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( 9 janvier, 2019 )

Le grand chêne du champ…… Poème

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Histoire vraie dont les personnages principaux, intemporels, me rappellent chaque jour, lors de mes balades au champ avec mes amis chiens, le don de cette courte vie de Jules, le frère bienaimé d’Angélina, ma chère grand-mère, tué à la guerre en 1915. Le chêne que Jules planta en 1902 est toujours là. Une descendante hulotte aussi, qui s’y aventure, chaque  nuit, en hululant. Quant à l’esprit de Jules, peut-être vogue-t-il quelque part entre le Pas-de-Calais et son havre natal ? 

Le grand chêne du champ

Pleure son ami Jules    

Parti depuis longtemps      

Vers une guerre nulle.

Ses larmes s’accumulent

Et creusent chaque hiver,  

Quand le ciel est chagrin,

Une mare à la terre,

Pour les oiseaux un bain.

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Or depuis plus d’un siècle,  

L’ami Jules est parti.

Et depuis plus d’un siècle,

Le grand chêne survit.

Doucement, lentement.

Son large tronc se vrille.

Ses branches dans le vent  

 Grincent et se fendillent.

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Dame chouette hulotte

Nuitamment vient le voir,

Sous la lune pâlotte.

Se perche au reposoir

 Pour convoiter mulots,

 Ratons et lapereaux,

Pour capturer sans peine

Taupes et musaraignes.

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Le vieux chêne devine

Que, là-bas dans le Nord,

Dans un matin de bruine,

Son ami Jules est mort

Sans être secouru,

Tué par l’ennemi.

Son sang il a perdu !

Vile guerre ! Courte vie !

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Jules, mon arrière grand oncle, a quitté la vie à 21 ans.

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Depuis mil neuf cent quinze,

Dans le Pas-de-Calais,

A la côte cent quinze,

Un autre chêne est né.

Le vieil arbre sourit

En pensant que là-bas

L’esprit de Jules vit.

Il lui ouvre les bras.

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Ecrit en 2010. Révisé le 23  janvier 2019

 

( 9 janvier, 2019 )

Une étoile, rien qu’une étoile…

L'étoile du berger Camille Corot 1864

L’étoile du berger Camille Corot 1864

Du poète André Breton (1896-1966) je connais très peu d’écrits. Et si je n’éprouve guère de plaisir à lire sa poésie surréaliste, je suis tombée amoureuse d’un de ses vers.

« …Une étoile, rien qu’une étoile perdue dans la fourrure de la nuit. » (extrait du poème Du rêve, New-York 1943).

Pourquoi ? me direz-vous.

Peut-être parce qu’elle illustre notre passage sur terre, entre lumière et ombre, joie et chagrin, entre petitesse et grandeur, plaisirs et solitude, perdus dans l’infinitude ouatée

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