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( 26 février, 2019 )

Pour Mo

Pour Mo, incontournable amie, une rimaillerie sans queue ni tête

        

              Notre âge ?

 

Un an de plus, un an de moins ?

Pourquoi toujours nous demander

« Quel âge as-tu ? Déjà si loin ? »

 

Nulle en calcul, j’ai décidé

De m’accorder une faveur :

Toutes ces années ne plus compter.

 

Restent les rides, témoins du temps !

L’une qui monte vers le ciel,

Deux qui s’en vont vers le couchant !

 

Autre faveur : aller choisir

Jolies lunettes rétrécissantes.

Rien n’vaut le flou pour embellir !

 

T’en fais donc pas ! Derniers conseils :

Souris souvent, ris aux éclats,

Tu seras belle et jamais vieille !

Ancolie au jardin

 

La Mauvillière, le 21 février 2019, 8h du matin

( 19 février, 2019 )

Goutte de lait sur tapis vert

Le voici revenu,

Encore en élégance,

Toujours dans la fringance,

Sur le bord du talus.

 perceneige 1

Goutte de lait

Sur tapis vert,

Curiosité

pré printanière.

 perceneige2

Galanthus nivalis

Au quatrième pluviôse *,

Cousin d’Amaryllis,

Troue-neige virtuose,

Tantôt du féminin,

l’Académie l’atteste*,

Ou bien du masculin,

Tournerait-il sa veste ?

Précurseur du printemps,

Si joli perce-neige,

Tu arrives à temps,

Tel un joyeux arpège,

Harmonieux accord,

Bienveillance fleurie,

Appréciable trésor

Au souffle de ma vie.

 

La Mauvillière, le 19 février 2019, 11h du matin

 

*Au calendrier républicain (1792-1806) instauré  lors de la Révolution, le 4e jour du mois Pluviôse porte le nom de la fleur. Parmi les 30 jours, 24 portent le nom d’un végétal. Quelle fascinante originalité, ce calendrier issu d’idées révolutionnaires ! Et si nos Gilets Jaunes instauraient un nouveau passe-temps annuel en donnant à chaque période de 24 heures des noms de … revendications !!!! Je vous laisse le consulter. Il est trop … chou !

Pluviôse
(20 janvier – 18 février)
1 20 jan Lauréole
2 21 jan Mousse
3 22 jan Fragon
4 23 jan Perce-neige
5 24 jan Taureau
6 25 jan Laurier-tin
7 26 jan Amadouvier
8 27 jan Mézéréon
9 28 jan Peuplier
10 29 jan Cognée
11 30 jan Ellébore
12 31 jan Brocoli
13 1er fév Laurier
14 2 fév Avelinier
15 3 fév Vache
16 4 fév Buis
17 5 fév Lichen
18 6 fév If
19 7 fév Pulmonaire
20 8 fév Serpette
21 9 fév Thlaspi
22 10 fév Thimele
23 11 fév Chiendent
24 12 fév Trainasse
25 13 fév Lièvre
26 14 fév Guède
27 15 fév Noisetier
28 16 fév Cyclamen
29 17 fév Chélidoine
30 18 fév Traîneau

*Quoique le nom perce-neige soit originellement féminin – d’après d’anciennes versions des dictionnaires français dont Le Petit Larousse et le Littré, il est de plus en plus utilisé au masculin. Le dictionnaire de Furetière de 1727 le dit masculin mais signale que l’Académie le fait féminin. L’usage a fait que les deux genres sont autorisés. Quant au pluriel, deux possibilités existent depuis 1990 : perce-neige ou perce-neiges, dixit Wikipédia.

( 16 février, 2019 )

Du côté de Sleepy Hollow

brou5

Une première rencontre a toujours un caractère émouvant. Appréhension de l’inconnu, saut dans le grand vide, à pieds joints non assurés, manque de contrôle, de visibilité… Enfin lâcher prise pour aller vers cette découverte…

Le message initial venant de sa part, qui m’a séduite, je vous le livre :

 » Rire souvent et sans restriction ; s’attirer le respect des gens intelligents et l’affection des enfants ; tirer profit des critiques de bonne foi et supporter les trahisons des amis supposés ; apprécier la beauté ; voir chez les autres ce qu’ils ont de meilleur ; laisser derrière soi quelque chose de bon, un enfant en bonne santé, un coin de jardin ou une société en progrès ; savoir qu’un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ; voilà ce que j’appelle réussir sa vie. « 

La suite, je ne la connais pas moi-même et la partagerai peut-être avec vous dans une semaine, un mois, un an…., cet être amoureux de la nature n’ayant plus à appréhender le temps.

( 13 février, 2019 )

Encore une vaubannerie du marquis

« -Alerte ! Vikings en vue !

 -Non, ce sont des Anglais !

 -Pas du tout, regarde leurs tenues ! Les Allemands nous envahissent ! »

Alors comment défendre nos jolies côtes manchoises contre ces envahisseurs qui, au fil des siècles, ont voulu monter à l’assaut des dunes et falaises ?

Octobre 1699 : Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, 69 ans, est en visite, sur les ordres de son souverain Louis XIV, le long des côtes avranchinaises.

Sébastien de Vauban, peint par Hyacinthe Rigault

Sébastien de Vauban, peint par Hyacinthe Rigault

Janvier 1705 : 13 capitaineries et 70 corps de garde (cabanes) sont bâtis dans la Manche.

Nous voici bien protégés par ces quelques soldats postés, par n’importe quel temps, aux meurtrières et fenêtres de ces abris aux murs de granit et toits de schiste. Les imaginez-vous tirant quelques coups de fusil sur une armada fort armée et réussissant un Trafalgar à notre profit ? En fait, leur mission consistait surtout à craquer l’allumette destinée à embraser des tas de bois plus ou moins sec afin que feux nocturnes et fumées diurnes avertissent du danger imminent. Rien de plus !

Juillet 1815 : les précaires logements ne sont plus occupés. Seuls quelques-uns serviront aux douaniers pourchasseurs de fraudeurs en tissus, tabac, alcool, étain et plomb.

12 février 2019 :

« -Maman, veux-tu venir avec nous pour une balade du côté de Carolles ?

-Yes, yes ! « , fut ma réponse immédiate à Romaric, mon fils cadet et à ses deux enfants, Laly et Baptiste.

Rocher du Sard

 

Une merveilleuse balade inondée de soleil, sur le sentier bordé d’ajoncs en fleurs et de genêts encore somnolents.

Plage du Lude 12 02 2019 O

Jusqu’à la fameuse cabane ….. Vauban, puis la plage-port de gris galets au fond de la vallée du Lude, ruisseau apprécié de Chicane, notre chien aux yeux bleus, accompagnateur du groupe, qui eut, seul, droit, pour son regard d’acier, aux compliments des passants alors que nous aussi possédons de beaux yeux bleus !

Et le Rocher du Sard, autrement dit la Roche du Diable, chaire de Satan ou bien chapeau de Napoléon, rapidement pris d’assaut par nos jeunes alpinistes côtiers.

Avec, en toile de fond, le Mont-Saint-Michel et son éternel compagnon, l’îlot de Tombelaine.

carolles 1

« C’est un comble ! Pas de photo de cette cabane ?

Je vous répondrai tout simplement :

« Allez-y voir vous-même ! »

 
 

 

 

( 10 février, 2019 )

Philosophie à deux sous

 

Ancolie au jardin

Adieu la mél-ancolie !

Tôt levée ce dimanche, réveillée par les insistants plic plac ploc frappant aux ruisselantes ardoises du toit de ma chambre, accompagnés du sombre hurlement du vent chahutant la charpente, se sont offertes à moi deux possibilités de penser.

1-Ou bien me lamenter sur ce temps pourri, cette future journée avariée, la balade dominicale compromise…

2-Ou bien prendre la vie du bon côté !

Devant ma fumante tasse de thé blanc parfumé à la myrtille côtoyant, à la longue table d’orme, dans un joyeux désordre, mon petit métier à tisser, me suis mise à feuilleter mon ouvrage de référence sur le tissage aux cartes.

Bouquin dans lequel j’ai enrichi chaque page de réflexions, maximes et tutoriels.

Plic, plac, ploc, suis tombée sur quelques-unes. Ce devait être mon jour de chance, un clin d’œil de mon ange gardien ou un hasard, allons savoir !

Vous désirez les connaître ?

Eh bien je vous les offre.

« Se faire du souci, c’est perdre l’aujourd’hui en sabotant les opportunités de demain avec les problèmes d’hier. »

Et encore :

« Une journée nuageuse ne peut rien contre un tempérament radieux. »

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Vive la vie en … rose-mauve !

Si peu à ajouter à ces excellentes réflexions proposées par l’écrivain américain William Arthur Ward (1921-1994), que j’ai aussitôt ingurgitées et digérées pour bien nourrir toutes les cellules de mon être.

De la pluie me suis fait une alliée, chaussant mes bottes, revêtant un complet Kway et m’en suis allée entamer mon radieux tour de champ avec les amis canins, déjà rompus à ces idées philosophiques depuis belle lurette !

Il n’y a peut-être que l’humain pour se lamenter incessamment !

A bon lecteur, salut !!

( 6 février, 2019 )

De l’animal à l’assiette

pompngBouleversée par cette vidéo d’une génisse en position couchée, traînée par le cou vers l’abattoir, dans cette histoire de viande avariée. Un terrible spectacle qui se produit probablement dans tous les abattoirs du monde, chaque jour, chaque heure, une scène que je n’arrive pas à digérer. Une histoire vraie dans cet abattoir polonais. Bof, bof, « un incident isolé », a dit le ministre de l’agriculture polonais !!!!! Voici pourquoi je rêve d’un monde végétarien végétalien, vegan, plus exactement sans sacrifices et nourritures animales !! 
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Dans ma verte prairie polonaise, je paissais calmement. Pas vraiment l’herbe grasse des riches pâturages car mes gardiens fermiers possédaient seulement quelques acres de terre. J’avais appris à me sustenter de cette maigre nourriture, mes sœurs et cousines aussi. Pas la grande forme, un peu faibles mais c’était supportable.
Jusqu’au jour où l’énorme camion est venu à la ferme. A coups de bâtons à décharges électriques et de terribles cris hurlants, nous avons été chargées sur une rare paille recouvrant le plancher de cet habitacle roulant. Portes aussitôt fermées, nous voilà entassées dans ce logis prison démarrant vers l’inconnu. Peut-être un autre herbage, plus riche, plus vaste ?

Je ne sais plus combien de longues heures nous avons dû supporter, ballottées sans arrêt, nous cognant aux montants de l’habitat brinquebalant, essayant de nous coucher, tant nos pattes étaient fatiguées. Eh bien oui, n’en pouvant plus, je suis tombée, vite piétinée par mes sœurs prises de panique. Les deux pattes avant brisées, impossible de me relever  ! Mais que faire ? Mes meuglements de douleur n’y ont rien changé ! Jusqu’au moment où le camion de malheur a stoppé. Miam miam !

Kalinowo, nous étions à Kalinowo. Qu’allait-on faire de nous ? Toutes mes copines valides sont sorties vers un étroit couloir bordé de grilles de fer. Sans ménagement aucun, l’on m’a mis une corde au cou, brutalement traînée vers la descente abrupte du camion. Puis sur ce sentier de malheur, la peau de mes pattes à vif. Tant de douleur, tant de souffrances ! Pourquoi ? Pourquoi donc ?

Il n’était plus question de pâturage verdoyant ! Finies les longues siestes à ruminer paisiblement sous le soleil ! Adieu la vie insouciante de ma verte prairie !  J’ai entendu la lugubre plainte de mes sœurs et amies qui, les unes après les autres, ont été abattues ! C’était à mon tour maintenant ! Enfin, enfin je serais soulagée !

Puisque tel est le sort des génisses et vaches, moutons, chevreaux et porcelets sur cette terre, pour l’assiette des messieurs et dames de la planète !

Photo Pro Animale

Photo Pro Animale

 

 
( 1 février, 2019 )

Pour les non habitants du seul village bien vêtu de France…

Car, pour les habitants, ce texte est paru dans l’annuel bulletin de la commune, il y a quelques jours.

Peut-être regarderez-vous, avec une curiosité plus aiguisée, les croix que vous rencontrerez désormais sur votre chemin ?

 

Pourquoi des croix aux quatre coins de la commune ?

Si carrefours et entrées de hameaux sont parfois ponctués de calvaires, prenons-nous encore le temps de les voir et de nous demander pourquoi ces assemblages de pierres se terminant par une croix ont été érigés ?

Pour nos ancêtres, c’était une façon d’exprimer leur ferveur religieuse, leur demande de protection du hameau, un merci après l’obtention d’une faveur, une action de grâces, un hommage à l’un des leurs, décédé…

Aucun calvaire n’est semblable. Tous figurent le signe de la Croix, Croix du Christ mort, de la Résurrection, symbole que tracent sur la poitrine les fidèles à l’église chrétienne.

 

 Petite leçon de vocabulaire

Au fait, doit-on dire indifféremment calvaire ou bien croix ?

Devraient être appelés calvaires les monuments-croix qui représentent le Christ sculpté ou représenté dessus, parfois aussi accompagné des personnages de ce moment de la crucifixion.  

Quand il n’y a qu’une croix monolithe (d’un seul bloc) taillée, c’est une croix tout simplement.

Peu importe ! En tout cas, ces monuments que nous avons dans la commune sont tous des croix (sauf  le Calvaire en hommage aux morts des guerres), muettes de plus, puisqu’aucune inscription n’est gravée dessus.

                                                                   

  Anatomie des croix

Trois parties composent une croix :

1-le socle ou piédestal ou encore poêlon ou dé sur lequel elle repose, bien ancré au sol ou posé sur un emmanchement de une ou plusieurs marches.  Il peut être carré, rond, triangulaire, pentagonal ou octogonal. Remarquez que souvent les angles sont écoincés, taillés.

2-Il supporte le fût ou bâton long ou court, ou colonne, de section ronde, carrée, rectangulaire ou octogonale.

3- Enfin la croix ou croisillon à bras longs ou courts.

                                                 

    Les croix de la commune

 

 1- La croix du Petit Château.

croix petit château restauration 3calv chut

Située sur la route qui va du bourg à la départementale Coutances Gavray, à droite.

Son socle d’une tonne, plutôt cubique, légèrement trapézoïdal est très sobre, datant des XVe-XVIIe siècles. Son fût de 428 kilos est de section carrée, plus fine en hauteur. Une tablette posée dessus porte le croisillon de 170 kgs. L’ensemble (sauf le socle) date du XIXe siècle.

L’on se souvient que le fût et la croix ont chuté en avril 2016. La remise en place a été assurée par Thierry et Nathan Robin, père et fils, artisans locaux en maçonnerie-restauration de bâti ancien, le 31 octobre 2016. Un gougeon en laiton inoxydable maintient désormais la croix à son fût. Avec garantie millénaire assurée ? Allez savoir !

A noter un trou au niveau du croisillon. Pourquoi ?

 Voici ce que disent les textes :

« En 1867, l’abbé Gougeon a établi une croix en granit près du manoir appelé le Châtel. M. Delarue-Duclos a donné l’emplacement et Mme veuve Lehodey, du manoir de Laulne, en a payé quarante-trois francs ; M. le curé a donné cent cinquante francs. »

 L’année suivante, à cause de la construction de la route Coutances-Roncey, la croix, sans bouger, s’est retrouvée  sur le bas-côté opposé à celui du Petit Château. Elle y demeure toujours.

 

2- La Brunerie

Brunerie : Là où habitaient probablement des Le Brun ou Lebrun. Plus aucune trace de croix.

 

Il est noté ceci : « En 1859, un Calvaire a été établi par les soins de l’abbé Gougeon sur le terrain donné à la cure par M. l’abbé Fauchon : ce Calvaire a coûté huit cents francs ; une souscription des paroissiens a rapporté quatre cents francs, et M. Gougeon a payé le reste.  

De Charles Gougeon (1839-1879), l’abbé Legoupil dans son fascicule le décrit homme énergique, défenseur des petites gens (J’étais le père des pauvres », est-il gravé sur son tombeau), ne reculant devant rien, affirmant : « Je ne crains que Dieu ».

Anecdote : Un jour que, dans le plateau de la quête, il avait trouvé un bouton de culotte, il répliqua « Merci pour ma culotte, maintenant pour la quête ».

 

3- La Croix, au village du même nom

La Croix 2018Croix La Croix détails 2018

Juste au carrefour des quatre routes de Saint-Denis à Roncey et de la Scellerie aux Isles.

La plus mystérieuse avec son socle dont une partie semble enterrée, puis sa base étroite ayant probablement été sculptée de quatre talons de visages, surmontée d’un fût d’une époque plus récente et d’un granit différent. Enfin le croisillon, peut-être lui aussi très ancien puisqu’en même granit que le socle. Quand une croix avait été abattue (guerres Révolution,…), elle était souvent retrouvée gisant, enfouie au pied du socle.

Juste trouvé ce détail : « Un certain Jacques Fauchon « La Croix », né en 1711 et décédé en l’an 3 (1794-1795) habitait à cet endroit au bord duquel on pouvait déjà voir une croix. » 

 

4- La Croix Friale

Croix Fériale 1 2018Croix Fériale tête 2018

Ou encore et plutôt Fériale : ainsi l’écrit l’abbé Quinette.

A la Révolution, la Croix Fériale, qui marque la limite avec Roncey, fut saccagée par des Révolutionnaires locaux. Il ne restait que le palier. Elle fut relevée en 1865. On sait que Mme veuve Aimable Néel donna cinquante francs et M. le curé de l’époque cent francs pour cette restauration. C’est lui qui fit relever les croix abattues sous la Révolution, et donc cette Croix Fériale et celle de l’Epiney qui, 60 ans plus tard, servira pour dresser le monument aux morts de la guerre 14-18. 

Cette croix a la particularité de posséder, à chacun des quatre talons de son socle, une effigie, probablement celle de chacun des quatre évangélistes Mathieu, Marc, Luc et Jean. Bien sûr il est impossible de les identifier, avec l’usure du temps ! Ce socle dé daterait de la fin du Moyen-Age. Comme les autres dés, il est en pierre de la carrière du Gast ou de Coulouvray-Boisbenâtre (à une douzaine de kms de Villedieu).

Non Friale mais Fériale ? Qu’est-ce qu’une férie ? A l’origine, la férie désignait le dimanche : c’était le jour férié où l’on cessait de travailler. Un dimanche ordinaire qui ne comportait aucune fête particulière. Par exemple le dimanche précédant le temps de l’Avent.

Fériale, Friale ? Si  vous prononcez vite et à l’ancienne, en patoisant légèrement, le mot fériale, vous verrez qu’il se confond avec Frialle ou Friale, appellation qui lui est restée.

Cette croix fut-elle inaugurée à cette date précise du calendrier liturgique ?

 

5- La Planche-Croix

Non loin du Grand Fontenay. Aucune habitation aujourd’hui. Aucune croix non plus.

 

6- La croix du cimetière

Croix de l'église 2018

La plus haute, surmontée de quelques larges pierres marches, appelées triplan marchepied. Son socle trapézoïdal est bouchardé. Son fût de souche carrée passe à l’octogone par des chanfreins. Sectionné en deux. Le croisillon est de même profil, sectionné en trois.

C’est la croix au pied de laquelle dorment les anciens curés de Saint-Denis-le-Vêtu.

Le corps de l’abbé Beaufils repose, depuis 1939, près des tombes des curés Huvé, décédé en 1900 et Hardy. Ainsi que celle de l’abbé Gougeon, curé de la paroisse de 1839 à 1879.

« La croix, hélas, est en grand péril car elle se déchausse dangereusement. Il serait bon de la déposer rapidement pour travaux avant qu’elle chute sur les tombeaux alentour », faisait remarquer Jacky Brionne, président de la Fédération normande pour la sauvegarde des cimetières et du patrimoine funéraire, auquel j’avais fait appel pour m’aider dans la description et l’historique des croix. Une matinée fort enrichissante dont je peux vous livrer le fruit.   

 

7-Le calvaire 

Au sortir de la Grande Guerre, l’abbé Beaufils, curé de la paroisse de 1906 à 1939,  a l’intention d’ériger, à l’entrée de la route de Roncey, un remarquable calvaire, souvenir des morts de la guerre. Le 11 avril 1920, il emmène la procession des fidèles, intentionnellement, jusqu’à l’emplacement du futur lieu du Calvaire pour faire décider le conseil municipal qui n’est pas entièrement d’accord sur sa proposition d’utiliser ce lieu à cet usage, bien que proposition « très avantageuse pour les finances communales. D’ailleurs M. le curé ajoutera, à la souscription faite par les conseillers, les 800f qu’il a déjà plus toute la quête du jour de la fête. » Plusieurs voudraient voir sur le fût de granit un poilu en bronze, comme la mode se répand. Inauguré le 22 mai 1921 avec guirlandes et arcs de triomphe. L’emplacement avait été offert par la famille du père Joseph Achard de Leluardière, grand mutilé de guerre et curé de Notre Dame du Roule de Cherbourg.  

 

   8-La Mauvillière

2018 croix Mauvillière2018 Mauvillière détails

A remarquer le travail du tailleur de pierre au niveau du socle du XVIe, pour passer de la base carrée à l’octogone. A ce socle, quatre talons en creux, avec volutes. Avec un système d’arc de cercle et belle gorge. Le fût, non d’origine, comme tous les autres, est cubique, légèrement effilé, en granit bleu de Vire, avec une tablette à moulure. Le croisillon est aussi cubique avec pointes de diamant.

 Quelques croix voisines

Certaines croix dans les communes alentour se distinguent par leur originalité et l’histoire de leur édification. Citons-en deux.

A- Les croix Pireaux à Guéhébert

Guéhébert_-_Les_croix_Pireaux

Elles dateraient de la guerre de Cent Ans, aux XIIIe et XIVe siècles. Mentionnées pour la première fois dans un texte daté de 1622. « On raconte », dit André Boizard dans son fascicule sur Guéhébert, « que ces croix, l’une plus haute que l’autre sur leur piédestal, furent érigées pour commémorer la mort d’un gradé et d’un soldat. » D’autres affirmaient qu’elles s’élèvent en mémoire de deux frères Pireaux, l’un blessé qui vint mourir ici, l’autre tué un peu plus loin. Il a même été dit que deux Anglais ont été à l’origine de cette mémoire de pierre. Difficile de croire en cette version car, si nos charmants amis britanniques vivant actuellement dans la contrée sont fort pacifiques, leurs ancêtres l’étaient beaucoup moins au temps de la Guerre de Cent ans !

« Eh bien non », notait Jacky Brionne, « je suppose plutôt que ce sont deux croix qui symbolisent un mariage, un scellement d’alliance entre deux familles ». Pensant aussitôt aux habitants nobles, aux XVe, XVIe siècles, du manoir tout proche. Elles étaient de hauteur égale, l’une à côté de l’autre sur leur dé à double fût et non orientées comme elles le sont actuellement. Et certainement aux alentours du manoir et non à leur emplacement actuel.

Pour Edmond Lemonchois, l’historien montpinchonais, deux hypothèses. La première, rejoignant celle de Jacky Brionne : « un ex-voto de deux jeunes mariés ». Pour la seconde, ce seraient « deux croix érigées sur la sépulture de deux membres de la famille Bellisem, du Languedoc dont plusieurs membres vinrent dans le Cotentin avec les troupes navarraises (vers 1353-1404) ». C’est Michel Viel, historien, qui relate que, dans sa ville de Valognes, il y a deux croix jumelles semblables appelées les croix Bellisem, citées dès 1414. Hypothèses à vérifier par les puristes !

 

B- La croix Bonhomme d’Ouville

croix bonhomme 2018

Au carrefour tout près du bourg, assez basse, avec cinq trous, représentant peut-être les plaies du Christ en croix : celles des deux mains, deux pieds et du cœur. Pour Edmond Lemonchois, ces cinq ronds signifient un détail du blason des Caillebot de la Salle, riche famille noble, XVII-XVIIIe siècle, en rapport avec le fief d’Ouville.

 

C-Le calvaire d’Ouville 

Et si vous continuez cette route vers Coutances, vous verrez, sur votre droite, un vrai calvaire avec un escalier à six marches, calvaire érigé en 1866 par la famille Le Taillis Fauchon. Avec ancien point géodésique pour calcul cartographique. Inscription en haut : Ave Maria… Puis il est question de quarante jours d’indulgence, rémission partielle des péchés.

 

Nellie Duval, La Mauvillère, le 3 novembre 2018

 

Avec l’aimable et généreux concours de Jacky Brionne qui m’a apporté sa précieuse aide pendant une matinée entière. Ainsi que celle d’Edmond Lemonchois.

Avec le support des deux ouvrages sur la commune, écrits par l’abbé Quinette et le père Legoupil, auxquels je me suis référée.

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