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( 22 juillet, 2018 )

Et mon cœur dans ton cœur

 

Mes yeux dans tes doux yeux,

Et ma main dans la tienne,

Nous marchons, bienheureux,

A l’ombre des grands chênes,

Tout nimbés d’un halo

D’irréelle lumière !

Arbre E

 

Et le chant du ruisseau

Au milieu des fougères,

Au fond de la vallée,

Le babil des oiseaux

Volant en canopée

Accompagnent nos pas

Vers la route secrète

Guidée par un compas

Menant à l’aveuglette.

D’hier à aujourd’hui,

Telle une ritournelle,

Tel un bonheur enfoui,

Ainsi la vie est-elle !chèv1

 

 

( 17 juillet, 2018 )

Tout là-haut, sur l’étagère, les pots de confiture…

Me tapant sur l’épaule, elle m’a dit, suite à mon texte relatif à cette pièce débarras-cagibi nommé médon : « Et, dans le médon, les pots de confiture, tu les as oubliés ? »

Oui, ma chère sœur, j’avais oublié cette longue étagère très haut perchée dans le médon, ce cagibi dont vous connaissez maintenant presque tous les trésors.

Merci aux sites sur lesquels j'ai chipé quelques pots de confitures.

Merci aux sites sur lesquels j’ai chipé quelques pots de confitures.

 

Le tabouret de service, parfois l’escabeau, étaient les bienvenus pour atteindre les bocaux de verre remplis de ces friandises très sucrées.

Inévitable et unique dessert sept jours de la semaine, matin, midi et soir, ce copain de la tartine, en osmose avec l’inséparable ami beurre.

L’alternance était appréciée.

Après dix pots de gelée de pommes, denrée courante puisque pommiers à gogo aux vergers, quel délice, celui d’enfin ouvrir un trésor de confitures de prunes ou de cerises avec morceaux laissés à fondre dans la bouche pour que dure le plaisir. images

Je me souviens de ces longs ennuyeux après-midi entiers à cueillir grades, cassis et groseilles à maquereau (plus rarement celles-ci car moins productives), temps d’entraide familiale car à la ferme il n’était pas concevable de ne pas aider les parents dans presque toutes les tâches habituelles, y compris celles de la récolte des fruits à confitures.

L’automne approchant, nous courions vers talus et taillis à la recherche de mûres, en n’omettant surtout pas de prélever une bonne quantité de fruits encore rouges pour que la confiture prenne. Une fois de retour, il nous restait à ôter les piquants de nos doigts et à supporter quelques jours la brûlure des griffures de ces arbrisseaux épineux aux aiguilles acérées.

Merisier

Merisier

 

Au champ nommé la Verrerie, il y avait un merisier dont la généreuse fructification nous permettait quelques pots de délicieuses confitures de ces minuscules merises dont la cueillette nous colorait doigts et lèvres d’un gourmand rouge cramoisi.

Et ces tiges de rhubarbe, plusieurs fois l’an coupées car de rapide levée de tiges, qui permettaient de varier les plaisirs gustatifs. images 3

Le cagibi a été détruit ainsi que toutes les pièces de la maison de notre enfance.

Papa et maman s’en sont allés vers d’autres cieux d’éternité.

Fini le temps des confitures et gelées.

Je n’en consomme plus du tout. Trop sucré. Aliment vide, qui n’apporte rien de bon car fait avec du sucre blanc. Je préfère les fruits entiers à cette mixture archi sucrée. Sauf pour la consommation des tiges de rhubarbe sur lesquelles je ne voudrais me casser les dents !

Et vous, la confiture, ça vous parle ? 

 

( 12 juillet, 2018 )

Quelle vie d’éphémère !!!!

De l’apparition du premier hominidé à ce plus ancien insecte ailé toujours présent près de nos ruisseaux, il y a une éternité.

Si Lucy, l’une de nos ancêtres australopithèques, est apparue il y a un peu plus de 3 millions d’années, la venue de l’éphémère daterait d’il y a environ 300 millions d’années.

Hier encore, ignare que je suis, je ne savais rien de cet insecte et de sa curieuse vie.

En bref résumé très succinct !, à partir de l’œuf pondu par l’insecte adulte sort la larve baptisée du joli nom de naïade puis de nymphe.

Merci à wikipédia

Merci à wikipédia

Trois années s’offrent alors à elle en eau douce. Le farniente pour ce bébé qui se délecte de la couverture d’algues recouvrant les pierres du lit de la rivière, en la broyant et la mâchonnant avidement de ses grandes mandibules.  Miam !  A moins qu’un poisson affamé, passant par là, croque lui-même cette chose appétissante bien dodue !

Et maman, pendant ce temps, où donc est-elle ? Paix à son âme car après avoir engendré la petite et ses 500 à 3000 soeurs-oeufs, ne possédant plus de mâchoire l’infortunée accouchée trépasse dans la journée ou survit, sous une bonne étoile, quelques jours sans pouvoir s’alimenter. Obligatoire grève de la faim, erreur du créateur !!

Photo Insecte.org

Photo Insecte.org

 

Papa serait-il plus veinard ? Pas vraiment car, pour lui, une fois les galipettes accomplies avec sa dulcinée lors du bal nuptial, il passe de vie à trépas car, pour lui aussi, pas question de croquer un steak d’algues sans appareil buccal !

Pas enviable cette vie d’éphémère !

Si, cet été, vous passez près d’un paisible cours d’eau, ayez une pensée émue pour ces élégants insectes aux fines ailes transparentes dont la durée de vie ne dépasse pas la semaine et soyez contents d’avoir la possibilité de devenir centenaires !

Je laisse le mot de la fin, bienvenu, à Fleurette Lévesque (1915-1998), écrivaine française.

Le bonheur est éphémère, il passe sans s’arrêter, il s’attarde parfois, l’espace d’une illusion, mais rares sont ceux qui savent le retenir, le garder. Il est si fragile, si vulnérable, il suffit de trois fois rien pour l’effrayer, le voir fuir à jamais.

 

 

( 9 juillet, 2018 )

Soleil couchant

Coucher de soleil à Hauteville, le 7 juillet 2018
Coucher de soleil à Hauteville, le 7 juillet 2018

Ce doux soir de juillet, nous avons regardé le soleil se coucher sur les vagues rougies. Voguant vers d’autres cieux, reviendrait-il le lendemain, aussi radieux et espiègle, jouer sa sérénade à la terre éblouie ?

( 2 juillet, 2018 )

Solitude panthéonienne ?

« -Antoine, ne trouves-tu pas que cet endroit manque de clarté, de gaieté ?

Dieu merci, tu es à mes côtés et c’est le principal ! Après 67 ans de vie commune, ils n’allaient quand même pas nous séparer !!!

Image Ouest France

Antoine et Simone Veil  Image Ouest France

-Oui, Simone, nous étions pourtant bien dans ce cimetière de Montparnasse. Les amis ne manquaient certes pas. Tu te souviens des soirées où nous parlions littérature et poésie avec Jean-Paul Sartre et sa Simone, le grand Charles Baudelaire, Guy de Maupassant, Marguerite Duras, Joseph Kessel.

Image wikipédia

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre  Image wikipédia

Et ces après-midi à écouter Camille Saint-Saëns imitant les animaux de son Carnaval ! J’aimais aussi les matinées théâtre et cinéma avec Jean Poiret, Gérard Oury, Philippe Noiret et la petite dernière arrivée, la jolie Mireille Darc.  

-Ici, c’est le grand silence. Même pas de chats à venir chatouiller la pierre, aucun clair de lune dans la nuit brune, nulle aube rose, pas de chauve-souris frôlant le tombeau, la nuit venue. Et ces amoureux des cimetières qui hantaient les allées, même après minuit !

-Ououhhhh ! Y a quelqu’un d’autre là-dedans ?

-Simone, tu verras. Si nous ne vivons pas à ciel ouvert, tu t’habitueras à l’atmosphère qui nous convient finalement, n’ayant plus le souci de nourrir nos cellules. Nous sommes une bonne bande de copains qui faisons de chouettes réunions. Tu rencontreras Voltaire et Rousseau, Zola et Jaurès. Même Victor Hugo, Louis Braille et Sadi Carnot.

-Qui es-tu, toi qui me parles ?

-Devine. Moi aussi j’ai connu les affres de cette satanée Seconde Guerre Mondiale et si toi, dans ce camp de concentration, tu as failli perdre la vie, moi, elle m’a été ôtée après tant de tortures, dans un train en partance vers un autre camp en Allemagne, le 8 juillet 1943. Certains disent que ces cendres ne m’appartiennent pas ! Qu’ils causent toujours ! Mon esprit est bien là ! Ils ont mis 21 ans pour m’accorder ces honneurs. Toi, Simone, un an après, tu es là ! C’est de l’express !! Dis donc ! 

-Jean Moulin, tu es Jean Moulin ! Un honneur pour nous de te côtoyer maintenant pour un certain temps.

-Vous verrez aussi Pierre et Marie Curie.

Pierre et Marie Curie   Image Musée Curie

Pierre et Marie Curie Image Musée Curie

Tout se passera bien. Les visites ne manquent pas. Et si nous avons des revendications à faire, il sera toujours temps d’interpeler le prochain chef d’Etat qui nous rendra visite. Nous pourrions monter un SRP !

-SRP ? Je ne vois pas !!!

-Un syndicat des Râleurs du Panthéon !wiki

Finalement vous au moins, vous êtes en couple ! Trois heureux binômes en tout dans ce château des QFGFH (Qui Furent de Grandes Figures de l’Histoire) ! Veinards !

 

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