( 30 avril, 2018 )

Manif paysanne ?

Quelle était sa revendication ? Pourquoi les autres n’ont-ils pas suivi le mouvement ?

J’ai bien essayé de parlementer, d’engager le dialogue, me montrer affable, afficher mon plus beau sourire, essayer la séduction ! Rien n’y a, hélas, fait.

Hier dimanche à 12h32 exactement, il était planté là, en plein carrefour de trois routes, la plupart du temps fort peu passagères sauf en cas de convoi pour nouveaux mariés ou de passage de troupeau allant d’un champ à l’autre. Revêtu d’une cotte kaki, il impressionnait par sa bedaine rebondie, ses formes boulimiques, sa voix de carpe et son aspect de vert ver luisant. Tant bien que mal, j’ai réussi à me faufiler, sous les huées de ses supporters postés en terrain élevé.

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Quelques heures plus tard, il fut obligé de rejoindre, tractu militari, obéissant aux forces de l’ordre agricole locales, ses compagnons en attendant d’être confié à un plateau en direction de la ferme !

Drôle de manif paysanne !

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( 25 avril, 2018 )

Mon cloître de verdure…

J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons  le chemin, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse et les pieds vite humides.

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Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère au contour régulier, longeant d’autres prairies et frontalier d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

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En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, à chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers, touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et oiseaux. Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.

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J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

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Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage. sapins 2

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo.mandala 3 O

 Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai encore sentir le frais parfum des fleurs du pommier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage ravi.

 

 

 

( 10 avril, 2018 )

Tiens, une journée de printemps !!

Que le  soleil est beau quand tout frais il se lève

Comme une explosion nous lançant son bonjour !… »

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Tout à fait d’accord avec Charles Baudelaire (1821-1867) qui commençait ainsi l’un de ses sonnets.
Ce 5 avril, explosion de lumière, haute couverture bleu uni, douce chaleur tiède, renouveau dans les airs, sur terre, sur le corps, dans la tête, enfin bonheur de retrouver cet astre trop longtemps absent de nos si tristes journées…
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Immédiate envie de jardiner, de sarcler, de tondre la pelouse, de repiquer fleurs et arbustes, d’aérer les plantations en place, de semer, de planter, les chiens allongés sur l’herbe encore fraîche, appréciant, eux aussi, cette inattendue venue du dieu Phébus en habits d’apparat. En un tournemain, tout est oublié : grisaille, boue, mélancolie….
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« Pourvu que ça dure », comme l’aurait aussi dit Letizia Bonaparte (1750-1836), la mère de l’empereur Napoléon, en apprenant la nouvelle d’une des nombreuses victoires militaires de son fils. Hélas, il y eut ensuite Waterloo….
( 1 avril, 2018 )

Demain le merle chantera….

La météo au quotidien

La météo au quotidien, ce sont de lourds nuages noirs…

Demain le merle chantera

Aux premiers éclats de l’aurore.

Car aujourd’hui ne le fera :

Il pleut, repleut et pleut encore.

Mon cœur est ce noir corvidé

Qui, au gré des intempéries

Ou des longs jours ensoleillés,

Pleure puis rit, chante ou crie.

Des chiens qui pataugent dans la gadoue

…des chiens qui pataugent dans la gadoue

Quand j’ouvre, matin, les volets,

je regrette bien du printemps

La promesse d’un ciel aimé.

Cette image de pluie et vent,

C’est carrément désagréable.

...des jonquilles qui font la tête.....

…des jonquilles qui font la tête…..

Je fais alors courte prière

A monsieur du Soleil, joignable

Tout au-dessus de l’atmosphère,

Qui me répond, indifférent :

« Va donc voir ailleurs si j’y suis ! »

....des pervenches qui ont perdu leur éclat...

….des pervenches qui ont perdu leur éclat…

Rien à faire sauf patient

Se montrer et rompre l’ennui

En enfilant tenues étanches

Pour aller faire un petit tour, 

Louer jonquilles et pervenches,

Primevères en joyeux atours.

...et des primevères qui cherchent encore le printemps !

…et des primevères qui cherchent encore le printemps !

Je rêve que demain le merle chante,

Que le printemps promis arrive,

Douce chaleur revigorante

Et qu’enfin, enfin tout revive ! 

 

 

 

 

 

 

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