( 30 avril, 2018 )

Manif paysanne ?

Quelle était sa revendication ? Pourquoi les autres n’ont-ils pas suivi le mouvement ?

J’ai bien essayé de parlementer, d’engager le dialogue, me montrer affable, afficher mon plus beau sourire, essayer la séduction ! Rien n’y a, hélas, fait.

Hier dimanche à 12h32 exactement, il était planté là, en plein carrefour de trois routes, la plupart du temps fort peu passagères sauf en cas de convoi pour nouveaux mariés ou de passage de troupeau allant d’un champ à l’autre. Revêtu d’une cotte kaki, il impressionnait par sa bedaine rebondie, ses formes boulimiques, sa voix de carpe et son aspect de vert ver luisant. Tant bien que mal, j’ai réussi à me faufiler, sous les huées de ses supporters postés en terrain élevé.

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Quelques heures plus tard, il fut obligé de rejoindre, tractu militari, obéissant aux forces de l’ordre agricole locales, ses compagnons en attendant d’être confié à un plateau en direction de la ferme !

Drôle de manif paysanne !

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( 25 avril, 2018 )

Mon cloître de verdure…

J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons  le chemin, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse et les pieds vite humides.

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Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère au contour régulier, longeant d’autres prairies et frontalier d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

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En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, à chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers, touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et oiseaux. Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.

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J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

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Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage. sapins 2

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo.mandala 3 O

 Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai encore sentir le frais parfum des fleurs du pommier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage ravi.

 

 

 

( 10 avril, 2018 )

Tiens, une journée de printemps !!

Que le  soleil est beau quand tout frais il se lève

Comme une explosion nous lançant son bonjour !… »

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Tout à fait d’accord avec Charles Baudelaire (1821-1867) qui commençait ainsi l’un de ses sonnets.
Ce 5 avril, explosion de lumière, haute couverture bleu uni, douce chaleur tiède, renouveau dans les airs, sur terre, sur le corps, dans la tête, enfin bonheur de retrouver cet astre trop longtemps absent de nos si tristes journées…
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Immédiate envie de jardiner, de sarcler, de tondre la pelouse, de repiquer fleurs et arbustes, d’aérer les plantations en place, de semer, de planter, les chiens allongés sur l’herbe encore fraîche, appréciant, eux aussi, cette inattendue venue du dieu Phébus en habits d’apparat. En un tournemain, tout est oublié : grisaille, boue, mélancolie….
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« Pourvu que ça dure », comme l’aurait aussi dit Letizia Bonaparte (1750-1836), la mère de l’empereur Napoléon, en apprenant la nouvelle d’une des nombreuses victoires militaires de son fils. Hélas, il y eut ensuite Waterloo….
( 23 mars, 2018 )

Entre paix de la charrue et paix de Dieu….

Au salon du livre médiéval d’Agneaux le 3 mars, nous avions rendez-vous pour y chanter quelques mélodies d’antan.

Merci à l'auteur de la photo.

Merci à l’auteur de la photo.

Mais j’ai aussi eu le plaisir de rencontrer des écrivains locaux parmi lesquels François Neveux et Claire Ruelle, auteurs d’un ouvrage sur Guillaume Le Conquérant aux Editions Ouest France, livre que je me suis procurée.

Issue du monde paysan, j’ai pensé, en lisant ce passage sur la condition paysanne au temps du Conquérant, à mes lointains ancêtres, certainement laboureurs. Paysans dont les aïeux avaient vu, dès le Xe siècle, surgir ces hordes de Vikings dirigées par Rollon, le Scandinave. Il y eut probablement des révoltes dans les campagnes dont une en 996, évoquée par Guillaume de Jumièges.

Merci à Bayeux Museum.com

Merci à Bayeux Museum.com

Fut instaurée, quelque temps plus tard, la paix de la charrue, loi précepte visant à protéger les manieurs du soc et du coutre (charrue basique tirée par un âne, un cheval ou des bœufs) contre les guerriers peu respectueux des endroits qu’ils empruntaient. Car chacun sait que le labourage était l’une des mamelles du pays, dirait Sully (1560, 1641), quelques siècles plus tard.

Autre précepte institué, celui de la paix ou trêve de Dieu débutée en 989 au concile de Charroux (village près de Poitiers), en Normandie proclamée  par Guillaume et les évêques au concile de Vaucelles (près de Caen) en 1047. Elle interdisait de guerroyer du mercredi soir au lundi matin, le jeudi en respect pour le Jeudi Saint, le vendredi en souvenir de la mort du Christ, etc…Interdit aussi de faire la guerre du début de l’Avent à l’octave de l’Epiphanie soit un bon mois, idem du début du Carême à l’octave de Pâques (plus de 40 jours) et du début des Rogations (3 jours avant l’Ascension) à l’octave de la Pentecôte. Drôle de coutume qui obligeait à choisir une période pour conquérir un donjon, anéantir une armée ennemie ou tuer ses opposants ! Sous peine de lourdes amendes. Essai d’un moyen non violent créé par l’Eglise mais si peu respecté…..Hélas……La paix à tout prix… sauf si…….et des sauf si, il y en eut par milliers…… Et ça continue tous les jours……..

Bayeux Museum

Bayeux Museum

( 19 mars, 2018 )

Sur la toile du drap

 

violette drap 1

 

Sur la toile du drap, maman,

Tu as, de tes doigts compétents,

Brodé ce bouquet de violettes.

J’étais encore toute jeunette

Et me fichais de ce trousseau 

Et de tes insistants propos,

Ajoutant au côté pratique

Des ancêtres la symbolique .

Pourquoi me parlais-tu ainsi ? 

Me fallait-il déjà mari

Trouver ? Cette étrange coutume

Jetait mon cœur en amertume.  

Mais je t’ai obéi, maman.

Une fille sage consent.

J’exigeai que la broderie

Rompe avec la monotonie

Traditionnelle, blanc sur blanc.

Aux lys et roses en rubans

Je préférai les violettes,

Dans leurs timides collerettes.

Et tu t’exécutas, maman,

En donnant de ton temps,

Entre deux tâches agricoles,

Enseignée à très bonne école

Puisque, de mère en fille, c’était,

Depuis la nuit des temps, un fait

Inscrit dans les mœurs familiales,

Avec le broder d’initiales.

Sur la toile du drap, Maman,

Ce bouquet oeuvré patiemment,

A toi pour toujours me relie

Par un fragile fil de vie. 

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( 9 mars, 2018 )

Entre figue et raisin

     ENTRE FIGUE ET RAISIN

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Dans mon jardin, en août, les figues sont à point.

Bien gorgées de soleil, fragiles sur leurs tiges.

Les plus grosses choisies, je les cueille avec soin,

Vers mes lèvres aussitôt goulûment les dirige.

 

A la treille plus loin, mûrit le noir raisin

Dont les grappes demain pourront être cueillies.

Mais point ne le ferai car je sais que ses grains

Conserveront toujours certaine acrimonie.

 

Mon cœur attend, confiant, de la figue douceur,

Gourmandise et saveur, alliance subtile,

Rejette rudement du raisin la verdeur,

 

Trop amer à mon goût, âcre telle la bile.

Je voudrais réunir, dans ma coupe des ans,

La figue et le raisin, en bon entendement.

 

 

Merci Wikipédia Vineyard in Montone

Merci Wikipédia Vineyard in Montone

 

Nellie, La Mauvillière, le 9 mars 2018

( 1 mars, 2018 )

Froide matinée d’hiver

Sur le talus, la violettviolettee a froid dans le petit matin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jonquilles qui hier dressaient fièrement leurs longs cous, font de leurs tiges une lugubre révérence à la terre. Le sol est gelé à pierre fendre. Dans les jeunes sapins siffle le vent glacial tout droit venu de Sibérie. Quelques flocons doucement dansent avant la chute et aussitôt fondent sur l’herbe rase du champ. Les chiens gambadent autour de moi, insensibles aux frimas hivernaux.

Le nez caché sous l’écharpe de laine, je presse le pas, boules de graisse en main que je déposerai aux branches des pommiers. Délice des mésanges, rouges-gorges et moineaux qui trouveront, en attente du redoux, nourriture d’appoint.

Dans leurs chaudes pelisses laineuses, les quatre brebis broutent la maigre verdure à l’abri de la haie. J’entends au loin un chien qui hurle. Je pense alors à ce bonheur tout simple de vivre cette journée, parce que tu existes, même si tu es absent.  

 Chaque journée est une petite vie, chaque réveil et chaque lever une petite naissance, a dit Arthur Schopenhauer in Les aphorismes sur la sagesse dans la vie (1886)

  

( 26 février, 2018 )

La primevère et le pissenlit

Il était, un jour de fin d’hiver, une primevère amoureuse d’un pissenlit.

Si proches l’un de l’autre, pourtant si différents.

 

Ce conte a base véridique puisque, depuis deux ans, j'ai remarqué cette primevère imbriquée dans ce pissenlit.

Ce conte a base véridique puisque, depuis deux ans, j’ai remarqué cette primevère imbriquée dans ce pissenlit.

Vêtue de ses plus beaux atours, la demoiselle endimanchée, collerette rose framboise héritée d’une aïeule* et corsage d’or sur le cœur, attendait le réveil de son prince, peu pressé de lui prouver sa flamme. La fraîche fleurette se languissait-elle ainsi au fil des jours et des nuits.

Feuille à feuille, les deux végétaux se réchauffaient au timide soleil hivernal, buvaient la fraîche rosée matinale, dansaient au souffle du vent taquin, discutaient au long des nuits de clair de lune, se cachaient sous la couette moussue dès les premiers frimas puis émergeaient de leur couverture d’humus au second mois de l’an.

Vivre en bonne compagnie était, en somme, à la primevère agréable état.

Mais la coquette insatisfaite rêvait d’autre chose.

L’âme chagrine, elle songeait à l’amour idéal avec ce timide compagnon qui démontrait si peu d’attentions pour la charmer.

La pauvrette se fanait de tristesse et abandonnait alors la partie, se contentant de végéter près de cet étrange ami.

Feuille du pissenlit, dentelée et celle de la primevère, spatulée.

Feuille du pissenlit, dentelée et celle de la primevère, spatulée.

 

 

La ficaire, nommée fausse renoncule est souvent appelée bouton d'or mais n'en est pas un, ce dernier ayant une tige plus élevée et fleurissant plus tardivement.

La ficaire, nommée fausse renoncule, est souvent appelée bouton d’or mais n’en est pas un, ce dernier ayant une tige plus élevée et fleurissant plus tardivement.

Toutes les ficaires du talus avaient beau essayer de la consoler en lui suggérant d’attendre encore quelques semaines, de montrer davantage de patience ! Elle désespérait, se desséchait, collerette et cœur flétrissant peu à peu.

Pourquoi le timide compagnon attendit-il encore deux longs mois avant de déclarer son amour à sa belle, évanouie ? Pourquoi ne sortit-elle pas de sa torpeur ? Pourquoi ne put-elle admirer la chevelure d’or en capitules aux mille fleurons de son bien cher ami ?

Jusqu’à son dernier jour de vie, le pissenlit crut au retour de la douce compagne, déployant, avant de mourir, ses petites aigrettes plumeuses ébouriffées pour l’amuser.  

Impossible, inaccessible amour, comme il en existe tant dans tous les mondes végétal, minéral, animal et humain.

Chacun naît avec certaines différences innées non modifiables.

Primevère et pissenlit en sont la preuve, qui fleurissent, l’une en hiver, le second au printemps. Seuls leurs corps feuillus se frôlant à loisir, leurs têtes épanouies se chercheront toujours.

* Ces primevères riches de plusieurs nuances roses, du clair au foncé, du saumon au lilas, proviennent du lent croisement de primevères communes des talus et de primevères rouges cultivées.

La Mauvillière, le 26 février 2018,    Nellie Duval

( 7 février, 2018 )

Satanée pilule

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« Tu l’as vu, mon comprimé ?

 Idiot ! Je l’ai fait tomber ! »

Nous voilà à quatre pattes,

Examinant chaque latte

Au parquet du logement.

Espérant assurément

Dare dare la capture

Du fuyard en aventure.

 

« Mais où donc est-il caché,  

Ce satané condensé ? »

Scrutant du froid plancher l’aire,

Quatre globes oculaires

S’activent de bas en bas,

Stoppant tout net leur repas,

Du mutin toute saisie

Rimant avec utopie.

 

Piétinant et ruminant,

Nous perdons, zut ! notre temps.

Et abandonnons l’idée

De retrouver la dragée.

Le café qui refroidit,

La tasse de thé aussi !

Les tartines qui attendent

Du breton beurre l’offrande !

 

 

 

Mais soudain dans ma chaussure,

Je sens une bosselure,

Comme un tout petit caillou

Ou bien un grain de cachou.

Faut-il donc croire au miracle ?

Quel insolite habitacle

Pour un vil, coquin cachet,

Baladeur et si rusé !

 

 

Aventure strasbourgeoise survenue le 1er janvier 2018.

 

 

Nellie Duval     La Mauvillière, le 7 février 2018

( 18 janvier, 2018 )

Bons baisers et mots d’Helvétie*

     Montagnes d’Helvétie, tirouli rouli…..

Cela commence bien, me direz-vous ? La voilà qui, par pédanterie, utilise ce terme littéraire, légèrement archaïque, pour désigner la Suisse actuelle ! Sachez cependant que cette partie orientale de la Gaule, oui, de notre Gaule, qu’habitaient les Helvètes, représentait à peu près le territoire de la Confédération helvétique actuelle, la Suisse.

Mais c’était du temps des Orgétorix et Vercingétorix, tout ceci avant JC ! 

Mon propos n’étant pas de vous donner une leçon d’Histoire, vu mes connaissances très limitées, je vous causerai des expressions familières actuelles du langage parlé suisse valaisan, ayant la chance d’être régulièrement invitée chez mes enfants qui vivent à Grimentz, en Valais, depuis plus de vingt années.

          Vingt-six en tout

Au pays des Sept Sages (pas de président de la république, le pouvoir exécutif étant composé de sept conseillers fédéraux), il serait temps que je remise (range) tout ce vocabulaire de la langue valaisane (Le Valais VS étant l’un des 26 cantons parmi lesquels voici les plus connus, accompagnés de leurs deux lettres illustrant les plaques d’immatriculation), ceux de Genève GE, Zurich ZH, Ticino Tessin TI, Vaud VD, Fribourg FR, Grisons GR, Jura JU, Argovie AR, Thurgovie TG, Zug ZG, Berne BE, Bâle Basel BS, Neuchâtel NE). Ajoutons-y un autre fort connu des cruciverbistes : en trois lettres, un canton suisse ? Celui d’Uri UR, naturellement !

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                                     Adjeu ! 

Adjeu (bonjour), vous dis-je donc. Ne regardons en là (en arrière) et partons en çà (en avant). Je vous propose un petit tour du village de Grimentz, dont le cœur de bourg est déjà haut perché (1570m) et dont la plus haute piste des 20 hectares du domaine skiable atteint 2880m, sous l’œil impassible et fier de La Dent Blanche, le sommet alpestre proche culminant à 4357m. 

 

La Dent Blanche Merci, wikipédia

La Dent Blanche Merci, wikipédia

 

 

 

 

 

 

 

 

          Inalpe et désalpe

Ayant quitté le 3e étage du chalet que Lénaël et Sandrine occupent, je suis passée devant cet enclos pentu dans lequel paissaient quelques motrons (jeunes vaches), Bientôt elles rejoindraient leurs aînées à l’étable pour y passer, bien à l’abri, la mauvaise saison. Sachez que, dès la fonte des neiges, vers le mois de juin, les troupeaux d’ovines montent aux alpages, c’est l’inalpe et en redescendent à la désalpe, en début septembre, coutumes qui occasionnent des journées où le folklore est roi et les belles ruminantes les reines. Vache_herensChaque restaurateur, chef d’entreprise, l’électricien, le plombier possède une ou plusieurs vaches, symboles d’une certaine aisance financière et du maintien d’une coutume ancestrale. Sachez que ces vaches sont piètres laitières. Le vacher qui les garde a deux tâches bien définies, mis à part les bons soins et surveillance : noter chaque jour le résultat de la traite sur la liste de chaque propriétaire mais aussi inscrire la maîtresse du jour, s’il y a eu combat, toujours sans gravité mais combat tout de même car chacune des dames aspire, à peine éveillée, à obtenir le titre de reine. Le lait récolté au cours de l’été sera transformé en tomme et le proprio recevra, juste après la désalpe la quantité de fromages équivalant à ce qu’aura fourni la laitière, voire un seul fromage. Un vacher peut se voir confier quarante vaches appartenant à une trentaine de propriétaires différents.

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                   Raccards et galetas

 Une chiclette (chewing-gum) en bouche, me voici mâchonnant à la découverte des ruelles qui mènent à la Maison Bourgeoisiale, l’équivalent de notre mairie. Quelques vieilles bâtissent subsistent au beau milieu des pimpants chalets, nommés raccards, posés sur pilets et palets, rendus ainsi infranchissables aux rongeurs ayant eu fonction de greniers privés ou galetas, greniers d’habitations d’autrefois où l’on mettait tout son chni (les déchets). 

Un raccard Wikipédia

Un raccard

      

 

 

 

 

 

 

 

          T’as où, les vaches ?

Au fait, à toi qui me lis maintenant, dis-moi,  »t’as où les vaches ? » Une adorable expression typiquement valaisane, sœur cadette de « T’as où, les vignes ? » Ce qui signifie : « Toi, tu viens d’où ? » Il faut savoir qu’en pays valaisan, au-dessous de 800m d’altitude, l’on cultive la vigne. En dessus, il y fait trop froid. Plus de vignes mais des vaches, ce qui permet déjà de situer si l’interlocuteur vient du pays producteur de vin ou de lait.

Photo Lénaël

Photo Lénaël

               

 

 

 

 

Brâmée ou bec ?

Il y a encore beaucoup d’autres expressions ou mots valaisans. Allez faire un tour dans cette belle région alpestre, vous les y découvrirez de la bouche des Valaisans eux-mêmes. Mais ne vous montrez pas effrontés ou insolents. Vous pourriez vous entendre dire : « Nom de bleu ! Regarde voir aller çui-ci ! Il mérite une monstre brâmée (correction) ! »  Ou quoi ? Ou bien ?

Je vous quitte à regret car il est l’heure du dîner (repas du midi).

Et vous envoie un bec (baiser) valaisan.

Tchô, bonne….

 

 

 

 

 

                                                 

( 16 janvier, 2018 )

J’aime la liberté

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J’aime la liberté. Je l’aime trop

Pour la laisser filer. En *allegro

Ou bien *ad libidum, douce musique,

Tout en affabile*, mode basique,

Même en *moderato. Libre du choix

D’emprunter le chemin que j’aperçois,

Parsemé d’un tapis de fleurs sauvages,

Exempt de ces bourbiers, après l’orage,

Propres à envaser et le corps et l’esprit.

J’aime la liberté, je vous le dis,

La privilégierai en permanence,

De tout temps et tout lieu, à convenance.

Car il faut bien doser, à juste quantité,

Soupeser, évaluer, avec clarté,

Des jours, des mois, des ans les contraintes,

Sans risque de tomber sous l’étreinte

Des croyances et lois, étouffement

Invisible et sournois, encerclement

Hypocrite et trompeur, jusqu’à l’ivresse

Des grandes profondeurs, fausses caresses.

J’aime la liberté, je l’aimerai

Jusqu’à mon dernier jour, le clamerai.

 

Nellie     La Mauvillière, mardi 16 janvier 2018

 

Termes italiens employés en musique

*Allegro : vif, gai.

*Ad libidum : librement

*Affabile : aimable

*Moderato : modéré

( 9 janvier, 2018 )

L’omelette de Noël (pas si conte que ça !)

L’histoire que je vais vous conter se déroule en l’an de grâce 2017, sous le règne de l’honorable roi Macron 1er.

Dans une humble chaumière des bords de Loire, un couple s’apprête à fêter la Noël. Sans y croire vraiment, à cette tradition d’un petit prénommé Jésus né d’une sage vierge et d’un esprit volage, aussitôt couché dans la paille d’une vulgaire mangeoire et réchauffé par les naseaux fumants de deux lourds mammifères.

Dans les autres foyers, c’est l’abondance. Chacun a préparé le foie gras d’oie, tué la dinde hier, épluché les marrons pour lui farcir le giron, fourré la bûche de grasse crème au beurre et sorti de la cave l’exceptionnelle cuvée.

Ici, ils feront simple. Pas question de traîner à table toute la soirée. A quoi bon !!! Il y a mieux à faire !

Fouillant dans le placard, l’homme y trouve un concombre, quatre œufs et un reste du repas précédent. Cela leur suffira.concombre

Les rondelles du vert légume aqueux s’amoncellent, les calcaires enveloppes ovoïdes sont brisées et le magret vite tranché.oeufs

 

L’on s’active au fourneau. La femme a en charge la transformation des œufs en omelette juste baveuse. Ainsi l’apprécient-ils tous deux !

Qui eût prévu qu’un surdosage soudain plomberait l’ambiance nocturne qui s’eût pu avérer joyeuse ?

Chacun sait que, si trop d’exemples tuent l’exemple et que trop d’amour tue l’amour, il n’est point à démontrer que trop de sel occit vite une omelette !

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Ah, ce coquin chlorure de sodium pourtant si fin qui, aussitôt introduit dans l’appareil, prit une maligne joie à fondre de plaisir en jouissant aussitôt d’une franche et fraîche liaison, copulant avec blancs et jaunes intimement liés ! Maudite triple union échangiste  qui, une fois les fesses cuites sur poêle, se révéla vraiment, vraiment trop pendable !

La première bouchée, ponctuée d’un grimaçant Pouahhhh ! signifia leur congé à fourchette et couteau. L’estomac lui aussi se trouva en repos forcé, pepsine et lipase gastriques brusquement mises à pied. L’homme, pour s’occuper, tria les miettes de magret et fit semblant de bonne figure en s’en sustentant. La femme, le moral en berne, les yeux humides, faillit se noyer en larmes et étouffer en vaines excuses mais le mal était irréparable !

 

Epilogue

Une tierce personne, jusqu’alors très discrète, joua, tout juste à temps, le rôle du tampon. Pour le poilu buvard à pattes sagement assis près du maître depuis le début du repas, ce fut alors la fête.

Baccha

Baccha

La Meilleraye de Bretagne, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2017

( 5 novembre, 2017 )

Vous avez dit bis, bisse ou bise ?

Le second sera le propos du jour. La bise, je vous l’offrirai bien volontiers ensuite. Quant au bis, non, je ne le répéterai pas. A moins que……

Quest-ce donc qu’un bisse ? Propre au canton du Valais suisse, « c’est un canal d’irrigation, une tranchée ouverte qui achemine l’eau des torrents jusque dans les prairies et champs secs, les vignobles et les vergers », renseignent Mr et Mme Wikipedia. 1508403854560

Il est fréquent d’en rencontrer qui serpentent le long des sentiers à flanc de montagne. Si certains sont encore utilisés de nos jours, la plupart sont conservés et entretenus en tant qu’équivalents de nos voies vertes, excellents buts de balades dominicales à divers degrés  de difficulté. Il y a intérêt à bien se renseigner avant de s’aventurer car parfois les passages longeant les bisses sont étroits, n’offrant qu’une seule main courante de secours, une éventuelle chute le long de la paroi vertigineuse risquant d’être mortelle, à moins d’avoir prévu un parachute de fortune ou des ailes ultra performantes ! D’autres ont leurs fantaisies en ponts de singe, suspensions de rondins de bois et cordages au-dessus d’un vide immense, qui se balancent au gré des pas saccadés ou non du marcheur hardi ou timoré.  Halte là aux malades du vertige !

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Allez, je vous accorde un petit bis pour une seconde explication, plus complète, extraite de la « Définition tirée des statuts de l’Association des Bisses du Valais :

« Le terme de bisse (Wasserleite, Rüs, Suone, raye, meunière) recouvre toute installation d’amenée d’eau d’irrigation avec ses équipements, exploitée sous forme communautaire, de la prise d’eau dans la rivière jusqu’à l’exutoire, à savoir les installations construites par la main de l’homme et servant au transport de l’eau, inclus la prise d’eau, les dessableurs, les installations de stockage, les canaux de transport, les répartiteurs, ainsi que les canaux de décharge servant au réacheminement de l’eau dans le réseau hydrographique. Ne sont pas compris les réseaux de distribution exploités par les privés. »

Une façon ingénieuse d’irriguer gratuitement les terrains en contrebas. Dès le XIIIe siècle, ils sont mentionnés dans les écrits. Au XIXe, il en existe plus de 200. Généralement possessions communautaires de groupes de paysans qui les entretenaient. Un garde était employé à surveiller le bisse pour la juste répartition de l’eau entre agriculteurs montagnards. 1508403939273

Le roi des bisses, c’est celui de Saxon, dans la région de Nendaz. Il atteint 28 kilomètres de longueur. 4 kilomètres pour le bien nommé Petit Bisse. D’autres noms de bisses ? Tsittoret, Sion, Ayent, La Tsandra, Vercorin,… tous sis dans le Haut, le Central et le Bas Valais….Certains sont encore en activité, arrosant généreusement les terres agricoles des paysans de la moyenne vallée.

Des vacances à la découvertes des bisses, pourquoi pas si vous allez du côté de la Suisse valaisane ! Moi, je retournerais volontiers sur ces chemins dans lesquels l’eau du torrent, captive dans ces étroits couloirs-bisses chante toujours en suivant son chemin vers l’aval.

Dernière petite chose : vous pouvez me tendre la joue maintenant car vous l’avez bien méritée, votre bise puisque vous voici parvenu(e) jusqu’au terme de cette histoire de bisse.

Et si, n’ayant pas tout compris, vous désirez remonter le courant pour une lecture bis, n’oubliez pas que vous aurez droit à une seconde bise.  

( 30 octobre, 2017 )

Lettre ouverte aux enfants expatriés

 

Vue de la fenêtre de ma chambre, en face

Vue de la fenêtre de ma chambre, en face

Quatre jours de bonheur en Suisse suivis d’une semaine de vacances des enfants suisses ici ne pouvaient que m’inciter à partager avec vous mes impressions sur ce blog abandonné à la page vide depuis plus de trois semaines au moins.  

Essai humoristique sur le départ des Petits Suisses

Dimanche 29 octobre. 3h30 du matin. La maison râle de se sentir abandonnée, et moi aussi. Les charmants enfants viennent de déserter leur terre natale pour rejoindre ce minuscule ridicule pays, 12 fois moins grand que notre chère France, dont ils sont tombés en amour. Une infidélité de plus de vingt ans déjà ! Pourquoi s’expatrier dans cette nation exempte de ces infinies superbes côtes océaniques, de cette mer « qu’on voit danser le long des golfes clairs », privée de ce climat modérément pluvieux, dépourvue de mouettes rieuses et de goélands argentés kreeayant gaiement en frôlant la vague houleuse ! Envolés vers ce bout de terre aux bosses acérées, aux pics vertigineux risquant de trouer les nuages et de déclencher mainte avalanche de cette trop pâle fleur de farine glacée, vers cette étrange contrée ayant recours à pas moins de sept présidents pour venir à bout des lois, contrats et traités à régir !

 Zut alors ! J’attends déjà ce retour au bercail (pas avant un an, dîtes-vous ?) Mais c’est la Bérézina, Waterloo et Trafalgar tous réunis !!!!

Vue de la fenêtre de ma chambre, à gauche

Vue de la fenêtre de ma chambre, à gauche

 

 Me reste l’espoir d’ouïr très bientôt, et souvent, les sonnailles et clarines des mammifères au lointain, le cri de la marmotte apeurée sur l’alpage et, et, et …le son de votre voix au téléphone, sur le natel, le Skipe ou le WhatsApp, mes enfants chéris.

Bon voyage à vous !  De tout cœur avec vous ! Mum 

( 25 septembre, 2017 )

Libre…

1503649881774Je suis libre, libre de mon voyage,

Tel l’air gouverné par le vent du Nord,

Comme la pluie projetée des nuages,

Telle la feuille dans sa chute indolore.

 

Je ne sais où je vais mais suis en route

Vers l’inconnu, vers un monde nouveau.

Vers la sérénité. Tissage achevé récemment.

Vers la sérénité. Tissage achevé récemment.

 

Ne sais qui me guide mais vis l’écoute

De cette voix résonnant en écho.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1503649881586Echo d’une mélodie de l’espérance,

Echo d’une symphonie de la tendresse,

Histoire de jours meilleurs, de renouveau,

Reflets d’un clair de lune, tout en caresse.

 

Qu’est-ce que la liberté sinon l’attente ?

La soif de combler cet état de vertige ?

Le souhait de serrer la main riante ?

Le désir de réussir sa voltige ? 

tissage

 

 

 

 

 

 

( 11 septembre, 2017 )

Vogue, vogue mon voilier…

Tissage terminé ce dimanche 10 septembre. Bois flottés et toison de mes brebis, teinte avec plantes.

Tissage terminé ce dimanche 10 septembre. Bois flottés et toison de mes brebis, teinte avec plantes.

De me mener en galère,

Il n’est vraiment plus question !

A Dieu vat, vat et revat !

J’ai choisi petit voilier

Pour voguer sur les eaux calmes,

Bien à l’abri des tempêtes,

Des remous et des cyclones.

Vogue, vogue mon voilier !

Porte-moi où bon te semble,

Au pays de l’Amitié,

Sur le lac aux Nénuphars,

Près des monts de la Franchise

Ou bien de la Pureté.

Vogue, vogue, mon voilier ! 

vogue 2

 

( 10 septembre, 2017 )

Bonjour, la famille Tatie!

Sauvées in extremis de leur ultime voyage vers l’abattoir, les voici déjà paissant dans le vaste enclos du champ. Moi qui m’étais, à la mort de Kiwi, le gentil et ultime mouton mort le 20 juillet dernier, promise de ne plus reprendre d’animaux brouteurs, j’ai craqué. 

Marché de Gavray, jeudi 7 septembre. Parmi les centaines de moutons et brebis attachés court aux barres sous le foirail, il faut choisir vite et quitter cet endroit de marchandage de vies animales, débordant de bêlements inquiets, d’yeux effrayés, de gros maquignons tâtant les croupes bondissant de peur et de senteurs d’abattoir proche. 

Justement, « cette jolie maigre à tête noire, c’est bien une Roussin de la Hague? », m’adressai-je à l’homme déjà âgé, en courte blouse noire. Après son « oui » solitaire, j’insiste pour connaître la suite.

- « Elle est âgée ?

-Dix ans au moins. Pourquoi, elle vous intéresse ? »,  annonce le vendeur surpris par cette curiosité soudaine envers une vieille brebis à réformer au plus vite.

Les 4 nouvelles arrivées

Je me fais insistante, sachant que l’inexorable mal qui guette les moutons en fin de vie, ce sont les pattes ne voulant plus porter les corps laineux :

« A-t-elle mal aux pattes ?

-Non, pas du tout. Elle n’a plus guère de dents : il lui faut juste de la grande herbe et du foin », ajoute le maquignon voyant que le marché pourrait se conclure.  

Inévitable question ! 

« -Combien ? 

-50€. 

-OK. Je la prends. « 

Et de une qui va éviter le couteau Alal ou Casher. 

Ne supportant pas les animaux à l’unité, future vie de solitude et de tristesse, je persiste auprès de l’homme qui ne me paraît pas, après tout, le plus détestable du marché.

- »Et celle d’à côté, elle est à vous aussi ?

-Oui et c’est le même prix ». 

Un large trait de stabilo spécial postérieur ovin et les voilà toutes deux marquées VENDU.

Quand soudain mon regard est accroché par deux immenses yeux vert d’eau striés de marron qui me fixent avec tant d’insistance que vous en devinez déjà la suite…

Tatibelle, la charmeuse à l'œil vert d'eau.

Tatibelle, la charmeuse à l’œil vert d’eau.

 

« -Attention, celle-là, c’est pas le même prix ! Elle est belle. »

Traduction de « belle » en langage maquignon = grasse, dodue, espoir de futurs beaux gigots et côtelettes, en raccourci « bonne à tuer ». 

« -Mais pourquoi elle vous intéresse, celle-là ? Si vous en voulez une autre, prenez plutôt la petite tachetée, juste à côté. Elle vous plaît pas, celle-là ? »

-Mais la grosse a de si beaux yeux ! », rétorquai-je, un brin de malice et de provocation dans les miens. 

J’ai alors vu dans le regard de l’homme, non pas de la moquerie, mais une touche de douceur, un peu d’humanité. Il s’est alors tourné vers moi et m’a observée d’un regard bienveillant.

90 + 70 + 50 + 50 = « 250€, pas plus. OK ? »

Pas le premier en calcul mental autrefois sur les bancs de son école du val de Saire, ce monsieur, car j’ai dû attendre quelques secondes avant qu’il s’aperçoive de l’erreur volontaire de ma part, en bonne normande. 

« -Non, non, ça fait 260 !! Allons, bon, d’accord pour les 250 ! », acquiessa-t-il en sortant, une fois de plus, son stylo marqueur. 

Affaire conclue, chèque empoché, le Cotentinois renseigna qu’il menait régulièrement paître son troupeau d’une centaine de têtes sur l’île de Tatihou, louant les herbus à l’office du Littoral.

En effet, les quatre dames enlainées, habituées à voyager, sautèrent prestement dans la remorque sans se faire prier, en route vers leur nouveau havre de paix dionysien.

 

Tatihou, Tati, bonjour les quatre Taties ! 

Miam miam !

 

 

 

( 31 août, 2017 )

Un trou dans le glacier

Un trou dans le glacier, un cratère dans le cœur !

Réchauffement, glaciation ? Pauvre nature !

Animal, végétal, minéral : ça va mal.

Aucun n’est épargné, tout s’effrite, se dissout !glacier 1

Ce glacier de Moiry est situé à quelques kilomètres de chez mes enfants suisses. Lénaël, mon fils aîné, travaille, en pleine nature, non loin de là. Un endroit et des enfants magnifiques que j’ai hâte de revoir. Photo Lénaël Duval

Ce pâle fleuve de glace avait bien fière allure,

Il y a cinquante ans mais aujourd’hui se meurt,

A perdu ses rondeurs, s’amaigrit à vue d’œil.

Autre photo sgnée Lénaël Duval

Autre photo signée Lénaël Duval

 

Situé en Valais suisse, enfant de la Gougra,

Petit-fils du grand Rhône, là-haut dans la montagne,

Sorti du Grand Cornier, à 3900 mètres,

Il est en perdition et ses jours sont comptés.

Photo Lénaël Duval

Photo Lénaël Duval

Souhaite aller bientôt, avant qu’il soit fondu,

Le consoler un peu, lui confier mon chagrin.

Je lui ferai cadeau de mes larmes amères,

Il purifiera mon cœur plein de tristesse.

Nous nous consolerons, minéral et humain.

Et pourquoi pas ? Suffit de nous tendre la main.  

( 30 août, 2017 )

Amertume

amertume3 o

Confier son chagrin à l’ami

Pour ne pas déjà succomber,

Espérer trouver la raison

De continuer un brin de vie,

Quitter le sentier d’amertume,

Trouver le chemin du pardon

Pour voguer sur l’onde clémente,

Sortir enfin de la brume

Et rejoindre la voie aimante.

Tissage achevé hier soir, 23h, fait de bois flottés que j’ai assemblés à l’aide de chevilles de bois et de ficelles de coton, puis, sur la chaîne,  laine de mes brebis. Je l’ai nommé Amertume.

Tissage achevé, hier soir, sur cadre, fait de bois flottés ramassés, l’été dernier, au Hameau Labour à Lingreville, que j’ai assemblés à l’aide de chevilles de bois et de ficelles de coton, puis, sur la chaîne, laine de mes brebis, teinte avec garance et chlorophylle. Je l’ai nommé Amertume.

 

 

 

 

 

 

 

 

( 28 août, 2017 )

Demain, l’aube jolie blanchira la campagne…

Les Anglais le nomment breakup. Pour les Allemands, c’est das Ausenanderbrechen. Les Italiens parlent de rottura et les Espagnols ruptura. Très douloureux, ce phénomène, malheureusement assez répandu à notre époque, dans cette civilisation, vous brise en deux et vous colle la boule au ventre, les boyaux en déconfiture et les cernes aux yeux.

Prévisible mais retenue en l’air le plus longtemps possible, la lame de l’épée atteint le cœur du plus vunérable des deux. C’est cela, un duel ! Il faut bien un vaincu. Le vainqueur retirant l’arme blanche de l’organe vital avec satisfaction, confusion ou regret, à son choix. Une fois le perdant tout baignant dans son sang, deux possibilités lui sont encore offertes. Ou bien il se laisse couler le liquide vermeil jusqu’à épuisement soit, la main serrant dur son pauvre cœur blessé, le malheureux se relève et appelle au secours. Deux autres potentialités se présentent alors. Soit le filet de paroles devenu inaudible, le voilà envoyé ad vitam aeternam dans la gueule des Enfers, soit sa voix fut audible, ses anges et amis accourant prestement. A vous faire confidence, j’opterais sûrement pour la seconde chance.

Car demain, l’aube jolie blanchira la campagne, le chagrin cessera et la vie reprendra, plus belle, plus honnête et plus pure peut-être…    

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