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( 29 novembre, 2016 )

Rhum ! Rhume ! Zut alors ! J’ai attrapé le second !

Rhum, rhume : quatre lettres en commun, le premier guérissant le second ?

J’en doute et ne vais pas essayer le brûlant breuvage du premier pour soulager mon deuxième !

L’un vient de la canne à sucre après fermentation et distillation.

Photo A little market

Photo A little market

 

L’autre ? Au fait, où l’ai-je attrapé, sans le chercher ?

Il est trouvé trace de l’un au XVIIe siècle du côté de la Caraïbe.

Quant au spécimen enrichi de la cinquième lettre de l’alphabet, ses origines remontent à Eve et Adam, si peu vêtus qu’il leur était destiné. Les docteurs es médecine l’ont baptisé rhinite. Ca fait plus propre, davantage maladie.

« -Tiens, ta collègue n’est pas venue au bureau ce matin ?

-Non, vois-tu, la pauvre souffre d’une grosse rhinite aigüe ».

Le rhume, ce n’est pas plaisant mais ça n’empêche pas les jambes et les bras de fonctionner, y compris le cœur et un peu de cervelle.

L’ennui, c’est que personne n’a encore inventé ce mouchoir incorporé à la partie du corps concernée, informatiquement automatisé présentant un quart de surface vierge à chaque écoulement imprévu. Et ce, quatre fois jusqu’à remplissage du carré de papier recyclé ou non.

Non, je ne suis pas la seule à avoir attrapé ce genre de désagrément.

Pensez ! Déjà les anciens Romains le nommaient  »rheuma », bas latin signifiant « flux marin » ou « catahrre ». Avant eux, dans la civilisation grecque, on avait un ou une  ρ ̔ ε υ ̃ μ α (eau qui coule).

Nos amis anglais le nomment « cold ». Au moins ils affichent carrément son origine.

Saviez-vous qu’au XVIe siècle, ce fichu rhume était du sexe féminin ? Encore un de nos travers ! Le roi Soleil s’étant un jour enrhumé l’aurait, paraît-il, revendiqué en tant qu’attribut masculin aussi ? Le masculin l’emportant sur le féminin ……

Photo A little market

Photo A little market

 

D’ici trois jours, si ce maudit intrus n’a pas fichu le camp, je vais m’exclamer comme Sacha Guitry : « J’ai pris mon rhume en grippe ! »

Et si j’essayais le bon grog de rhum pour tuer mon rhume ! Mais du rhum je n’aime pas le goût. A boire le nez bouché ou ruisselant ?

Photo Comptoir-Irlandais

Photo Comptoir-Irlandais

 

 

Pardonnez-moi de vous avoir importunés avec un sujet si banal, vulgaire, quelconque et que je ne vous souhaite pas d’actualité chez vous demain ! A moins que vous l’ayez déjà en votre possession ! Dans ce cas, vous me comprendrez mieux !

A bientôt pour d’autres sujets beaucoup moins humides et coûteux en mouchoirs !

 

 

 

 

 

Merci au blog « Guess Who » sur lequel j’ai trouvé ce joli poème de Fernando Pessoa, le poète portugais (1888-1935)

« J’ai un gros rhume,

Et tout le monde sait comme les gros rhumes

Altèrent le système de l’univers.

Ils nous fâchent avec la vie,

Et nous font éternuer jusqu’à la métaphysique.

J’ai perdu la journée entière à me moucher.

J’ai mal confusément à tout mon crâne.

Triste condition d’un poète mineur !

Aujourd’hui je suis vraiment un poète mineur !

Ce que je fus autrefois ne fut qu’un désir : il s’en est allé.

 

 Adieu à jamais, reine des fées !

 

Tes ailes étaient de soleil, et moi ici-bas je m’en vais doucement.

Je ne me sentirai pas bien tant que je ne me verrai pas au fond de mon lit.

Je ne me suis jamais senti bien autrement que couché dans l’univers.

Excusez un peu … le bon gros rhume bien physique !

J’ai besoin de vérité et d’aspirine.

 

 

( 19 novembre, 2016 )

Vive la chasse aux ……..chasseurs !!

Ce matin, j’ai rencontré, allant et venant le long de notre petite route, un joli et jeune coq faisan, ailé de plumes d’un superbe bleu ardoise. 

Perdu, effrayé, n’osant se diriger à droite ou à gauche, devant, derrière, ne s’envolant même pas après plusieurs dizaines de mètres de course sur l’asphalte. Bref, une pauvre bête tout juste lâchée, la veille, de la volière dans laquelle elle était nourrie et logée. Une chair à canon pour demain, proie tellement facile, moins agitée qu’un pigeon d’argile mais ……pensante, elle !

Faisane le 19 11-2016

Souffrant de faim car la gamelle n’était plus là. De solitude, les amis de basse-cour parachutés plus loin. Effrayé à la vue d’un engin voiture déboulant sur lui et semblant la poursuivre .  

J’ai eu le temps de prendre deux clichés, il était toujours là et s’est enfin réfugié dans le talus. Demain, petit père, le talus sera visité par les chiens, le ciel à la portée des cartouches et la terre dénudée de son maïs aussi.

faisane 2016

Poulet, je te souhaite une mort rapide, ta seule issue face à la débilité de ces chasseurs insensibles au respect de la vie ! !

Et qui se disent amoureux de la nature !!

Des sportifs ?

Pardon, de quel sport s’agit-il ?

J’ai cherché parmi la longue liste des nombreux sports que chacun peut pratiquer et n’ai pas trouvé l’intitulé « tuerie » !!

De droite, de gauche, du centre ou des extrêmes, hommes et femmes politiques, un jour évoquerez-vous les sujets de la protection animale, de la corrida, de la chasse et autres barbaries dont on pourrait se passer pour vivre mieux notre vie de gens soi-disant intelligents ?

( 18 novembre, 2016 )

Jean Marais, le Manchois et ses ancêtres roncyais, une blague ?

Photo

Photo INA

 

La Manche, oui, il connaissait puisque né à Cherbourg le 11 décembre 1913 au 6, rue Groult, fils cadet d’Aline Vassord (1887-1973) et d’Alfred Marais (1882-1959).

Une enfance non rêvable dans une  »grande maison un peu triste », se souvenait-il.

Ses parents ? Maman Aline, alias Henriette Bézon, prénom donné par ses oncle et tante Bézon car les parents de la petite n’avaient pas la fibre familiale ! 

Papa Alfred ? Le vétérinaire envoyé à la Grande Guerre quand Jean avait huit mois. Revenu en 1919, comme un étranger au bercail, vite rejeté par Aline car amant derrière paravent et par le petit car inconnu surgissant de l’ombre.

Photo INA

Photo INA

L’arrivée au monde de Jean ? Bof, une grande déception car Aline attendait une fille pour remplacer Madeleine et combler le chagrin de la perte de sa chère ange, décédée à l’âge d’un an et demi alors que le petit Jean était déjà dans le ventre de sa maman ! 

Maman tellement déçue qu’elle habillera son Jeannot avec des tenues de fille ! Peut-être l’origine de l’homosexualité du comédien ?

1919 ? Jean a six ans et quitte La Manche pour Paris avec sa maman et Henri, le frère aîné, dix ans.

Sans papa ou « supposé papa » comme disent les mauvaises langues car maman avait le rapport facile ! 

Le comédien reviendra au chevet du père mourant en 1959 et pour son enterrement.

Photo Télérama

Photo Télérama

Dernière apparition manchoise du bel acteur en 1974 pour jouer la pièce « Le Bossu » au Théâtre municipal de Cherbourg, après un rôle dans le film « Les Chouans » en 1947, dans la Baie du Mont-Saint-Michel. De quel côté du Couesnon, le normand ou le breton ?

Là s’arrête l’épisode manchois de l’acteur qui évoquera, dans son livre de Mémoires, le bon souvenir des séances de cinéma cherbourgeoises où l’emmenait sa maman et de cette actrice Pearl White (1889-1938) dans « Les mystères de New-York » (1914). « Moi aussi, je serai acteur », aurait-il déclaré du haut de ses cinq printemps, admiratif de la beauté missourienne si sensuelle. Pearl White Pinterest

« Et Roncey ? » me direz-vous.

Photo INA

Photo INA

Du sang de Normand, Jean Marais en avait dans ses veines puisque ses ancêtres manchois, du côté de papa, ont vécu à Percy. Pierre et Thomas son fils, laboureurs dans ladite commune.

Puis Gilles, Thomas et René, trois générations succédant aux deux premières, elles établies à Roncey de 1709 à 1858, tous cultivateurs et marchands de fer (de ferraille). 

Emmanuel et Hyppolite, les suivants, seront pharmaciens et auront quitté Roncey pour Saint-Vast-La-Hougue.

Hyppolite, c’était le père d’Alfred et la boucle est bouclée.

Neuf générations de Manchois et le dernier, c’est Jean, décédé en janvier 1998. Un souvenir de ce magnifique acteur à Cherbourg ? Une rue d’abord baptisée Courtignon (entrepreneur de travaux publics) puis rue Victor-Hugo, enfin rue Jean-Marais à partir de l’an 2000.

Si jamais vous arpentez, un jour, cette rue cherbourgeoise, peut-être y apercevrez-vous, à la nuit tombée, le fantôme de l’un des plus beaux jeunes premiers du cinéma français ! A moins que vous ayiez choisi de vous emparer de l’un des bustes sur sa tombe à Vallauris et qu’il avait lui-même sculpté, juste pour avoir un souvenir de lui dans votre jardin !

N’omettez pas de lire ce commentaire de ma copine Mo et d’Yves, son mari qui ont souvent rencontré Jean Marais.

Je le reprends ici : « …Oui bel acteur. Il habitait à Marnes la Coquette près de chez nous. Yves avait fait des dépannages (électricité, plomberie…) à son domicile et on le rencontrait souvent au marché. Un homme très discret et très abordable. Après, il a vendu sa maison dans les années 90. Il avait beaucoup d affinités avec Jean Cocteau. Merci, Nellie, ça nous rappelle de bons souvenirs ».

Ce n'est pas une blague ! "L'un des bustes du film "La belle et la bête", créés par l'acteur français, a été volé au cimetière de Vallauris dans la nuit d'un  jeudi à vendredi de janvier 2016 . Cette pièce est estimée à 4000 euros. Photo you tube

Ce n’est pas une blague ! « L’un des bustes du film « La belle et la bête », créés par l’acteur français, a été volé au cimetière de Vallauris dans la nuit d’un jeudi à vendredi de janvier 2016 . Cette pièce est estimée à 4000 euros. Photo you tube

 

  

 

 

( 16 novembre, 2016 )

Splendeur et désillusion automnales

 

féérie O

 

 

 

 

 

 

 

A l’automne de sa vie, la feuille est féérie.

A l’automne de la mienne, tout me paraît bien gris.

L’amour s’en est allé vers d’autres horizons,

Oubliant ses promesses, volage Cupidon.

féérie 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’air pur du matin, la feuille tourbillonne,

Danse, voltige puis au vent léger s’abandonne.

Dans la fraîcheur de l’aube, mes pas sont hésitants.

Echine courbée, je titube et m’en vais défaillant.

arbre féé O

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’aimerais tant connaître, avant l’envol astral,

Un peu de la splendeur des feuilles automnales,

Une saison de douceur au parfum de sous-bois,

La noble pureté d’un sourire d’autrefois.

 

 

( 7 novembre, 2016 )

Des châtaignes pour Freckles

 

Freckles, quel drôle de nom pour une brebis ! A vrai dire, un mot british qui signifie « taches de rousseur ».  Des taches plus ou moins foncées sur ses quatre pattes, les oreilles et sur le corps, bien visibles lorsqu’à la fin du printemps, son manteau de laine vient de lui être ôté.

"Dis, maman, mon cageot est vide !"

« Dis, maman, mon cageot est vide ! »

 

Je vous ai déjà parlé d’elle et de ses maîtres britanniques qui nous l’ont confiée à la fin du printemps 2015, avec sa sœur Ma.

Une escapade en Suisse pour la communion de Nolan, notre petit-fils, n’avait été possible que si nous trouvions quelqu’un pour garder la vingtaine d’amis pattus, canins, laineux ou emplumés, y compris la douzaine de poissons au bassin.

J'ai beau attendre ma copine. Elle fait chambre à part !

J’ai beau attendre ma copine. Elle fait chambre à part !

 

Un séjour que nos amis animaux n’ont pas oublié car la dame était charmante, à leurs petits soins, ayant l’habitude de ce genre de service.

A notre retour, ayant trouvé l’endroit idéal pour une retraite paisible des deux dernières brebis vieillissantes de leur élevage, le couple nous a proposé de les amener ici, pour un séjour de deux mois et demi, monsieur partant en Afrique car retraité travaillant encore cependant pour des missions du Foreign Office. Quant à madame, elle s’envolait pour l’Australie, chez sa fille. Pour l’amour des animaux, j’ai illico presto dit « yes, of course ! ».

 

Et le 6 mai 2014, les deux charmantes et douces lainées sont arrivées. Descente de la vachère un peu difficile car toutes deux souffrant d’un début d’arthrose.

Choyées, elles ont continué leur paisible vie d’ovines dans l’enclos et le vaste champ de 2 hectares et demi ainsi que dans la bergerie, en compagnie de Kiwi Boy et de Fifi Rebita, sa sœur.

Et comme leurs maîtres n’ont jamais daigné reparaître, nous avons volontiers gardé les deux ovines qui ne nous ont guère causé de soucis.

Sauf quand il faut rejoindre l’autre monde….

 C’est Fifi qui, en octobre 2014, a cessé de vivre. Il nous restait Kiwi + les deux Anglaises.  Et l’hécatombe a continué avec, le 25 février de cette année 2016, la disparition de Ma la douce British.

"L'ennui, c'est pour plier ces maudites pattes  qui ne m'obéissent plus !"

« L’ennui, c’est pour plier ces maudites pattes qui ne m’obéissent plus ! »

Depuis trois mois, je nourris la gentille Freckles trois à quatre fois par jour. La nature étant généreuse, je lui offre herbe tendre coupée au ciseau, tranches de pain frais ou rassis dont elle se régale. L’automne venu, Freckles a sa bolée de châtaignes, son saladier de pommes tranchées.

Ses préférées ? Les nashi nashi, ces pommes poires de peu de goût mais tellement juteuses dont elle se gave depuis la mi août, tellement le pommier est généreux.

 

"Je vais me régaler un peu et oublier momentanément mes douleurs !"

« Je vais me régaler un peu et oublier momentanément mes douleurs ! »

 

Le foin ? Non, elle a mieux donc pas question d’y goûter. Les granulés de céréales ? Elle adore, les croquant prestement et en redemandant.

"Le menu ne varie guère mais j'apprécie !"

« Le menu ne varie guère mais j’apprécie ! »

Sa demeure quasi permanente ? Non point la bergerie mais une place bien à l’abri entre la serre et le mur du poulailler, à l’air libre, juste couverte d’une bâche lui évitant les rayons du soleil et la pluie. Si nous la déplaçons vers l’étable pour une nuit quand le temps est à l’eau, elle retourne vers son endroit choisi. Je sais qu’elle guette ma venue et m’avertit par un bêlement sourd. Je sais aussi que sa fin est proche. Le jour où ses pattes ne la porteront plus du tout, il faudra agir.

Un déchirement ! Car ôter la vie à ma douce Freckles au regard tendre et aimant de gentil animal va être un drame. 

Un drame à chaque fois que nous devons alléger les souffrances de nos amis animaux. Leur regard innocent, leur confiance inconditionnelle en nous…, il faut savoir les quitter, ultime preuve d’amour et de respect de notre part face à leur souffrance…

Il faut aussi aimer les animaux pour comprendre cela !

Homère aurait dit : « Le sommeil et la mort sont deux frères jumeaux ».

Car au-delà des ajoncs, de l'ombre et de la mort, il y a peut-être la lumière naissante d'un soleil infini, tels ces rayons, ce matin, passant outre les piquants acérés, sur le talus.

Car au-delà des ajoncs, de l’ombre et de la mort, il y a peut-être la lumière naissante d’un soleil infini, tels ces rayons, ce matin, passant outre les piquants acérés, sur le talus.

Puisse-t-elle bientôt reposer en paix, sans souci de ses quatre pauvres pattes usées, au royaume des vertes prairies, des vergers de pommiers nashi-nashi, des talus de châtaigniers toujours en fruits et des généreux distributeurs automatiques de granulés pour brebis, avec tous les ovins qu’elle a côtoyés et nous, les humains qu’elle a aimés, à sa manière de gentille petite brebis.

Aujourd’hui 8 novembre, j’ai pris la grave et terrible décision de laisser partir Freckles pour un monde meilleur.

Coup de fil au vétérinaire, la voix tremblante. Dernier copieux repas pour ma douce, beaucoup de caresses sur sa tiède tête. Elle ne s’est pas levée de toute la nuit, ses pattes refusant de la porter. Attente interminable de l’homme à la piqûre de soulagement. Enfin, il arrive et la laisse gentiment manger son dernier bol de granulés. Je lui tiens doucement sa tête penchée, il faut trouver la veine. Encore quelques mots et caresses les plus aimants, bienveillants et affectueux possible, les yeux embués de larmes. C’est la fin, la tête s’alourdit au creux de mes mains, les yeux ne cillent plus. Ultime réconfort : Freckles n’a pas souffert pour mourir.

Adieu, ma bien douce et jolie vieille brebis !

Je sais que tu as rejoint ton paradis, tout près de Ma, ta sœur, de tous tes petits dont on te séparait au printemps de chaque année, pour la bouffe de ceux qui aiment la chair animale. Repose en paix dans le champ encore verdoyant et attends-moi ! Un jour, je te retrouverai.

 

«Il y a toujours pour moi cet aspect bouleversant de l’animal qui ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. Il y a cette immense liberté de l’animal, vivant sans plus, sa réalité d’être… C’est pourquoi la souffrance des animaux me touche à ce point.»

Marguerite Yourcenar in « Les Yeux ouverts » 1980  Editions Le Centurion

 

 

  

 

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