( 25 avril, 2018 )

Mon cloître de verdure…

J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons  le chemin, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse et les pieds vite humides.

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Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère au contour régulier, longeant d’autres prairies et frontalier d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

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En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, à chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers, touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et oiseaux. Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.

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J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

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Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage. sapins 2

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo.mandala 3 O

 Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai encore sentir le frais parfum des fleurs du pommier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage ravi.

 

 

 

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