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( 27 septembre, 2018 )

Na na na né né né ou Le chant du nez qui pleure

Ma copine Mo qui l’a pourtant si joli en plein milieu du visage, bien qu’elle ne puisse, par un maladroit geste du créateur, l’admirer, nous non plus d’ailleurs, a en ce moment une incisive contre lui. cuisse 3

Sans que vous me tiriez les vers du nez, je vous en dirai juste deux mots.

Cet indispensable promontoire lui joue de vilains tours de gorge, l’enchaînant à une série de toussotements et éternuements en salves, tel un carabinier peu sérieux, avide d’épuiser sottement ses munitions. Malheureuse jusqu’à, entre deux quintes de ces expectorations pseudo-bronchitales, prestement glisser cette phrase de Marcel Marriën, l’incontournable aphoriste belge : mon « nez est l’idiot du visage. »

Autres auricules

Après mainte et mainte consultation au cabinet de son officier de santé, il lui a été signalé qu’un malin fragment d’amalgame dentaire avait osé choisir ses sinus paranasaux pour auberge.

Fichtre ! Qu’allait-il faire dans cette galère cloisonnée exposée aux quatre vents, aux soudaines crues torrentielles ou aux grands coups de chiffon de papier blanc risquant de l’expulser de sa chambre ?oeillets 11ww

 

Sachant qu’ « un coup d’oeil est souvent trompeur, pas le coup de nez », dixit Philippe Sollers qui a donné raison au charmant Antonio, Mo s’est enfin décidée à consulter un spécialiste ORL.

En pensant certainement qu’ « un nez qui peut voir en vaut deux qui reniflent », comme le dit si bien Eugène Ionesco.

Oui mais…. Il lui a fallu souffler du nez pour accepter une nasofibroscopie et ce fin tuyau engagé d’un côté de la narine se dirigeant vers ses buts précis : visites guidées du larynx et du pharynx.oeillet 2 ww

Oui, oui, l’on se passerait bien d’une telle excursion !

Désormais lointain souvenir d’un bref séjour chez notre jeune docteur italien, Mo et son nez se remettent tranquillement en défaisant, matin et soir, une pleine valisée de jolies dragées multicolores. Jusqu’à ce que, je le lui souhaite de tout cœur, le rétablissement s’amorce et que ma chère amie reprenne toutes ses activités, les doigts dans le nez !

Pour parfumer cet article pauvre en nez, permettez-moi de l’embaumer avec quelques fleurs écloses (Rose Cuisse de Nymphe Emue, auricules et œillets) en ce moment au jardin. A bientôt pour des aventures autres que nasales.

( 22 septembre, 2018 )

Macadamia, pacanes, anacardes et Cie

L’eau à la bouche, le fruit dans l’arbre et le mot…. sur la langue ? Voyons voir.

Si vous élargissez vos connaissances botaniques en même temps que moi, alors c’est parfait ! Je suis comblée. 

Chaque midi, fruitarienne à la douzième heure du jour, je me régale de noix différentes ajoutées à mon bol de fruits.

Quelles noix, me demandez-vous ?

 

Noix de macadamia

Noix de macadamia

Eh bien, les noix de Macadamia (45€ le kilo !). Je viens d’apprendre que ces jolies petites boules écrues proviennent du macadamier ?Oui, aussi appelé noyer du Queensland qui pousse en Australie et en …Espagne. Ces graines « aux mille vertus » sont bourrées de sels minéraux et d’une huile de grande qualité.

 

Noix de Pécan

Noix de Pécan

Une autre portion de noix de Pécan ou pacanes, issues du pacanier nord-américain, riches en anti-oxydants.

250px-Cashew_nut_industEn plus, quelques noix de cajou, en forme de fœtus. Ou bien anacardes nées de l’anacardier brésilien. Vous avez projeté de vous rendre prochainement au pays du carnaval de Rio ? Attention ! Si vous tombez sur un anacardier, ne consommez pas ses noix crues car toxiques. Mais comestibles une fois cuites seulement, pleines de protéines végétales.

 

Noix du Brésil

Noix du Brésil

Quant aux noix du Brésil, gorgées de vitamine E, également connues sous le nom de châtaignes d’Amazonie, elles apparaissent sur le noyer du Brésil. Pas de piège à celui-ci. Vous auriez pu le deviner de suite. 

Inutile de vous demander comment s’appellent les arbres porteurs des noisettes et noix ordinaires ajoutées à ma mixture et en provenance directe des talus du champ, surtout en ce moment car gaulées par les rafales du vent de galerne (ouest). Et que j’obtiens patiemment, casse-noix vissé en main, en regardant, le soir, un bon film à la télé, à condition qu’elles ne résistent pas à sortir de leur coque douillette !  

( 20 septembre, 2018 )

A chaque arbre son fruit…

« L’arbre est connu par ses fruits, non par ses racines », dit un proverbe. Au propre comme au figuré.

Restons-en au propre un instant.

En ce mois de septembre, cueillons, cueillons pêches, pommes et poires. Récoltons châtaignes, noisettes et noix.

Vous savez que beaucoup d’arbres portent des fruits, comestibles ou non. Mais connaissez-vous leurs noms ? En voici quelques-uns qui jonchent nos chemins et routes en ce moment.

 

Photos wikipédia

Photos wikipédia

Ainsi, que porte le hêtre ? Bingo. Vous avez dit faînes. La faîne, c’est cette minuscule amande enfermée dans sa cupule, qui en sort dès que mûre. A petite dose, elle est comestible aux humains et régale plus souvent écureuils, blaireaux, sangliers et oiseaux.

samares du frêneEt le frêne ? Son fruit est la samare, un akène (fruit sec non déhiscent, qui n’éclate pas), tels le gland ou la faîne. Un fruit lui aussi apprécié des écureuils et oiseaux, comestible pour les humains, les Anglais les consommant comme les câpres ou cornichons.

glandQuant au chêne, inutile de nommer ce gland dont les animaux qui s’en nourrissent exclusivement sont des balanophages (le cochon sauvage, le sanglier et autrefois les Egyptiens et des peuples nomades dont c’était l’aliment de base pendant la saison).

A suivre…

 

 

( 18 septembre, 2018 )

La vie est un grand jeu

 

Photo wikipédia

Photo wikipédia

La vie est un grand jeu, éventail de possibles.

Jeu du hasard de naître en cocon bienveillant,

Avec parents aimants ou famille terrible,

Tel un pauvre gavroche jeté dès que naissant.

 

Un jeu de memory aux règles éphémères,

Car sans arrêt changeantes à qui veut les savoir.

Jeu de colin maillard, les yeux pleins de chimères,

Les bras toujours tendus afin de ne pas choir.

 

Un jeu du quitte ou double avec le partenaire,

Hasard de loterie, la chance de l’été ?

Amère comédie ou manège enchanté ?

 

Un jeu de l’élastique, aujourd’hui comme hier,

Avec rebondissements, un passe-temps de hasards

Et ses multiples choix, avant le grand départ !

 

Nellie, mardi 18 septembre 2018, à midi

( 13 septembre, 2018 )

Bizarreries de vocabulaire. Merci Joo !

lever« Maintenant vous ascendez vos bras au-dessus de votre tête », nous a dit ce matin Joo, notre charmant et très compétent professeur de yoga-Qi-Gong, récemment arrivé d’Angleterre et qui a très vite dû s’immerger dans la langue française.

Un quart de seconde d’étonnement et oui, bien sûr ! Oh, ce verbe que j’oyais pour la première fois et dont j’ai aussitôt saisi le sens, tant il est évident. Vous aussi, n’est-ce pas ? 

Ascendre-descendre

Sitôt revenue à la maison, j’ai saisi le Littré en 5 volumes et rien de rien à ascendre. Bien sûr, ascendant, ascendance, ascenseur, ascension, ascensionnel, ascensionniste (qui fait une ascension en montagne).

Tous ces mots opposés à descendant, descendance, descensionnel et même descenseur. Eh oui, un descenseur, c’est un objet propre à descendre des objets ou des personnes. Peu usité de nos jours il me semble !

Prenons l’ascenseur pour joindre le 7e étage et le descenseur pour gagner le rez-de-chaussée !! Pourquoi pas !

Photo you tube

Photo you tube

Et l’opposé à descente, serait-ce ascente ? Pas de traces de ce mot.

Les Britanniques seraient-ils plus conservateurs que nous grâce au vocabulaire apporté par Guillaume Le Conquérant il y a bientôt deux mille ans, emprunté au latin ascendere, descendere ?

Comme j’aime beaucoup le yoga et le professeur qui l’enseigne, je retournerai bien volontiers jeudi prochain pour ascendre mes bras au-dessus de ma tête !

Merci, Joo pour la résurrection de ce mot quasi perdu et que désormais j’utiliserai chaque fois que j’en aurai l’occasion. Une mort évitée et tant mieux ! 

 

 

( 6 septembre, 2018 )

Mon cloître de verdure (revu et enrichi)

Oui, il s’agit toujours du même cloître de verdure et de la même nonne en robe légère de coton, chaussée de sandales de rosée dans le petit matin, chapeautée d’un bibi anti-soleil aux heures chaudes du jour et revêtue d’une petite laine le soleil couchant venu. 

J’ai juste amélioré le texte paru il y a un ou deux ans sur le blog, venant ce jour de l’envoyer pour parution dans une revue (d’un ami d’une amie) à très faible tirage.

Alors si le cœur vous en dit, revenez faire une balade avec moi dans cet endroit à la limite des mondes mystique et profane. 

              

                                   

        A Patrick et Joo

                  Mon cloître de verdure

 

détail du mandala (1)J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons d’ordinaire le sentier imprimé par nos allées et venues, au fil des jours, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse, la quiétude assurée.

 

Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère convexe aux contours réguliers, longeant d’autres prairies, bordé, à l’occident, d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

 

En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers,  touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et d’oiseaux. Un mélèze helvète y pousse allègrement, souvenir d’escapade au pays des enfants expatriés.   Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.mandala-2-o-300x234

 

J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

 

Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage.

Sur le talus oriental, une douzaine de sapins croissent élégamment, symboles des Noëls de naguère. Car les enfants ont depuis fort longtemps déserté le cocon. Mais les confères sont là, évoquant le mystère de la Crèche et ces matins des étrennes aux paquets avidement ouverts.

 Mandala 1

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo. Pour tous ces êtres chers, tel un Ave Maria, Requiem, Te deum ou In Paradisum, j’ai dessiné ce mandala sous un chêne abrité. Qu’ils reposent en paix, ces doux êtres chéris !

 Le mandala (cercle de 2m  de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies , aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kms du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

Le mandala (cercle de 2 mètres de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies, aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kilomètres du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

 

Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller cependant car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai alors encore humer le frais parfum des fleurs du pommier ou poirier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage réjoui.

Nellie Duval, La Mauvillière. Modifié le 5 septembre 2018

( 4 septembre, 2018 )

Château de sable, hutte de paille

 

Epilobe

Fragile comme les pétales de l’épilobe

 

Le bonheur est un compagnon fragile

Qu’il faut apprivoiser avec dextérité,  

Tel un château de sable modelé,

Bâti jour après jour au bord d’une île.

 

Créée avec la tendresse des doigts,

Sous l’ardente lumière estivale,

L’éphémère forteresse royale,

Née de l’union de deux cœurs en émoi,

 

Va-t-elle pouvoir préserver ses murailles

Contre les éléments perturbateurs

Prêts à tuer la cité du bonheur,

A l’engloutir entière, vaille que vaille ?

 

Avec le poète je dis : « Rêver,

C’est le bonheur, attendre, c’est la vie. »

L’attente a ses plaisirs, flamme d’une bougie,

Vacillante parfois, que je ne veux souffler.

 

Nellie, La Mauvillière, 11h du matin, le 4 septembre 2018

( 1 septembre, 2018 )

Déhiscant, ce marron d’Inde ?

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En ce moment roulent sur l’asphalte de gros cailloux (mar en ligure, parler italien du sud, signifie caillou) végétaux quasi ronds, marron qui font pester cyclistes et motocyclistes risquant de chuter de leur engin.

Oui, il s’agit des marrons, fruits du marronnier d’Inde qu’on dit déhiscants puisqu’ils s’ouvrent spontanément à maturité, quittant leur enveloppe bogue. Mon vieux lexique latin français indique que le verbe dehiscere signifie s’entrouvrir.

Chic alors ! Un mot nouveau à notre vocabulaire ! Dur, dur de le placer dans une conversation, il est vrai.

Dialogue entre deux marrons :

« -Hier, ma bogue m’a déhiscé. Et toi, qu’attends-tu ?

   -Seules deux de mes fentes sur trois sont ouvertes. Ça devrait être pour demain ! »

Aesculus_hippocastanum_fruit

Trois valves s’ouvrent pour laisser sortir le fruit.

Venu d’Inde, cet arbre ?

Non, il n’en est rien. Un peu façon Christophe Colomb et ses Indes américaines !

L’arbre robuste qui a dû survivre à la glaciation du côté des Balkans (merci wikipédia) a probablement été introduit à Constantinople en 1557. Un ambassadeur en aurait  glissé un fruit dans la poche d’un autre ambassadeur et, de nonce en légat, le tour était joué jusqu’à Paris, la graine prête à germer plantée à l’hôtel Soubise en 1612.

Sa famille ? Les Hippocastanaceae. Y aurait-il du cheval là-dedans ? Dans le langage populaire, l’arbre est aussi nommé faux châtaignier ou châtaignier de cheval. Parce que ces équidés pouvaient en manger, sans excès cependant car très astringent. Gare aux brûlures entre leur sphincter et pylore !!!

feuille marronnier

Pas possible de confondre une feuille de marronnier avec une autre du châtaignier !

feuille châtaignier

Feuille de châtaignier

 

Mais alors pourquoi la châtaigne est-elle si souvent appelée marron mais jamais l’inverse ?

« Chauds, chauds, les marrons, chauds….. »

Probablement car le marron-châtaigne, plus gros et charnu, plus délicieux aussi, utilisé par les confiseurs, possède une seule amande qui ne s’écrase pas à la cuisson alors que notre châtaigne commune en possède trois, habillées de leur peau amère.

Gare aux confiseurs fraudeurs qui confondraient les deux marrons. Ils ne tireraient plus les marrons de leur feu mais deviendraient les marrons de cette farce !!!

Notons cependant que notre cher marron d’Inde, si indigeste voire vomitif, rend de précieux services à la médecine puisque ses graines sont utilisées pour l’insuffisance veineuse…. Mais ce serait une autre histoire….

A marron mauvais bonne châtaigne !!!!!!

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