( 27 août, 2018 )

Si chère Benoîte !

Vous êtes légèrement morose ? Le soleil estival vous manque ? L’approche de l’automne et de ses désagréments nous guette ? Que faire pour sourire en cet instant précis ? 

J’ai trouvé le remède, certes éphémère mais si bienfaisant, à tous ces petits maux.  Des larmes de rire ne peuvent que couler à flots sur vos joues, déclenchant ce lâcher des zygomatiques, nerfs, plexus, décoinçant mâchoires et tensions de toutes sortes, peut-être même vous offrant, en lieu de la pilule à dormir ce soir, une merveilleuse tasse-infusion de sommeil.

Photo Femme magazine

Photo Femme magazine

 

Eh bien, j’y arrive ! Non, je n’ai pas le don de vous apporter cette détente sauf par l’entremise de Benoîte Groult (1920-2016), merveilleuse écrivaine dont je fais en ce moment une cure de livres. Et je me délecte. Excellentissimes passages à propos de la vieillesse en particulier, dans laquelle elle est entrée et dont elle se rit élégamment. Car « Le problème, c’est que pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être entré en vieillesse…. »

Photo Nouvel Obs

Photo Nouvel Obs. Benoîte, Mitterand et Paul Guimard, son mari

 

« Que se passerait-il si je faisais encore l’amour avec Adrien ? Il enlèverait ses prothèses dentaires et ne pourrait plus me mordre. J’enlèverais mes prothèses auditives et ne pourrais plus entendre ses mots d’amour (si on les garde, ça siffle quand on vous prend la tête entre les mains. Si on les enlève, il faut vous crier « Je t’aime », comme Yves Montant dictant un télégramme d’amour à la demoiselle des Postes dans un numéro célèbre), nous pousserions de petits gloussements que l’autre prendrait pour des cris d’extase alors qu’ils traduiraient une sciatique, une crampe ou quelque difficulté à faire progresser un outil périmé dans un conduit désaffecté. Je lui crierais « Mais tu m’as mis quelque chose de rouillé, Adrien ! Ôte-moi ça, s’il te plaît ! » Etc etc….

Photo Paris-Match

Photo Paris-Match

Extrait du livre « La touche étoile », sublime de drôlerie et d’émotion, de même que ses autres bouquins dont le tout dernier « Journal d’Irlande, carnets de pêche et d’amour« , savoureux recueil de notes issues de ses cahiers, sorties des tiroirs par sa fille. Un bonheur pour nous, l’amour usé de son mari, la fougue de son amant……

Si vous n’avez ni ri ni souri à la lecture de ce passage, inquiétez-vous de votre santé !!!!!

 

 

( 20 août, 2018 )

Attente

   

L'iris, messager des dieux, porteur de bonnes nouvelles.

L’iris, messager des dieux, porteur de bonnes nouvelles.

       

 J’attends mon bel Ami. Viendra-t-il aujourd’hui ?

Je l’attends chaque soir sur le pas de la porte

 Que je n’ose fermer.  Mais dehors, pas un bruit

Sauf le cri de la chouette que le noroît apporte,

Les pleurs du petit veau de sa mère éloigné,

Les répons angoissés de la vache à l’étable,

Lamentations d’un chien à la chaîne entravé,

Qui implore la terre, liberté introuvable.

 

J’attends mon bel Ami. Oui, il viendra demain 

Car il me l’a promis. J’entendrai sur la route

Son crissement de pas, son souffle sibyllin.

Mon cœur s’emballera. Evanouis mes doutes !

Mon sang bouillonnera. Le printemps sera là

Même au cœur de l’hiver. Et je lui dirai : « Entre !

Heureuse de te voir ! Viens sous la véranda ! »

Lui offrirai mes seins, mes lèvres, et de mon antre

 

Lui donnerai à boire un nectar raffiné.

Toute la nuit, nos corps ne feront que s’aimer

Et frémiront, heureux, sous nos folles caresses.

Il partira ensuite, car il faut se quitter,

Oui, pour se retrouver. De l’attente ivresse.

 

Nellie, La Mauvillière, lundi 20 août, 21h.

( 16 août, 2018 )

To my lovely Love

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Dessin Centerblog.net

 J’ai empli mon panier de maints superlatifs

Cueillis tôt ce matin à l’arbre de la vie,

Tout gorgés de rosée, au pouvoir nutritif

Vitaminé, intense, pour faim inassouvie.

 

Tes mains sont les plus douces aux miennes enserrées

Ou à mon corps offert quand elles frôlent le tour.

Ta bouche la plus tendre sur mes lèvres posée,

Sur mon front et mon cou, s’attardant en détour.

 

De tes mots les plus fous je me nourris sans fin.

De tes promesses aussi, même quand elles sont folles.

La plus belle aventure, je la découvre enfin

 

Près de toi, mon Amour. Mes plus soyeux instants,

Mes rêves les plus fous, ma plus gaie barcarolle,

Je les vis maintenant chaque jour, hors du temps.

 6h du matin, le 16 août 2018

( 5 août, 2018 )

Notre symphonie

 

 

Photo significationfleurs.fr

Photo significationfleurs.fr

 

Tes deux mains sur mon corps jouent une symphonie,

Ta bouche sur mes lèvres entame un menuet.

Et nos corps enlacés dansent en harmonie

Une si folle valse au parfum du muguet.

 

Ange de mes doux rêves, dieu de ma tendre Olympe,

Je n’ose imaginer que je te retiendrai

Avec mes talons hauts et ma soyeuse guimpe.

Car, vois-tu, je n’ai plus du jeune âge l’attrait

 

Et le regrette tant. Cependant nulle offense

Ne ferons à Vénus. Et puisqu’elle a voulu

Que nos chemins se croisent, profitons de la chance !

 

 Aimons-nous, charmons-nous, c’est notre symphonie.

 Telle celle de Schubert, retardons le moment

Où nous saurons tous deux qu’elle s’est achevée !

 

La Mauvillière,  9h30, le 5 août 2018

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