( 31 août, 2017 )

Un trou dans le glacier

Un trou dans le glacier, un cratère dans le cœur !

Réchauffement, glaciation ? Pauvre nature !

Animal, végétal, minéral : ça va mal.

Aucun n’est épargné, tout s’effrite, se dissout !glacier 1

Ce glacier de Moiry est situé à quelques kilomètres de chez mes enfants suisses. Lénaël, mon fils aîné, travaille, en pleine nature, non loin de là. Un endroit et des enfants magnifiques que j’ai hâte de revoir. Photo Lénaël Duval

Ce pâle fleuve de glace avait bien fière allure,

Il y a cinquante ans mais aujourd’hui se meurt,

A perdu ses rondeurs, s’amaigrit à vue d’œil.

Autre photo sgnée Lénaël Duval

Autre photo signée Lénaël Duval

 

Situé en Valais suisse, enfant de la Gougra,

Petit-fils du grand Rhône, là-haut dans la montagne,

Sorti du Grand Cornier, à 3900 mètres,

Il est en perdition et ses jours sont comptés.

Photo Lénaël Duval

Photo Lénaël Duval

Souhaite aller bientôt, avant qu’il soit fondu,

Le consoler un peu, lui confier mon chagrin.

Je lui ferai cadeau de mes larmes amères,

Il purifiera mon cœur plein de tristesse.

Nous nous consolerons, minéral et humain.

Et pourquoi pas ? Suffit de nous tendre la main.  

( 30 août, 2017 )

Amertume

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Confier son chagrin à l’ami

Pour ne pas déjà succomber,

Espérer trouver la raison

De continuer un brin de vie,

Quitter le sentier d’amertume,

Trouver le chemin du pardon

Pour voguer sur l’onde clémente,

Sortir enfin de la brume

Et rejoindre la voie aimante.

Tissage achevé hier soir, 23h, fait de bois flottés que j’ai assemblés à l’aide de chevilles de bois et de ficelles de coton, puis, sur la chaîne,  laine de mes brebis. Je l’ai nommé Amertume.

Tissage achevé, hier soir, sur cadre, fait de bois flottés ramassés, l’été dernier, au Hameau Labour à Lingreville, que j’ai assemblés à l’aide de chevilles de bois et de ficelles de coton, puis, sur la chaîne, laine de mes brebis, teinte avec garance et chlorophylle. Je l’ai nommé Amertume.

 

 

 

 

 

 

 

 

( 29 août, 2017 )

Soleil couchant

A l’automne d’une vie, tel un soleil couchant, 

Pouvoir se refléter encore au doux miroir

De tendres yeux aimés. 

Quelques jours, quelques mois, un an, deux ans, dix ans,

Murmurer à l’oreille fidèle un bonsoir

Sans adieu, apaisé.

Cette superbe photo du soleil se couchant sur la mer, prise hier par Romaric, peut-être un message d'espoir que demain l'astre se lèvera encore !

 Cette jolie photo prise hier soir par Romaric, mon fils cadet, venait à point… pour faire le point. Tout un symbole ! Merci, Romi !

Le soleil s’est couché, le reflet évanoui,

Le rêve s’est brisé, emporté par les flots

de l’infidélité.

Ces traces sur le sable, ces chemins définis,

Et au loin du rivage, ce tranquille bateau,

Un demain épuré ?

( 28 août, 2017 )

Demain, l’aube jolie blanchira la campagne…

Les Anglais le nomment breakup. Pour les Allemands, c’est das Ausenanderbrechen. Les Italiens parlent de rottura et les Espagnols ruptura. Très douloureux, ce phénomène, malheureusement assez répandu à notre époque, dans cette civilisation, vous brise en deux et vous colle la boule au ventre, les boyaux en déconfiture et les cernes aux yeux.

Prévisible mais retenue en l’air le plus longtemps possible, la lame de l’épée atteint le cœur du plus vunérable des deux. C’est cela, un duel ! Il faut bien un vaincu. Le vainqueur retirant l’arme blanche de l’organe vital avec satisfaction, confusion ou regret, à son choix. Une fois le perdant tout baignant dans son sang, deux possibilités lui sont encore offertes. Ou bien il se laisse couler le liquide vermeil jusqu’à épuisement soit, la main serrant dur son pauvre cœur blessé, le malheureux se relève et appelle au secours. Deux autres potentialités se présentent alors. Soit le filet de paroles devenu inaudible, le voilà envoyé ad vitam aeternam dans la gueule des Enfers, soit sa voix fut audible, ses anges et amis accourant prestement. A vous faire confidence, j’opterais sûrement pour la seconde chance.

Car demain, l’aube jolie blanchira la campagne, le chagrin cessera et la vie reprendra, plus belle, plus honnête et plus pure peut-être…    

( 27 août, 2017 )

Entre Diable et Bon Dieu, de l’abîme au zéphyr

Il est des périodes, dans la vie, où tout soudain se précipite. Et dans ces durs moments, ils sont deux à s’asseoir à la table, l’un voulant de toi jusqu’aux ongles, l’autre restant modeste, attendant le propice moment de se frayer un sentier en ton âme. Le premier t’enchaînant à la roue grimaçante et le deuxième larron tentant de te hisser vers le bleu de l’azur. escaliersouslaneige.jpg

Diable voudrait emporter la bataille, agitant violemment le cœur de sa victime, la forçant, ricanant, à médire, à maudire, haïr, malfaire, voire, le traitre ! la poussant jusqu’au seuil de ses brûlants enfers. tn2hirondelles.jpg

Que d’efforts pour le Bienveillant qui sagement attend la bonne occasion pour te réconforter, tendre sa conciliante et amicale main, guettant fidèlement le moment opportun de pouvoir te convaincre que tout n’est pas perdu. Inégal combat, pour qui ne veille pas. Et quelle longue veillée, pour ne pas succomber, pour croire encore et toujours à la force de vie qui te sauvera de l’abîme. Croire au ciel bleu, au doux zéphyr… Inégales alternances de désolation laissant place à l’espoir, de timides sourires succédant aux rivières de larmes. « Le Diable, c’est l’ami qui ne reste jamais jusqu’au bout », a dit Georges Bernanos. Ami trompeur, aux paroles mensongères, à l’attitude vile, au regard de travers, à la corne tueuse. A fuir à toute allure puis, une fois le mouchoir asséché, inviter le Bon Dieu, ses p’tits anges et ses saints, s’emplir le cœur d’une douce espérance et continuer de vivre en rayant de sa liste de gens à fréquenter ce maudit bigre, démoniaque malin, foutre faux dieu et stupide importun.pommiers déracinéspng

 

De l’abîme au zéphyr, franchir le gigantesque pas pour enfin vivre encore !

( 20 août, 2017 )

Cinq plumes de goéland

Tant que me plaira la caresse

D’une banale plume de goéland,

Je vivrai.

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Caresses, sur la joue, du vent, du soleil, de pluie et neige, d’une feuille morte, d’une plume de goéland trouvée, un soir de désespoir, sur le sable marin, faudrait savoir se contenter de peu !

D’accord avec John Steinbeck : « Des fois, j’caresse même des souris, mais c’est quand j’peux rien trouver d’mieux.’

 

Tant que mes yeux apprécieront

Le sourire des petits-enfants,

Je vivrai.

 

 

Tant que j’ouïrai battre le cœur

De mes gentils chiens bien-aimés,

Je vivrai.

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Tant que le parfum du muguet

Saura encore réjouir mon nez,

Je vivrai.

 

 

Tant que la pulpe d’une mangue

Mettra mes papilles en éveil,

Je vivrai.

 

 

Un jour proche ou lointain, qui sait !

Adieu goéland, chiens, muguet…

Les cinq sens abusés,

Je partirai.

La Mauvillière, dimanche 20 août 2017

( 16 août, 2017 )

Calme retrouvé après fête au village

Je crois n’avoir jamais tant apprécié le calme que ce matin, à l’aube. Premiers pas dans le champ, dans la fraîche rosée, m’ont recentrée dans l’univers serein, celui de ma nature aimée, bien loin de notre monde de futilités, divertissements en tous genres, étourdissements alcooliques, viandards et pécuniaires !

Elle râle toujours, me direz-vous ! En êtes-vous si sûrs ?

Depuis deux jours, vivre au rythme d’une fête, même de village, brusquement plonger dans le monde abyssal des beuveries, bouffailles, chambard, tapages et brouhaha, quel difficile saut !

Chacun des cinq sens subit sa dose d’agressions.

Courageuses crêpières à pied d'œuvre, une main à la poêle et l'autre sur la louche !

Courageuses crêpières à pied d’œuvre, une main à la poêle et l’autre sur la louche !

1-Pauvre nez assailli d’insistantes et entêtantes odeurs de ces milliers de moules pleurant dans le bouillon, de ces dizaines de gorets recroquevillés en saucisses et de tout ce graillon friteux de tubercules regrettant fort leur terreuse robe des champs. Vêtements, eux aussi, empreints d’une bonne dose de ces effluves, à jeter aussitôt en machine pour nécessaire purification !

2-Yeux accablés passant du lugubre défilé des gigots, inévitable sort de doux agneaux de lait ayant quitté leur maman à regret pour se faire griller les mollets ! Yeux attristés par les ivrognes ingurgitant des barriques de bière, au bar là-bas ! S’humidifiant soudain à la vue du canard dans le carton tout près, futur lot de moqueries et de gain à cette stupide roue de la fortune ! « Coin, coin, laissez-moi regagner mon arpent de verdure et ma basse-cour ! » Lot, avec quelques poules et lapins, soumis aux mêmes conditions, d’un jeu qui ne devrait plus être ! Stupide jeu avec enjeu d’êtres vivants proposés, contre une pièce de monnaie, par ceux qui n’ont rien compris du respect d’autrui.

Merci à Mo pour la prise de photo des dames encowboyées.

Merci à Mo pour la prise de photo des dames encowboyées.

3-Que dire des oreilles soumises à dure épreuve avec ces musiques rendues folles à cause d’un bouton qu’on ne sait plus freiner ? « Il faut que ça braille ! C’est ça qui plaît aux jeunes ! Plus c’est fort, mieux c’est ! » Et tant pis pour les fragiles cornets auditifs préférant savourer une valse de Chopin ou un air d’opéra à niveau de stimulus normal !

Chaque année, je me dis : « ce sera la dernière ! » de la fabrication, vente et distribution d’une cinq centaine(s) de pochettes à lots de pacotille.

4-Eh bien, le quatrième de mes sens lui aussi atteint, j’avoue ne plus avoir le goût de ces amusements, de ces gargantuesques plateaux de nourriture, rêvant d’une tomate coiffée d’un chapeau d’huile d’olive, de trois feuilles d’une salade verte croquante et de deux grosses figues fraîchement cueillies sur l’arbuste.

5-Quant au toucher, mis à part les cheveux de Baptiste et la main de Laly, le reste s’est évaporé et a filé entre mes doigts. Non je n’ai pas touché le fond, ni le gros lot ni le pactole. Je voulais seulement vous en toucher un mot !  

 

Plus tu chutes, plus tu fais rire la tribu des urubu, zébus ayant-bu, cartabu, oreillus et individus !

Plus tu chutes, plus tu fais rire la tribu des urubu, zébus ayant-bu, cartabu, oreillus et individus !

 

Du vent, cette fête est du vent, de la poudre de perlin pimpin car l’on n’y apprend rien, l’on n’y voit rien de beau à part le sourire de quelques amis et famille, le regard pétillant des enfants qui gambadent, des pas de danse country, le travail des chanteurs s’égosillant devant des gens indifférents, l’effort incessant des crêpières pour rassasier toutes les bouches, le bagou de Bénédicte commentant les jeux glissades sur bâche savonnée. Et encore ces fidèles amis et enfants revenant interrompre le tourbillon pour quelques bavardages ! 

« Au milieu des arbres, de l’eau, des nuages et des animaux qui m’entouraient…, j’ai pu retrouver l’essence même de mon être, sans être perturbée…. » Jane Goodall, primatologue. 

Rassurez-vous, je m’en suis sortie presque indemne et, après onze mois, vingt-neuf jours, dix heures, sept minutes et trois secondes, je pense que, pour la plus de vingtième fois, je serai à la fête du village et vous y donne rendez-vous, pas avant le 15 août 2018 ! je serai encore à la fête du village et vous y donne rendez-vous, pas avant le 15 août 2018 ! Non, car je n’ai pas encore la vocation de dame cloîtrée, de nonne bénédictine ou d’ermite sur le mont Athos, ne refusant pas complètement de vivre dans ce monde bien agité, essayant, malgré tout, premier combat, de dire à ceux qui veulent bien m’écouter, que le respect des animaux, c’est primordial… David contre Goliath, vous connaissez ? 

( 13 août, 2017 )

Dans le grenier de mon enfance…

Un étroit escalier tout droit menait à l’antre de la découverte, grenier de mon enfance. Déjà la pente ardue, aux marches moins aisées car plus courtes que la longueur du pied, surprenait. Gare aux toiles longuement ouvragées par les araignées entre deux de nos peu fréquents passages vers l’Everest de la demeure. Quant à la bouffée d’air étouffant ou glacial, selon la saison dans la pièce non isolée, elle eût dissuadé plus d’un curieux. Ne pas faire chuter les bidules accrochés le long du mur de la montée pour ne pas choir soi-même était l’autre souci.

Pots à crème, à lard, désormais inutiles ont atterri chez moi, pour la déco et le souvenir des gestes de nos aïeux.

Pots à crème, à lard, désormais inutiles ont atterri chez moi, pour la déco et le souvenir des gestes de nos aïeux. Et ce vieux rouet, remis au goût du jour, précieux objet de mes débuts de fileuse.

 

Une fois en haut, sous la toiture apparente, la magie opérait.  Des milliers de choses, trucs et machins, amassés depuis des décennies, voire un siècle, le meublaient en un immense fouillis, incessamment alimenté, leur progression d’invasion évoluant au fur et à mesure qu’un achat, cadeau ou vieillerie n’était pas digne de séjourner dans l’un des deux étages inférieurs. « Va le mettre au grenier ! « , c’était le mot de passation du monde des vivants à celui des trépassants pour un séjour plus ou moins long au purgatoire, voire définitif au royaume des Enfers. Car dans ce fatras d’objets insolites, lorsque le passage d’un pied n’était plus guère aisé, il fallait « faire du rangement« . Entasser ou jeter, empiler ou brûler, that was the question ! Halte là à papa quand l’envie de ranger lui prenait, maman s’inquiétait. Vous savez bien qu’une chose n’a de valeur que par le sentiment qu’on y ajoute ! Ce vieux chiffon par terre, mais c’était bien ma robe préférée, faite d’un joli taffetas, par notre couturière Angèle ! Et cette informe et poussiéreuse loque, tu ne vas quand même pas brûler l’ourson de mon enfance ? Le reste de carpette là-bas ? La descente de lit offerte en cadeau de mariage par la tante Augustine ! « Mais ces papiers et vieilles cartes jaunis, entassés depuis des lustres, tu ne les conserveras pas ad vitam aeternam ? », lançait papa, en manque de marchandises à expédier aux flammes de son brûlot programmé.  »Qui veux-tu que ça intéresse ? »

 

Les bougeoirs en cuivre, veilleurs des soirées il y a bien longtemps.

Les bougeoirs en cuivre, veilleurs des soirées d’antan, un peu boudés par manque d’astiquage, utilisés encore en cas de panne sèche.

 

Mille mercis, petite maman, d’avoir défendu ces trésors, âmes de nos ancêtres, qui eussent, sans toi, fini en cendres !

Une fois parvenue dans mon antre, assise sur le plancher nu, près d’une énorme pile de revues depuis des lustres passées de mode, baptisées les « Mon ouvrage » ou « Petit Echo de la Mode », je feuilletais chacune  pour y dénicher recette de beauté, de cuisine, modèle de tricot, rêve de voyage, récit de vie d’un écrivain… Je me penchais aussi avec délice sur ces livres et cahiers d’écoliers d’un temps pas si lointain. ZiziLes miens, ceux de maman, de papa et de quelques aïeux, toujours admirative de leur écriture savante, à la plume déliée trempée dans l’encre violette, à l’opposé de mes tracés de patte de mouche, regardant un instant mes index et majeur droits, sentant encore l’odeur du liquide échappé de mon vilain porte-plume. Doigts tachés, vite essuyés au buvard rose mais encore maculés pour toute la journée …

 

Près de la jolie lampe à pétrole, trônaient, empoussiérés, des globes de mariée dont celui-ci, de maman, à l'intérieur duquel, la fraîche épousée déposait, au soir des noces, s

Près de la jolie lampe à pétrole, trônaient, empoussiérés, des globes de mariée dont celui-ci, de maman, à l’intérieur duquel, la fraîche épousée déposait, au soir des noces, son bouquet ou quelques accessoires de sa coiffure. Ma petite mère y avait enfermé les fleurs de lys en tissu ornant     sa jolie chevelure bouclée.

mariage 3 bis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et ces cartes postales échangées en temps de Première Guerre Mondiale, plus de trois centaines en tout que je conserve pieusement et que j’ai toutes lues, récits bouleversants de quotidiens aux champs répondant aux pages gribouillées au fond de la tranchée. J’ai suivi l’évolution des combats, jour après jour, du paisible départ de Querqueville, près de Cherbourg, centre d’apprentissage des gestes militaires, de l’embarquement à Marseille un certain 12 octobre 1915, à 10h, sur le Timgad, jusqu’au fin fond de l’expédition de Salonique, là-bas sur le front d’Orient, quelque part entre Grèce, Serbie et Turquie…. Jusqu’à ce fatal 20 novembre 1916, où Auguste Leverrand, tué par les Bulgares, n’a plus laissé de traces écrites. Je me souviens avoir tant pleuré en lisant le courrier provenant de France, de Louise, mon arrière-grand-mère, sa petite sœur, tellement inquiète et qui continuait de lui écrire. Plus de nouvelles, désespoir de revoir un jour le frère aimé. C’était cela, les visites au grenier. Interminables car je partais, comme ici sur ce blog, pour de réelles aventures que je quittais toujours à regret.

 Là aussi s’est longtemps caché mon Titi, amour de mon enfance avec son compère ourson Toto, plus amoché et qui a disparu. Après un demi-siècle de geôle, Titi trône désormais dans ma chambre, encore parfumé des caresses, baisers et embrassades de ma prime jeunesse.Et tant de milliers d’autres objets, écrits, livres, accessoires sauvés ou disparus sauf en mémoire, qu’il me faudrait au moins une semaine à dresser l’inventaire du grenier de mon enfance…

Mon Titi, l'Amour fidèle de mon enfance !

Mon Titi, l’Amour fidèle de mon enfance !

 

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