( 16 février, 2019 )

Du côté de Sleepy Hollow

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Une première rencontre a toujours un caractère émouvant. Appréhension de l’inconnu, saut dans le grand vide, à pieds joints non assurés, manque de contrôle, de visibilité… Enfin lâcher prise pour aller vers cette découverte…

Le message initial venant de sa part, qui m’a séduite, je vous le livre :

 » Rire souvent et sans restriction ; s’attirer le respect des gens intelligents et l’affection des enfants ; tirer profit des critiques de bonne foi et supporter les trahisons des amis supposés ; apprécier la beauté ; voir chez les autres ce qu’ils ont de meilleur ; laisser derrière soi quelque chose de bon, un enfant en bonne santé, un coin de jardin ou une société en progrès ; savoir qu’un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ; voilà ce que j’appelle réussir sa vie. « 

La suite, je ne la connais pas moi-même et la partagerai peut-être avec vous dans une semaine, un mois, un an…., cet être amoureux de la nature n’ayant plus à appréhender le temps.

( 13 février, 2019 )

Encore une vaubannerie du marquis

« -Alerte ! Vikings en vue !

 -Non, ce sont des Anglais !

 -Pas du tout, regarde leurs tenues ! Les Allemands nous envahissent ! »

Alors comment défendre nos jolies côtes manchoises contre ces envahisseurs qui, au fil des siècles, ont voulu monter à l’assaut des dunes et falaises ?

Octobre 1699 : Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, 69 ans, est en visite, sur les ordres de son souverain Louis XIV, le long des côtes avranchinaises.

Sébastien de Vauban, peint par Hyacinthe Rigault

Sébastien de Vauban, peint par Hyacinthe Rigault

Janvier 1705 : 13 capitaineries et 70 corps de garde (cabanes) sont bâtis dans la Manche.

Nous voici bien protégés par ces quelques soldats postés, par n’importe quel temps, aux meurtrières et fenêtres de ces abris aux murs de granit et toits de schiste. Les imaginez-vous tirant quelques coups de fusil sur une armada fort armée et réussissant un Trafalgar à notre profit ? En fait, leur mission consistait surtout à craquer l’allumette destinée à embraser des tas de bois plus ou moins sec afin que feux nocturnes et fumées diurnes avertissent du danger imminent. Rien de plus !

Juillet 1815 : les précaires logements ne sont plus occupés. Seuls quelques-uns serviront aux douaniers pourchasseurs de fraudeurs en tissus, tabac, alcool, étain et plomb.

12 février 2019 :

« -Maman, veux-tu venir avec nous pour une balade du côté de Carolles ?

-Yes, yes ! « , fut ma réponse immédiate à Romaric, mon fils cadet et à ses deux enfants, Laly et Baptiste.

Rocher du Sard

 

Une merveilleuse balade inondée de soleil, sur le sentier bordé d’ajoncs en fleurs et de genêts encore somnolents.

Plage du Lude 12 02 2019 O

Jusqu’à la fameuse cabane ….. Vauban, puis la plage-port de gris galets au fond de la vallée du Lude, ruisseau apprécié de Chicane, notre chien aux yeux bleus, accompagnateur du groupe, qui eut, seul, droit, pour son regard d’acier, aux compliments des passants alors que nous aussi possédons de beaux yeux bleus !

Et le Rocher du Sard, autrement dit la Roche du Diable, chaire de Satan ou bien chapeau de Napoléon, rapidement pris d’assaut par nos jeunes alpinistes côtiers.

Avec, en toile de fond, le Mont-Saint-Michel et son éternel compagnon, l’îlot de Tombelaine.

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« C’est un comble ! Pas de photo de cette cabane ?

Je vous répondrai tout simplement :

« Allez-y voir vous-même ! »

 
 

 

 

( 10 février, 2019 )

Philosophie à deux sous

 

Ancolie au jardin

Adieu la mél-ancolie !

Tôt levée ce dimanche, réveillée par les insistants plic plac ploc frappant aux ruisselantes ardoises du toit de ma chambre, accompagnés du sombre hurlement du vent chahutant la charpente, se sont offertes à moi deux possibilités de penser.

1-Ou bien me lamenter sur ce temps pourri, cette future journée avariée, la balade dominicale compromise…

2-Ou bien prendre la vie du bon côté !

Devant ma fumante tasse de thé blanc parfumé à la myrtille côtoyant, à la longue table d’orme, dans un joyeux désordre, mon petit métier à tisser, me suis mise à feuilleter mon ouvrage de référence sur le tissage aux cartes.

Bouquin dans lequel j’ai enrichi chaque page de réflexions, maximes et tutoriels.

Plic, plac, ploc, suis tombée sur quelques-unes. Ce devait être mon jour de chance, un clin d’œil de mon ange gardien ou un hasard, allons savoir !

Vous désirez les connaître ?

Eh bien je vous les offre.

« Se faire du souci, c’est perdre l’aujourd’hui en sabotant les opportunités de demain avec les problèmes d’hier. »

Et encore :

« Une journée nuageuse ne peut rien contre un tempérament radieux. »

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Vive la vie en … rose-mauve !

Si peu à ajouter à ces excellentes réflexions proposées par l’écrivain américain William Arthur Ward (1921-1994), que j’ai aussitôt ingurgitées et digérées pour bien nourrir toutes les cellules de mon être.

De la pluie me suis fait une alliée, chaussant mes bottes, revêtant un complet Kway et m’en suis allée entamer mon radieux tour de champ avec les amis canins, déjà rompus à ces idées philosophiques depuis belle lurette !

Il n’y a peut-être que l’humain pour se lamenter incessamment !

A bon lecteur, salut !!

( 6 février, 2019 )

De l’animal à l’assiette

pompngBouleversée par cette vidéo d’une génisse en position couchée, traînée par le cou vers l’abattoir, dans cette histoire de viande avariée. Un terrible spectacle qui se produit probablement dans tous les abattoirs du monde, chaque jour, chaque heure, une scène que je n’arrive pas à digérer. Une histoire vraie dans cet abattoir polonais. Bof, bof, « un incident isolé », a dit le ministre de l’agriculture polonais !!!!! Voici pourquoi je rêve d’un monde végétarien végétalien, vegan, plus exactement sans sacrifices et nourritures animales !! 
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Dans ma verte prairie polonaise, je paissais calmement. Pas vraiment l’herbe grasse des riches pâturages car mes gardiens fermiers possédaient seulement quelques acres de terre. J’avais appris à me sustenter de cette maigre nourriture, mes sœurs et cousines aussi. Pas la grande forme, un peu faibles mais c’était supportable.
Jusqu’au jour où l’énorme camion est venu à la ferme. A coups de bâtons à décharges électriques et de terribles cris hurlants, nous avons été chargées sur une rare paille recouvrant le plancher de cet habitacle roulant. Portes aussitôt fermées, nous voilà entassées dans ce logis prison démarrant vers l’inconnu. Peut-être un autre herbage, plus riche, plus vaste ?

Je ne sais plus combien de longues heures nous avons dû supporter, ballottées sans arrêt, nous cognant aux montants de l’habitat brinquebalant, essayant de nous coucher, tant nos pattes étaient fatiguées. Eh bien oui, n’en pouvant plus, je suis tombée, vite piétinée par mes sœurs prises de panique. Les deux pattes avant brisées, impossible de me relever  ! Mais que faire ? Mes meuglements de douleur n’y ont rien changé ! Jusqu’au moment où le camion de malheur a stoppé. Miam miam !

Kalinowo, nous étions à Kalinowo. Qu’allait-on faire de nous ? Toutes mes copines valides sont sorties vers un étroit couloir bordé de grilles de fer. Sans ménagement aucun, l’on m’a mis une corde au cou, brutalement traînée vers la descente abrupte du camion. Puis sur ce sentier de malheur, la peau de mes pattes à vif. Tant de douleur, tant de souffrances ! Pourquoi ? Pourquoi donc ?

Il n’était plus question de pâturage verdoyant ! Finies les longues siestes à ruminer paisiblement sous le soleil ! Adieu la vie insouciante de ma verte prairie !  J’ai entendu la lugubre plainte de mes sœurs et amies qui, les unes après les autres, ont été abattues ! C’était à mon tour maintenant ! Enfin, enfin je serais soulagée !

Puisque tel est le sort des génisses et vaches, moutons, chevreaux et porcelets sur cette terre, pour l’assiette des messieurs et dames de la planète !

Photo Pro Animale

Photo Pro Animale

 

 
( 1 février, 2019 )

Pour les non habitants du seul village bien vêtu de France…

Car, pour les habitants, ce texte est paru dans l’annuel bulletin de la commune, il y a quelques jours.

Peut-être regarderez-vous, avec une curiosité plus aiguisée, les croix que vous rencontrerez désormais sur votre chemin ?

 

Pourquoi des croix aux quatre coins de la commune ?

Si carrefours et entrées de hameaux sont parfois ponctués de calvaires, prenons-nous encore le temps de les voir et de nous demander pourquoi ces assemblages de pierres se terminant par une croix ont été érigés ?

Pour nos ancêtres, c’était une façon d’exprimer leur ferveur religieuse, leur demande de protection du hameau, un merci après l’obtention d’une faveur, une action de grâces, un hommage à l’un des leurs, décédé…

Aucun calvaire n’est semblable. Tous figurent le signe de la Croix, Croix du Christ mort, de la Résurrection, symbole que tracent sur la poitrine les fidèles à l’église chrétienne.

 

 Petite leçon de vocabulaire

Au fait, doit-on dire indifféremment calvaire ou bien croix ?

Devraient être appelés calvaires les monuments-croix qui représentent le Christ sculpté ou représenté dessus, parfois aussi accompagné des personnages de ce moment de la crucifixion.  

Quand il n’y a qu’une croix monolithe (d’un seul bloc) taillée, c’est une croix tout simplement.

Peu importe ! En tout cas, ces monuments que nous avons dans la commune sont tous des croix (sauf  le Calvaire en hommage aux morts des guerres), muettes de plus, puisqu’aucune inscription n’est gravée dessus.

                                                                   

  Anatomie des croix

Trois parties composent une croix :

1-le socle ou piédestal ou encore poêlon ou dé sur lequel elle repose, bien ancré au sol ou posé sur un emmanchement de une ou plusieurs marches.  Il peut être carré, rond, triangulaire, pentagonal ou octogonal. Remarquez que souvent les angles sont écoincés, taillés.

2-Il supporte le fût ou bâton long ou court, ou colonne, de section ronde, carrée, rectangulaire ou octogonale.

3- Enfin la croix ou croisillon à bras longs ou courts.

                                                 

    Les croix de la commune

 

 1- La croix du Petit Château.

croix petit château restauration 3calv chut

Située sur la route qui va du bourg à la départementale Coutances Gavray, à droite.

Son socle d’une tonne, plutôt cubique, légèrement trapézoïdal est très sobre, datant des XVe-XVIIe siècles. Son fût de 428 kilos est de section carrée, plus fine en hauteur. Une tablette posée dessus porte le croisillon de 170 kgs. L’ensemble (sauf le socle) date du XIXe siècle.

L’on se souvient que le fût et la croix ont chuté en avril 2016. La remise en place a été assurée par Thierry et Nathan Robin, père et fils, artisans locaux en maçonnerie-restauration de bâti ancien, le 31 octobre 2016. Un gougeon en laiton inoxydable maintient désormais la croix à son fût. Avec garantie millénaire assurée ? Allez savoir !

A noter un trou au niveau du croisillon. Pourquoi ?

 Voici ce que disent les textes :

« En 1867, l’abbé Gougeon a établi une croix en granit près du manoir appelé le Châtel. M. Delarue-Duclos a donné l’emplacement et Mme veuve Lehodey, du manoir de Laulne, en a payé quarante-trois francs ; M. le curé a donné cent cinquante francs. »

 L’année suivante, à cause de la construction de la route Coutances-Roncey, la croix, sans bouger, s’est retrouvée  sur le bas-côté opposé à celui du Petit Château. Elle y demeure toujours.

 

2- La Brunerie

Brunerie : Là où habitaient probablement des Le Brun ou Lebrun. Plus aucune trace de croix.

 

Il est noté ceci : « En 1859, un Calvaire a été établi par les soins de l’abbé Gougeon sur le terrain donné à la cure par M. l’abbé Fauchon : ce Calvaire a coûté huit cents francs ; une souscription des paroissiens a rapporté quatre cents francs, et M. Gougeon a payé le reste.  

De Charles Gougeon (1839-1879), l’abbé Legoupil dans son fascicule le décrit homme énergique, défenseur des petites gens (J’étais le père des pauvres », est-il gravé sur son tombeau), ne reculant devant rien, affirmant : « Je ne crains que Dieu ».

Anecdote : Un jour que, dans le plateau de la quête, il avait trouvé un bouton de culotte, il répliqua « Merci pour ma culotte, maintenant pour la quête ».

 

3- La Croix, au village du même nom

La Croix 2018Croix La Croix détails 2018

Juste au carrefour des quatre routes de Saint-Denis à Roncey et de la Scellerie aux Isles.

La plus mystérieuse avec son socle dont une partie semble enterrée, puis sa base étroite ayant probablement été sculptée de quatre talons de visages, surmontée d’un fût d’une époque plus récente et d’un granit différent. Enfin le croisillon, peut-être lui aussi très ancien puisqu’en même granit que le socle. Quand une croix avait été abattue (guerres Révolution,…), elle était souvent retrouvée gisant, enfouie au pied du socle.

Juste trouvé ce détail : « Un certain Jacques Fauchon « La Croix », né en 1711 et décédé en l’an 3 (1794-1795) habitait à cet endroit au bord duquel on pouvait déjà voir une croix. » 

 

4- La Croix Friale

Croix Fériale 1 2018Croix Fériale tête 2018

Ou encore et plutôt Fériale : ainsi l’écrit l’abbé Quinette.

A la Révolution, la Croix Fériale, qui marque la limite avec Roncey, fut saccagée par des Révolutionnaires locaux. Il ne restait que le palier. Elle fut relevée en 1865. On sait que Mme veuve Aimable Néel donna cinquante francs et M. le curé de l’époque cent francs pour cette restauration. C’est lui qui fit relever les croix abattues sous la Révolution, et donc cette Croix Fériale et celle de l’Epiney qui, 60 ans plus tard, servira pour dresser le monument aux morts de la guerre 14-18. 

Cette croix a la particularité de posséder, à chacun des quatre talons de son socle, une effigie, probablement celle de chacun des quatre évangélistes Mathieu, Marc, Luc et Jean. Bien sûr il est impossible de les identifier, avec l’usure du temps ! Ce socle dé daterait de la fin du Moyen-Age. Comme les autres dés, il est en pierre de la carrière du Gast ou de Coulouvray-Boisbenâtre (à une douzaine de kms de Villedieu).

Non Friale mais Fériale ? Qu’est-ce qu’une férie ? A l’origine, la férie désignait le dimanche : c’était le jour férié où l’on cessait de travailler. Un dimanche ordinaire qui ne comportait aucune fête particulière. Par exemple le dimanche précédant le temps de l’Avent.

Fériale, Friale ? Si  vous prononcez vite et à l’ancienne, en patoisant légèrement, le mot fériale, vous verrez qu’il se confond avec Frialle ou Friale, appellation qui lui est restée.

Cette croix fut-elle inaugurée à cette date précise du calendrier liturgique ?

 

5- La Planche-Croix

Non loin du Grand Fontenay. Aucune habitation aujourd’hui. Aucune croix non plus.

 

6- La croix du cimetière

Croix de l'église 2018

La plus haute, surmontée de quelques larges pierres marches, appelées triplan marchepied. Son socle trapézoïdal est bouchardé. Son fût de souche carrée passe à l’octogone par des chanfreins. Sectionné en deux. Le croisillon est de même profil, sectionné en trois.

C’est la croix au pied de laquelle dorment les anciens curés de Saint-Denis-le-Vêtu.

Le corps de l’abbé Beaufils repose, depuis 1939, près des tombes des curés Huvé, décédé en 1900 et Hardy. Ainsi que celle de l’abbé Gougeon, curé de la paroisse de 1839 à 1879.

« La croix, hélas, est en grand péril car elle se déchausse dangereusement. Il serait bon de la déposer rapidement pour travaux avant qu’elle chute sur les tombeaux alentour », faisait remarquer Jacky Brionne, président de la Fédération normande pour la sauvegarde des cimetières et du patrimoine funéraire, auquel j’avais fait appel pour m’aider dans la description et l’historique des croix. Une matinée fort enrichissante dont je peux vous livrer le fruit.   

 

7-Le calvaire 

Au sortir de la Grande Guerre, l’abbé Beaufils, curé de la paroisse de 1906 à 1939,  a l’intention d’ériger, à l’entrée de la route de Roncey, un remarquable calvaire, souvenir des morts de la guerre. Le 11 avril 1920, il emmène la procession des fidèles, intentionnellement, jusqu’à l’emplacement du futur lieu du Calvaire pour faire décider le conseil municipal qui n’est pas entièrement d’accord sur sa proposition d’utiliser ce lieu à cet usage, bien que proposition « très avantageuse pour les finances communales. D’ailleurs M. le curé ajoutera, à la souscription faite par les conseillers, les 800f qu’il a déjà plus toute la quête du jour de la fête. » Plusieurs voudraient voir sur le fût de granit un poilu en bronze, comme la mode se répand. Inauguré le 22 mai 1921 avec guirlandes et arcs de triomphe. L’emplacement avait été offert par la famille du père Joseph Achard de Leluardière, grand mutilé de guerre et curé de Notre Dame du Roule de Cherbourg.  

 

   8-La Mauvillière

2018 croix Mauvillière2018 Mauvillière détails

A remarquer le travail du tailleur de pierre au niveau du socle du XVIe, pour passer de la base carrée à l’octogone. A ce socle, quatre talons en creux, avec volutes. Avec un système d’arc de cercle et belle gorge. Le fût, non d’origine, comme tous les autres, est cubique, légèrement effilé, en granit bleu de Vire, avec une tablette à moulure. Le croisillon est aussi cubique avec pointes de diamant.

 Quelques croix voisines

Certaines croix dans les communes alentour se distinguent par leur originalité et l’histoire de leur édification. Citons-en deux.

A- Les croix Pireaux à Guéhébert

Guéhébert_-_Les_croix_Pireaux

Elles dateraient de la guerre de Cent Ans, aux XIIIe et XIVe siècles. Mentionnées pour la première fois dans un texte daté de 1622. « On raconte », dit André Boizard dans son fascicule sur Guéhébert, « que ces croix, l’une plus haute que l’autre sur leur piédestal, furent érigées pour commémorer la mort d’un gradé et d’un soldat. » D’autres affirmaient qu’elles s’élèvent en mémoire de deux frères Pireaux, l’un blessé qui vint mourir ici, l’autre tué un peu plus loin. Il a même été dit que deux Anglais ont été à l’origine de cette mémoire de pierre. Difficile de croire en cette version car, si nos charmants amis britanniques vivant actuellement dans la contrée sont fort pacifiques, leurs ancêtres l’étaient beaucoup moins au temps de la Guerre de Cent ans !

« Eh bien non », notait Jacky Brionne, « je suppose plutôt que ce sont deux croix qui symbolisent un mariage, un scellement d’alliance entre deux familles ». Pensant aussitôt aux habitants nobles, aux XVe, XVIe siècles, du manoir tout proche. Elles étaient de hauteur égale, l’une à côté de l’autre sur leur dé à double fût et non orientées comme elles le sont actuellement. Et certainement aux alentours du manoir et non à leur emplacement actuel.

Pour Edmond Lemonchois, l’historien montpinchonais, deux hypothèses. La première, rejoignant celle de Jacky Brionne : « un ex-voto de deux jeunes mariés ». Pour la seconde, ce seraient « deux croix érigées sur la sépulture de deux membres de la famille Bellisem, du Languedoc dont plusieurs membres vinrent dans le Cotentin avec les troupes navarraises (vers 1353-1404) ». C’est Michel Viel, historien, qui relate que, dans sa ville de Valognes, il y a deux croix jumelles semblables appelées les croix Bellisem, citées dès 1414. Hypothèses à vérifier par les puristes !

 

B- La croix Bonhomme d’Ouville

croix bonhomme 2018

Au carrefour tout près du bourg, assez basse, avec cinq trous, représentant peut-être les plaies du Christ en croix : celles des deux mains, deux pieds et du cœur. Pour Edmond Lemonchois, ces cinq ronds signifient un détail du blason des Caillebot de la Salle, riche famille noble, XVII-XVIIIe siècle, en rapport avec le fief d’Ouville.

 

C-Le calvaire d’Ouville 

Et si vous continuez cette route vers Coutances, vous verrez, sur votre droite, un vrai calvaire avec un escalier à six marches, calvaire érigé en 1866 par la famille Le Taillis Fauchon. Avec ancien point géodésique pour calcul cartographique. Inscription en haut : Ave Maria… Puis il est question de quarante jours d’indulgence, rémission partielle des péchés.

 

Nellie Duval, La Mauvillère, le 3 novembre 2018

 

Avec l’aimable et généreux concours de Jacky Brionne qui m’a apporté sa précieuse aide pendant une matinée entière. Ainsi que celle d’Edmond Lemonchois.

Avec le support des deux ouvrages sur la commune, écrits par l’abbé Quinette et le père Legoupil, auxquels je me suis référée.

( 30 janvier, 2019 )

Rêve en clair obscur

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J’aime à marcher le soir, quand la nuit est tombée

Et que le monde dort dans ses maisons fermées.

J’aime à flâner au champ, en quête de repos

Après l’agitation, changement de tempo,

Dehors à écouter l’immensité du monde,

Sous le blafard éclat de l’astre à tête blonde.

Une étoile parfois brille de tous ses feux

Scintillant dans la nuit, un clin d’œil fort joyeux.

Longues minutes assise à écouter, sereine,

Les bruits si différents, dans ma petite laine.

A regarder le ciel, insondable noirceur,

A humer le silence, le calme et la douceur

A toucher, les pieds nus, la rosée fraîche et douce

Du tapis végétal, telle soyeuse mousse.

 

Image de la vie, un gros nuage arrive,

Féérie capturée. Et me voilà pensive.

 

Oserai-je espérer qu’un jour tout en clarté,

 Une nuit, pourquoi pas ? je Te rencontrerai.

( 21 janvier, 2019 )

Doux blanc bonheur

« Le bonheur est comme la neige : il est doux, il est pur et… il fond.”

 Claire Malesset, poétesse belge

 

Il y a bientôt quatre décennies, nous découvrions en famille nos premiers émois enneigés.

Avant ce voyage vers les Vosges en février 1981, les annuels rares épisodes blancs normands avaient bien sûr ponctué nos hivers, ces beaux jours à regarder tomber les légers flocons immaculés, le nez collé à la vitre de la chambre, les yeux émerveillés par cet insolite grandiose spectacle, à construire un bonhomme de neige ou faire une partie de boules glacées.

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En février 1983, at home.

 

 Partir enfin pour la toute première fois aux « Sports d’hiver » avec mari et enfants, pour faire comme tout le monde, offrir aux jeunes un joli voyage et découvrir un nouveau coin de France, quelle aventure !

Pourquoi avions-nous choisi les Vosges, du côté de Fresse-sur-Moselle ? Parce que les ballons vosgiens m’impressionnaient moins que les pics alpins.

Si Lénaël, âgé de 5 ans, pouvait affronter les frimas sans problème, pour Romaric, le petit dernier, tout juste 1 an et demi, les bras des parents et la luge furent un refuge sûr.

Neige 1981Si doux souvenirs lointains ravivés par ce merveilleux récent voyage à Grimentz pendant lequel nous avons tous profité des joies offertes par ce blanc tapis.

 Ce sont maintenant les enfants des enfants qui s’adonnent aux joies de la luge … Une génération pousse l’autre ! Ainsi va la vie ! Sans amertume, en attendant la prochaine neige normande ou transalpine !

Chanson pour les enfants l’hiver

Dans la nuit de l’hiver
Galope un grand homme blanc
C’est un bonhomme de neige
Avec une pipe en bois,
Un grand bonhomme de neige
Poursuivi par le froid.

Il arrive au village.
Voyant de la lumière
Le voilà rassuré.

Dans une petite maison
Il entre sans frapper ;
Et pour se réchauffer,
S’assoit sur le poêle rouge,
Et d’un coup disparaît.

Ne laissant que sa pipe
Au milieu d’une flaque d’eau,
Ne laissant que sa pipe,
Et puis son vieux chapeau.

Jacques Prévert

 

neige 1981 Vosges 1

  

( 9 janvier, 2019 )

Le grand chêne du champ…… Poème

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Histoire vraie dont les personnages principaux, intemporels, me rappellent chaque jour, lors de mes balades au champ avec mes amis chiens, le don de cette courte vie de Jules, le frère bienaimé d’Angélina, ma chère grand-mère, tué à la guerre en 1915. Le chêne que Jules planta en 1902 est toujours là. Une descendante hulotte aussi, qui s’y aventure, chaque  nuit, en hululant. Quant à l’esprit de Jules, peut-être vogue-t-il quelque part entre le Pas-de-Calais et son havre natal ? 

Le grand chêne du champ

Pleure son ami Jules    

Parti depuis longtemps      

Vers une guerre nulle.

Ses larmes s’accumulent

Et creusent chaque hiver,  

Quand le ciel est chagrin,

Une mare à la terre,

Pour les oiseaux un bain.

 chnemare.jpg

**************************

Or depuis plus d’un siècle,  

L’ami Jules est parti.

Et depuis plus d’un siècle,

Le grand chêne survit.

Doucement, lentement.

Son large tronc se vrille.

Ses branches dans le vent  

 Grincent et se fendillent.

 chnemarechamp.jpg *****************************

Dame chouette hulotte

Nuitamment vient le voir,

Sous la lune pâlotte.

Se perche au reposoir

 Pour convoiter mulots,

 Ratons et lapereaux,

Pour capturer sans peine

Taupes et musaraignes.

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***************************

Le vieux chêne devine

Que, là-bas dans le Nord,

Dans un matin de bruine,

Son ami Jules est mort

Sans être secouru,

Tué par l’ennemi.

Son sang il a perdu !

Vile guerre ! Courte vie !

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Jules, mon arrière grand oncle, a quitté la vie à 21 ans.

*************************

Depuis mil neuf cent quinze,

Dans le Pas-de-Calais,

A la côte cent quinze,

Un autre chêne est né.

Le vieil arbre sourit

En pensant que là-bas

L’esprit de Jules vit.

Il lui ouvre les bras.

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Ecrit en 2010. Révisé le 23  janvier 2019

 

( 9 janvier, 2019 )

Une étoile, rien qu’une étoile…

L'étoile du berger Camille Corot 1864

L’étoile du berger Camille Corot 1864

Du poète André Breton (1896-1966) je connais très peu d’écrits. Et si je n’éprouve guère de plaisir à lire sa poésie surréaliste, je suis tombée amoureuse d’un de ses vers.

« …Une étoile, rien qu’une étoile perdue dans la fourrure de la nuit. » (extrait du poème Du rêve, New-York 1943).

Pourquoi ? me direz-vous.

Peut-être parce qu’elle illustre notre passage sur terre, entre lumière et ombre, joie et chagrin, entre petitesse et grandeur, plaisirs et solitude, perdus dans l’infinitude ouatée

( 31 décembre, 2018 )

Bonne Année 2019

Dans mon petit panier de vœux préparé pour vous, j’ai mis et vous envoie une paire de baisers, une poignée d’amitié, une généreuse dose de bonne santé, trois cents rayons de soleil, soixante ondées de pluie salutaire, cinq nuits de blancs flocons, un kilo de bonheur, un pot de rires, un cruchon de joie et quelques grammes de pur amour à consommer près de qui vous voudrez.

 Vive l’an nouveau !

Bonne Année 2019

Vers la lumière ! Pastel 1995

( 18 décembre, 2018 )

Etincelante … jusqu’au bout des doigts

 

Thanks a lot, Frances !

Thanks a lot, Frances !

Qui a, un jour, croisé, dans la proche région,

La pétillante et généreuse et dynamique

Amoureuse du chant, de nos chœurs l’aiguillon,

Ne peut pas oublier le personnage unique ?

 

Unique dans sa voix, soliste soprano,

Unique à la baguette, habile à nous instruire

Aux mélodies rythmées, chants internationaux,

Aux berceuses si tendres à vous laisser séduire !

 

Tout au long de l’année, nos rendez-vous chantés

Sont heures de partage et joies de la détente, 

Un fort solide lien à privilégier.

 

Tant que chante l’oiseau, tant que suis gazouillante,

Aimerai côtoyer la dame à claire voix,

Brillant de lumignons jusqu’au bout de ses doigts.

 

Mélodies en roses vagues ; Pastels 1995

Mélodies en roses vagues ; Pastels 1995

 Nellie, la Mauvillière, mardi 18 décembre 2018, 11h du matin

( 17 décembre, 2018 )

Demain !

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Cette main  au pommeau de la canne agrippée,

Aux veines apparentes, à la peau de vieillard,

Ces jambes qui trébuchent en errant sur l’allée,

Tentant de supporter ce corps dans le brouillard,

 

Ce visage qui fut autrefois tout sourire,

Rose carnation, pommettes perchées haut,

Dont il ne reste que cette image de cire,

Blafard astre lunaire, à mine de Pierrot,

 

Ces cheveux mal peignés, aux boucles disparues,

Maigres et tout blanchis, tristes comme le glas,

Silhouette fantôme égarée dans la rue,

 

N’attendant rien de bon car son temps est passé,

Sentant déjà la mort, aspirant au trépas,

C’est toi, c’est moi, demain ! Le sort en est jeté !

 

 Nellie, La Mauvillière, le 17 décembre 2018, 8h du matin

( 10 décembre, 2018 )

Au mélèze du champ

    Pour vous, mes enfants suisses chéris. Je vous aime bien fort. Mum                                          

 arbre 4 O

Tout là-haut dans le champ, un mélèze a grandi,

Un frêle rejeton, rapporté d’Helvétie.

 Le petit Valaisan, année après année,

A pris de l’assurance et grandement forci,

Etendant ses longs bras débordant d‘énergie

Au-dessus du talus, protégeant des ondées

 

Insectes et bovins, ou bien les ombrageant

Lors des chaudes journées de saison estivale,

Fournissant en automne des poignées de bolets,

Cèpes jaune orangé sur tapis verdoyant.

L’élégant conifère a, sa condition normale !

Laissé choir ses aiguilles, quelques cônes ont chuté.

 

Dès le prochain printemps, il saura s’habiller

De ses fines parures, légèrement flottant

Au coutumier vent d’ouest. Rêvera-t-il de neige

Qui viendrait sa cime de flocons saupoudrer ?

Tels certains de ses frères, aura-t-il tout le temps

De vivre ses six siècles et voir un florilège

 

De passants se disant : « Mais que fait ce mélèze

Sur le talus du champ, en ce pays normand ? »

Depuis longtemps déjà serai devenue cendre

Tandis que le bel arbre aura gardé ses aises.

La déesse nature a sur nous l’ascendant

D’une force infinie, belle leçon à prendre !

 

Chaque matin au champ, je lui donne bonjour,

Lui rappelant aussi son pays de naissance,

Ce merveilleux endroit précieux à mon cœur,

Le blanc versant alpestre abritant mes amours,

Les enfants de ma chair. Le bon temps des vacances

Au pays de Grimentz, autre aspect du bonheur.

bolets 5

Bolets au champ, cet automne, sous le mélèze.

 Nellie, La Mauvillière, le 10 décembre 2018

( 1 décembre, 2018 )

Poème à maman

 

Revu et amélioré le 1er décembre 2018, cinq ans après que maman est partie.

Du chagrin au manque, du manque à la résignation, de la résignation à la paix, avec éternels regrets cependant…

 maman permis

 

Maman, si tu savais…

Maman, si tu savais le chagrin que me cause

La vue de ta demeure autrefois habitée,

Aujourd’hui dénudée, solitaire, oubliée,

Et ton coquet jardin aux bordures de roses,

Garni de beaux légumes pour toute la famille,

Au coin ombré de menthes et puis de camomilles.

  

Intarissables pleurs d’un temps évanoui !

Perdues à tout jamais, les saisons de l’enfance !

Orpheline, maman, de ta douce présence,

Déesse du refuge, maîtresse du logis.

Me manquent ton sourire et ta proposition :

« Allons donc au jardin voir ce qui a poussé ! »,

Panier d’osier en main, pour quelques légumes frais

Que tu savais offrir, toujours à discrétion.

Nos chambrettes coquettes, large escalier de bois

Aux rampes dévalantes, les armoires aux draps blancs

Pieusement conservés, défraîchis par les ans,

Racontant les grands-mères : « Dis-moi encore une fois…. »

Et maman rappelait que cette broderie

Au fin fil de coton, c’était celle de Marie.

 

Cette salle à manger préservée des repas

Pour ne pas la salir, à cirer chaque année,

Avec sa table ronde et, sur le grand buffet,

Ce chantant pose-plats, cadeau d’un beau-papa.

Ces vieux miroirs piqués vers lesquels nous tendions

Nos frimousses d’enfants pour interrogation.

 

Les vilains souvenirs s’estompent avec le temps.

Ne restent que ces vagues à chagrin et regrets,

Montée d’escalier et cour à traverser,

Un trottoir à franchir et accéder, maman,

A toi, enfin ! « Bonjour, ma Lily, tu vas bien ? »

J’irais mieux si, maman, tu revenais demain.

 

Juste pour un instant, à gratter tes allées, 

A cueillir les tomates, défouir les pommes de terre,

Ecosser les p’tits pois de tes doigts de fermière, 

A mijoter la soupe ou préparer le thé.

Juste quelques minutes pour savoir si, là-bas,

Dans ton beau paradis, tu as rejoint papa.

 Papa et maman plage

Je te porte en mon cœur, ma petite maman,

Mais n’ai pu y loger notre grande demeure

Qui, depuis ton départ, vers le néant se meurt.

Si, malgré tout, je vis encor quelques printemps,

Je n’oublierai jamais nos plus jeunes années

Et pleurerai le temps de notre maisonnée.

 

  

( 30 novembre, 2018 )

Ultime rose de l’automne

Ultime rose de l’automne

 rose1

Il est dans mon jardin une dernière rose

Qui ne veut pas mourir. Vient la saison morose !

Tel mon cœur en automne, à l’aube des frimas,

La jolie fleur attend et ne s’attriste pas.

 

Au miracle peut-être elle ose croire encore.

Elle sait que déjà pointent les hellébores

Dans leurs vierges corolles, ne craignant pas le froid.

Et comprend que bientôt renoncer elle doit.  

 

Ainsi passe le temps, ainsi tourne la vie !

S’évanouir enfin, même avec folle envie

De croire à l’éternel, l’intemporel printemps,

 

A l’infinie beauté, au sourire éclatant !

Jolie rose d’automne a tombé ses pétales.

Je déplore déjà sa lumière vitale.202565_001_350

 

Nellie, la Mauvillière, vendredi 30 novembre 2018, 11h du matin

( 20 novembre, 2018 )

Comme un transitoire adieu

 

centaurée o 3 On dirait que les dernières fleurs des champs, sentant les frimas approcher, ne voulant point mourir, souhaitent offrir un ultime éclat de leur éphémère beauté !

Telles ces centaurées jacées rencontrées au champ, ce jour du 20 novembre, tendant leurs capitules de petites fleurs mauve pâle au léger vent glacial venu de l’Est.

Une plante à peine remarquée en plein été car très commune, à la généreuse triple floraison puisqu’aux tiges coupées au gré des fenaisons (1ère et 2e coupe) elles refleurissent une 3e et ultime fois en automne. centaurée O 2

Sur ce tapis d’herbe rase, les élégantes demoiselles chevelues dressaient fièrement leurs têtes, pour un transitoire adieu avant réapparition printanière. centaurée O 1 Car une fleur a l’avantage de revenir, chaque printemps, aussi jolie d’année en année, alors que nous, pauvres humains qui nous croyons si supérieurs, décrépissons un peu plus au fil du temps, hélas ! laissant les saisons de l’âge mûr à nos fils, filles et celles de la joyeuse jeunesse à nos petits-enfants.  

 

Ainsi j’attends, moi aussi, le retour de la saison du renouveau, la longue course de l’astre solaire réchauffant la campagne. Et je cherche déjà quelques signes vernaux avant-coureurs sur les talus bien abrités, au jardin, au ciel… Le cycle naturel devant s’accomplir, il ne faut pas brusquer les choses. Attendre patiemment…

Centaurée, centaure ?

L'éducation d'Achille Eugène Delacroix 1862, Vers 1862, le peintre Eugène Delacroix réalise un pastel intitulé L'Éducation d'Achille montrant le centaure Chiron en train de galoper et de tirer à l'arc dans un paysage de collines, pendant que le jeune Achille, assis sur son dos, tire lui aussi à l'arc en suivant son exemple. Le pastel est conservé au Getty Center, dans le J. Paul Getty Museum, à Los Angeles, aux États-Unis.

L’éducation d’Achille, pastel d’Eugène Delacroix 1862, montrant le centaure Chiron en train de galoper et de tirer à l’arc dans un paysage de collines, pendant que le jeune Achille, assis sur son dos, tire lui aussi à l’arc en suivant son exemple. Le pastel est conservé au Getty Center, dans le J. Paul Getty Museum, à Los Angeles, aux États-Unis. wikipédia

 

Ainsi nommée en référence au « centaure Chiron, le premier herboriste reconnu dans la mythologie antique« , annonce Wikipédia.

Cette centaurée jacée est aussi appelée barbeau, tête de moineau, bleuet rose, (en effet la cousine du bleuet, notre symbole national de la mémoire historique, tous deux de la famille des astéracées). 

 

( 17 novembre, 2018 )

Coquine nature !

pombiz 1Si, l’an dernier, au potager, j’avais eu la surprise d’extraire du sol une drôle de pomme de terre en forme de parties fessues bien rebondies (voir article De la cuisse à la fesse), j’ai eu droit, hier, à la découverte d’une pomme bizarre. Ou plutôt de pommes sœurs siamoises du tronc, avec unique tête et tige. 

pombiz2

L’ai-je cueillie et posée au fruitier sans m’apercevoir de sa jolie malformation ou bien vient-elle du verger de Bricqueville-sur-mer, cueillie par les enfants dans le plan de la Hardonnière ? Car chaque automne, ils m’apportent les fruits de leur cueillette pour stockage dans cette ancienne boulangerie de ferme dans laquelle la température varie peu, hiver comme été. D’où une bonne conservation des pommes de terre et du ciel jusqu’en avril-mai, certaines anneés.

 pombiz 1

Curieuse étrangeté de Mère Nature, plaisante bizarrerie végétale au verger ! Un sourire de plus à ma collection ! Et tant mieux !

Plaisir fugace à vous offrir aussi !pombiz3 

Et plaisir de la croquer prochainement car éphémère cadeau de la Pachamama manchoise !

( 14 novembre, 2018 )

Le buvard de mon coeur

Aubes roses. Pastels gras 1996

Aubes roses. Pastel 1996

J’aime colorier ma vie de fantaisie,

Enluminer mon temps de sobre poésie.

Peindre mes jours de bleu, de rose et d’un trait d’or,

Juste un filet ourlant les contours du décor.

 

Roses vagues 1995 Pastels gras

Roses vagues 1995 Pastel

Dessiner sur fond noir les joies de l’existence,

Ecrire et partager mes impressions en stances,

Sculpter mes nuits de rêves, à peine dévoilés,

Aperçus fugitifs car sitôt envolés.

 

Au ventre de la mère 1996 Pastels gras

Au ventre de la mère 1996 Pastel

Ainsi les années passent, à chagrin moins enclines.

Durables amitiés, passions opalines,

Angéliques tendresses à vivre intensément.

 

Commencé en 1997. Inachevé Pastels gras

Commencé en 1997. Inachevé Pastel

Ma palette est la terre. Mes amis, les pigments.

Un support favori, le buvard de mon cœur.

Je veux tisser ma vie au métier du bonheur.

( 9 novembre, 2018 )

Le phoenix et la licorne

 

Phoenix rouge de la peinture chinoise

Phoenix rouge de la peinture chinoise

Le  phœnix en la ville

S’ennuyait sur sa branche,

Rêvant d’une Sybille,

Œil vif et plume blanche.

 

Licorne en son vert pré

Songeait, bien solitaire,

A quelque doux galant

Avec qui chemin faire.

 

L’un des dieux de l’Olympe

Entendant leurs soupirs

Sur la montagne grimpe

Pour taire leur souffrir.

 

Mais comment rassembler

Deux si différents êtres ?

L’un sait si bien voler,

L’autre a deux ailes piètres.

 

Bonne dame Nature

Dans l’affaire intervient

Qui abolit torture

Et, dans l’heure qui vient,

 

Soulève la licorne

Emmène le phœni(x)

Dans un pays sans bornes.

La suite ne vous dis.

Licorne peinture rupestre

Licorne peinture rupestre

Le mardi 6 novembre, minuit

( 27 octobre, 2018 )

Si tu diffères de moi ….

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ! »

photo Revue des deux mondes

photo Revue des deux mondes

Pas besoin de commentaire à cette phrase issue de Pilote de guerre, l’un des romans d’Antoine de Saint-Exupéry, d’abord intitulé Flight to Arras, publié aux Etats-Unis le 20 février 1942, par l’écrivain en exil, censuré par les pétainistes et les Nazis car appelant les USA à entrer en guerre contre l’occupant. De Gaulle lui-même en interdira la publication en Algérie, à l’époque où la politique était encore au colonialisme !! Car respecter l’autre, c’était suspect !!!!!

Terre des hommes en 1939, Pilote de guerre en 1942, Le Petit Prince en 1943, et tous ses autres ouvrages : une superbe leçon de vie, de fraternité et de justice. Merci, monsieur Saint-Ex.

Il était né en 1900, disparu en vol lors d’une mission le 31 juillet 1944, tombé en Méditerranée, non loin de Marseille.

« Pardon de vous déranger… c’était seulement pour dire bonjour !  » Extrait de Lettres à l’inconnue, écrites en 1943, publiées post mortem en 2008, révélées lors d’une vente aux enchères en 2007.

 

( 26 octobre, 2018 )

Chuter pour renaître !

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Doucement se balancent au gré du vent d’automne

Les ultimes feuilles du figuier au jardin.

Voici déjà, au cadran de l’année, que sonnent

Déclin, mort et trépas en voltigeant gadin.

 

Entraînant dans leur chute une douce pelisse,

Ce qui était hier, la chaleur du soleil,

 Heures d’insouciance et ces  jours de délices,

Les fenêtres ouvertes à mes nuits de sommeil.

 

L’une d’elles en dansant son ballet d’Ophélie

A lancé à tout va ces quelques mots d’adieu.

Je les ai retenus. Avant que les oublie,

 

Vous les offre aussitôt. L’espoir délicieux,

C’est que, dès le printemps, tout va réapparaître.

« N’oubliez surtout pas ! Faut chuter pour renaître ! » 

Nellie 9h du matin, le 25 octobre 2018

( 23 octobre, 2018 )

Ca fait caquet si je vous dis que …..?

Eh bien oui, j’oserai vous faire caquet !! Je viens de retrouver dans mes bagages cette expression que vous comprendrez sans traduction tant elle est claire et charmante. Tout droit venue du pays des Helvètes d’où je rentre.

Une contrée attingible par voies de terre et des airs en quelques heures, environ sept, pour rejoindre le troisième et dernier étage du chalet « Au pied du mont » le bien nommé, au village de Grimentz, le plus fleuri de Suisse, annoncent les dépliants touristiques.  Même si, à cette période automnale, les balcons se vident de leurs contenus géraniumniques…  

Lorgnez vers le 3e étage. Peut-être apercevrez-vous la famille Duval ? Aux balcons encore fleuris, non pas de géraniums mais des pétunias blancs.

Lorgnez vers le 3e étage. Peut-être apercevrez-vous la famille Duval ? Aux balcons encore fleuris, non, cette année, pas de géraniums rouges mais des pétunias blancs.

« Au pied du mont » ? Car juste au-dessus, il y a Bendola, la station de ski et ses pistes broutées, à la verte saison, par les belliqueuses, mais pas trop ! vaches d’Hérens. Et l’hiver, très largement poudrées de sel céleste.

Je ne me lasserai jamais de l’accueil et des surprises que me réservent mes enfants et petits-fils à chacune de mes ascensions vers leur montagne préférée, le nid qu’ils ont bâti depuis leur arrivée en 1996. Déjà 22 ans ???

Au royaume des edelweiss,

Edelweiss en haut du barrage de Moiry

Edelweiss en haut du barrage de Moiry

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Ce lac des Autannes, un merveilleux bijou !! Photo Lénaël

chamois, marmottes, aigles et neiges éternelles, je vais de surprise en surprise, Lénaël et Sandrine n’étant jamais à court d’idées en balades  ! Le paradis ! Ce petit lac des Autannes, à peine 5 hectares. « C’est tout de même pas le lac de Genève avec ses 58 000 hectares ! » me direz-vous ! Certes mais celui-ci est unique, majestueux, si haut perché, à 2665 mètres, merveilleux bijou se reflétant dans son écrin de sommets, juste au-dessus de la tsigère de Pierre

La tsigère, cabane de montagne pour garder les vaches autrefois et faire le fromage d'été.

La tsigère, cabane de montagne pour garder les vaches autrefois et faire le fromage d’été.

et de la ferme d’altitude.

Sur la pente herbue tout près du chalet, le troupeau des vaches villageoises, entre la désalpe et l'étable pour l'hiver.

Sur la pente herbue tout près du chalet, le troupeau des vaches villageoises, entre la désalpe et l’étable pour l’hiver.

Un eden de fraîcheur, de transparence, de cette eau cristalline tout droit venue de la fonte des neiges.

Barrage O 2018

Le barrage de Moiry et sa voûte de béton retenant les eaux du glacier.

En redescente vers la vallée, 400 mètres plus bas, nous sommes donc à 2249m d’altitude, après ces célestes heures autour de ce petit réservoir glaciaire, il y a le grand, l’immense lac artificiel hydroélectrique de Moiry. 4 années de construction, de 1954 à 1958, et 1200 ouvriers au travail, 148 mètres de hauteur, 610 m en long, d’une surface de 129 ha. A la base de la construction en voûte, 34 mètres et à son épaisseur au sommet 7 mètres. Et cette eau tout juste venue du glacier en contrehaut, d’un bleu de rêve…

Lac des Autannes deux mois plus tard. Photo de moi.

Lac des Autannes deux mois plus tard. Photo de moi.

Et ces sentiers à explorer, qui le ceinturent. Et cette cabane d’altitude qui le domine…. Et ces marmottes et marmottons déjà ensommeillées dont je rêve d’apercevoir la silhouette… Trop tard ! Et ces cerfs bramant pour appeler leurs dames, et ces chamois juste au pied du barrage, passant paisiblement à la tombée de la nuit….

 

Non, je ne veux vous lasser avec toutes ces splendeurs… Juste vous dire que le paradis existe aussi sur terre ! Il vous attend quelque part, à moins que vous l’ayez déjà trouvé !

Mille mercis à mes chers enfants suisses. A vous revoir bientôt…

Belle journée à vous et prenez ces septante, octante et nonante bises !!!

( 21 octobre, 2018 )

Fraîche bribe d’enfance

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Je ne sais pourquoi ce texte humble et frais est toujours la cible de commentaires de sites un peu tendancieux, jamais méchants cependant.  En changeant le titre du poème, peut-être ne sera-t-il enfin visité que par mes amis ?

Dans le coeur d’une primevère

j’ai humé la frêle senteur

d’une partie de mon enfance

quand, par les chemins, nous allions

jusqu’à l’école du village.

 

Nous aimions picorer les fraises

que nous trouvions sur les talus,

minuscules et parfumées.

Chacune était un paradis,

un instant de bonheur intense.

 

Petits riens de la vie,

humbles plaisirs si brefs

qu’il ne faut pas rater,

qu’il faut savoir trouver.

( 18 octobre, 2018 )

Flirt automnal

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Flirt automnal

 

Voici déjà pointer l’automne de ma vie !

Néanmoins j’ai au cœur cet éternel printemps

Inondé de soleil, cette durable envie

De découvrir encor des trésors palpitants.

 

Une aube aux mille tons, au firmament l’étoile,

Cette senteur des bois, ce parfum du muguet,

La pluie sur mon visage et du soleil le voile,

Du silence l’écho qui procure la paix.

 

Elle est aussi trésor la tendresse infinie

Que peuvent se donner deux êtres en harmonie !

Et l’une main dans l’autre et leurs yeux bienveillants,

 

Partage de leurs joies, de leurs désagréments,

Dure est la solitude à qui aime bien vivre,

Doux sont les mois et ans qui préservent du givre.

 

Nellie, 22h, le 18 octobre 2018

( 4 octobre, 2018 )

En route vers la magie helvète

Valise dépoussiérée, talons cirés, sac à dos empli, avion et train réservés, mercredi je pars pour mon seul et unique grand voyage annuel : le pays de Lénaël, Sandrine, Timo et Nolan. Non ce n’est pas le bout du monde. Juste mille kilomètres de distance et 1500 m de hauteur nous séparent. Ce village du Valais suisse, aux jolis chalets de mélèze noircis par les ans, aux alpages à l’infini, aux cimes enneigées, c’est en quelque sorte un peu du paradis sur terre.

Ce matin justement, nous recevions de là-bas cette superbe photo, prise par Lénaël au lever du jour, cliché de la magie helvète qui m’attend pendant ces quatre jours. Je n’ai pu m’empêcher de vous l’offrir à mon tour. IMG-20181004-WA0000

( 27 septembre, 2018 )

Na na na né né né ou Le chant du nez qui pleure

Ma copine Mo qui l’a pourtant si joli en plein milieu du visage, bien qu’elle ne puisse, par un maladroit geste du créateur, l’admirer, nous non plus d’ailleurs, a en ce moment une incisive contre lui. cuisse 3

Sans que vous me tiriez les vers du nez, je vous en dirai juste deux mots.

Cet indispensable promontoire lui joue de vilains tours de gorge, l’enchaînant à une série de toussotements et éternuements en salves, tel un carabinier peu sérieux, avide d’épuiser sottement ses munitions. Malheureuse jusqu’à, entre deux quintes de ces expectorations pseudo-bronchitales, prestement glisser cette phrase de Marcel Marriën, l’incontournable aphoriste belge : mon « nez est l’idiot du visage. »

Autres auricules

Après mainte et mainte consultation au cabinet de son officier de santé, il lui a été signalé qu’un malin fragment d’amalgame dentaire avait osé choisir ses sinus paranasaux pour auberge.

Fichtre ! Qu’allait-il faire dans cette galère cloisonnée exposée aux quatre vents, aux soudaines crues torrentielles ou aux grands coups de chiffon de papier blanc risquant de l’expulser de sa chambre ?oeillets 11ww

 

Sachant qu’ « un coup d’oeil est souvent trompeur, pas le coup de nez », dixit Philippe Sollers qui a donné raison au charmant Antonio, Mo s’est enfin décidée à consulter un spécialiste ORL.

En pensant certainement qu’ « un nez qui peut voir en vaut deux qui reniflent », comme le dit si bien Eugène Ionesco.

Oui mais…. Il lui a fallu souffler du nez pour accepter une nasofibroscopie et ce fin tuyau engagé d’un côté de la narine se dirigeant vers ses buts précis : visites guidées du larynx et du pharynx.oeillet 2 ww

Oui, oui, l’on se passerait bien d’une telle excursion !

Désormais lointain souvenir d’un bref séjour chez notre jeune docteur italien, Mo et son nez se remettent tranquillement en défaisant, matin et soir, une pleine valisée de jolies dragées multicolores. Jusqu’à ce que, je le lui souhaite de tout cœur, le rétablissement s’amorce et que ma chère amie reprenne toutes ses activités, les doigts dans le nez !

Pour parfumer cet article pauvre en nez, permettez-moi de l’embaumer avec quelques fleurs écloses (Rose Cuisse de Nymphe Emue, auricules et œillets) en ce moment au jardin. A bientôt pour des aventures autres que nasales.

( 22 septembre, 2018 )

Macadamia, pacanes, anacardes et Cie

L’eau à la bouche, le fruit dans l’arbre et le mot…. sur la langue ? Voyons voir.

Si vous élargissez vos connaissances botaniques en même temps que moi, alors c’est parfait ! Je suis comblée. 

Chaque midi, fruitarienne à la douzième heure du jour, je me régale de noix différentes ajoutées à mon bol de fruits.

Quelles noix, me demandez-vous ?

 

Noix de macadamia

Noix de macadamia

Eh bien, les noix de Macadamia (45€ le kilo !). Je viens d’apprendre que ces jolies petites boules écrues proviennent du macadamier ?Oui, aussi appelé noyer du Queensland qui pousse en Australie et en …Espagne. Ces graines « aux mille vertus » sont bourrées de sels minéraux et d’une huile de grande qualité.

 

Noix de Pécan

Noix de Pécan

Une autre portion de noix de Pécan ou pacanes, issues du pacanier nord-américain, riches en anti-oxydants.

250px-Cashew_nut_industEn plus, quelques noix de cajou, en forme de fœtus. Ou bien anacardes nées de l’anacardier brésilien. Vous avez projeté de vous rendre prochainement au pays du carnaval de Rio ? Attention ! Si vous tombez sur un anacardier, ne consommez pas ses noix crues car toxiques. Mais comestibles une fois cuites seulement, pleines de protéines végétales.

 

Noix du Brésil

Noix du Brésil

Quant aux noix du Brésil, gorgées de vitamine E, également connues sous le nom de châtaignes d’Amazonie, elles apparaissent sur le noyer du Brésil. Pas de piège à celui-ci. Vous auriez pu le deviner de suite. 

Inutile de vous demander comment s’appellent les arbres porteurs des noisettes et noix ordinaires ajoutées à ma mixture et en provenance directe des talus du champ, surtout en ce moment car gaulées par les rafales du vent de galerne (ouest). Et que j’obtiens patiemment, casse-noix vissé en main, en regardant, le soir, un bon film à la télé, à condition qu’elles ne résistent pas à sortir de leur coque douillette !  

( 20 septembre, 2018 )

A chaque arbre son fruit…

« L’arbre est connu par ses fruits, non par ses racines », dit un proverbe. Au propre comme au figuré.

Restons-en au propre un instant.

En ce mois de septembre, cueillons, cueillons pêches, pommes et poires. Récoltons châtaignes, noisettes et noix.

Vous savez que beaucoup d’arbres portent des fruits, comestibles ou non. Mais connaissez-vous leurs noms ? En voici quelques-uns qui jonchent nos chemins et routes en ce moment.

 

Photos wikipédia

Photos wikipédia

Ainsi, que porte le hêtre ? Bingo. Vous avez dit faînes. La faîne, c’est cette minuscule amande enfermée dans sa cupule, qui en sort dès que mûre. A petite dose, elle est comestible aux humains et régale plus souvent écureuils, blaireaux, sangliers et oiseaux.

samares du frêneEt le frêne ? Son fruit est la samare, un akène (fruit sec non déhiscent, qui n’éclate pas), tels le gland ou la faîne. Un fruit lui aussi apprécié des écureuils et oiseaux, comestible pour les humains, les Anglais les consommant comme les câpres ou cornichons.

glandQuant au chêne, inutile de nommer ce gland dont les animaux qui s’en nourrissent exclusivement sont des balanophages (le cochon sauvage, le sanglier et autrefois les Egyptiens et des peuples nomades dont c’était l’aliment de base pendant la saison).

A suivre…

 

 

( 18 septembre, 2018 )

La vie est un grand jeu

 

Photo wikipédia

Photo wikipédia

La vie est un grand jeu, éventail de possibles.

Jeu du hasard de naître en cocon bienveillant,

Avec parents aimants ou famille terrible,

Tel un pauvre gavroche jeté dès que naissant.

 

Un jeu de memory aux règles éphémères,

Car sans arrêt changeantes à qui veut les savoir.

Jeu de colin maillard, les yeux pleins de chimères,

Les bras toujours tendus afin de ne pas choir.

 

Un jeu du quitte ou double avec le partenaire,

Hasard de loterie, la chance de l’été ?

Amère comédie ou manège enchanté ?

 

Un jeu de l’élastique, aujourd’hui comme hier,

Avec rebondissements, un passe-temps de hasards

Et ses multiples choix, avant le grand départ !

 

Nellie, mardi 18 septembre 2018, à midi

( 13 septembre, 2018 )

Bizarreries de vocabulaire. Merci Joo !

lever« Maintenant vous ascendez vos bras au-dessus de votre tête », nous a dit ce matin Joo, notre charmant et très compétent professeur de yoga-Qi-Gong, récemment arrivé d’Angleterre et qui a très vite dû s’immerger dans la langue française.

Un quart de seconde d’étonnement et oui, bien sûr ! Oh, ce verbe que j’oyais pour la première fois et dont j’ai aussitôt saisi le sens, tant il est évident. Vous aussi, n’est-ce pas ? 

Ascendre-descendre

Sitôt revenue à la maison, j’ai saisi le Littré en 5 volumes et rien de rien à ascendre. Bien sûr, ascendant, ascendance, ascenseur, ascension, ascensionnel, ascensionniste (qui fait une ascension en montagne).

Tous ces mots opposés à descendant, descendance, descensionnel et même descenseur. Eh oui, un descenseur, c’est un objet propre à descendre des objets ou des personnes. Peu usité de nos jours il me semble !

Prenons l’ascenseur pour joindre le 7e étage et le descenseur pour gagner le rez-de-chaussée !! Pourquoi pas !

Photo you tube

Photo you tube

Et l’opposé à descente, serait-ce ascente ? Pas de traces de ce mot.

Les Britanniques seraient-ils plus conservateurs que nous grâce au vocabulaire apporté par Guillaume Le Conquérant il y a bientôt deux mille ans, emprunté au latin ascendere, descendere ?

Comme j’aime beaucoup le yoga et le professeur qui l’enseigne, je retournerai bien volontiers jeudi prochain pour ascendre mes bras au-dessus de ma tête !

Merci, Joo pour la résurrection de ce mot quasi perdu et que désormais j’utiliserai chaque fois que j’en aurai l’occasion. Une mort évitée et tant mieux ! 

 

 

( 6 septembre, 2018 )

Mon cloître de verdure (revu et enrichi)

Oui, il s’agit toujours du même cloître de verdure et de la même nonne en robe légère de coton, chaussée de sandales de rosée dans le petit matin, chapeautée d’un bibi anti-soleil aux heures chaudes du jour et revêtue d’une petite laine le soleil couchant venu. 

J’ai juste amélioré le texte paru il y a un ou deux ans sur le blog, venant ce jour de l’envoyer pour parution dans une revue (d’un ami d’une amie) à très faible tirage.

Alors si le cœur vous en dit, revenez faire une balade avec moi dans cet endroit à la limite des mondes mystique et profane. 

              

                                   

        A Patrick et Joo

                  Mon cloître de verdure

 

détail du mandala (1)J’aime arpenter mon cloître de verdure, chaque jour sans faillir, telle une pieuse nonne fidèle à déesse Nature. Mes pas y sont tracés ainsi que ceux des chiens. Nous suivons d’ordinaire le sentier imprimé par nos allées et venues, au fil des jours, comme par habitude ou bien facilité car, excepté l’hiver, l’herbe y est drue et haute, la rosée généreuse, la quiétude assurée.

 

Du vaste champ il est l’imposante bordure, quadrilatère convexe aux contours réguliers, longeant d’autres prairies, bordé, à l’occident, d’une petite route. Non pas une autoroute, juste une vicinale où le trafic est rare, à part quelques tracteurs aux remorques bondées de fumier, foin ou paille.

 

En guise de colonnes, j’y ai planté des arbres et plante encore, chaque hiver, deux ou trois rejetons qui traînaient au jardin. Avec le temps, chênes, frênes et merisiers, charmilles et noisetiers, châtaigniers, marronniers,  touffes dissuasives d’ajoncs et de ronciers lui font un paravent tout bourdonnant d’insectes et d’oiseaux. Un mélèze helvète y pousse allègrement, souvenir d’escapade au pays des enfants expatriés.   Renard et blaireau en franchissent nuitamment la clôture, laissant traces d’odeurs inspectées par les chiens.mandala-2-o-300x234

 

J’aime arpenter mon cloître de verdure et, pourquoi pas, de temps en temps, quand les nuits de l’été deviennent suffocantes, y pratiquer aux matines mon action de grâces parmi les ombres de la nuit, veillée par dame Lune et la chouette effraie au travail à cette heure.

 

Mon cloître de verdure, c’est mon monde tranquille, bien à l’abri du mal, de la guerre et des sots. J’y trouve incessamment la paix, la joie et la quiétude. Mes amis chiens aussi. Brebis et poules y vaquent à leurs occupations. Dix génisses viendront y passer un été, broutant paisiblement le riche pâturage.

Sur le talus oriental, une douzaine de sapins croissent élégamment, symboles des Noëls de naguère. Car les enfants ont depuis fort longtemps déserté le cocon. Mais les confères sont là, évoquant le mystère de la Crèche et ces matins des étrennes aux paquets avidement ouverts.

 Mandala 1

Je n’oublie pas non plus qu’en cet endroit de doux délices y dorment à jamais mes petits êtres aimés, tous mes chiens disparus, vieilles brebis et chèvres, poules et oie ainsi que le grand jars mutilé d’une patte. Y dort également, sous le grand chêne du mitan, celui planté par l’oncle Jules qui mourut à la guerre, Tempo, l’adoré Labrador de ma copine Mo. Pour tous ces êtres chers, tel un Ave Maria, Requiem, Te deum ou In Paradisum, j’ai dessiné ce mandala sous un chêne abrité. Qu’ils reposent en paix, ces doux êtres chéris !

 Le mandala (cercle de 2m  de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies , aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kms du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

Le mandala (cercle de 2 mètres de diamètre environ) du haut du champ confectionné avec des pierres de Montmartin sur mer, bien arrondies, aux formes sculptées par la mer (pourtant à trois kilomètres du champ dans lequel je les ai trouvées). Preuve probable que la mer baignait ce champ autrefois.)

 

Mon rêve le plus fou, c’est d’y dormir un jour et pour l’éternité. Mes cendres rejoindront ce grand havre quiet jusqu’à la fin des temps. Non pressée d’y aller cependant car, même si de la paix l’assurance est gagnée, qui dit que je pourrai alors encore humer le frais parfum des fleurs du pommier ou poirier, écouter hululer le chat-huant sur l’arbre ou bien sentir la fraîche pluie sur mon visage réjoui.

Nellie Duval, La Mauvillière. Modifié le 5 septembre 2018

( 4 septembre, 2018 )

Château de sable, hutte de paille

 

Epilobe

Fragile comme les pétales de l’épilobe

 

Le bonheur est un compagnon fragile

Qu’il faut apprivoiser avec dextérité,  

Tel un château de sable modelé,

Bâti jour après jour au bord d’une île.

 

Créée avec la tendresse des doigts,

Sous l’ardente lumière estivale,

L’éphémère forteresse royale,

Née de l’union de deux cœurs en émoi,

 

Va-t-elle pouvoir préserver ses murailles

Contre les éléments perturbateurs

Prêts à tuer la cité du bonheur,

A l’engloutir entière, vaille que vaille ?

 

Avec le poète je dis : « Rêver,

C’est le bonheur, attendre, c’est la vie. »

L’attente a ses plaisirs, flamme d’une bougie,

Vacillante parfois, que je ne veux souffler.

 

Nellie, La Mauvillière, 11h du matin, le 4 septembre 2018

( 1 septembre, 2018 )

Déhiscant, ce marron d’Inde ?

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En ce moment roulent sur l’asphalte de gros cailloux (mar en ligure, parler italien du sud, signifie caillou) végétaux quasi ronds, marron qui font pester cyclistes et motocyclistes risquant de chuter de leur engin.

Oui, il s’agit des marrons, fruits du marronnier d’Inde qu’on dit déhiscants puisqu’ils s’ouvrent spontanément à maturité, quittant leur enveloppe bogue. Mon vieux lexique latin français indique que le verbe dehiscere signifie s’entrouvrir.

Chic alors ! Un mot nouveau à notre vocabulaire ! Dur, dur de le placer dans une conversation, il est vrai.

Dialogue entre deux marrons :

« -Hier, ma bogue m’a déhiscé. Et toi, qu’attends-tu ?

   -Seules deux de mes fentes sur trois sont ouvertes. Ça devrait être pour demain ! »

Aesculus_hippocastanum_fruit

Trois valves s’ouvrent pour laisser sortir le fruit.

Venu d’Inde, cet arbre ?

Non, il n’en est rien. Un peu façon Christophe Colomb et ses Indes américaines !

L’arbre robuste qui a dû survivre à la glaciation du côté des Balkans (merci wikipédia) a probablement été introduit à Constantinople en 1557. Un ambassadeur en aurait  glissé un fruit dans la poche d’un autre ambassadeur et, de nonce en légat, le tour était joué jusqu’à Paris, la graine prête à germer plantée à l’hôtel Soubise en 1612.

Sa famille ? Les Hippocastanaceae. Y aurait-il du cheval là-dedans ? Dans le langage populaire, l’arbre est aussi nommé faux châtaignier ou châtaignier de cheval. Parce que ces équidés pouvaient en manger, sans excès cependant car très astringent. Gare aux brûlures entre leur sphincter et pylore !!!

feuille marronnier

Pas possible de confondre une feuille de marronnier avec une autre du châtaignier !

feuille châtaignier

Feuille de châtaignier

 

Mais alors pourquoi la châtaigne est-elle si souvent appelée marron mais jamais l’inverse ?

« Chauds, chauds, les marrons, chauds….. »

Probablement car le marron-châtaigne, plus gros et charnu, plus délicieux aussi, utilisé par les confiseurs, possède une seule amande qui ne s’écrase pas à la cuisson alors que notre châtaigne commune en possède trois, habillées de leur peau amère.

Gare aux confiseurs fraudeurs qui confondraient les deux marrons. Ils ne tireraient plus les marrons de leur feu mais deviendraient les marrons de cette farce !!!

Notons cependant que notre cher marron d’Inde, si indigeste voire vomitif, rend de précieux services à la médecine puisque ses graines sont utilisées pour l’insuffisance veineuse…. Mais ce serait une autre histoire….

A marron mauvais bonne châtaigne !!!!!!

( 27 août, 2018 )

Si chère Benoîte !

Vous êtes légèrement morose ? Le soleil estival vous manque ? L’approche de l’automne et de ses désagréments nous guette ? Que faire pour sourire en cet instant précis ? 

J’ai trouvé le remède, certes éphémère mais si bienfaisant, à tous ces petits maux.  Des larmes de rire ne peuvent que couler à flots sur vos joues, déclenchant ce lâcher des zygomatiques, nerfs, plexus, décoinçant mâchoires et tensions de toutes sortes, peut-être même vous offrant, en lieu de la pilule à dormir ce soir, une merveilleuse tasse-infusion de sommeil.

Photo Femme magazine

Photo Femme magazine

 

Eh bien, j’y arrive ! Non, je n’ai pas le don de vous apporter cette détente sauf par l’entremise de Benoîte Groult (1920-2016), merveilleuse écrivaine dont je fais en ce moment une cure de livres. Et je me délecte. Excellentissimes passages à propos de la vieillesse en particulier, dans laquelle elle est entrée et dont elle se rit élégamment. Car « Le problème, c’est que pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être entré en vieillesse…. »

Photo Nouvel Obs

Photo Nouvel Obs. Benoîte, Mitterand et Paul Guimard, son mari

 

« Que se passerait-il si je faisais encore l’amour avec Adrien ? Il enlèverait ses prothèses dentaires et ne pourrait plus me mordre. J’enlèverais mes prothèses auditives et ne pourrais plus entendre ses mots d’amour (si on les garde, ça siffle quand on vous prend la tête entre les mains. Si on les enlève, il faut vous crier « Je t’aime », comme Yves Montant dictant un télégramme d’amour à la demoiselle des Postes dans un numéro célèbre), nous pousserions de petits gloussements que l’autre prendrait pour des cris d’extase alors qu’ils traduiraient une sciatique, une crampe ou quelque difficulté à faire progresser un outil périmé dans un conduit désaffecté. Je lui crierais « Mais tu m’as mis quelque chose de rouillé, Adrien ! Ôte-moi ça, s’il te plaît ! » Etc etc….

Photo Paris-Match

Photo Paris-Match

Extrait du livre « La touche étoile », sublime de drôlerie et d’émotion, de même que ses autres bouquins dont le tout dernier « Journal d’Irlande, carnets de pêche et d’amour« , savoureux recueil de notes issues de ses cahiers, sorties des tiroirs par sa fille. Un bonheur pour nous, l’amour usé de son mari, la fougue de son amant……

Si vous n’avez ni ri ni souri à la lecture de ce passage, inquiétez-vous de votre santé !!!!!

 

 

( 20 août, 2018 )

Attente

   

L'iris, messager des dieux, porteur de bonnes nouvelles.

L’iris, messager des dieux, porteur de bonnes nouvelles.

       

 J’attends mon bel Ami. Viendra-t-il aujourd’hui ?

Je l’attends chaque soir sur le pas de la porte

 Que je n’ose fermer.  Mais dehors, pas un bruit

Sauf le cri de la chouette que le noroît apporte,

Les pleurs du petit veau de sa mère éloigné,

Les répons angoissés de la vache à l’étable,

Lamentations d’un chien à la chaîne entravé,

Qui implore la terre, liberté introuvable.

 

J’attends mon bel Ami. Oui, il viendra demain 

Car il me l’a promis. J’entendrai sur la route

Son crissement de pas, son souffle sibyllin.

Mon cœur s’emballera. Evanouis mes doutes !

Mon sang bouillonnera. Le printemps sera là

Même au cœur de l’hiver. Et je lui dirai : « Entre !

Heureuse de te voir ! Viens sous la véranda ! »

Lui offrirai mes seins, mes lèvres, et de mon antre

 

Lui donnerai à boire un nectar raffiné.

Toute la nuit, nos corps ne feront que s’aimer

Et frémiront, heureux, sous nos folles caresses.

Il partira ensuite, car il faut se quitter,

Oui, pour se retrouver. De l’attente ivresse.

 

Nellie, La Mauvillière, lundi 20 août, 21h.

( 16 août, 2018 )

To my lovely Love

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Dessin Centerblog.net

 J’ai empli mon panier de maints superlatifs

Cueillis tôt ce matin à l’arbre de la vie,

Tout gorgés de rosée, au pouvoir nutritif

Vitaminé, intense, pour faim inassouvie.

 

Tes mains sont les plus douces aux miennes enserrées

Ou à mon corps offert quand elles frôlent le tour.

Ta bouche la plus tendre sur mes lèvres posée,

Sur mon front et mon cou, s’attardant en détour.

 

De tes mots les plus fous je me nourris sans fin.

De tes promesses aussi, même quand elles sont folles.

La plus belle aventure, je la découvre enfin

 

Près de toi, mon Amour. Mes plus soyeux instants,

Mes rêves les plus fous, ma plus gaie barcarolle,

Je les vis maintenant chaque jour, hors du temps.

 6h du matin, le 16 août 2018

( 5 août, 2018 )

Notre symphonie

 

 

Photo significationfleurs.fr

Photo significationfleurs.fr

 

Tes deux mains sur mon corps jouent une symphonie,

Ta bouche sur mes lèvres entame un menuet.

Et nos corps enlacés dansent en harmonie

Une si folle valse au parfum du muguet.

 

Ange de mes doux rêves, dieu de ma tendre Olympe,

Je n’ose imaginer que je te retiendrai

Avec mes talons hauts et ma soyeuse guimpe.

Car, vois-tu, je n’ai plus du jeune âge l’attrait

 

Et le regrette tant. Cependant nulle offense

Ne ferons à Vénus. Et puisqu’elle a voulu

Que nos chemins se croisent, profitons de la chance !

 

 Aimons-nous, charmons-nous, c’est notre symphonie.

 Telle celle de Schubert, retardons le moment

Où nous saurons tous deux qu’elle s’est achevée !

 

La Mauvillière,  9h30, le 5 août 2018

( 22 juillet, 2018 )

Et mon cœur dans ton cœur

 

Mes yeux dans tes doux yeux,

Et ma main dans la tienne,

Nous marchons, bienheureux,

A l’ombre des grands chênes,

Tout nimbés d’un halo

D’irréelle lumière !

Arbre E

 

Et le chant du ruisseau

Au milieu des fougères,

Au fond de la vallée,

Le babil des oiseaux

Volant en canopée

Accompagnent nos pas

Vers la route secrète

Guidée par un compas

Menant à l’aveuglette.

D’hier à aujourd’hui,

Telle une ritournelle,

Tel un bonheur enfoui,

Ainsi la vie est-elle !chèv1

 

 

( 17 juillet, 2018 )

Tout là-haut, sur l’étagère, les pots de confiture…

Me tapant sur l’épaule, elle m’a dit, suite à mon texte relatif à cette pièce débarras-cagibi nommé médon : « Et, dans le médon, les pots de confiture, tu les as oubliés ? »

Oui, ma chère sœur, j’avais oublié cette longue étagère très haut perchée dans le médon, ce cagibi dont vous connaissez maintenant presque tous les trésors.

Merci aux sites sur lesquels j'ai chipé quelques pots de confitures.

Merci aux sites sur lesquels j’ai chipé quelques pots de confitures.

 

Le tabouret de service, parfois l’escabeau, étaient les bienvenus pour atteindre les bocaux de verre remplis de ces friandises très sucrées.

Inévitable et unique dessert sept jours de la semaine, matin, midi et soir, ce copain de la tartine, en osmose avec l’inséparable ami beurre.

L’alternance était appréciée.

Après dix pots de gelée de pommes, denrée courante puisque pommiers à gogo aux vergers, quel délice, celui d’enfin ouvrir un trésor de confitures de prunes ou de cerises avec morceaux laissés à fondre dans la bouche pour que dure le plaisir. images

Je me souviens de ces longs ennuyeux après-midi entiers à cueillir grades, cassis et groseilles à maquereau (plus rarement celles-ci car moins productives), temps d’entraide familiale car à la ferme il n’était pas concevable de ne pas aider les parents dans presque toutes les tâches habituelles, y compris celles de la récolte des fruits à confitures.

L’automne approchant, nous courions vers talus et taillis à la recherche de mûres, en n’omettant surtout pas de prélever une bonne quantité de fruits encore rouges pour que la confiture prenne. Une fois de retour, il nous restait à ôter les piquants de nos doigts et à supporter quelques jours la brûlure des griffures de ces arbrisseaux épineux aux aiguilles acérées.

Merisier

Merisier

 

Au champ nommé la Verrerie, il y avait un merisier dont la généreuse fructification nous permettait quelques pots de délicieuses confitures de ces minuscules merises dont la cueillette nous colorait doigts et lèvres d’un gourmand rouge cramoisi.

Et ces tiges de rhubarbe, plusieurs fois l’an coupées car de rapide levée de tiges, qui permettaient de varier les plaisirs gustatifs. images 3

Le cagibi a été détruit ainsi que toutes les pièces de la maison de notre enfance.

Papa et maman s’en sont allés vers d’autres cieux d’éternité.

Fini le temps des confitures et gelées.

Je n’en consomme plus du tout. Trop sucré. Aliment vide, qui n’apporte rien de bon car fait avec du sucre blanc. Je préfère les fruits entiers à cette mixture archi sucrée. Sauf pour la consommation des tiges de rhubarbe sur lesquelles je ne voudrais me casser les dents !

Et vous, la confiture, ça vous parle ? 

 

( 12 juillet, 2018 )

Quelle vie d’éphémère !!!!

De l’apparition du premier hominidé à ce plus ancien insecte ailé toujours présent près de nos ruisseaux, il y a une éternité.

Si Lucy, l’une de nos ancêtres australopithèques, est apparue il y a un peu plus de 3 millions d’années, la venue de l’éphémère daterait d’il y a environ 300 millions d’années.

Hier encore, ignare que je suis, je ne savais rien de cet insecte et de sa curieuse vie.

En bref résumé très succinct !, à partir de l’œuf pondu par l’insecte adulte sort la larve baptisée du joli nom de naïade puis de nymphe.

Merci à wikipédia

Merci à wikipédia

Trois années s’offrent alors à elle en eau douce. Le farniente pour ce bébé qui se délecte de la couverture d’algues recouvrant les pierres du lit de la rivière, en la broyant et la mâchonnant avidement de ses grandes mandibules.  Miam !  A moins qu’un poisson affamé, passant par là, croque lui-même cette chose appétissante bien dodue !

Et maman, pendant ce temps, où donc est-elle ? Paix à son âme car après avoir engendré la petite et ses 500 à 3000 soeurs-oeufs, ne possédant plus de mâchoire l’infortunée accouchée trépasse dans la journée ou survit, sous une bonne étoile, quelques jours sans pouvoir s’alimenter. Obligatoire grève de la faim, erreur du créateur !!

Photo Insecte.org

Photo Insecte.org

 

Papa serait-il plus veinard ? Pas vraiment car, pour lui, une fois les galipettes accomplies avec sa dulcinée lors du bal nuptial, il passe de vie à trépas car, pour lui aussi, pas question de croquer un steak d’algues sans appareil buccal !

Pas enviable cette vie d’éphémère !

Si, cet été, vous passez près d’un paisible cours d’eau, ayez une pensée émue pour ces élégants insectes aux fines ailes transparentes dont la durée de vie ne dépasse pas la semaine et soyez contents d’avoir la possibilité de devenir centenaires !

Je laisse le mot de la fin, bienvenu, à Fleurette Lévesque (1915-1998), écrivaine française.

Le bonheur est éphémère, il passe sans s’arrêter, il s’attarde parfois, l’espace d’une illusion, mais rares sont ceux qui savent le retenir, le garder. Il est si fragile, si vulnérable, il suffit de trois fois rien pour l’effrayer, le voir fuir à jamais.

 

 

( 9 juillet, 2018 )

Soleil couchant

Coucher de soleil à Hauteville, le 7 juillet 2018
Coucher de soleil à Hauteville, le 7 juillet 2018

Ce doux soir de juillet, nous avons regardé le soleil se coucher sur les vagues rougies. Voguant vers d’autres cieux, reviendrait-il le lendemain, aussi radieux et espiègle, jouer sa sérénade à la terre éblouie ?

( 2 juillet, 2018 )

Solitude panthéonienne ?

« -Antoine, ne trouves-tu pas que cet endroit manque de clarté, de gaieté ?

Dieu merci, tu es à mes côtés et c’est le principal ! Après 67 ans de vie commune, ils n’allaient quand même pas nous séparer !!!

Image Ouest France

Antoine et Simone Veil  Image Ouest France

-Oui, Simone, nous étions pourtant bien dans ce cimetière de Montparnasse. Les amis ne manquaient certes pas. Tu te souviens des soirées où nous parlions littérature et poésie avec Jean-Paul Sartre et sa Simone, le grand Charles Baudelaire, Guy de Maupassant, Marguerite Duras, Joseph Kessel.

Image wikipédia

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre  Image wikipédia

Et ces après-midi à écouter Camille Saint-Saëns imitant les animaux de son Carnaval ! J’aimais aussi les matinées théâtre et cinéma avec Jean Poiret, Gérard Oury, Philippe Noiret et la petite dernière arrivée, la jolie Mireille Darc.  

-Ici, c’est le grand silence. Même pas de chats à venir chatouiller la pierre, aucun clair de lune dans la nuit brune, nulle aube rose, pas de chauve-souris frôlant le tombeau, la nuit venue. Et ces amoureux des cimetières qui hantaient les allées, même après minuit !

-Ououhhhh ! Y a quelqu’un d’autre là-dedans ?

-Simone, tu verras. Si nous ne vivons pas à ciel ouvert, tu t’habitueras à l’atmosphère qui nous convient finalement, n’ayant plus le souci de nourrir nos cellules. Nous sommes une bonne bande de copains qui faisons de chouettes réunions. Tu rencontreras Voltaire et Rousseau, Zola et Jaurès. Même Victor Hugo, Louis Braille et Sadi Carnot.

-Qui es-tu, toi qui me parles ?

-Devine. Moi aussi j’ai connu les affres de cette satanée Seconde Guerre Mondiale et si toi, dans ce camp de concentration, tu as failli perdre la vie, moi, elle m’a été ôtée après tant de tortures, dans un train en partance vers un autre camp en Allemagne, le 8 juillet 1943. Certains disent que ces cendres ne m’appartiennent pas ! Qu’ils causent toujours ! Mon esprit est bien là ! Ils ont mis 21 ans pour m’accorder ces honneurs. Toi, Simone, un an après, tu es là ! C’est de l’express !! Dis donc ! 

-Jean Moulin, tu es Jean Moulin ! Un honneur pour nous de te côtoyer maintenant pour un certain temps.

-Vous verrez aussi Pierre et Marie Curie.

Pierre et Marie Curie   Image Musée Curie

Pierre et Marie Curie Image Musée Curie

Tout se passera bien. Les visites ne manquent pas. Et si nous avons des revendications à faire, il sera toujours temps d’interpeler le prochain chef d’Etat qui nous rendra visite. Nous pourrions monter un SRP !

-SRP ? Je ne vois pas !!!

-Un syndicat des Râleurs du Panthéon !wiki

Finalement vous au moins, vous êtes en couple ! Trois heureux binômes en tout dans ce château des QFGFH (Qui Furent de Grandes Figures de l’Histoire) ! Veinards !

 

( 29 juin, 2018 )

Victor, Léopoldine et …Alphonse Karr

Pas possible d’oublier au moins l’un des poèmes de Victor Hugo (Elle avait pris ce pli…, Demain dès l’aube, Oh, je fus comme fou… et tant d’autres ), écrits à propos de la disparition de Léopoldine, sa fille aînée.

Victor, Léopoldine et ...Alphonse Karr dans CROQUENOTES leopoldine-et-francois-victor-dessines-par-madame-hugo

Léopoldine et François Victor, son cadet de 4 ans, dessinés par Madame Hugo.

 

Souvenez-vous : Villequier, commune de Seine Maritime, depuis 2016 faisant partie de la commune nouvelle Rives-en-Seine. Nous sommes en 1843. Léopoldine,tout juste 19 ans et Charles Vaquerie, son mari depuis 6 mois, viennent d’acheter un canot à voiles. Pourquoi ne pas, en cette claire matinée du 4 septembre, rejoindre l’autre rive de la Seine, pour l’essayer et aller visiter le notaire de Caudebec ? Belle balade en perspective ! Les accompagnent Pierre, le père de Charles, 62 ans,ancien capitaine de navire et un frère de Charles, Arthur, 11 ans. Mais Léopoldine n’est pas prête. Elle tarde à s’habiller. Tant pis !

A peine partis, les trois hommes s’aperçoivent que ce canot bien léger a besoin de lest. Ils rentrent chercher quelques pierres et …. la jeune femme qui a enfin terminé de se préparer. Rivière d’huile. Aucun vent. Splendide !

Léopoldine peinte par Auguste de Châtillon

Léopoldine peinte par Auguste de Châtillon

Tout se passe bien chez le notaire qui avertit le petit groupe de visiteurs du handicap de manque de vent pour rentrer à la voile.

- »Je vous reconduis en voiture, par la route. Vous serez arrivés plus vite.

-Non, non. Nous rentrons par le fleuve. Nous avons le temps. »

Un soudain vilain tourbillon de vent dans la voile et voilà notre canot renversé. Pierre et Arthur se noient rapidement. Quant à Charles, il essaie désespérément de décoincer sa jeune épouse agrippée à la coque renversée. Six fois il plongera, en vain, ont raconté des témoins sur l’autre rive. leopoldineDe désespoir il sombrera avec elle. Et  pourtant excellent nageur.

Pendant ce temps, Victor Hugo, le père de Léopoldine, revient de vacances espagnoles avec Juliette Drouet, sa maîtresse tandis que Mme Hugo garde la maison familiale. Le poète n’apprend le drame que quatre jours plus tard, à Rochefort, en lisant son journal. Un article d’Alphonse Karr (1808-1890), son ami romancier et journaliste. Tel était le texte dans le journal Le Siècle :

« le canot était coiffé ayant ses voiles bordées dont les écoutes étaient imprudemment tournées à demeure… En le redressant, on trouva dans l’intérieur le cadavre de Pierre Vacquerie incliné et la tête penchée sur le bord. Les trois autres personnes avaient disparu. On supposa d’abord que Charles Vacquerie, nageur très exercé, avait pu en cherchant à sauver sa femme et ses parents être entraîné plus loin. Mais rien n’apparaissant à la surface de l’eau, au moyen d’une seine on dragua les environs du lieu du sinistre, et le premier coup de filet ramena le corps de l’infortunée jeune femme. Madame Victor Hugo a appris ce matin au Havre, qu’elle habite depuis quelque temps avec ses deux enfants, le terrible coup qui la frappe. Elle est repartie immédiatement pour Paris. Monsieur Victor Hugo est actuellement en voyage. On le croit à La Rochelle… »

Victor Hugo (Wikipédia)

Victor Hugo (Wikipédia)

  »Oh! Je fus comme fou dans le premier moment,

Hélas! et je pleurai trois jours amèrement…

Oh! que de fois j’ai dit : Silence! elle a parlé!

Tenez! voici le bruit de sa main sur la clé!

Attendez! elle vient! Laissez-moi, que j’écoute!

Car elle est quelque part dans la maison sans doute! 

4 sept 1852, 9 ans plus tard, à la date du terrible anniversaire Les Contemplations Livre quatrième IV

 

…Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx blanc et de bruyère en fleur.

3 sept 1847, 4 ans plus tard, Extrait de Demain dès l’aube Livre quatrième  XIV

 

Merci aux sites sur lesquels je suis allée chercher tous les détails de ce tragique événement.

  

 

 

( 22 juin, 2018 )

Mosaïque de pierres

Le bonheur n’est pas un gros diamant, c’est une mosaïque de pierres d’inégale valeur et d’éclat différent, parmi lesquelles se trouvent quelques cailloux et qui souvent n’ont d’éclat que par le rapprochement ou le contraste des couleurs.       
Alphonse Karr    La maison de l’ogre (1890)
Et cette mosaïque de pierres, il faudrait savoir la bâtir tous les jours.
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Aléatoire, cet enfilage de petits brins de bonheur pour constituer un élégant collier pour lequel, le soir avant de m’endormir, je me dirais : « oh ! qu’il est joli ! »
Certains jours, la collection se révèle intéressante. Merveilleuses pierres de concerts enchanteurs, partages entre amies, visites agréables… D’autres, c’est la dèche ! Rien à mettre sur le fil d’or, désespérément vide ou  bien, à peine l’aiguille enfilée, le voilà qui se rompt.
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Alors, les jours de diète, je me dis que
« des malheurs évités, le bonheur se compose ».
Encore une citation d’Alphonse Karr, ami de Victor Hugo dont je vous parlerai bientôt.
Je fais alors le tour de mon jardin, y découvre quelques maigres cailloux qui feront l’affaire, bien assemblés, me rassasie du parfum de l’œillet sur lequel je pose délicatement le nez, du goût d’une framboise ou  d’une fraise des bois.
Je me sustente d’une nouvelle de Sylvain Tesson ou de quelques pages d’un bon bouquin. Et….. je vous écris.
( 19 juin, 2018 )

Image furtive insolite

Sur le parcours de retour au logis, c’était très récemment, je suivais une voiture avec petite remorque. Normal.

Une remorque dont la porte arrière à double battant ne faisait que de s’ouvrir et se fermer à demi. Moins normal !hdr

Le pied sur l’accélérateur, j’ai suivi d’un peu plus près l’engin sur roues à portière baladeuse. Ma crainte ? Qu’un animal de type mouton ou veau soit tombé de cette remorque, peut-être, ou bien encore, attaché à un anneau, risque de s’apeurer ou de rompre sa corde et chuter lourdement du véhicule en marche.

Je découvre, ébahie, que sur ce panneau arrière de la remorque étaient dessinés deux aigles ou volatiles de la même famille  !!!

Que transporte habituellement cette remorque ???? hdr

Si ce sont ces grands oiseaux rapaces, alors les portes de la liberté leur étaient ouvertes ce matin-là ! Et tant mieux !!!hdr

( 14 juin, 2018 )

Etrange mariage !

ch3

Il est parfois d’étranges mariages.

Unions d’humains, voire de végétaux

Tel ce replet champignon en alliage

Avec une ronce des haies. Il faut,

Dans cet extrême cas, penser

Que la courte commune vie

Avec fille aux doigts acérés

Peut engendrer trace bleuie

Sur la jupe toute en frou-frou

De notre infortuné pleurote.

Une bizarre union, c’est fou !

D’un chêne souchard anecdote !

Vu au champ

Vu au champ

 

( 6 juin, 2018 )

Que je cire, que tu cires….Que je cirasse, que j’eusse ciré….

« Le parfum de l’âme, c’est le souvenir », écrivait George Sand (1804-1876) dans Lettres d’un voyageur (1837). Souvenir d’un être cher ou, pourquoi pas, d’une chose évocatrice d’épisodes de l’enfance qui soudain remontent à la surface. Ah ! L’enfance, cette partie de vie qui semble aujourd’hui si bénie, si heureuse alors que, pas sûr du tout, je la vivais parce qu’il le fallait bien, avec ses contraintes, son temps d’obéissance sans rechignage et ses séances de… cirage ! Avec le temps, tout se transforme !

Photo pinterest

Photo pinterest

J’aime l’odeur de la cire. Comme Proust appréciait le goût de la madeleine.

Non parce qu’il est produit naturel bio fabriqué par ces ingénieuses et infatigables ouvrières mais parce qu’il fait partie de mon enfance.

Dans une boîte ronde en fer se cachait cette source de travail auquel maman nous invitait souvent à participer : enduire de ce produit visqueux meubles, parquet de la salle à manger dans laquelle nous ne mangions jamais pour ne pas la salir, marches de l’escalier qui menait aux chambres, modérément, sans trop de cire sinon descente-polissage ultra rapide assurée sur les deux fesses !!. Ce produit volé par grand-père aux abeilles que, chaque été, il délogeait sans pitié, faisait donc partie des produits naturels bruts allant du producteur au consommateur. 

Au début du mariage, j’ai encore appliqué cette coutume de régulière corvée d’annuel passage à l’encaustique du coffre de l’horloge, de l’armoire normande et autres meubles de bois.

Aujourd’hui, c’est  ter    mi    né !!!!

Rebellion ? 

Plutôt préservation de l’huile de bras pour autres activités plus jouissives. Après tout, les meubles eux aussi apprécient-ils que je leur fiche enfin la paix !  

Or ma jeune et consciencieuse dame de ménage a parfois l’idée de sortir ce produit, hélas un peu trafiqué, amélioré, à base de cire pour lustrer l’un d’eux.

Quel bonheur, cette odeur qui s’agrippe à la demeure toute la journée ! Emotion, images d’antan à exprimer sur le blog pour ne pas les laisser filer en vain. 

Grand-père, grand-mère, maman, vous souvenez-vous de ce temps ciré, sentant bon la douceur, l’amour filial, la vie partagée et ces corvées qu’il fallait accomplir parce que c’était ainsi …. 

cire

Cire brute ou encaustique (mélange de cire et d’essence de térébenthine), j’ai touché aux deux, la première moins maniable et étalable que la seconde. Ce parfum me chatouille encore les narines pour un court voyage à travers le temps, retour à l’enfance perdue à jamais !

A bon ou mauvais cireur, salut !

 

 

 

 

( 3 juin, 2018 )

Frederick, pour ton 21ème anniversaire …..

Sergeant Robert Elcombe

Sergeant Robert Elcombe

Sergeant Lionel Pearcey Croom

Sergeant Lionel Pearcey Croom

 

William Lynam, flying officer

William Lynam, flying officer

Sergeant Farewell Harrisson

Sergeant Farewell Harrisson

Il est des reportages Manche Libre plus émouvants que d’autres, tel celui-ci,du dimanche 3 juin, que je relate dans l’édition de cette semaine du 7 juin 2018.

 

 

Il y a 74 ans, ils étaient sept aviateurs dans un bombardier Lancaster, partis pour une périlleuse mission en temps de Seconde Guerre Mondiale, un certain 6 juin 1944.

Chaque année, sans faillir, Hilary Thompson leur rend hommage au pied de la stèle érigée à leur mémoire. Des Anglais de la région ou proches parents déposent un insigne près de chacun des noms gravés dans la pierre. Surgit de cet endroit la terrible vision de ces 7 jeunes tués en plein ciel, emprisonnés dans leur avion de malheur. Emotion………renouvelée chaque année……..Emotion partagée par les Anciens Combattants, porte-drapeaux, autorités présentes et fervent public qui n’oublie pas. 

« Chaque fois que je me recueille près de la stèle érigée en souvenir d’eux, je leur parle comme s’ils étaient mes enfants », évoque Hilary Thompson, la voix chargée d’émotion.

Hilary, lors de la cérémonie ce matin

Hilary, lors de la cérémonie ce matin

 

Au décollage de la base de Binbrook, au nord de Londres, ce 6 juin 1944, ils étaient 7 aviateurs à embarquer à bord du bombardier Lancaster pour une mission de nettoyage sur Vire. Les 3 précédentes ayant été annulées à cause du mauvais temps, celle-ci démarrait bien.

Arrivé d’Australie en 1943, Frederick Knight, le jeune pilote de 21 ans, sa montre en or au poignet, offerte par Frederick et Margaret, ses parents d’Haberfield, banlieue de Sydney (Australie), était aux commandes du Lancaster. Un bombardier, tout juste sorti d’usine en 1940, de la compagnie Royal Australian Air Force. Ses 6 compagnons, John Read, 21 ans, William Lynam, 26, Leonard Hillman, 24, Farewell Harrison, 23, Robert Elcombe, 18 ou plus exactement 17 car il avait menti sur son âge pour être incorporé, et Lionel Croom, 39, étaient tous anglais, de la Royal Air Force. 

Frederick Knight

Frederick Knight

 

L’avion a-t-il été touché par la DCA ennemie lors de son survol de la Manche ? Le feu s’étant brusquement déclaré à bord, aucun des hommes n’a pu sortir son parachute, tous périssant brûlés vifs dans l’appareil qui s’est désintégré sur quelques communes du canton de Cerisy-la-Salle.

 

Sur le terrain du drame où l’habitacle de l’avion est tombé, un seul corps a été retrouvé intact, les autres calcinés et déchiquetés.

Serge Torchio, le président des Anciens Combattants du canton se souvient, étant enfant en 1944, avoir vu une partie de l’avion tombée sur la commune de Notre-Dame-de-Cenilly. Il ajoute qu’un habitant allait déposer chaque 6 juin un bouquet de fleurs à cet endroit. 

Flying officer John James Read

Flying officer John James Read

 

La montre en or de Frederick a été retrouvée dans un champ de labour, bien des années plus tard, la partie en or intacte, le reste calciné. A l’intérieur, était gravé : « Frederick, pour ton 21e anniversaire, 1943« .

Les corps des sept victimes ne reposent pas en cet endroit mais au cimetière britannique de Bayeux dont j’ai fait un rapide survol informatique pour y découvrir leurs sépultures et une seule photo, celle de Frederick Knight.

Ce cimetière britannique est un bout de terre française offerte aux Alliés à l’issue de la guerre. Y reposent 3935 Britanniques, 181 Canadiens, 8 Néo-zélandais, 1 Sud-Africain, 25 Polonais, 3 Français, 2 Tchécoslovaques, 2 Italiens, 7 Russes, 466 Allemands et 17 Australiens parmi lesquels Frederick.

Etait présent à cette cérémonie le neveu du plus jeune des aviateurs d'à peine 18 ans

Etait présent à cette cérémonie David Elcombe, le neveu du plus jeune des aviateurs d’à peine 18 ans, Robert Elcombe.

 

Frederick Knight, pilot officer

Frederick Knight, pilot officer

Leonard Hillman, seargent

Leonard Hillman, sergeant

 

 

( 26 mai, 2018 )

Mel…. Ancolie

Connaissez-vous cette fleur haut perchée sur sa tige, toute en équilibre précaire, vacillant au gré du vent, si fragile et pourtant redressant le buste après chaque tempête, appréciant l’éternel retour du soleil, chaque matin, dans la fraîche rosée, contemplant, nuitamment, la voie lactée, luisant au clair de lune ?

Ancolie au jardin

Ancolie au jardin

 

Similitudes entre la fleur et l’être humain ? 

Sa contemplation m’ôte le fait d’une mélancolie passagère.

Amie ou sœur, à cœur de fleur, sans cœur ? Indifférente ?

Peu m’importe !!! 

Elle là, tout près, au jardin, fleurie en ce moment et ce m’est un petit bonheur supplémentaire picoré au fil de mes visites.

Une originale au jardin

Une originale au jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cueillons, rassemblons, amassons les tout petits bonheurs du jour pour que ce temps qui nous mène inexorablement vers le néant nous soit encore plaisir !

Une classique au jardin

Une classique au jardin


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je découvre avec joie que le poète Francis Jammes (1868-1938) les appréciait, lui aussi.

Dans son recueil : « Clairières dans le ciel », voici ce qu’il écrivait, en alexandrins, sur ces fleurs.

« Deux ancolies se balançaient sur la colline.

Et l’ancolie disait à sa sœur l’ancolie :

Je tremble devant toi et demeure confuse.

Et l’autre répondait : si dans la roche qu’use

l’eau, goutte à goutte, si je me mire, je vois

que je tremble, et je suis confuse comme toi.

Le vent de plus en plus les berçait toutes deux,

les emplissait d’amour et mêlait leurs cœurs bleus. »

 

Albrecht Dürer (1471-1528), le peintre allemand, les a immortalisées vers  1520, lors d’une balade du côté de Nuremberg (en Bavière).

Reproduction trouvée sur Internet

Reproduction trouvée sur Internet

 

( 23 mai, 2018 )

A propos d’araignée…

 

 

reproduction wikipedia

reproduction wikipedia

A propos d’araignée qui fait si peur aux humains…..

« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie

Parce qu’on les hait…. » clamait Victor Hugo

Je viens de relire, avec grande émotion, la suite du poème extrait du recueil Les Contemplations (1856)

Si cela vous tente…..

 

« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,    

Parce qu’on les hait ;

Et que rien n’exauce et que tout châtie    

Leur morne souhait ;

 

Parce qu’elles sont maudites, chétives,    

Noirs êtres rampants ;

Parce qu’elles sont les tristes captives    

De leur guet-apens ;

 

Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ;    

O sort ! fatals nœuds !

Parce que l’ortie est une couleuvre,    

L’araignée un gueux ;

 

Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,    

Parce qu’on les fuit,

Parce qu’elles sont toutes deux victimes    

De la sombre nuit.

 

Passants, faites grâce à la plante obscure,    

Au pauvre animal.

Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,    

Oh ! plaignez le mal !

 

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;    

Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie    

De les écraser,

 

Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,    

Tout bas, loin du jour,

La mauvaise bête et la mauvaise herbe    

Murmurent : Amour !

 

 sans-titreIl est vrai que je répugne à tuer ces aranéides solitaires, surtout quand elles agissent dans l’ombre d’un placard peu fréquenté. Ce qui m’a inspiré ces modestes vers.

 

Tout au fond du placard une araignée

Tissait sa toile-piège dans le noir.

Le chiffon à poussière en main, j’allais

D’un geste vif et assuré, pourvoir

A mon droit de propriété, logique !

M’avisant juste à temps que l’animal

Privé de charmes visibles esthétiques

Possédait, comme moi, un cœur …normal.

J’ai épargné cette noire araignée.            

Notre locataire avait, pour l’hiver,                     

Squatté le placard aux pots de gelées

Et confitures aux parfums divers.

 

Quelques années après….

 

Bien sagement elle tisse sa toile,

Contrat renouvelé dans le placard.

Les bocaux se parent d’un léger voile 

Et quand je jette parfois un regard

Dans cet obscur antre de solitude,

Je sais que l’araignée est là, qui vit,

qui est, ainsi que moi, dans la quiétude,

Pour quelque temps encore, en paix aussi. 

 

 

 

 

 

 

 

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