( 9 janvier, 2018 )

L’omelette de Noël (pas si conte que ça !)

L’histoire que je vais vous conter se déroule en l’an de grâce 2017, sous le règne de l’honorable roi Macron 1er.

Dans une humble chaumière des bords de Loire, un couple s’apprête à fêter la Noël. Sans y croire vraiment, à cette tradition d’un petit prénommé Jésus né d’une sage vierge et d’un esprit volage, aussitôt couché dans la paille d’une vulgaire mangeoire et réchauffé par les naseaux fumants de deux lourds mammifères.

Dans les autres foyers, c’est l’abondance. Chacun a préparé le foie gras d’oie, tué la dinde hier, épluché les marrons pour lui farcir le giron, fourré la bûche de grasse crème au beurre et sorti de la cave l’exceptionnelle cuvée.

Ici, ils feront simple. Pas question de traîner à table toute la soirée. A quoi bon !!! Il y a mieux à faire !

Fouillant dans le placard, l’homme y trouve un concombre, quatre œufs et un reste du repas précédent. Cela leur suffira.concombre

Les rondelles du vert légume aqueux s’amoncellent, les calcaires enveloppes ovoïdes sont brisées et le magret vite tranché.oeufs

 

L’on s’active au fourneau. La femme a en charge la transformation des œufs en omelette juste baveuse. Ainsi l’apprécient-ils tous deux !

Qui eût prévu qu’un surdosage soudain plomberait l’ambiance nocturne qui s’eût pu avérer joyeuse ?

Chacun sait que, si trop d’exemples tuent l’exemple et que trop d’amour tue l’amour, il n’est point à démontrer que trop de sel occit vite une omelette !

sel

Ah, ce coquin chlorure de sodium pourtant si fin qui, aussitôt introduit dans l’appareil, prit une maligne joie à fondre de plaisir en jouissant aussitôt d’une franche et fraîche liaison, copulant avec blancs et jaunes intimement liés ! Maudite triple union échangiste  qui, une fois les fesses cuites sur poêle, se révéla vraiment, vraiment trop pendable !

La première bouchée, ponctuée d’un grimaçant Pouahhhh ! signifia leur congé à fourchette et couteau. L’estomac lui aussi se trouva en repos forcé, pepsine et lipase gastriques brusquement mises à pied. L’homme, pour s’occuper, tria les miettes de magret et fit semblant de bonne figure en s’en sustentant. La femme, le moral en berne, les yeux humides, faillit se noyer en larmes et étouffer en vaines excuses mais le mal était irréparable !

 

Epilogue

Une tierce personne, jusqu’alors très discrète, joua, tout juste à temps, le rôle du tampon. Pour le poilu buvard à pattes sagement assis près du maître depuis le début du repas, ce fut alors la fête.

Baccha

Baccha

La Meilleraye de Bretagne, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2017

1 Commentaire à “ L’omelette de Noël (pas si conte que ça !) ” »

  1. Anonyme dit :

    Je ne vois qu’ une chose……si vous aviez été au régime sans sel………le chien aurait fait une autre tête….
    Bisous

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