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( 30 janvier, 2019 )

Rêve en clair obscur

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J’aime à marcher le soir, quand la nuit est tombée

Et que le monde dort dans ses maisons fermées.

J’aime à flâner au champ, en quête de repos

Après l’agitation, changement de tempo,

Dehors à écouter l’immensité du monde,

Sous le blafard éclat de l’astre à tête blonde.

Une étoile parfois brille de tous ses feux

Scintillant dans la nuit, un clin d’œil fort joyeux.

Longues minutes assise à écouter, sereine,

Les bruits si différents, dans ma petite laine.

A regarder le ciel, insondable noirceur,

A humer le silence, le calme et la douceur

A toucher, les pieds nus, la rosée fraîche et douce

Du tapis végétal, telle soyeuse mousse.

 

Image de la vie, un gros nuage arrive,

Féérie capturée. Et me voilà pensive.

 

Oserai-je espérer qu’un jour tout en clarté,

 Une nuit, pourquoi pas ? je Te rencontrerai.

( 21 janvier, 2019 )

Doux blanc bonheur

« Le bonheur est comme la neige : il est doux, il est pur et… il fond.”

 Claire Malesset, poétesse belge

 

Il y a bientôt quatre décennies, nous découvrions en famille nos premiers émois enneigés.

Avant ce voyage vers les Vosges en février 1981, les annuels rares épisodes blancs normands avaient bien sûr ponctué nos hivers, ces beaux jours à regarder tomber les légers flocons immaculés, le nez collé à la vitre de la chambre, les yeux émerveillés par cet insolite grandiose spectacle, à construire un bonhomme de neige ou faire une partie de boules glacées.

eE,n février 1983, at home.

En février 1983, at home.

 

 Partir enfin pour la toute première fois aux « Sports d’hiver » avec mari et enfants, pour faire comme tout le monde, offrir aux jeunes un joli voyage et découvrir un nouveau coin de France, quelle aventure !

Pourquoi avions-nous choisi les Vosges, du côté de Fresse-sur-Moselle ? Parce que les ballons vosgiens m’impressionnaient moins que les pics alpins.

Si Lénaël, âgé de 5 ans, pouvait affronter les frimas sans problème, pour Romaric, le petit dernier, tout juste 1 an et demi, les bras des parents et la luge furent un refuge sûr.

Neige 1981Si doux souvenirs lointains ravivés par ce merveilleux récent voyage à Grimentz pendant lequel nous avons tous profité des joies offertes par ce blanc tapis.

 Ce sont maintenant les enfants des enfants qui s’adonnent aux joies de la luge … Une génération pousse l’autre ! Ainsi va la vie ! Sans amertume, en attendant la prochaine neige normande ou transalpine !

Chanson pour les enfants l’hiver

Dans la nuit de l’hiver
Galope un grand homme blanc
C’est un bonhomme de neige
Avec une pipe en bois,
Un grand bonhomme de neige
Poursuivi par le froid.

Il arrive au village.
Voyant de la lumière
Le voilà rassuré.

Dans une petite maison
Il entre sans frapper ;
Et pour se réchauffer,
S’assoit sur le poêle rouge,
Et d’un coup disparaît.

Ne laissant que sa pipe
Au milieu d’une flaque d’eau,
Ne laissant que sa pipe,
Et puis son vieux chapeau.

Jacques Prévert

 

neige 1981 Vosges 1

  

( 9 janvier, 2019 )

Le grand chêne du champ…… Poème

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Histoire vraie dont les personnages principaux, intemporels, me rappellent chaque jour, lors de mes balades au champ avec mes amis chiens, le don de cette courte vie de Jules, le frère bienaimé d’Angélina, ma chère grand-mère, tué à la guerre en 1915. Le chêne que Jules planta en 1902 est toujours là. Une descendante hulotte aussi, qui s’y aventure, chaque  nuit, en hululant. Quant à l’esprit de Jules, peut-être vogue-t-il quelque part entre le Pas-de-Calais et son havre natal ? 

Le grand chêne du champ

Pleure son ami Jules    

Parti depuis longtemps      

Vers une guerre nulle.

Ses larmes s’accumulent

Et creusent chaque hiver,  

Quand le ciel est chagrin,

Une mare à la terre,

Pour les oiseaux un bain.

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Or depuis plus d’un siècle,  

L’ami Jules est parti.

Et depuis plus d’un siècle,

Le grand chêne survit.

Doucement, lentement.

Son large tronc se vrille.

Ses branches dans le vent  

 Grincent et se fendillent.

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Dame chouette hulotte

Nuitamment vient le voir,

Sous la lune pâlotte.

Se perche au reposoir

 Pour convoiter mulots,

 Ratons et lapereaux,

Pour capturer sans peine

Taupes et musaraignes.

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Le vieux chêne devine

Que, là-bas dans le Nord,

Dans un matin de bruine,

Son ami Jules est mort

Sans être secouru,

Tué par l’ennemi.

Son sang il a perdu !

Vile guerre ! Courte vie !

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Jules, mon arrière grand oncle, a quitté la vie à 21 ans.

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Depuis mil neuf cent quinze,

Dans le Pas-de-Calais,

A la côte cent quinze,

Un autre chêne est né.

Le vieil arbre sourit

En pensant que là-bas

L’esprit de Jules vit.

Il lui ouvre les bras.

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Ecrit en 2010. Révisé le 23  janvier 2019

 

( 9 janvier, 2019 )

Une étoile, rien qu’une étoile…

L'étoile du berger Camille Corot 1864

L’étoile du berger Camille Corot 1864

Du poète André Breton (1896-1966) je connais très peu d’écrits. Et si je n’éprouve guère de plaisir à lire sa poésie surréaliste, je suis tombée amoureuse d’un de ses vers.

« …Une étoile, rien qu’une étoile perdue dans la fourrure de la nuit. » (extrait du poème Du rêve, New-York 1943).

Pourquoi ? me direz-vous.

Peut-être parce qu’elle illustre notre passage sur terre, entre lumière et ombre, joie et chagrin, entre petitesse et grandeur, plaisirs et solitude, perdus dans l’infinitude ouatée

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