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( 24 janvier, 2017 )

Monseigneur a les pieds gelés…

Croyant ou non croyant, pratiquant ou non, ecclésiastique ou pas, pape, archevêque, évêque, personne n’est à l’abri du gel des pieds. Pour preuve…

Dimanche dernier 22 janvier, Mgr l’évêque était reçu dans l’une des onze communes de notre paroisse. Cordial accueil, bel office religieux, nombreuse assistance, portail aux deux grandes portes battantes exceptionnellement ouvertes pour la sortie du prélat, crosse en main et mitre couvre-chef non fourrée sur le sommet du crâne, coutume oblige, vite refermées par crainte des courants d’air, chaleureuses rencontres, ensuite, dans l’édifice, chauffé par des rampes rougeoyantes haut placées.

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Et puis direction la salle des fêtes, à quelques centaines de mètres parcourus sous un généreux soleil hivernal réchauffant même les plus frileux, dans laquelle était prévu un repas de réflexions partagé avec une douzaine d’agriculteurs. Une fois la porte du bâtiment communal franchie, une étrange sensation de froidure a saisi les invités. Si, dehors, il faisait 2°, dedans, probablement 4 ou 6° !!

  »Le chauffage n’a pas voulu démarrer », nous renseignait-on alentour.

La mine de Mgr s’est soudain assombrie.

Son visage passant du sourire aux grimaces, l’élu du diocèse avoua qu’il ne tenait pas à déjeuner dans cet air glacial, renseignant avoir déjà les pieds gelés et regrettant de n’avoir pas chaussé des soques de laine, nous aussi d’ailleurs ! 

Tous à la même enseigne ! 

Monsieur le maire vaquait à son urgente fonction de redémarrer le chauffage, sans succès.

L’abbé responsable de la paroisse arrivant à son tour dans la salle de congélation, ayant déjà ôté sa veste, Mgr l’interpela ainsi : « Mon cher Henri, vous devriez vous rhabiller, on gèle ici. » Et chacun de se sentir davantage gêné. Que faire alors, ? Mettre les tables dans la cour au soleil ? Assurément il y eût fait meilleur ! Personne ne retenant cette solution proposée par l’un, Mgr suggéra qu’on eût pu s’exercer à quelques pas de danse bretonne, détendant légèrement l’ambiance mais ne réchauffant pas suffisamment l’atmosphère. Et puis la danse, qu’elle soit bretonne ou normande, sans musique ….

L’on alla quérir deux mini sources de chaleur au gaz, impuissantes à rééquilibrer les températures corporelles.

L’on promit d’installer l’évêque près de l’une d’elles pour la durée de la mastication des mets, bien chauds, je l’espérais.

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La suite, je n’y ai pas eu droit car seulement journalistee n attente d’une photo agriculteurs-évêque pour l’événement.  Quel évènement ? Non point celui des pieds gelés ! Oui, la venue de l’évêque.

Ne voyez nulle offense en ce texte, monseigneur ! Juste un clin d’œil humoristique sur une situation inattendue, tellement inhabituelle lors de vos visites, j’imagine, puisque chacun s’appliquant à vous montrer le meilleur de tout, y compris le mode de chauffage en hiver !

Il nous restait à apprécier davantage la douce tiédeur de notre logis, une fois revenus au bercail. 

( 10 janvier, 2017 )

Histoire simplifiée des Malgré Nous, habitants de provinces perdues

Georges Logel

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous n’aimez pas l’Histoire, passez votre chemin. Si, curieux, vous voulez  connaître quelques épisodes souvent ignorés et toujours tus dans les livres d’Histoire de France, jetez un œil.

Et si demain, une vilaine « black war », mettait notre chère Normandie en Grande-Bretagne…….. Non, seule la fiction pourrait l’imaginer !

Cliquer sur le texte en bleu pour avoir accès à sa lecture.

 

Le drame a commencé au traité de Francfort, en 1871. Une histoire de guerre entre la France et la Prusse (Allemagne), cette dernière sortant vainqueur, Napoléon  III qui avait piqué en 1859, à l’Italie, Nice et la Savoie, est vaincu et doit céder l’Alsace et la Lorraine.

Empereur déchu, accès à la République.

On rumine, on râle et veut reprendre les chères provinces.

Eternel tourbillon de guerre.

La revanche, ce sera, quarante années plus tard, 1914-18. Et la reprise des Alsace et Lorraine (contenant les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle) si chères. A quel prix ?????

L’esprit revanchard germanique n’est pas mort et, rebelote ! Une vingtaine d’années plus tard, un an après le début de la Seconde Guerre Mondiale, le Führer annexe les deux provinces, pour cinq longues années.

Ce chant, écrit en 1885, conte l’histoire de ces populations (plus d’un million d’habitants) ballottées au fil des victoires et défaites, obligées de parler la langue de l’occupant, souvent privées de liberté.

Le violon brisé

 


1-Sur la route poudreuse et blanche
Où nos drapeaux ne passent plus
Un vieillard va, chaque dimanche,
Rêver seul aux pays perdus.
Parfois de sa lèvre pâlie
Monte une plainte vers les cieux
C’est le regret des jours joyeux
Et c’est l’histoire de sa vie

Refrain
Ils ont brisé mon violon
Parce que j’ai l’âme française
Et que, sans peur, aux échos du vallon
J’ai fait chanter la Marseillaise !

2-J’ai voulu savoir cette histoire
Il me l’a contée en pleurant ;
Gardez-la en votre mémoire
C’est celle d’un cœur simple et grand :
Un soir, me dit-il, sous les chênes
Je faisais danser les enfants
Quand les ennemis triomphants
Jetèrent l’effroi dans nos plaines !

3-Tous s’enfuyaient devant leurs armes
Rouges, hélas ! de sang français ;
Fou de douleur, cachant mes larmes
Tout seul vers eux je m’avançais
-  Qui donc es-tu, toi qui nous braves ?
Firent-ils en me renversant ;
-  Je suis, dis-je, en me redressant
L’ennemi des peuples esclaves.

4– Tu railles bonhomme ? Eh bien joue
Les hymnes chers à notre roi !
Alors leur main souilla ma joue
Mais la France vivait en moi !
Je jouai de Rouget de Lisle
L’ardent et sublime chanson ;
Ils brisèrent mon violon
En voyant leur rage inutile.

Eh bien, ceux que nous avons appelés « Malgré Nous », ce sont ces jeunes garçons et filles qui, subitement déclarés allemands en 1940, alors que, la veille, leur patrie était la France, sont obligés, à partir du printemps 1942, de combattre leur propre peuple, et sous l’uniforme allemand. 100 000 Alsaciens et 30 000 Mosellans (1% du contingent des forces allemandes) vont ainsi, contre leur gré, bien malgré eux, se retrouver sur le Front de l’Est ou dans les combats en Normandie. Les plus jeunes avaient 17 ans. Les plus courageux ont déserté dès qu’ils l’ont pu au risque de se faire tuer ou de voir leurs familles exterminées. Certains ont réussi. 30% furent tués ou portés disparus.

Voici l’histoire de deux d’entre eux, telle que je l’ai publiée dans la presse, grâce aux précieux documents fournis par Jean Bézard, un historien qui passe sa vie à rechercher traces de ces Malgré-Nous et de leurs sauveurs normands.

Incorporé de force

 

 

 

 

 

( 1 janvier, 2017 )

Bonne Année 2017

« Céder à la curiosité et au désir de s’instruire, de savoir des choses.
Il n’est pas à mon sens de joie plus grande, dans le domaine de l’esprit, que de parvenir à saisir une partie du mystère du monde (…)
Il faudrait apprendre tous les jours une chose au moins. Cela en ferait trois cent soixante-cinq par an, ce serait pas mal.
 »

Ses feuilles une fois mortes, l'arbre prépare déjà en secret les bourgeons du printemps, image d'espérance incessamment renouvelée.

Ses feuilles une fois mortes, l’arbre prépare déjà en secret les bourgeons du printemps, image d’espérance incessamment renouvelée.

Il avait bien raison, Théodore Monod (in Terre et Ciel) de tracer le programme que je nous souhaite à toutes et tous pour l’année 2017, tout juste naissante.

Quant à la bonne santé, cela va de soi, nous l’espérons fortement, pour continuer notre chemin sur la planète. 

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