( 16 août, 2017 )

Calme retrouvé après fête au village

Je crois n’avoir jamais tant apprécié le calme que ce matin, à l’aube. Premiers pas dans le champ, dans la fraîche rosée, m’ont recentrée dans l’univers serein, celui de ma nature aimée, bien loin de notre monde de futilités, divertissements en tous genres, étourdissements alcooliques, viandards et pécuniaires !

Elle râle toujours, me direz-vous ! En êtes-vous si sûrs ?

Depuis deux jours, vivre au rythme d’une fête, même de village, brusquement plonger dans le monde abyssal des beuveries, bouffailles, chambard, tapages et brouhaha, quel difficile saut !

Chacun des cinq sens subit sa dose d’agressions.

Courageuses crêpières à pied d'œuvre, une main à la poêle et l'autre sur la louche !

Courageuses crêpières à pied d’œuvre, une main à la poêle et l’autre sur la louche !

1-Pauvre nez assailli d’insistantes et entêtantes odeurs de ces milliers de moules pleurant dans le bouillon, de ces dizaines de gorets recroquevillés en saucisses et de tout ce graillon friteux de tubercules regrettant fort leur terreuse robe des champs. Vêtements, eux aussi, empreints d’une bonne dose de ces effluves, à jeter aussitôt en machine pour nécessaire purification !

2-Yeux accablés passant du lugubre défilé des gigots, inévitable sort de doux agneaux de lait ayant quitté leur maman à regret pour se faire griller les mollets ! Yeux attristés par les ivrognes ingurgitant des barriques de bière, au bar là-bas ! S’humidifiant soudain à la vue du canard dans le carton tout près, futur lot de moqueries et de gain à cette stupide roue de la fortune ! « Coin, coin, laissez-moi regagner mon arpent de verdure et ma basse-cour ! » Lot, avec quelques poules et lapins, soumis aux mêmes conditions, d’un jeu qui ne devrait plus être ! Stupide jeu avec enjeu d’êtres vivants proposés, contre une pièce de monnaie, par ceux qui n’ont rien compris du respect d’autrui.

Merci à Mo pour la prise de photo des dames encowboyées.

Merci à Mo pour la prise de photo des dames encowboyées.

3-Que dire des oreilles soumises à dure épreuve avec ces musiques rendues folles à cause d’un bouton qu’on ne sait plus freiner ? « Il faut que ça braille ! C’est ça qui plaît aux jeunes ! Plus c’est fort, mieux c’est ! » Et tant pis pour les fragiles cornets auditifs préférant savourer une valse de Chopin ou un air d’opéra à niveau de stimulus normal !

Chaque année, je me dis : « ce sera la dernière ! » de la fabrication, vente et distribution d’une cinq centaine(s) de pochettes à lots de pacotille.

4-Eh bien, le quatrième de mes sens lui aussi atteint, j’avoue ne plus avoir le goût de ces amusements, de ces gargantuesques plateaux de nourriture, rêvant d’une tomate coiffée d’un chapeau d’huile d’olive, de trois feuilles d’une salade verte croquante et de deux grosses figues fraîchement cueillies sur l’arbuste.

5-Quant au toucher, mis à part les cheveux de Baptiste et la main de Laly, le reste s’est évaporé et a filé entre mes doigts. Non je n’ai pas touché le fond, ni le gros lot ni le pactole. Je voulais seulement vous en toucher un mot !  

 

Plus tu chutes, plus tu fais rire la tribu des urubu, zébus ayant-bu, cartabu, oreillus et individus !

Plus tu chutes, plus tu fais rire la tribu des urubu, zébus ayant-bu, cartabu, oreillus et individus !

 

Du vent, cette fête est du vent, de la poudre de perlin pimpin car l’on n’y apprend rien, l’on n’y voit rien de beau à part le sourire de quelques amis et famille, le regard pétillant des enfants qui gambadent, des pas de danse country, le travail des chanteurs s’égosillant devant des gens indifférents, l’effort incessant des crêpières pour rassasier toutes les bouches, le bagou de Bénédicte commentant les jeux glissades sur bâche savonnée. Et encore ces fidèles amis et enfants revenant interrompre le tourbillon pour quelques bavardages ! 

« Au milieu des arbres, de l’eau, des nuages et des animaux qui m’entouraient…, j’ai pu retrouver l’essence même de mon être, sans être perturbée…. » Jane Goodall, primatologue. 

Rassurez-vous, je m’en suis sortie presque indemne et, après onze mois, vingt-neuf jours, dix heures, sept minutes et trois secondes, je pense que, pour la plus de vingtième fois, je serai à la fête du village et vous y donne rendez-vous, pas avant le 15 août 2018 ! je serai encore à la fête du village et vous y donne rendez-vous, pas avant le 15 août 2018 ! Non, car je n’ai pas encore la vocation de dame cloîtrée, de nonne bénédictine ou d’ermite sur le mont Athos, ne refusant pas complètement de vivre dans ce monde bien agité, essayant, malgré tout, premier combat, de dire à ceux qui veulent bien m’écouter, que le respect des animaux, c’est primordial… David contre Goliath, vous connaissez ? 

1 Commentaire à “ Calme retrouvé après fête au village ” »

  1. Anonyme dit :

    Oh nelly…me itou ai eu beaucoup de mal à retrouver le calme ce matin. Par contre cet am nous avons été marcher à la plage entre gouville et geffosses un endroit désert. Nous avons juste rénotre une jeune cavalière avec un vieux cheval et le chien qui courait sans cesse et dans l eau et se rouler sur le sable…et le cheval marcher dans l eau en levant les pattes assez haut. Que du bonheur tout simple qui nous ressource assez vite.
    Merci nelly et gros bisous

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