( 8 mars, 2017 )

La Normandie-Hastings via Contrières

 

J’ai déjà évoqué Contrières, la petite commune voisine de la mienne, à 5 kilomètres à vol d’étourneau.

Souvenez-vous : l’if millénaire au pied de l’église. A l’intérieur de l’édifice religieux, trônent des fonts baptismaux d’un autre âge, invitation au voyage dans le temps.

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Hastings, vous vous rappelez votre cours d’Histoire ? Non ? Pas vraiment ? 

Et notre Guillaume de Normandie, au vilain surnom de Bâtard car son père, le duc Robert aimait courir le jupon. Et a soulevé celui d’Arlette, la fille du tanneur de peaux qu’il a repérée, du haut de son château, lavant ses hardes au lavoir falaisien. Le duc très épris nommera sa frilla (épouse en danois) Herleva (Arlette en même langue) concubine officielle, à la mode scandinave. 

hérodote.net

Un fils naîtra de cette union, un fils unique d’Arlette, parmi tant d’autres issus de différentes liaisons. Le petit Guillaume est son préféré, qui devient duc de Normandie à la mort du duc paternel volage, en 1037, parti expier ses fautes en pèlerinage à Jérusalem, rencontrant la mort à Nicée, Asie Mineure, sur le chemin du retour.

Cadeau empoisonné pour ce garçonnet d’à peine huit ans en 1034. Une trentaine d’années plus tard, un oncle, Edouard Le Confesseur, roi d’Angleterre qui meurt sans héritier, un seigneur anglais Harold qui veut aussi la couronne !

Le petit bout d’homme (1027-1087) maintenant âgé de 38 ans, a l’étoffe d’un guerrier et s’embarque avec 15 000 hommes, 3000 chevaux et, dit-on, 1000 bateaux, à la conquête de la Blanche Albion. Le 14 octobre 1066, après une dernière messe dite par l’évêque de Coutances, il est six heures du matin, le combat s’engage. Vous connaissez la suite. Notre Guillaume II de Normandie devient Guillaume Ier d’Angleterre.

Photo Bayeux museum

Photo Bayeux museum

OK ! Vous me remerciez pour ce rafraîchissement de vos souvenirs scolaires quant à cet événement, tout en pensant : elle a perdu le fil de son sujet ?

Que nenni !Fonts 1

 Revenons à nos fonts baptismaux et à leur cuve en pierre cylindrique, d’un seul morceau, de 3 mètres de circonférence dans sa partie supérieure. Et à cette partie naïvement et grossièrement, ajouteront certains, sculptée de 14 personnages alignés en procession dont quatre à cheval. fonts 2

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Que font donc ces personnages figés à tout jamais dans le granit, depuis la fin du XIe ou le XIIe siècle, sans commentaire de leur part ou de celle du sculpteur ?

 

Peut-être se rendent-ils, c’est la supposition avancée, à la « Messe aux Epées » célébrée par Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances et ami proche de notre Guillaume de Normandie. Juste avant la bataille, il fallait prier Dieu pour une victoire. Dieu a choisi son camp ! Le camp de Guillaume ! Et tant pis pour les ennemis ! Etripons-les tous !

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On a aussi dit que Raoul de Quesnay, sieur de Monceaux sur la commune de Contrières, était de l’expédition maritime de notre ami Guillaume. Lui-même ou l’un de ses descendants aurait-il commandé cette sculpture, quelque temps plus tard, en action de grâce et de remerciement, pour orner les fonds baptismaux ? fonts 7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14 personnages dont quatre cavaliers, l’un ayant baissé sa lance, trois enfants de chœur : le premier avec un cierge à la main et le second portant une croix, deux prêtres tous deux revêtus d’une étole, cette longue bande de tissu, ornement liturgique en forme de longue écharpe placée sur leur aube. fonts3Puis un évêque muni de sa crosse, un autre prêtre avec étole. Enfin trois personnages brandissant une hache, sont-ce des chevaliers ?

Sachez que, depuis déjà bientôt un millénaire, ils attendent votre éventuelle visite. Un petit détour du côté de Contrières, son église et ses fonts baptismaux, pourquoi pas  ? Pensez à saluer l’if, lui aussi millénaire, au passage ! Vous ne pouvez le manquer ! A bientôt !

connue.

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