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( 25 septembre, 2017 )

Libre…

1503649881774Je suis libre, libre de mon voyage,

Tel l’air gouverné par le vent du Nord,

Comme la pluie projetée des nuages,

Telle la feuille dans sa chute indolore.

 

Je ne sais où je vais mais suis en route

Vers l’inconnu, vers un monde nouveau.

Vers la sérénité. Tissage achevé récemment.

Vers la sérénité. Tissage achevé récemment.

 

Ne sais qui me guide mais vis l’écoute

De cette voix résonnant en écho.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1503649881586Echo d’une mélodie de l’espérance,

Echo d’une symphonie de la tendresse,

Histoire de jours meilleurs, de renouveau,

Reflets d’un clair de lune, tout en caresse.

 

Qu’est-ce que la liberté sinon l’attente ?

La soif de combler cet état de vertige ?

Le souhait de serrer la main riante ?

Le désir de réussir sa voltige ? 

tissage

 

 

 

 

 

 

( 13 septembre, 2017 )

Mauves en robe rose

J’aime les mauves, roses striées de fins traits de mauve sur tapis vert. A l’approche de l’automne, les coquettes malvacées offrent leurs clairs pétales, perchés sur tiges, au-dessus de l’émeraude prairie.

mauves2

Saviez-vous que le terme « mauve » évoquant la couleur, cousine germaine du violet et du lilas, n’est apparu qu’en 1781 ? La reine Marie-Antoinette aimait cette nuance obtenue sur tissu avec teinture à base d’orseille, extraite de certains lichens, puisqu’elle commanda un ruban mauve en 1787, notent les écrits. mauves1

 

French purple, disent les Anglais, violet français. Quatre nuances lui sont attribuées : mauve vrai, mauve pourpré, mauve violacé et mauve lilacé. 

 mauve4

Aujourd’hui décor naturel des champs et talus, la jolie malvacée a connu son heure de gloire. L’omnimorbia, ainsi prénommée en latin, combattante de toutes les maladies, était cultivée pour ses propriétés médicinales, appréciée de Pline et Cicéron, présente dans tous les jardins des couvents du Moyen-Age à la Renaissance.

Seraient-elles à croquer, ces mauves ?

Seraient-elles à croquer, ces mauves ?

 

Son mucilage soulageait la gorge, le gonflement des mains, les inflammations de toutes sortes et les blessures.

Une mauve aurait-elle tapé dans l'œil de Nana ?

Une mauve aurait-elle tapé dans l’œil de Nana ?

Certains disent même que la jolie plante aiderait à occire les cellules cancéreuses. 

 

 Sachez encore que les uniformes des gardiens de la paix belges sont de couleur mauve. Et ce n’est pas une blague ! 

Mauve alors ! La vie en mauve, c'est comme celle en rose ?

Mauve alors ! La vie en mauve, c’est comme celle en rose ?

 

 

 

Si, sur votre chemin, vous rencontrez des mauves, vous me direz si vous les trouvez si mauves, ces jolies fleurs roses !

Optique illusionnée !

Optique illusionnée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Attendre patiemment qu’une graine se mette peu à peu à germer, jusqu’au jour ou s’épanouira la fleur de la solution », Yukio Mishima, écrivain japonais

 

« Tel fleurit aujourd’hui qui demain flétrira. Tel flétrit aujourd’hui qui demain fleurira. » Pierre de Ronsard

 

 

( 11 septembre, 2017 )

Vogue, vogue mon voilier…

Tissage terminé ce dimanche 10 septembre. Bois flottés et toison de mes brebis, teinte avec plantes.

Tissage terminé ce dimanche 10 septembre. Bois flottés et toison de mes brebis, teinte avec plantes.

De me mener en galère,

Il n’est vraiment plus question !

A Dieu vat, vat et revat !

J’ai choisi petit voilier

Pour voguer sur les eaux calmes,

Bien à l’abri des tempêtes,

Des remous et des cyclones.

Vogue, vogue mon voilier !

Porte-moi où bon te semble,

Au pays de l’Amitié,

Sur le lac aux Nénuphars,

Près des monts de la Franchise

Ou bien de la Pureté.

Vogue, vogue, mon voilier ! 

vogue 2

 

( 10 septembre, 2017 )

Bonjour, la famille Tatie!

Sauvées in extremis de leur ultime voyage vers l’abattoir, les voici déjà paissant dans le vaste enclos du champ. Moi qui m’étais, à la mort de Kiwi, le gentil et ultime mouton mort le 20 juillet dernier, promise de ne plus reprendre d’animaux brouteurs, j’ai craqué. 

Marché de Gavray, jeudi 7 septembre. Parmi les centaines de moutons et brebis attachés court aux barres sous le foirail, il faut choisir vite et quitter cet endroit de marchandage de vies animales, débordant de bêlements inquiets, d’yeux effrayés, de gros maquignons tâtant les croupes bondissant de peur et de senteurs d’abattoir proche. 

Justement, « cette jolie maigre à tête noire, c’est bien une Roussin de la Hague? », m’adressai-je à l’homme déjà âgé, en courte blouse noire. Après son « oui » solitaire, j’insiste pour connaître la suite.

- « Elle est âgée ?

-Dix ans au moins. Pourquoi, elle vous intéresse ? »,  annonce le vendeur surpris par cette curiosité soudaine envers une vieille brebis à réformer au plus vite.

Les 4 nouvelles arrivées

Je me fais insistante, sachant que l’inexorable mal qui guette les moutons en fin de vie, ce sont les pattes ne voulant plus porter les corps laineux :

« A-t-elle mal aux pattes ?

-Non, pas du tout. Elle n’a plus guère de dents : il lui faut juste de la grande herbe et du foin », ajoute le maquignon voyant que le marché pourrait se conclure.  

Inévitable question ! 

« -Combien ? 

-50€. 

-OK. Je la prends. « 

Et de une qui va éviter le couteau Alal ou Casher. 

Ne supportant pas les animaux à l’unité, future vie de solitude et de tristesse, je persiste auprès de l’homme qui ne me paraît pas, après tout, le plus détestable du marché.

- »Et celle d’à côté, elle est à vous aussi ?

-Oui et c’est le même prix ». 

Un large trait de stabilo spécial postérieur ovin et les voilà toutes deux marquées VENDU.

Quand soudain mon regard est accroché par deux immenses yeux vert d’eau striés de marron qui me fixent avec tant d’insistance que vous en devinez déjà la suite…

Tatibelle, la charmeuse à l'œil vert d'eau.

Tatibelle, la charmeuse à l’œil vert d’eau.

 

« -Attention, celle-là, c’est pas le même prix ! Elle est belle. »

Traduction de « belle » en langage maquignon = grasse, dodue, espoir de futurs beaux gigots et côtelettes, en raccourci « bonne à tuer ». 

« -Mais pourquoi elle vous intéresse, celle-là ? Si vous en voulez une autre, prenez plutôt la petite tachetée, juste à côté. Elle vous plaît pas, celle-là ? »

-Mais la grosse a de si beaux yeux ! », rétorquai-je, un brin de malice et de provocation dans les miens. 

J’ai alors vu dans le regard de l’homme, non pas de la moquerie, mais une touche de douceur, un peu d’humanité. Il s’est alors tourné vers moi et m’a observée d’un regard bienveillant.

90 + 70 + 50 + 50 = « 250€, pas plus. OK ? »

Pas le premier en calcul mental autrefois sur les bancs de son école du val de Saire, ce monsieur, car j’ai dû attendre quelques secondes avant qu’il s’aperçoive de l’erreur volontaire de ma part, en bonne normande. 

« -Non, non, ça fait 260 !! Allons, bon, d’accord pour les 250 ! », acquiessa-t-il en sortant, une fois de plus, son stylo marqueur. 

Affaire conclue, chèque empoché, le Cotentinois renseigna qu’il menait régulièrement paître son troupeau d’une centaine de têtes sur l’île de Tatihou, louant les herbus à l’office du Littoral.

En effet, les quatre dames enlainées, habituées à voyager, sautèrent prestement dans la remorque sans se faire prier, en route vers leur nouveau havre de paix dionysien.

 

Tatihou, Tati, bonjour les quatre Taties ! 

Miam miam !

 

 

 

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