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( 5 novembre, 2017 )

Vous avez dit bis, bisse ou bise ?

Le second sera le propos du jour. La bise, je vous l’offrirai bien volontiers ensuite. Quant au bis, non, je ne le répéterai pas. A moins que……

Quest-ce donc qu’un bisse ? Propre au canton du Valais suisse, « c’est un canal d’irrigation, une tranchée ouverte qui achemine l’eau des torrents jusque dans les prairies et champs secs, les vignobles et les vergers », renseignent Mr et Mme Wikipedia. 1508403854560

Il est fréquent d’en rencontrer qui serpentent le long des sentiers à flanc de montagne. Si certains sont encore utilisés de nos jours, la plupart sont conservés et entretenus en tant qu’équivalents de nos voies vertes, excellents buts de balades dominicales à divers degrés  de difficulté. Il y a intérêt à bien se renseigner avant de s’aventurer car parfois les passages longeant les bisses sont étroits, n’offrant qu’une seule main courante de secours, une éventuelle chute le long de la paroi vertigineuse risquant d’être mortelle, à moins d’avoir prévu un parachute de fortune ou des ailes ultra performantes ! D’autres ont leurs fantaisies en ponts de singe, suspensions de rondins de bois et cordages au-dessus d’un vide immense, qui se balancent au gré des pas saccadés ou non du marcheur hardi ou timoré.  Halte là aux malades du vertige !

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Allez, je vous accorde un petit bis pour une seconde explication, plus complète, extraite de la « Définition tirée des statuts de l’Association des Bisses du Valais :

« Le terme de bisse (Wasserleite, Rüs, Suone, raye, meunière) recouvre toute installation d’amenée d’eau d’irrigation avec ses équipements, exploitée sous forme communautaire, de la prise d’eau dans la rivière jusqu’à l’exutoire, à savoir les installations construites par la main de l’homme et servant au transport de l’eau, inclus la prise d’eau, les dessableurs, les installations de stockage, les canaux de transport, les répartiteurs, ainsi que les canaux de décharge servant au réacheminement de l’eau dans le réseau hydrographique. Ne sont pas compris les réseaux de distribution exploités par les privés. »

Une façon ingénieuse d’irriguer gratuitement les terrains en contrebas. Dès le XIIIe siècle, ils sont mentionnés dans les écrits. Au XIXe, il en existe plus de 200. Généralement possessions communautaires de groupes de paysans qui les entretenaient. Un garde était employé à surveiller le bisse pour la juste répartition de l’eau entre agriculteurs montagnards. 1508403939273

Le roi des bisses, c’est celui de Saxon, dans la région de Nendaz. Il atteint 28 kilomètres de longueur. 4 kilomètres pour le bien nommé Petit Bisse. D’autres noms de bisses ? Tsittoret, Sion, Ayent, La Tsandra, Vercorin,… tous sis dans le Haut, le Central et le Bas Valais….Certains sont encore en activité, arrosant généreusement les terres agricoles des paysans de la moyenne vallée.

Des vacances à la découvertes des bisses, pourquoi pas si vous allez du côté de la Suisse valaisane ! Moi, je retournerais volontiers sur ces chemins dans lesquels l’eau du torrent, captive dans ces étroits couloirs-bisses chante toujours en suivant son chemin vers l’aval.

Dernière petite chose : vous pouvez me tendre la joue maintenant car vous l’avez bien méritée, votre bise puisque vous voici parvenu(e) jusqu’au terme de cette histoire de bisse.

Et si, n’ayant pas tout compris, vous désirez remonter le courant pour une lecture bis, n’oubliez pas que vous aurez droit à une seconde bise.  

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