( 26 mai, 2018 )

Mel…. Ancolie

Connaissez-vous cette fleur haut perchée sur sa tige, toute en équilibre précaire, vacillant au gré du vent, si fragile et pourtant redressant le buste après chaque tempête, appréciant l’éternel retour du soleil, chaque matin, dans la fraîche rosée, contemplant, nuitamment, la voie lactée, luisant au clair de lune ?

Ancolie au jardin

Ancolie au jardin

 

Similitudes entre la fleur et l’être humain ? 

Sa contemplation m’ôte le fait d’une mélancolie passagère.

Amie ou sœur, à cœur de fleur, sans cœur ? Indifférente ?

Peu m’importe !!! 

Elle là, tout près, au jardin, fleurie en ce moment et ce m’est un petit bonheur supplémentaire picoré au fil de mes visites.

Une originale au jardin

Une originale au jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cueillons, rassemblons, amassons les tout petits bonheurs du jour pour que ce temps qui nous mène inexorablement vers le néant nous soit encore plaisir !

Une classique au jardin

Une classique au jardin


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je découvre avec joie que le poète Francis Jammes (1868-1938) les appréciait, lui aussi.

Dans son recueil : « Clairières dans le ciel », voici ce qu’il écrivait, en alexandrins, sur ces fleurs.

« Deux ancolies se balançaient sur la colline.

Et l’ancolie disait à sa sœur l’ancolie :

Je tremble devant toi et demeure confuse.

Et l’autre répondait : si dans la roche qu’use

l’eau, goutte à goutte, si je me mire, je vois

que je tremble, et je suis confuse comme toi.

Le vent de plus en plus les berçait toutes deux,

les emplissait d’amour et mêlait leurs cœurs bleus. »

 

Albrecht Dürer (1471-1528), le peintre allemand, les a immortalisées vers  1520, lors d’une balade du côté de Nuremberg (en Bavière).

Reproduction trouvée sur Internet

Reproduction trouvée sur Internet

 

( 23 mai, 2018 )

A propos d’araignée…

 

 

reproduction wikipedia

reproduction wikipedia

A propos d’araignée qui fait si peur aux humains…..

« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie

Parce qu’on les hait…. » clamait Victor Hugo

Je viens de relire, avec grande émotion, la suite du poème extrait du recueil Les Contemplations (1856)

Si cela vous tente…..

 

« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,    

Parce qu’on les hait ;

Et que rien n’exauce et que tout châtie    

Leur morne souhait ;

 

Parce qu’elles sont maudites, chétives,    

Noirs êtres rampants ;

Parce qu’elles sont les tristes captives    

De leur guet-apens ;

 

Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ;    

O sort ! fatals nœuds !

Parce que l’ortie est une couleuvre,    

L’araignée un gueux ;

 

Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,    

Parce qu’on les fuit,

Parce qu’elles sont toutes deux victimes    

De la sombre nuit.

 

Passants, faites grâce à la plante obscure,    

Au pauvre animal.

Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,    

Oh ! plaignez le mal !

 

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;    

Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie    

De les écraser,

 

Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,    

Tout bas, loin du jour,

La mauvaise bête et la mauvaise herbe    

Murmurent : Amour !

 

 sans-titreIl est vrai que je répugne à tuer ces aranéides solitaires, surtout quand elles agissent dans l’ombre d’un placard peu fréquenté. Ce qui m’a inspiré ces modestes vers.

 

Tout au fond du placard une araignée

Tissait sa toile-piège dans le noir.

Le chiffon à poussière en main, j’allais

D’un geste vif et assuré, pourvoir

A mon droit de propriété, logique !

M’avisant juste à temps que l’animal

Privé de charmes visibles esthétiques

Possédait, comme moi, un cœur …normal.

J’ai épargné cette noire araignée.            

Notre locataire avait, pour l’hiver,                     

Squatté le placard aux pots de gelées

Et confitures aux parfums divers.

 

Quelques années après….

 

Bien sagement elle tisse sa toile,

Contrat renouvelé dans le placard.

Les bocaux se parent d’un léger voile 

Et quand je jette parfois un regard

Dans cet obscur antre de solitude,

Je sais que l’araignée est là, qui vit,

qui est, ainsi que moi, dans la quiétude,

Pour quelque temps encore, en paix aussi. 

 

 

 

 

 

 

 

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