( 17 décembre, 2018 )

Demain !

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Cette main  au pommeau de la canne agrippée,

Aux veines apparentes, à la peau de vieillard,

Ces jambes qui trébuchent en errant sur l’allée,

Tentant de supporter ce corps dans le brouillard,

 

Ce visage qui fut autrefois tout sourire,

Rose carnation, pommettes perchées haut,

Dont il ne reste que cette image de cire,

Blafard astre lunaire, à mine de Pierrot,

 

Ces cheveux mal peignés, aux boucles disparues,

Maigres et tout blanchis, tristes comme le glas,

Silhouette fantôme égarée dans la rue,

 

N’attendant rien de bon car son temps est passé,

Sentant déjà la mort, aspirant au trépas,

C’est toi, c’est moi, demain ! Le sort en est jeté !

 

 Nellie, La Mauvillière, le 17 décembre 2018, 8h du matin

( 10 décembre, 2018 )

Au mélèze du champ

    Pour vous, mes enfants suisses chéris. Je vous aime bien fort. Mum                                          

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Tout là-haut dans le champ, un mélèze a grandi,

Un frêle rejeton, rapporté d’Helvétie.

 Le petit Valaisan, année après année,

A pris de l’assurance et grandement forci,

Etendant ses longs bras débordant d‘énergie

Au-dessus du talus, protégeant des ondées

 

Insectes et bovins, ou bien les ombrageant

Lors des chaudes journées de saison estivale,

Fournissant en automne des poignées de bolets,

Cèpes jaune orangé sur tapis verdoyant.

L’élégant conifère a, sa condition normale !

Laissé choir ses aiguilles, quelques cônes ont chuté.

 

Dès le prochain printemps, il saura s’habiller

De ses fines parures, légèrement flottant

Au coutumier vent d’ouest. Rêvera-t-il de neige

Qui viendrait sa cime de flocons saupoudrer ?

Tels certains de ses frères, aura-t-il tout le temps

De vivre ses six siècles et voir un florilège

 

De passants se disant : « Mais que fait ce mélèze

Sur le talus du champ, en ce pays normand ? »

Depuis longtemps déjà serai devenue cendre

Tandis que le bel arbre aura gardé ses aises.

La déesse nature a sur nous l’ascendant

D’une force infinie, belle leçon à prendre !

 

Chaque matin au champ, je lui donne bonjour,

Lui rappelant aussi son pays de naissance,

Ce merveilleux endroit précieux à mon cœur,

Le blanc versant alpestre abritant mes amours,

Les enfants de ma chair. Le bon temps des vacances

Au pays de Grimentz, autre aspect du bonheur.

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Bolets au champ, cet automne, sous le mélèze.

 Nellie, La Mauvillière, le 10 décembre 2018

( 1 décembre, 2018 )

Poème à maman

 

Revu et amélioré le 1er décembre 2018, cinq ans après que maman est partie.

Du chagrin au manque, du manque à la résignation, de la résignation à la paix, avec éternels regrets cependant…

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Maman, si tu savais…

Maman, si tu savais le chagrin que me cause

La vue de ta demeure autrefois habitée,

Aujourd’hui dénudée, solitaire, oubliée,

Et ton coquet jardin aux bordures de roses,

Garni de beaux légumes pour toute la famille,

Au coin ombré de menthes et puis de camomilles.

  

Intarissables pleurs d’un temps évanoui !

Perdues à tout jamais, les saisons de l’enfance !

Orpheline, maman, de ta douce présence,

Déesse du refuge, maîtresse du logis.

Me manquent ton sourire et ta proposition :

« Allons donc au jardin voir ce qui a poussé ! »,

Panier d’osier en main, pour quelques légumes frais

Que tu savais offrir, toujours à discrétion.

Nos chambrettes coquettes, large escalier de bois

Aux rampes dévalantes, les armoires aux draps blancs

Pieusement conservés, défraîchis par les ans,

Racontant les grands-mères : « Dis-moi encore une fois…. »

Et maman rappelait que cette broderie

Au fin fil de coton, c’était celle de Marie.

 

Cette salle à manger préservée des repas

Pour ne pas la salir, à cirer chaque année,

Avec sa table ronde et, sur le grand buffet,

Ce chantant pose-plats, cadeau d’un beau-papa.

Ces vieux miroirs piqués vers lesquels nous tendions

Nos frimousses d’enfants pour interrogation.

 

Les vilains souvenirs s’estompent avec le temps.

Ne restent que ces vagues à chagrin et regrets,

Montée d’escalier et cour à traverser,

Un trottoir à franchir et accéder, maman,

A toi, enfin ! « Bonjour, ma Lily, tu vas bien ? »

J’irais mieux si, maman, tu revenais demain.

 

Juste pour un instant, à gratter tes allées, 

A cueillir les tomates, défouir les pommes de terre,

Ecosser les p’tits pois de tes doigts de fermière, 

A mijoter la soupe ou préparer le thé.

Juste quelques minutes pour savoir si, là-bas,

Dans ton beau paradis, tu as rejoint papa.

 Papa et maman plage

Je te porte en mon cœur, ma petite maman,

Mais n’ai pu y loger notre grande demeure

Qui, depuis ton départ, vers le néant se meurt.

Si, malgré tout, je vis encor quelques printemps,

Je n’oublierai jamais nos plus jeunes années

Et pleurerai le temps de notre maisonnée.

 

  

( 30 novembre, 2018 )

Ultime rose de l’automne

Ultime rose de l’automne

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Il est dans mon jardin une dernière rose

Qui ne veut pas mourir. Vient la saison morose !

Tel mon cœur en automne, à l’aube des frimas,

La jolie fleur attend et ne s’attriste pas.

 

Au miracle peut-être elle ose croire encore.

Elle sait que déjà pointent les hellébores

Dans leurs vierges corolles, ne craignant pas le froid.

Et comprend que bientôt renoncer elle doit.  

 

Ainsi passe le temps, ainsi tourne la vie !

S’évanouir enfin, même avec folle envie

De croire à l’éternel, l’intemporel printemps,

 

A l’infinie beauté, au sourire éclatant !

Jolie rose d’automne a tombé ses pétales.

Je déplore déjà sa lumière vitale.202565_001_350

 

Nellie, la Mauvillière, vendredi 30 novembre 2018, 11h du matin

( 20 novembre, 2018 )

Comme un transitoire adieu

 

centaurée o 3 On dirait que les dernières fleurs des champs, sentant les frimas approcher, ne voulant point mourir, souhaitent offrir un ultime éclat de leur éphémère beauté !

Telles ces centaurées jacées rencontrées au champ, ce jour du 20 novembre, tendant leurs capitules de petites fleurs mauve pâle au léger vent glacial venu de l’Est.

Une plante à peine remarquée en plein été car très commune, à la généreuse triple floraison puisqu’aux tiges coupées au gré des fenaisons (1ère et 2e coupe) elles refleurissent une 3e et ultime fois en automne. centaurée O 2

Sur ce tapis d’herbe rase, les élégantes demoiselles chevelues dressaient fièrement leurs têtes, pour un transitoire adieu avant réapparition printanière. centaurée O 1 Car une fleur a l’avantage de revenir, chaque printemps, aussi jolie d’année en année, alors que nous, pauvres humains qui nous croyons si supérieurs, décrépissons un peu plus au fil du temps, hélas ! laissant les saisons de l’âge mûr à nos fils, filles et celles de la joyeuse jeunesse à nos petits-enfants.  

 

Ainsi j’attends, moi aussi, le retour de la saison du renouveau, la longue course de l’astre solaire réchauffant la campagne. Et je cherche déjà quelques signes vernaux avant-coureurs sur les talus bien abrités, au jardin, au ciel… Le cycle naturel devant s’accomplir, il ne faut pas brusquer les choses. Attendre patiemment…

Centaurée, centaure ?

L'éducation d'Achille Eugène Delacroix 1862, Vers 1862, le peintre Eugène Delacroix réalise un pastel intitulé L'Éducation d'Achille montrant le centaure Chiron en train de galoper et de tirer à l'arc dans un paysage de collines, pendant que le jeune Achille, assis sur son dos, tire lui aussi à l'arc en suivant son exemple. Le pastel est conservé au Getty Center, dans le J. Paul Getty Museum, à Los Angeles, aux États-Unis.

L’éducation d’Achille, pastel d’Eugène Delacroix 1862, montrant le centaure Chiron en train de galoper et de tirer à l’arc dans un paysage de collines, pendant que le jeune Achille, assis sur son dos, tire lui aussi à l’arc en suivant son exemple. Le pastel est conservé au Getty Center, dans le J. Paul Getty Museum, à Los Angeles, aux États-Unis. wikipédia

 

Ainsi nommée en référence au « centaure Chiron, le premier herboriste reconnu dans la mythologie antique« , annonce Wikipédia.

Cette centaurée jacée est aussi appelée barbeau, tête de moineau, bleuet rose, (en effet la cousine du bleuet, notre symbole national de la mémoire historique, tous deux de la famille des astéracées). 

 

( 17 novembre, 2018 )

Coquine nature !

pombiz 1Si, l’an dernier, au potager, j’avais eu la surprise d’extraire du sol une drôle de pomme de terre en forme de parties fessues bien rebondies (voir article De la cuisse à la fesse), j’ai eu droit, hier, à la découverte d’une pomme bizarre. Ou plutôt de pommes sœurs siamoises du tronc, avec unique tête et tige. 

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L’ai-je cueillie et posée au fruitier sans m’apercevoir de sa jolie malformation ou bien vient-elle du verger de Bricqueville-sur-mer, cueillie par les enfants dans le plan de la Hardonnière ? Car chaque automne, ils m’apportent les fruits de leur cueillette pour stockage dans cette ancienne boulangerie de ferme dans laquelle la température varie peu, hiver comme été. D’où une bonne conservation des pommes de terre et du ciel jusqu’en avril-mai, certaines anneés.

 pombiz 1

Curieuse étrangeté de Mère Nature, plaisante bizarrerie végétale au verger ! Un sourire de plus à ma collection ! Et tant mieux !

Plaisir fugace à vous offrir aussi !pombiz3 

Et plaisir de la croquer prochainement car éphémère cadeau de la Pachamama manchoise !

( 14 novembre, 2018 )

Le buvard de mon coeur

Aubes roses. Pastels gras 1996

Aubes roses. Pastel 1996

J’aime colorier ma vie de fantaisie,

Enluminer mon temps de sobre poésie.

Peindre mes jours de bleu, de rose et d’un trait d’or,

Juste un filet ourlant les contours du décor.

 

Roses vagues 1995 Pastels gras

Roses vagues 1995 Pastel

Dessiner sur fond noir les joies de l’existence,

Ecrire et partager mes impressions en stances,

Sculpter mes nuits de rêves, à peine dévoilés,

Aperçus fugitifs car sitôt envolés.

 

Au ventre de la mère 1996 Pastels gras

Au ventre de la mère 1996 Pastel

Ainsi les années passent, à chagrin moins enclines.

Durables amitiés, passions opalines,

Angéliques tendresses à vivre intensément.

 

Commencé en 1997. Inachevé Pastels gras

Commencé en 1997. Inachevé Pastel

Ma palette est la terre. Mes amis, les pigments.

Un support favori, le buvard de mon cœur.

Je veux tisser ma vie au métier du bonheur.

( 9 novembre, 2018 )

Le phoenix et la licorne

 

Phoenix rouge de la peinture chinoise

Phoenix rouge de la peinture chinoise

Le  phœnix en la ville

S’ennuyait sur sa branche,

Rêvant d’une Sybille,

Œil vif et plume blanche.

 

Licorne en son vert pré

Songeait, bien solitaire,

A quelque doux galant

Avec qui chemin faire.

 

L’un des dieux de l’Olympe

Entendant leurs soupirs

Sur la montagne grimpe

Pour taire leur souffrir.

 

Mais comment rassembler

Deux si différents êtres ?

L’un sait si bien voler,

L’autre a deux ailes piètres.

 

Bonne dame Nature

Dans l’affaire intervient

Qui abolit torture

Et, dans l’heure qui vient,

 

Soulève la licorne

Emmène le phœni(x)

Dans un pays sans bornes.

La suite ne vous dis.

Licorne peinture rupestre

Licorne peinture rupestre

Le mardi 6 novembre, minuit

( 27 octobre, 2018 )

Si tu diffères de moi ….

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ! »

photo Revue des deux mondes

photo Revue des deux mondes

Pas besoin de commentaire à cette phrase issue de Pilote de guerre, l’un des romans d’Antoine de Saint-Exupéry, d’abord intitulé Flight to Arras, publié aux Etats-Unis le 20 février 1942, par l’écrivain en exil, censuré par les pétainistes et les Nazis car appelant les USA à entrer en guerre contre l’occupant. De Gaulle lui-même en interdira la publication en Algérie, à l’époque où la politique était encore au colonialisme !! Car respecter l’autre, c’était suspect !!!!!

Terre des hommes en 1939, Pilote de guerre en 1942, Le Petit Prince en 1943, et tous ses autres ouvrages : une superbe leçon de vie, de fraternité et de justice. Merci, monsieur Saint-Ex.

Il était né en 1900, disparu en vol lors d’une mission le 31 juillet 1944, tombé en Méditerranée, non loin de Marseille.

« Pardon de vous déranger… c’était seulement pour dire bonjour !  » Extrait de Lettres à l’inconnue, écrites en 1943, publiées post mortem en 2008, révélées lors d’une vente aux enchères en 2007.

 

( 26 octobre, 2018 )

Chuter pour renaître !

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Doucement se balancent au gré du vent d’automne

Les ultimes feuilles du figuier au jardin.

Voici déjà, au cadran de l’année, que sonnent

Déclin, mort et trépas en voltigeant gadin.

 

Entraînant dans leur chute une douce pelisse,

Ce qui était hier, la chaleur du soleil,

 Heures d’insouciance et ces  jours de délices,

Les fenêtres ouvertes à mes nuits de sommeil.

 

L’une d’elles en dansant son ballet d’Ophélie

A lancé à tout va ces quelques mots d’adieu.

Je les ai retenus. Avant que les oublie,

 

Vous les offre aussitôt. L’espoir délicieux,

C’est que, dès le printemps, tout va réapparaître.

« N’oubliez surtout pas ! Faut chuter pour renaître ! » 

Nellie 9h du matin, le 25 octobre 2018

( 23 octobre, 2018 )

Ca fait caquet si je vous dis que …..?

Eh bien oui, j’oserai vous faire caquet !! Je viens de retrouver dans mes bagages cette expression que vous comprendrez sans traduction tant elle est claire et charmante. Tout droit venue du pays des Helvètes d’où je rentre.

Une contrée attingible par voies de terre et des airs en quelques heures, environ sept, pour rejoindre le troisième et dernier étage du chalet « Au pied du mont » le bien nommé, au village de Grimentz, le plus fleuri de Suisse, annoncent les dépliants touristiques.  Même si, à cette période automnale, les balcons se vident de leurs contenus géraniumniques…  

Lorgnez vers le 3e étage. Peut-être apercevrez-vous la famille Duval ? Aux balcons encore fleuris, non pas de géraniums mais des pétunias blancs.

Lorgnez vers le 3e étage. Peut-être apercevrez-vous la famille Duval ? Aux balcons encore fleuris, non, cette année, pas de géraniums rouges mais des pétunias blancs.

« Au pied du mont » ? Car juste au-dessus, il y a Bendola, la station de ski et ses pistes broutées, à la verte saison, par les belliqueuses, mais pas trop ! vaches d’Hérens. Et l’hiver, très largement poudrées de sel céleste.

Je ne me lasserai jamais de l’accueil et des surprises que me réservent mes enfants et petits-fils à chacune de mes ascensions vers leur montagne préférée, le nid qu’ils ont bâti depuis leur arrivée en 1996. Déjà 22 ans ???

Au royaume des edelweiss,

Edelweiss en haut du barrage de Moiry

Edelweiss en haut du barrage de Moiry

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Ce lac des Autannes, un merveilleux bijou !! Photo Lénaël

chamois, marmottes, aigles et neiges éternelles, je vais de surprise en surprise, Lénaël et Sandrine n’étant jamais à court d’idées en balades  ! Le paradis ! Ce petit lac des Autannes, à peine 5 hectares. « C’est tout de même pas le lac de Genève avec ses 58 000 hectares ! » me direz-vous ! Certes mais celui-ci est unique, majestueux, si haut perché, à 2665 mètres, merveilleux bijou se reflétant dans son écrin de sommets, juste au-dessus de la tsigère de Pierre

La tsigère, cabane de montagne pour garder les vaches autrefois et faire le fromage d'été.

La tsigère, cabane de montagne pour garder les vaches autrefois et faire le fromage d’été.

et de la ferme d’altitude.

Sur la pente herbue tout près du chalet, le troupeau des vaches villageoises, entre la désalpe et l'étable pour l'hiver.

Sur la pente herbue tout près du chalet, le troupeau des vaches villageoises, entre la désalpe et l’étable pour l’hiver.

Un eden de fraîcheur, de transparence, de cette eau cristalline tout droit venue de la fonte des neiges.

Barrage O 2018

Le barrage de Moiry et sa voûte de béton retenant les eaux du glacier.

En redescente vers la vallée, 400 mètres plus bas, nous sommes donc à 2249m d’altitude, après ces célestes heures autour de ce petit réservoir glaciaire, il y a le grand, l’immense lac artificiel hydroélectrique de Moiry. 4 années de construction, de 1954 à 1958, et 1200 ouvriers au travail, 148 mètres de hauteur, 610 m en long, d’une surface de 129 ha. A la base de la construction en voûte, 34 mètres et à son épaisseur au sommet 7 mètres. Et cette eau tout juste venue du glacier en contrehaut, d’un bleu de rêve…

Lac des Autannes deux mois plus tard. Photo de moi.

Lac des Autannes deux mois plus tard. Photo de moi.

Et ces sentiers à explorer, qui le ceinturent. Et cette cabane d’altitude qui le domine…. Et ces marmottes et marmottons déjà ensommeillées dont je rêve d’apercevoir la silhouette… Trop tard ! Et ces cerfs bramant pour appeler leurs dames, et ces chamois juste au pied du barrage, passant paisiblement à la tombée de la nuit….

 

Non, je ne veux vous lasser avec toutes ces splendeurs… Juste vous dire que le paradis existe aussi sur terre ! Il vous attend quelque part, à moins que vous l’ayez déjà trouvé !

Mille mercis à mes chers enfants suisses. A vous revoir bientôt…

Belle journée à vous et prenez ces septante, octante et nonante bises !!!

( 21 octobre, 2018 )

Fraîche bribe d’enfance

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Je ne sais pourquoi ce texte humble et frais est toujours la cible de commentaires de sites un peu tendancieux, jamais méchants cependant.  En changeant le titre du poème, peut-être ne sera-t-il enfin visité que par mes amis ?

Dans le coeur d’une primevère

j’ai humé la frêle senteur

d’une partie de mon enfance

quand, par les chemins, nous allions

jusqu’à l’école du village.

 

Nous aimions picorer les fraises

que nous trouvions sur les talus,

minuscules et parfumées.

Chacune était un paradis,

un instant de bonheur intense.

 

Petits riens de la vie,

humbles plaisirs si brefs

qu’il ne faut pas rater,

qu’il faut savoir trouver.

( 18 octobre, 2018 )

Flirt automnal

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Flirt automnal

 

Voici déjà pointer l’automne de ma vie !

Néanmoins j’ai au cœur cet éternel printemps

Inondé de soleil, cette durable envie

De découvrir encor des trésors palpitants.

 

Une aube aux mille tons, au firmament l’étoile,

Cette senteur des bois, ce parfum du muguet,

La pluie sur mon visage et du soleil le voile,

Du silence l’écho qui procure la paix.

 

Elle est aussi trésor la tendresse infinie

Que peuvent se donner deux êtres en harmonie !

Et l’une main dans l’autre et leurs yeux bienveillants,

 

Partage de leurs joies, de leurs désagréments,

Dure est la solitude à qui aime bien vivre,

Doux sont les mois et ans qui préservent du givre.

 

Nellie, 22h, le 18 octobre 2018

( 4 octobre, 2018 )

En route vers la magie helvète

Valise dépoussiérée, talons cirés, sac à dos empli, avion et train réservés, mercredi je pars pour mon seul et unique grand voyage annuel : le pays de Lénaël, Sandrine, Timo et Nolan. Non ce n’est pas le bout du monde. Juste mille kilomètres de distance et 1500 m de hauteur nous séparent. Ce village du Valais suisse, aux jolis chalets de mélèze noircis par les ans, aux alpages à l’infini, aux cimes enneigées, c’est en quelque sorte un peu du paradis sur terre.

Ce matin justement, nous recevions de là-bas cette superbe photo, prise par Lénaël au lever du jour, cliché de la magie helvète qui m’attend pendant ces quatre jours. Je n’ai pu m’empêcher de vous l’offrir à mon tour. IMG-20181004-WA0000

( 27 septembre, 2018 )

Na na na né né né ou Le chant du nez qui pleure

Ma copine Mo qui l’a pourtant si joli en plein milieu du visage, bien qu’elle ne puisse, par un maladroit geste du créateur, l’admirer, nous non plus d’ailleurs, a en ce moment une incisive contre lui. cuisse 3

Sans que vous me tiriez les vers du nez, je vous en dirai juste deux mots.

Cet indispensable promontoire lui joue de vilains tours de gorge, l’enchaînant à une série de toussotements et éternuements en salves, tel un carabinier peu sérieux, avide d’épuiser sottement ses munitions. Malheureuse jusqu’à, entre deux quintes de ces expectorations pseudo-bronchitales, prestement glisser cette phrase de Marcel Marriën, l’incontournable aphoriste belge : mon « nez est l’idiot du visage. »

Autres auricules

Après mainte et mainte consultation au cabinet de son officier de santé, il lui a été signalé qu’un malin fragment d’amalgame dentaire avait osé choisir ses sinus paranasaux pour auberge.

Fichtre ! Qu’allait-il faire dans cette galère cloisonnée exposée aux quatre vents, aux soudaines crues torrentielles ou aux grands coups de chiffon de papier blanc risquant de l’expulser de sa chambre ?oeillets 11ww

 

Sachant qu’ « un coup d’oeil est souvent trompeur, pas le coup de nez », dixit Philippe Sollers qui a donné raison au charmant Antonio, Mo s’est enfin décidée à consulter un spécialiste ORL.

En pensant certainement qu’ « un nez qui peut voir en vaut deux qui reniflent », comme le dit si bien Eugène Ionesco.

Oui mais…. Il lui a fallu souffler du nez pour accepter une nasofibroscopie et ce fin tuyau engagé d’un côté de la narine se dirigeant vers ses buts précis : visites guidées du larynx et du pharynx.oeillet 2 ww

Oui, oui, l’on se passerait bien d’une telle excursion !

Désormais lointain souvenir d’un bref séjour chez notre jeune docteur italien, Mo et son nez se remettent tranquillement en défaisant, matin et soir, une pleine valisée de jolies dragées multicolores. Jusqu’à ce que, je le lui souhaite de tout cœur, le rétablissement s’amorce et que ma chère amie reprenne toutes ses activités, les doigts dans le nez !

Pour parfumer cet article pauvre en nez, permettez-moi de l’embaumer avec quelques fleurs écloses (Rose Cuisse de Nymphe Emue, auricules et œillets) en ce moment au jardin. A bientôt pour des aventures autres que nasales.

( 22 septembre, 2018 )

Macadamia, pacanes, anacardes et Cie

L’eau à la bouche, le fruit dans l’arbre et le mot…. sur la langue ? Voyons voir.

Si vous élargissez vos connaissances botaniques en même temps que moi, alors c’est parfait ! Je suis comblée. 

Chaque midi, fruitarienne à la douzième heure du jour, je me régale de noix différentes ajoutées à mon bol de fruits.

Quelles noix, me demandez-vous ?

 

Noix de macadamia

Noix de macadamia

Eh bien, les noix de Macadamia (45€ le kilo !). Je viens d’apprendre que ces jolies petites boules écrues proviennent du macadamier ?Oui, aussi appelé noyer du Queensland qui pousse en Australie et en …Espagne. Ces graines « aux mille vertus » sont bourrées de sels minéraux et d’une huile de grande qualité.

 

Noix de Pécan

Noix de Pécan

Une autre portion de noix de Pécan ou pacanes, issues du pacanier nord-américain, riches en anti-oxydants.

250px-Cashew_nut_industEn plus, quelques noix de cajou, en forme de fœtus. Ou bien anacardes nées de l’anacardier brésilien. Vous avez projeté de vous rendre prochainement au pays du carnaval de Rio ? Attention ! Si vous tombez sur un anacardier, ne consommez pas ses noix crues car toxiques. Mais comestibles une fois cuites seulement, pleines de protéines végétales.

 

Noix du Brésil

Noix du Brésil

Quant aux noix du Brésil, gorgées de vitamine E, également connues sous le nom de châtaignes d’Amazonie, elles apparaissent sur le noyer du Brésil. Pas de piège à celui-ci. Vous auriez pu le deviner de suite. 

Inutile de vous demander comment s’appellent les arbres porteurs des noisettes et noix ordinaires ajoutées à ma mixture et en provenance directe des talus du champ, surtout en ce moment car gaulées par les rafales du vent de galerne (ouest). Et que j’obtiens patiemment, casse-noix vissé en main, en regardant, le soir, un bon film à la télé, à condition qu’elles ne résistent pas à sortir de leur coque douillette !  

( 20 septembre, 2018 )

A chaque arbre son fruit…

« L’arbre est connu par ses fruits, non par ses racines », dit un proverbe. Au propre comme au figuré.

Restons-en au propre un instant.

En ce mois de septembre, cueillons, cueillons pêches, pommes et poires. Récoltons châtaignes, noisettes et noix.

Vous savez que beaucoup d’arbres portent des fruits, comestibles ou non. Mais connaissez-vous leurs noms ? En voici quelques-uns qui jonchent nos chemins et routes en ce moment.

 

Photos wikipédia

Photos wikipédia

Ainsi, que porte le hêtre ? Bingo. Vous avez dit faînes. La faîne, c’est cette minuscule amande enfermée dans sa cupule, qui en sort dès que mûre. A petite dose, elle est comestible aux humains et régale plus souvent écureuils, blaireaux, sangliers et oiseaux.

samares du frêneEt le frêne ? Son fruit est la samare, un akène (fruit sec non déhiscent, qui n’éclate pas), tels le gland ou la faîne. Un fruit lui aussi apprécié des écureuils et oiseaux, comestible pour les humains, les Anglais les consommant comme les câpres ou cornichons.

glandQuant au chêne, inutile de nommer ce gland dont les animaux qui s’en nourrissent exclusivement sont des balanophages (le cochon sauvage, le sanglier et autrefois les Egyptiens et des peuples nomades dont c’était l’aliment de base pendant la saison).

A suivre…

 

 

( 18 septembre, 2018 )

La vie est un grand jeu

 

Photo wikipédia

Photo wikipédia

La vie est un grand jeu, éventail de possibles.

Jeu du hasard de naître en cocon bienveillant,

Avec parents aimants ou famille terrible,

Tel un pauvre gavroche jeté dès que naissant.

 

Un jeu de memory aux règles éphémères,

Car sans arrêt changeantes à qui veut les savoir.

Jeu de colin maillard, les yeux pleins de chimères,

Les bras toujours tendus afin de ne pas choir.

 

Un jeu du quitte ou double avec le partenaire,

Hasard de loterie, la chance de l’été ?

Amère comédie ou manège enchanté ?

 

Un jeu de l’élastique, aujourd’hui comme hier,

Avec rebondissements, un passe-temps de hasards

Et ses multiples choix, avant le grand départ !

 

Nellie, mardi 18 septembre 2018, à midi

( 13 septembre, 2018 )

Bizarreries de vocabulaire. Merci Joo !

lever« Maintenant vous ascendez vos bras au-dessus de votre tête », nous a dit ce matin Joo, notre charmant et très compétent professeur de yoga-Qi-Gong, récemment arrivé d’Angleterre et qui a très vite dû s’immerger dans la langue française.

Un quart de seconde d’étonnement et oui, bien sûr ! Oh, ce verbe que j’oyais pour la première fois et dont j’ai aussitôt saisi le sens, tant il est évident. Vous aussi, n’est-ce pas ? 

Ascendre-descendre

Sitôt revenue à la maison, j’ai saisi le Littré en 5 volumes et rien de rien à ascendre. Bien sûr, ascendant, ascendance, ascenseur, ascension, ascensionnel, ascensionniste (qui fait une ascension en montagne).

Tous ces mots opposés à descendant, descendance, descensionnel et même descenseur. Eh oui, un descenseur, c’est un objet propre à descendre des objets ou des personnes. Peu usité de nos jours il me semble !

Prenons l’ascenseur pour joindre le 7e étage et le descenseur pour gagner le rez-de-chaussée !! Pourquoi pas !

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Et l’opposé à descente, serait-ce ascente ? Pas de traces de ce mot.

Les Britanniques seraient-ils plus conservateurs que nous grâce au vocabulaire apporté par Guillaume Le Conquérant il y a bientôt deux mille ans, emprunté au latin ascendere, descendere ?

Comme j’aime beaucoup le yoga et le professeur qui l’enseigne, je retournerai bien volontiers jeudi prochain pour ascendre mes bras au-dessus de ma tête !

Merci, Joo pour la résurrection de ce mot quasi perdu et que désormais j’utiliserai chaque fois que j’en aurai l’occasion. Une mort évitée et tant mieux ! 

 

 

( 6 septembre, 2018 )

Mon cloître de verdure (revu et enrichi)

Oui, il s’agit toujours du même cloître de verdure et de la même nonne en robe légère de coton, chaussée de sandales de rosée dans le petit matin, chapeautée d’un bibi anti-soleil aux heures chaudes du jour et revêtue d’une petite laine le soleil couchant venu. 

J’ai juste amélioré le texte paru il y a un ou deux ans sur le blog, venant ce jour de l’envoyer pour parution dans une revue (d’un ami d’une amie) à très faible tirage.

Alors si le cœur vous en dit, revenez faire une balade avec moi dans cet endroit à la limite des mondes mystique et profane. 

              

                                   

        A Patrick et Joo

                  Mon cloître de verdure

 

détail du mandala (1)J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons d’ordinaire le sentier imprimé par nos allées et venues, au fil des jours, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse, la quiétude assurée.

 

Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère convexe aux contours réguliers, longeant d’autres prairies, bordé, à l’occident, d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

 

En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers,  touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et d’oiseaux. Un mélèze helvète y pousse allègrement, souvenir d’escapade au pays des enfants expatriés.   Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.mandala-2-o-300x234

 

J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

 

Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage.

Sur le talus oriental, une douzaine de sapins croissent élégamment, symboles des Noëls de naguère. Car les enfants ont depuis fort longtemps déserté le cocon. Mais les confères sont là, évoquant le mystère de la Crèche et ces matins des étrennes aux paquets avidement ouverts.

 Mandala 1

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo. Pour tous ces êtres chers, tel un Ave Maria, Requiem, Te deum ou In Paradisum, j’ai dessiné ce mandala sous un chêne abrité. Qu’ils reposent en paix, ces doux êtres chéris !

 Le mandala (cercle de 2m  de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies , aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kms du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

Le mandala (cercle de 2 mètres de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies, aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kilomètres du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

 

Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller cependant car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai alors encore humer le frais parfum des fleurs du pommier ou poirier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage réjoui.

Nellie Duval, La Mauvillière. Modifié le 5 septembre 2018

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