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( 15 avril, 2017 )

Les secrets de l’île Pamplemousse Chapitre 3

Foi de Fauchon ! Puisque la famille de JJF a attendu trois longues années que frère, oncle ou cousin daigne réapparaître et fouler enfin le sol manchois, vous pouviez, vous aussi, patienter une courte journée afin de connaître la suite de l’histoire véridique !

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Nous sommes en 1821. Deux voiliers à l’horizon du port de Granville. Les trois-mâts sitôt accostés, de l’un débarque l’homme en soutane qui s’empresse, faute de portable, smartphone ou Iphone, de commissionner un messager pour prendre la diligence et aller prévenir, à Ouville, son neveu Jean-François Fauchon des Taillis.

« Tu diras à mon cher neveu qu’il m’envoie quelques-uns de ses domestiques pour m’aider à décharger mes bagages, (mes sacs de pommes de terre, dit la légende !). » 

La carriole parut, aux chevaux, bien lourde à tirer sur le chemin du retour. Car ces patates étaient en or. Deux vaisseaux chargés de sacs d’or ! Lingots et pièces sonnantes et trébuchantes vite investis en l’achat du château tourvillais de la branche aînée des Costentin de Tourville, ancienne demeure du grand maréchal de France Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville (1642-1701).

A noter que JJF avait déjà préparé son retour de milliardaire puisque, un an avant de quitter l’île Maurice, le 3 septembre 1817, il avait chargé maître Piton, un notaire de Coutances, de lui réserver ce beau manoir tourvillais de la Vallée pour la coquette somme de 50 000 francs-or, avec terres et dépendances.

Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville. Merci à Wikipédia

Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville. Merci à Wikipédia

L’amiral était décédé depuis plus d’un siècle à cette époque. Vous avez croisé son imposante statue trônant dans le bourg de Tourville !

Amiral de Tourville. Merci à Wikipédia

Amiral de Tourville. Merci à Wikipédia

Est-ce le château à vendre actuellement à Tourville-sur-Sienne pour 624 000€ ? Pas encore eu le temps de faire mon enquête.

Nombreux autres achats de rentes de l’Etat, de terres à Trelly, Ouville, Saint-Pierre de Coutances, Saint-Denis-le-Vêtu, Une maison à Coutances, une autre à Saint-Lô où il s’installera jusqu’à sa mort le 10 janvier 1836, à l’âge de 78 ans. Pas fou, le saint homme, qui testa le 18 septembre 1835, à peine quatre mois avant de trépasser, en faveur de son cher neveu Jean-François Fauchon Le Taillis (1775-1866) d’Ouville, qui deviendra du jour au lendemain riche à millions, et le frère de celui-ci, Denis Florentin Fauchon La Fosse (1782-1852) de Saint-Denis-le-Vêtu, qui habitait à la Petite Barbouyère, la demeure dans laquelle était né JJF. L’abbé cependant généreux « fit de nombreux legs aux communes dont deux à Saint-Denis-le-Vêtu pour aider les indigents, les vieillards et instruire les enfants, outre 80 ares à la cure de la paroisse à charge de faire célébrer douze messes l’an pour le repos de son âme, fondation épargnée en 1905« , notait Michel Vergé-Franceschi, historien et professeur d’Histoire Moderne à l’université François Rabelais de Tours. « Tiens, tiens, le repos de son âme n’eût-il pas été d’emblée acquis ? », me dis-je. Notre oncle avait-il quelque chose à se reprocher ? Dernière bonne action : à son petit neveu Frédéric Fauchon (1809-1870), le frère aîné de Florentin Fauchon (1813-1887), père de mon arrière grand-père Cyrille Fauchon (1862-1928), arrière grand-père dont je me souviens vaguement de l’épouse Marina (1867-1952), mon arrière grand-mère, à son petit neveu donc, prêtre lui aussi, l’oncle de l’île Maurice léguait les meubles de sa maison de Saint-Lô, 500F de rente annuelle viagère et la jouissance de sa maison de Saint-Lô, laquelle devrait être annexée, à sa mort, selon son vœu, au couvent du Bon Sauveur et qui devint en 1870 le presbytère de la communauté. 

 

Le 2 septembre 1885, la veuve du neveu héritier mort sans postérité depuis 19 années, Rosalie Desbarres, alors à l’agonie puisqu’elle décéderait le lendemain, et sa sœur Euphémie devenue sœur Saint-Bernard, remettaient un sac d’or pour reconstruire la chapelle des Augustines de Coutances. On dit que plusieurs belles armoires normandes que possédait l’hôpital de Coutances venaient du legs du curé Fauchon.

Il est facile d’être généreux quand on est riche !

 

Derniers imprécis petits détails : ma grand-mère possédait trois minimes objets provenant de l’oncle de l’île Pamplemousse, un bocal à pruneaux, une loupe et…… mais pas une seule pièce d’or !

Sources : Histoire de Saint-Denis-le-Vêtu, fascicule de l’abbé Henri Legoupil.

            Les Fauchon de Michel Vergé-Franceschi

            Les récits oraux de maman et ma grand-mère Angélina Lejolivet, née Fauchon. 

 

 

 

 

 

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