mois plus tard, pas encore bénéficié de l’amitié de Madame Veuve  qui, chaque fois qu’elle le peut, en profite pour faire sa loi de ségrégation : les jeunes d’un côté et à moi, la doyenne, le commandement.  Ce que nos petites nouvelles n’apprécient guère, ayant déjà laissé quelques plumes dans la bagarre.

 

Avec Kiwi et Freckles, mouton et brebis, le temps est au beau fixe, les deux ovins acceptant volontiers, chaque matin, de partager leur petit-déjeuner de granulés avec les nouvelles copines à plumes.

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Pendant que la douairière solitaire boude, nos jolies, trouvant le nid fort à leur aise, y déposent gentiment, chaque jour, leur coco. Babeth nous gâtant même, pour ses premières pontes, d’œufs à double jaune.

 

Et tant pis pour la râleuse, foi de Juliette et Babeth ! 

Si les photos apparaissent floues, cliquer dessus pour les obtenir bien nettes.

( 5 août, 2016 )

Ami(e)s lecteurs et lectrices

Non, je ne vous ai pas oublié(e)s.

Oserai-je vous dire que je vous trompe en cachette avec …. un hebdomadaire nommé Manche Libre ! Du temps où j’avais le loisir de vous raconter des histoires, je n’étais maman que de cinq communes. Me voici maintenant la nounou des onze communes de l’ancien canton de Cerisy-la-Salle, ma collègue ayant pris deux mois de vacances.

Vous voulez connaître leurs noms ?

Belval, Cametours, Cerisy-la-Salle, Guéhébert, Montpinchon, Notre-Dame-de-Cenilly, Ouville, Roncey, Saint-Denis-le-Vêtu, Saint-Martin-de-Cenilly et Savigny

A l’image de mes petits-enfants, chiens, brebis, poules et poissons que je ne dorlote pas qu’à moitié, là où le devoir m’appelle, je cours.

Bien que non religieuse mais appréciant l’histoire locale et la magie sacrée des églises de notre canton, j’ajoute chaque semaine à mes écritures un mini dossier consacré à l’une d’elles. Dont je commence à  voir le bout car, jeudi prochain, ce sera le n° 9 sur les 11 avec l’aventure cametouraise.

A court de bon bouquin ou de magazine ? Eh bien je vous livre le contenu des derniers sortis. Un clic dessus l’article et vous aurez la lecture aisée.

Avec, en primeur, celui de Cametours que je viens d’envoyer à la relecture ce matin et qui ne sortira dans la Manche libre que la semaine prochaine.

Une vraie preuve que vous êtes mes lecteurs préférés, n’est-ce pas ?

Bientôt, je vous promets deux autres articles sur lesquels je travaille quand il me reste cinq minutes et que je n’ai pas trop sommeil.

Oui, je pense à vous et vous, vous pensez à moi ? A bientôt en tout cas. Bises.

 

Survol église Montpinchon

survol des églises Savigny

 

 

CametoursSurvol insolite des églises de notre canton Cerisy la salle

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