• Accueil
  • > Archives pour octobre 2016
( 19 octobre, 2016 )

Cela point ne lui haictait …

Non, vous n’avez pas découvert cet entrefilet dans votre quotidien ou hebdomadaire. Ni même entendu la nouvelle à la radio. Ni croisé le visage bouleversé de la jeune fille en question au journal télévisé ou sur facebook. Non, non et non. Et pourtant ça s’est bien passé un jour !

Alors moi, je vais vous relater les faits, me ferai sa porte-parole et décrirai le sort de Marie, Isabelle ou Anne ? Car j’ai oublié son prénom. Peut-être bien Ameline ?

Cela est arrivé il y a quelque temps du côté du château haut dressé sur la colline, à quelques lieues de l’abbaye perdue en lisière de forêt.

L’âge de la jeune fille ? Tout juste quinze ans et déjà amoureuse du garçon  qu’elle épouserait un jour si … les parents ne s’y opposaient pas.

A-t-elle fréquenté le cloître de l'abbaye de Fontevraud, en Anjou, en pleine reconstruction au XVIe siècle ? Photo Wikipédia

A-t-elle fréquenté le cloître de l’abbaye de Fontevraud, en Anjou, en pleine reconstruction au XVIe siècle ? Photo Wikipédia

Or père et mère ne voyant pas d’un bon œil cette future alliance avec un gars de plus basse extraction n’envisagent pas les noces. Une seule solution à cette situation : faire entrer la jeunette au couvent, certes contre sa volonté mais c’est pratique courante.  »De plus, nous gagnerons aisément le paradis si nous offrons notre cadette à Dieu ! »

Ainsi fut fait. Notre Ameline fut, contre son gré et à son grand désespoir, conduite au couvent le plus proche, certes fort réputé pour sa qualité de vie stricte et respectueuse de la loi de saint Benoît.

La pauvrette a-t-elle hanté ces longs couloirs angevins de silence et de froid ? Wikipédia

La pauvrette a-t-elle hanté ces longs couloirs angevins de silence et de froid ? Wikipédia

La jeune nonne eut beau implorer la douce vierge Marie et tous les saints que lui avaient enseigné ses parents et son curé, elle se résolut à attendre la mort, enfermée pour toujours, croyait-elle.

Otage de sa prison de prières et de dévotions, la petite se mourait peu à peu quand, au petit matin du premier jour du mois de mai, elle entendit le galop d’un cheval, eut tout juste la force de jeter un œil à la fenêtre de sa cellule pour apercevoir le garçon qu’elle aimait. Un caillou lancé contre la vitre la brisa tout net, une corde lancée à la jolie et attachée à un pied du lit fit l’affaire pour l’évasion et les bouleversantes retrouvailles.

N’ayant pas eu de récentes nouvelles des deux amis, j’ose espérer qu’ils ont fui la région et gagné un endroit paisible à l’abri des parents barbares, des coutumes stupides et des pratiques religieuses cruelles.

Ai-je oublié de vous dire que cette histoire s’est passée au milieu du XVIe siècle, qu’un poète au nom oublié l’a relatée et qu’en 1576, Jehan Chardavoine l’a jointe dans son recueil pour qu’elle arrive, 440 ans plus tard, jusqu’à nous ? Vous en connaissez d’ailleurs quelques-unes de ces chansons car parmi ces poèmes mis en musique et publiés dans son recueil il y a Mignonne allons voir si la rose de Ronsard, d’autres de Joachim Du Bellay et de Clément Marot.

Page de couverture du recueil de chants, à la base des poèmes dont certains parvenus jusqu'à nous.

Page de couverture du recueil de chants, à la base des poèmes dont certains parvenus jusqu’à nous.

 

Cette histoire que je viens d’évoquer, chanson de la Renaissance, est, cette année, au programme de notre petit chœur de femmes, sous la direction de Frances. Je vous en livre le texte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une jeune fillette
     de noble cœur,
Plaisante et joliette
     de grand’ valeur,
Outre son gré, on l’a rendue nonette,
Cela point ne lui haicte,
   dont vit en grand’ douleur.

Un soir après complie
     seulette estoit,
En grand mélancolie
     se tourmentoit,
Disant ainsi, douce vierge Marie
Abregez moy la vie,
     puis que mourir je doy.

Mon pauvre cœur soupire
     incessamment,
Aussi ma mort désire
    journellement.
Qu’à mes parents ne puis mander n’escrire,
Ma beauté fort empire,
     je vis en grand tourment.

Que ne m’a t’on donnée
     à mon loyal amy,
Qui tant m’a desirée
     aussi ay-je moy luy,
Toute la nuit m’y tiendroit embrassée
Me disant sa pensée,
     et moy la mienne à luy.

A Dieu vous dy mon père,
     ma mère et mes parens,
Qui m’avez voulu faire
     nonnette en ce couvent,
Ou il n’y a point de réjouissance,
Je vis en desplaisance,
     je n’attens que la mort.

La mort est fort cruelle
     à endurer,
Combien qu’il faut par elle
     trestous passer.
Encor’ est plus le grand mal que j’endure,
Et la peine plus dure
     qu’il me faut supporter.

A Dieu vous dy les filles
     de mon pays,
Puis qu’en c’est Abbaye
     me faut mourir,
En attendant de mon Dieu la sentence,
Je vy en espérance
     d’en avoir réconfort.

imagesZ3VQ3SZW

Vous vous apercevrez, si vous avez le courage de lire le texte jusqu’à la fin, que l’histoire se termine mal.

C’est moi qui ai voulu sauver la malheureuse et j’y ai réussi puisque vous m’avez suivie un instant.

Car j’aime à croire en une Force Supérieure qui, lorsque vous pensez que tout est fini, vous offre un coin de ciel bleu, une heureuse issue à une histoire qui aurait pu tourner mal.

Cela vous a-t-il haicté ? Haicté ?

J’ai délicatement ouvert l’un des sept volumes du Littré de Raymond Yxemerry, l’écrivain ami, collection offerte par Paulette, son épouse après le décès de celui-ci. Le dernier des sept à la page 333 et j’ai lu au mot « souhaiter » : sous et l’ancien verbe haitier (ou haicter), rendre joyeux.

Haitier vient de l’ancien historique allemand heizan. 

Hait et haiter sont encore utilisés dans le département de l’Ille-et-Vilaine : « Cela ne me haite  (ou haicte) guère » signifiant cela ne me plaît guère.  

Et si je ne vous ai pas haictés, tant pis !

Non, elle n'a pas été enfermée contre son gré à l'abbaye du Mont-Saint-Michel car réservée aux hommes. Aujourd'hui, six à dix frères et sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem y vivent, libres.

Non, elle n’a pas été enfermée contre son gré à l’abbaye du Mont-Saint-Michel car réservée aux hommes. Aujourd’hui, six à dix frères et sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem y vivent, libres.

L'abbaye du Mont-Saint-Michel construite à partir du Xe siècle et quittée par les moines en 1790.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel construite à partir du Xe siècle et quittée par les moines en 1790.

Au fait, saviez-vous qu’Emile Littré (1801-1881), dont le père était né à Avranches, aimait « cette petite ville perchée sur une espèce de promontoire… Un pays charmant qu’il faut voir quand les pommiers sont en fleurs. Elle (la ville) regarde en face d’elle l’abbaye du Mont-Saint-Michel et sa grève désolée… »  In Préface au livre d’Eugène Noël « Mémoires d’un imbécile ». 

 

 

( 12 octobre, 2016 )

La dame à la jupe rouge au pays de la verte Erin

La verte Erin ?  Mais si, vous connaissez !

Comme on dit la Monaco du Nord pour Granville, le pays des mille lacs (la Finlande), la patrie de Noé (l’Arménie), le pays des cèdres (le Liban), le royaume de Cervantes (l’Espagne) ou la plaine des Jarres (le Laos) ou encore le pays des kiwis (la Nouvelle-Zélande), l’on parle de la verte Erin, nom poétique pour désigner l’Irlande.

Limerick_8

C’est là-bas qu’a filé, ce samedi 24 septembre, la diva de Romi. Eh oui, la belle à la jupe rouge et aux bas résille noirs de jais a filé à l’irlandaise, non par infidélité, pratique courante mais parce qu’elle et lui étaient arrivés au terme de leur aventure. Une rupture nette, certes douloureuse, surtout pour Baptiste, trois ans, qui avait, en ouvrant les yeux à la vie, appris à la fréquenter même si, aux premières rencontres, le petit la trouvait trop bavarde et fort bruyante.

Son nouveau compagnon ? Paul O’Connell. Triple champion  de course de côte d’Irlande. 

OK pour le langage des gestes, universel.

OK pour le langage des gestes, universel.

Le charmant trentenaire habite tout près de Limerick, 50 000 habitants, la troisième ville d’Irlande après Dublin, la capitale et Cork.

Heureuse ou malheureuse de partir en Irlande ?

Heureuse ou malheureuse de partir en Irlande ?

Dans la somptueuse remorque accrochée à l’énorme 4/4, doucement, précautionneusement elle a été poussée.

 

Eh bien voilà, c'est fait !

Eh bien voilà, c’est fait !

Nous assistions tous ou participions à la scène, avec un pincement au cœur mais nous n’osions le dire.

Et moi qui l'aimais bien !

Et moi qui l’aimais bien !

Sauf Baptiste, triste et boudeur, lui aussi muet, resté dans son coin, qui n’aurait pas voulu que…. 

Elle avait eu ses jours de gloire, la belle écarlate ! 

Et ses moments de déception !

Laly la regrette aussi un peu, trop fière de redescendre à son volant, sur les genoux de papa, après un passage en course de côte.

Laly la regrette aussi un peu, trop fière de redescendre à son volant, sur les genoux de papa, après un passage en course de côte.

Banal, comme pour les humains, dans la vie !

Quettreville 2015, le trophée du vainqueur, le summum, la plus belle victoire ! 

Août 2015, la victoire à la course de côte Quettreville-Hérenguerville

Août 2015, la victoire à la course de côte Quettreville-Hérenguerville

Quettreville 2016, un joint de tuyau défaillant et tout s’écroulait ! 

Capricieuse à ses heures, fragile de la carrosserie, merveille d’élégance et de classe, vrombissante ou muette, la fille couleur tomate va continuer son parcours de barquette M20, châssis année 2003, moteur Honda 2 litres, 240cv, 540kg, 6 vitesses séquentielles avec palettes au volant…….. sur les circuits irlandais.

Car elle est bien arrivée à Limerick après 17 heures de traversée, sans mal de mer, juste un peu de mal de la Normandie qui va bien vite passer !

D’ailleurs en voici la preuve : elle, dans sa nouvelle demeure en verte Erin.

Le garage irlandais et la dame rouge à l'intérieur

Le garage irlandais et la dame rouge à l’intérieur

 

 

( 10 octobre, 2016 )

5e et dernier chapitre fête de la pomme

Le chapitre le plus gourmand, celui du régal des papilles, des yeux et de l’odorat. Pour les oreilles, un peu de « Jus de pomme ». Une superbe réussite haute en couleurs.

Vous les voulez crues ou bien en tartes, ces jolies pommes normandes ?

Pardon à ceux et celles dont j’ai oublié de prendre la pomme en photo. Quelqu’un d’autre l’aura peut-être fait pour moi ?

musi O

Concours de tartes

Concours de tartes

Pas moins de 130 variétés de pommes sur les présentoirs ! Une petite folie qui en a impressionné plus d'un !

Pas moins de 130 variétés de pommes sur les présentoirs ! Une petite folie qui en a impressionné plus d’un !

( 10 octobre, 2016 )

Fête de la pomme chapitre 4 suite et presque fin en vrac

Beau choix de gâteaux maison vendus par l'APE.

Beau choix de gâteaux maison vendus par l’APE.

Joël au four, Anne aux chaussons, la petite boulangerie en rêvait depuis fort longtemps !

Joël au four, Anne aux chaussons, la petite boulangerie en rêvait depuis fort longtemps !

Jacques, le magicien sachant gélifier une confiture sans sucre et sans cuisson, à froid.

Jacques, le magicien sachant gélifier une confiture sans sucre et sans cuisson, à froid.

Joli jeu original : pomme recherche sa sosie.

Joli jeu original : pomme recherche sa sosie.

Jules et Hector au jeu d'adresse de la balle qui refuse de regagner son trou.

Jules et Hector au jeu d’adresse de la balle qui refuse de regagner son trou.

Ce manège maison ou atelier, confectionné par trois compères a ravi les enfants malgré quelques petits ennuis de gouvernail.

Ce manège maison ou atelier, confectionné par trois compères a ravi les enfants malgré quelques petits ennuis de gouvernail.

Courageuses galettières à l'œuvre pour le régal des passants

Courageuses galettières à l’œuvre pour le régal des passants

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Cidriculteurs au GAEC des Poumyis, de père en fils.

Cidriculteurs au GAEC des Poumyis, de père en fils.

( 10 octobre, 2016 )

Fête de la pomme chapitres deux et trois Dégustation et sculptures

Intarissable sur ce sujet de noble boisson à base de pommes, Dominique Hutin a passionné l'auditoire des becs fins du cidre doux, brut ou demi sec.

Intarissable sur ce sujet de noble boisson à base de pommes, Dominique Hutin a passionné l’auditoire des becs fins du cidre doux, brut ou demi sec.

 

Légère, cette pomme ? Pas moins de 35 kilos, tombée du pommier de chez Jacky, le tourneur sur bois.

Légère, cette pomme ? Pas moins de 35 kilos, tombée du pommier de chez Jacky, le tourneur sur bois.

Oserai-je avouer  que, préférant la dégustation du thé à celle du cidre, j’ai peu de clichés de ce convivial moment car je me suis éclipsée à la découverte des sculpteurs ?

 

Remarquable adresse pour le sculpteur de fruits et légumes.

Remarquable adresse pour le sculpteur de fruits et légumes.

 

Quand quat' cygnes vont à l'eau....

Quand quat’ cygnes vont à l’eau….

Magnifique stand d'Emmanuelle et de Sébastien

Magnifique stand d’Emmanuelle et de Sébastien

sculpture 4 Osculpture 5 O

Apprentissage de la sculpture sur pierre avec Yannick lesté de son bébé.

Apprentissage de la sculpture sur pierre avec Yannick lesté de son bébé.

 

 

 

 

( 10 octobre, 2016 )

Conjugaison de la pomme à toutes les heures du jour 8 octobre 2016. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.

Le soleil matinal joue à travers les pommiers de Maurice.

Le soleil matinal joue à travers les pommiers de Maurice

 

L'homme à la casquette a donné rendez-vous aux passionnés d'arboriculture. Il est 9h1/2.

L’homme à la casquette a donné rendez-vous aux passionnés d’arboriculture. Il est 9h1/2.

D'un pommier à l'autre, l'on se cultive.

D’un pommier à l’autre, l’on se cultive.

Chapitre un

 

 

 

 

 

 

 

La balade matinale

 

 

 

 

 

 

Richard donne une leçon de taille d'un jeune chêne à Maurice, le propriétaire du champ boisé.

Richard donne une leçon de taille d’un jeune chêne à Maurice, le propriétaire du champ boisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Leçon pour le respect de l'arbre.

Leçon pour le respect de l’arbre.

( 2 octobre, 2016 )

Mon premier amour (suite et fin)

La photo de mon premier amour ? La voici.

Titi 2 O

Je l’avais baptisé Titi, joli nom ensoleillé facile à prononcer pour une toute petite fille. C’est vrai que je l’ai aimé fort. Vous aussi avez souvenance d’un ours, d’un doudou ou d’une poupée qui vous a accompagné  tout au long de votre enfance. Confident, consolateur, souffre-douleurs parfois puis un jour rejeté et envoyé au grenier car son temps était passé. Visitant souvent cette partie haute et mystérieuse, domaine des araignées, souris chauves ou non de la maison familiale, j’y ai, il y a une quinzaine d’années, retrouvé mon Titi qui m’attendait, couché dans le vieux landau sans roues et tout mité.

Titi 3 O

Mon cœur n’a alors fait qu’un bond. Maman voyant cet ours tout déconfit et mal en point l’a, des ses mains fort habiles à la couture, élégamment habillé de bouts de tissu.

Le petit homme de mes rêves d’enfant a quitté son logis et est venu habiter à Saint-Denis-le-Vêtu. Il a rejoint le clan des ours en peluche de Lénaël et Romaric, nos deux fils. Des histoires d’ours abandonnés, s’en sont-ils racontées ? Cet été, je l’ai présenté à Timo et Nolan, Laly et Baptiste, la génération des petits-enfants.

Comme tous les enfants du monde, eux aussi ont eu et possèdent encore leur Meuh-meuh, Quinquin, Doudou et Charlotte.

Et vous, comment s’appelait votre premier petit amoureux, celui qui a bercé votre enfance et que vous avez tant serré contre votre cœur ?

Au fait, je dois vous dire pourquoi je l’ai désormais invité à rejoindre, après soixante et un ans d’infidélité, ma chambre.

Très récemment, je suis allée faire une séance de shiatsu. Nous avons la chance d’avoir, dans notre commune, Marie-Christine, une professeur de cette technique de thérapie manuelle d’origine japonaise, méthode de relaxation et de bien-être, pour une meilleure circulation de l’énergie.

Libération des points noués du corps et de l’esprit, recherche de l’origine de ces nœuds qui remontent bien souvent à une partie cachée  vécue dans l’enfance. « Tu dois réhabiliter ton enfant intérieur », m’a-t-elle dit. « Joue le jeu. Achète-toi une poupée, un ours et concentre-toi en lui racontant tes blessures, tes inquiétudes ». Car, c’est un peu théorique :

« Notre enfant intérieur blessé a un mental qui a son propre fonctionnement et qui est complètement indépendant de celui de l’adulte qui compense. Il ou elle vit dans son propre monde, un monde basé sur les expériences et les souvenirs de ce passé lointain. Il ou elle est encore intensément vivant et influence très fortement le présent. Dans mon cas, pendant la plus grande partie de ma vie, il s’est manifesté inconsciemment, mais très puissamment. Je suis maintenant plus conscient de ce qu’il ressent, de pourquoi il fait ce qu’il fait, et de comment il fonctionne. Explorons le monde de cet enfant blessé.

Au fond de la conscience de l’enfant blessé se trouve la peur – une peur non reconnue, et pas acceptée. La peur elle-même n’est pas le problème. C’est notre manque de conscience et d’acceptation de cette peur qui crée les difficultés. On sabote notre créativité, notre estime de nous-même, et nos relations, parce que, caché dans notre inconscient, se trouve un enfant qui a perdu sa confiance en lui ou en elle, et dans les autres. Un enfant qui a profondément peur et qui a toujours souffert d’être privé d’amour. Cet enfant réagit à partir de cette peur, de cette privation, de ce manque d’amour, par de nombreux comportements différents, et inconscients. L’agitation, la précipitation avec laquelle la plupart d’entre nous mangeons, parlons, agissons et nous maintenons occupés, sont quelques-unes des attitudes que montre l’enfant paniqué. »    

Krishnananda

Titi O

Voilà pourquoi Titi est réapparu dans ma vie pour m’aider à trouver la quiétude. Essais de retrouvailles de ces périodes de la petite enfance, travail sur soi-même… à l’aide de cet ours rembourré de paille ou foin, pratique de fabrication de ces petits êtres dans les années cinquante.  

 

( 2 octobre, 2016 )

Mon premier amour

J’aimerais, en toute discrétion, vous entretenir de l’être exceptionnel dont j’ai été amoureuse pendant six longues années.

Il était brun, de taille moyenne, possédait un regard irrésistible. Ses deux petits yeux pétillants, marron havane cerclés de transparence me faisaient chavirer à chaque rencontre. Et ce nez à la retroussette qui lui donnait un air jovial en permanence !

Toujours élégant dans ses habits faits sur mesure par, c’était l’habitude alors, une couturière locale, il aimait que je lui en hôte le blouson, prenant alors ses aises.

Les cheveux ras, les oreilles au vent, le jeune homme n’aimait guère sortir et préférait rester blotti des heures et des heures, voire la nuit entière, sous les draps, à mes côtés. Toutes mes peines, patiemment il les écoutait, ne hochant point la tête. Je savais cependant qu’il me comprenait, sans mot dire. Et j’étais rassurée. Combien de larmes ai-je épongées sur son pull de laine multicolore ! Mes joies aussi, je lui en faisais connaissance et il les partageait : je le voyais alors sourire !

coeur

Un beau jour, bien à regret, nous avons dû nous séparer. Je le reconnais : c’est moi qui l’ai quitté, volant vers d’autres aventures ! La vie est ainsi faite !

Me croirez-vous si je vous dis que, pendant plus d’un demi-siècle, mon premier amour de tendre jeunesse m’a attendu! Eh oui. Pas d’autre passion pour lui ! Il a vécu caché, sans broncher. Aucune lettre, pas d’appel téléphonique !

Le jeune homme a vieilli en taisant son chagrin, vivant des souvenirs de notre vie à deux, du temps béni de nos amours si nobles et si pures.

Puis est venu le temps du bonheur des retrouvailles, certes sans les mêmes émois mais avec de beaux souvenirs communs !

Nous nous sommes étreints si fort, si fort et avons fait la promesse de ne plus jamais nous quitter, quoiqu’il arrive.

Vous voulez sa photo, voir à qui ressemble cet amoureux fidèle ?

Je m’en vais la lui demander et vous la communiquerai dans un prochain article.

Mais inutile d’en parler à tout le monde ! Restons discrets !  

|