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( 30 décembre, 2016 )

A nouvelle année, compagnon neuf !

imagesGNJPJM2GC’est vrai qu’il n’était plus au top, ce casse-pieds m’empêchant de voir la vie en rose,  ce fâcheux me freinant lorsque, sur le trottoir d’en face j’aurais pu franchir l’asphalte pour saluer une connaissance, cet enquiquineur me privant d’appuyer sur les pédales quand il s’agissait de doubler une voiture tortue, ce malavisé brouillant volontairement ma vision d’un bon film, ce contrariant allant jusqu’à m’interdire la reconnaissance des oiseaux en bord de mer.

Ras le bol de ce compagnon gênant, à traîner coûte que coûte, au long des mois et des jours. Il fallait agir vite.

J’ai donc pris la décision, dès les premiers jours de la nouvelle année 2017, d’appréhender la vie d’un œil nouveau.

Et c’est chose faite depuis la matinée du jeudi 29 décembre.

J’ai un nouveau compagnon. Je n’en ferai pas étalage à la une de tous les quotidiens ou même hebdomadaire pour lequel je travaille. Soyons assez discrets. Mais puis c’est pratique courante aujourd’hui, ne nous en privons pas !

Je vous confierai cependant que la toute première entrevue a viré au rouge, lui surpris d’entrer en terre inconnue et moi l’accueillant, sur mes gardes. Quelques charmeurs battements de mes cils l’ont vite mis en confiance.imagesGNJPJM2G

Je prends soin, depuis notre rencontre, de lui servir de savants cocktails avant chaque repas et lui, apprécie fort, qui les déguste goutte à goutte.

Nous partons pour une période d’essai d’un mois. Ensuite nous verrons les résultats de notre entente.

Désolée. Pas pu prendre de photos de mon nouvel ami car légèrement assoupie lors de son arrivée.

Je nous souhaite, et vous de même n’est-ce pas ? une longue vie heureuse, avec vue nette de la planète et reconnaissance, de loin et de près, des êtres que nous aimons.

Pour les autres, fermons les deux yeux et passons notre chemin ! 

Si, un jour, le même souci se présente à vous, n’hésitez pas ! Changez de compagnon. 

Gros avantage : son séjour chez moi ne coûte presque rien car remboursé par la sécurité sociale. imagesGNJPJM2G

NB : j’ai omis, suis-je sotte ! de le nommer, ce nouveau compagnon. Par discrétion, je dirai Leicifitra Nillatsirc.

Si vous piaffez d’impatience de savoir comment il s’appelle, jouez avec les lettres et peut-être trouverez-vous !  

Une dernière chose : non je n’ai pas fait appel à un site de rencontres en vogue pour le dénicher.

J’ai sollicité un affable, excellent et habile connaisseur en rencontres de ce genre. Si affublés du même souci, vous pouvez le contacter. Il s’appelle Ruetcod Tnemélc. Jusqu’à la fermeture définitive de mes deux yeux, je lui en serai reconnaissante.

Joyeuse nouvelle année à tous.

Un premier clin de l’œil gauche et… à bientôt 

 

 

( 25 décembre, 2016 )

Veille de Noël chez les aigrettes, les oies bernaches et les gravelots

Ce fut une veille de Noël toute simple, tranquille et humble. Pas de quoi en faire un plat, alors, me direz-vous !

Pas d’invités à convier, les enfants suisses là-bas au loin et les Bricquais dans la famille maternelle.

Qu’à cela ne tienne !

Donc pas de préparatifs de grosse table à bomber. Alors parfait ! Place à la balade en bord de mer avec Monique, ma sœur.

Aux Salines de Bricqueville, dans le havre de la Vanlée. Justement plus d’une centaine de bernaches Cravant, ces petites oies venues du froid Canada vers nos contrées plus tempérées, nous y attendaient dans les marais salés, picorant paisiblement salicornes et herbacées.

Bernaches

Deux heures de vagabondage et papotages, tantôt dans les dunes puis tout près des vagues, là où évoluaient des nuées de gravelots à collier interrompu parmi lesquels quelques huitriers-pie identifiables à leur habit noir et blanc et des bécasseaux. Ce petit monde pointant le bec dans le sable pour y dénicher vers et mini crustacés. De temps en temps poursuivis par Riri et Doudoune, nos accompagnateurs canins ravis de gagner du terrain à l’envol majestueux de ces limicoles peu effrayés se posant de nouveau à quelques mètres des intrus.

Une fois revenue à la Mauvillère, en allant donner trois poignées de blé aux trois poules et un bol de pommes à Kiwi, le mouton, j’ai rencontré une aigrette garzette seulette, tout près des génisses. Little egret à la cape de longues plumes blanches, bec et pattes noirs dont le reste de la famille se nourrissait d’herbes et d’insectes dans le champ voisin. Drôles d’oiseaux migrateurs plus souvent proches des bords de mer que de l’intérieur de nos terres !

Aigrette au champ

Aigrette au champ

Pour le repas du soir, pas de réveillon de foie d’oie torturée par le gavage, aucun cuissot de chevreuil, d’autruche, de veau ou de bœuf lâchement abattu, nul homard ôté à sa  famille sous-marine, juste quelques asperges, champignons, quatre noix de Saint-Jacques à chacun des deux hôtes, salades variées et fromages accompagnés d’une tranche d’un pain aux noisettes à la généreuse croûte et d’un doigt de Monbazillac ! Le régal léger qui permet une nuit douce et facile !

Je sais, les coquilles sont des êtres vivants ! Il eût fallu nous sustenter d’un steak végétal ou bien d’une poêlée végétarienne pour que tout fût parfait ! L’an prochain, nous verrons ! 

« L’âge rend sage ! », conclura-t-on. 

 

Il n’y a rien de plus préjudiciable à l’homme que de manger avec excès.
Citation de Molière  in L’avare ou l’école du mensonge, III, 5 (1668)
Le matin, pense ; à midi, agis ; le soir mange ; la nuit, dors.
Citation de  William Blake in Le mariage du ciel et de l’enfer (1794)
La crèche dionysienne, cette année

La crèche dionysienne, cette année, en attente du bébé.

( 14 décembre, 2016 )

Fichus problèmes irrésolubles

Pour moi, ils l’étaient, irrésolubles, ces satanés problèmes de calcul ! Il y avait probablement une erreur dans l’énoncé, ou bien j’avais la réponse mais la maîtresse d’école louchait, refusant de considérer ma réponse comme bonne et de me libérer. « Tu ne comprendras donc jamais ! Tu  recopieras la réponse demain pendant la récré ! Allez, file ! Dépêche-toi de rentrer chez toi ! »

Je quittais alors, la tête bien lasse, le dos alourdi par le cartable de cuir, les yeux rougis, la classe et son institutrice maudite qui, dès le lendemain matin, s’acharnerait encore avec ses divisions et règles de trois, problèmes de dépenses et d’économies d’une ménagère, de caisses à remplir de bouteilles, de périmètre de champ ou de poids du gâteau avant et après cuisson !

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En passant devant le clocher de l’église munevillaise (Bien qu’habitants de Bricqueville-sur-mer, mon frère, ma sœur et moi allions à l’école de Muneville-sur-mer, de même que les générations précédentes, car plus proche du domicile), je lorgnais tristement vers les deux aiguilles de son horloge, la grande affichant souvent la demie et la petite l’ayant rejointe sur le VI. Il était 18h30 et je venais tout juste de quitter le banc de bois ciré accolé à ma table d’écolière. Je n’avais certes pas battu mon record du mois précédent (18h45), record dont je n’étais pas fière. J’en souris aujourd’hui, imaginant la réaction des parents actuels voyant rentrer leur enfant deux heures après la sortie des classes.

 

L'église de mon enfance.

L’église de mon enfance.

 

C’était il y a bien longtemps, soixante années bientôt, autres temps autres mœurs, mais je n’ai rien oublié. Combien d’heures perdues, les yeux rivés sur le cahier du jour, à tenter de corriger l’erreur fatale qui m’empêchait de faire comme les copines que je regardais quitter les lieux, une fois l’heure de la classe finie ? 

Quelques infortunées, nulles en math elles aussi, prolongeaient un peu le temps hors scolaire mais partaient les unes après les autres, joyeuses d’avoir abouti au prix de revient du terrain et au montant des honoraires du notaire. Les filles responsables du tableau noir en étaient venues à bout de la craie sur la brosse, longtemps frappée contre le mur blanchi et les autres, responsables du ménage, avaient remisé chiffons, balai et pelle dans le placard du couloir.

Moi, je restais. Je l’avoue, pas toujours à chercher la réponse aux trains qui se croisent, au nombre de litres de lait qu’il faut pour obtenir crème et puis beurre, ou au prix du billet aller-retour le plus avantageux. Je la regardais, elle, la jolie maîtresse d’école aux longs ongles peints d’un vernis rouge brillant, toujours élégamment vêtue, penchée sur la haute pile de cahiers recouverts de leurs protège-cahiers en plastique, de couleur différente selon le niveau de classe et la matière, la plume à la main, sereinement traçant traits et lettres majuscules, modèles à recopier le lendemain matin. prob 1

 

J’attendais de si longs quarts d’heure qu’elle quitte sa chaise pour enfin daigner venir se pencher sur l’élève en détresse au fond de la classe. Mes larmes n’y faisant rien sauf d’énormes taches sur la page d’écriture du matin, je les refoulais au fond des orbites, essuyant d’un coup sec de mouchoir celles qui s’attardaient sur mes joues et j’attendais une xième vaine explication avant qu’enfin elle se décide à m’accorder, voire me souffler, agacée par mon manque de logique si évidente, que dis-je ! me cracher la réponse. Bien polie que j’étais, je murmurais, les lèvres pincées, un mini mini  »merci, madame » du petit bord du cœur.

La soirée n’était pas ainsi terminée car, une fois l’affaire faite sur le cahier, il me fallait emplir le cartable du livret de récitation (strophe 2 à apprendre), du livre de lecture (lire p 69 et 70), de la leçon de Sciences à réviser et de la carte de géographie à savoir par cœur ( la Seine et ses affluents).

Le maudit cahier du jour une fois déposé sur le grand bureau de Mademoiselle Douguet, puisqu’ainsi elle se nommait,(je sais qu’en 2016, elle vit toujours. Peut-être un jour évoquerai-je avec la vielle dame ces heures d’attente !) les chaussons ôtés derrière le grand tableau noir movible, remplacés par les godasses prestement enfilées, l’au revoir obligatoire marmonné et la lourde porte refermée, il me restait le retour à la maison. Pire lorsque les jours approchaient du solstice d’hiver mais c’est une autre histoire !

Un kilomètre et demi à pied avec traversée du bourg, chemins creux boueux ou non à longer, deux champs à franchir, clos par trois barrières à ouvrir suivis d’une longue charrière encailloutée à parcourir, pour aboutir enfin à la route secondaire qui passait devant la maison de grand-mère et conduisait au but : la chère demeure familiale. Papa et maman partis traire les vaches, j’attendrais leur retour pour une réponse à la sempiternelle question : « Ca a été à l’école aujourd’hui ? » Remuer le couteau dans la plaie m’étant douleur, je passais à l’essentiel : « Je sais ma récitation, je peux te la réciter, maman ? »

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Car, Dieu merci !, si je n’étais pas douée en math, les bonnes notes pleuvaient du côté des dictées, grammaire, conjugaison, rédaction, lecture et poésie !

  »Chaque être est doué d’un don qui lui permet d’être un soutien, une consolation ou une lumière pour les autres ; mais aussi d’une faille, d’une fêlure, d’une fragilité, qui réclame l’aide d’autrui. »

In L’Ame du monde (2012) de  Frédéric Lenoir

Et ce charmant poème écrit par Maurice Carême

LITANIE DES ÉCOLIERS
Saint-Anatole, Que légers soient les jours d’école !

Saint Amalfait, Ah ! Que nos devoirs soient bien faits !
Sainte Cordule, N’oubliez ni point ni virgule.

Saint Nicodème, Donnez-nous la clef des problèmes
Sainte Tirelire, Que Grammaire nous fasse rire !

Saint-Siméon, Allongez les récréations !
Saint Espongien, Effacez tous les mauvais points.

Sainte Clémence, Que viennent vite les vacances !

Sainte Marie, Faites qu’elles soient infinies !

Si j’avais su que saint Nicodème donnait la clé des problèmes !!!

 

( 3 décembre, 2016 )

Une vie prolongée, dix vies massacrées !

Dans les coulisses du téléthon, derrière le rideau des expérimentateurs et chercheurs, il y a ces familles de gentils, doux, intelligents et merveilleux petits chiens Beagles, torturés au nom de la science. Le saviez-vous ?

Mes deux anges Beagle Zozinette et BigMa que j'ai tant aimées.

Mes deux anges Beagle Zozinette et BigMa que j’ai tant aimées.

Le Téléthon, une institution bien ancrée maintenant, à buts certes nécessaires, voire très utiles pour les progrès de la Science, le soulagement des malades et, de ce fait, de leurs familles.

 Oui, donner, avoir donné pour un ancien président véreux de l’association de recherches contre le cancer qui, avec nos propres deniers patiemment amassés, se faisait construire une piscine !

Donner, sans toujours savoir le moche, bien dissimulé derrière la grille vers laquelle vont être emprisonnés les chiens futurs martyres-cobayes achetés avec nos dons, est-ce un beau geste ? Bien sûr, je suis pour le sauvetage et le soulagement des souffrances de tous les êtres atteints de maladies orphelines et rares. Mais à quel prix ?

J’ai toujours crié haut et fort qu’une vie d’humain égale une vie de chien. Pas plus, pas moins, les deux espèces issues de la même souche pleurant, riant, passant par la même gamme de sensibilité ! Je sais de quoi je parle puisque des animaux, il y en a toujours eu, qui partagent le gîte et le couvert à la maison.

Les malades ont leur famille pour les protéger, les entourer, les réconforter.

Les chiens n’ont même plus leur voix pour se plaindre puisque, dans ces laboratoires, on leur coupe les cordes vocales avant de les massacrer à petit feu à coups d’injections de produits à tester et autres substances impropres à leur pauvre corps. Et ce, sans que les infortunés petits êtres puissent aboyer, crier, pleurer, hurler, gueuler….bigmadernphoto2.jpg

J’ai honte de ces méthodes barbares et cruelles sur des êtres sensibles !

Arrêtez le carnage, je vous en supplie et que les dons du téléthon aillent à une médecine propre,  sans souffrances animales, pour la guérison des humains !

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