( 1 décembre, 2018 )

Poème à maman

 

Revu et amélioré le 1er décembre 2018, cinq ans après que maman est partie.

Du chagrin au manque, du manque à la résignation, de la résignation à la paix, avec éternels regrets cependant…

 maman permis

 

Maman, si tu savais…

Maman, si tu savais le chagrin que me cause

La vue de ta demeure autrefois habitée,

Aujourd’hui dénudée, solitaire, oubliée,

Et ton coquet jardin aux bordures de roses,

Garni de beaux légumes pour toute la famille,

Au coin ombré de menthes et puis de camomilles.

  

Intarissables pleurs d’un temps évanoui !

Perdues à tout jamais, les saisons de l’enfance !

Orpheline, maman, de ta douce présence,

Déesse du refuge, maîtresse du logis.

Me manquent ton sourire et ta proposition :

« Allons donc au jardin voir ce qui a poussé ! »,

Panier d’osier en main, pour quelques légumes frais

Que tu savais offrir, toujours à discrétion.

Nos chambrettes coquettes, large escalier de bois

Aux rampes dévalantes, les armoires aux draps blancs

Pieusement conservés, défraîchis par les ans,

Racontant les grands-mères : « Dis-moi encore une fois…. »

Et maman rappelait que cette broderie

Au fin fil de coton, c’était celle de Marie.

 

Cette salle à manger préservée des repas

Pour ne pas la salir, à cirer chaque année,

Avec sa table ronde et, sur le grand buffet,

Ce chantant pose-plats, cadeau d’un beau-papa.

Ces vieux miroirs piqués vers lesquels nous tendions

Nos frimousses d’enfants pour interrogation.

 

Les vilains souvenirs s’estompent avec le temps.

Ne restent que ces vagues à chagrin et regrets,

Montée d’escalier et cour à traverser,

Un trottoir à franchir et accéder, maman,

A toi, enfin ! « Bonjour, ma Lily, tu vas bien ? »

J’irais mieux si, maman, tu revenais demain.

 

Juste pour un instant, à gratter tes allées, 

A cueillir les tomates, défouir les pommes de terre,

Ecosser les p’tits pois de tes doigts de fermière, 

A mijoter la soupe ou préparer le thé.

Juste quelques minutes pour savoir si, là-bas,

Dans ton beau paradis, tu as rejoint papa.

 Papa et maman plage

Je te porte en mon cœur, ma petite maman,

Mais n’ai pu y loger notre grande demeure

Qui, depuis ton départ, vers le néant se meurt.

Si, malgré tout, je vis encor quelques printemps,

Je n’oublierai jamais nos plus jeunes années

Et pleurerai le temps de notre maisonnée.

 

  

4 Commentaires à “ Poème à maman ” »

  1. Anonyme dit :

    Magnifique poème. ..c’est exactement ce que je pense mais sans jardin car nous étions en appartement..maman est particle voilà 40 ans et papa 4 ans plus tard.
    Mais ils sont toujours dans mon coeur.
    Comme je serais heureuse si je pouvais et surtout écrire mon ressenti. ..
    Merci nelly c’est magnifique. .

  2. nellieguil dit :

    Lénaël Duval Très touchant, triste en même temps, de savoir que tes souvenirs de la maison de Mammie, nous en avons aussi, et de savoir que tout ce lieu où nous avons passé notre enfance, est devenu tout autre me remplit de chagrin

  3. nellieguil dit :

    Patrick Ardagh-Walter Quel beau poème, Nellie! Il évoque avec tellement de lucidité la maison de ton enfance.

  4. nellieguil dit :

    Dominique Kremp Beaucoup de tendresse … Tu as vraiment là un beau Jardin à cultiver ! Je t’embrasse

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