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( 29 mars, 2015 )

Voyage intérieur à l’isba (19m2 de douceur)…

 

23 février 2015 | Modifier

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Pour accéder au royaume du Bonheur, certes éphémère, inutile de chercher un trekking au Népal ou en Mongolie, un safari photos au Kénya ou une chevauchée aux portes du Sahara, une semaine de farniente aux îles Hawaï ou quelques heures de plongée dans un lagon tahitien. Il me suffit d’emprunter l’escalier qui va au champ et j’y suis.

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Mon royaume de la Paix, de la Beauté et de la Douceur, de l’Humilité et de l’Harmonie est là. Dans et autour de l’Isba.

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Quelques dalles de béton recouvert de petits cailloux roses ou blancs, pour le confort des pieds

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En pleine nature, deux minuscules pièces, tout en bois, genre cabanon de jardin, bricolées par nos mains. Isba la douce, habillée de tissages aux couleurs des plantes. Une petite table de camping recouverte d’une nappe de coton, des étagères taillées dans des planches de coffrage.

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Un lit confortable, quelques tapis au sol, les couettes des amis chiens, le rouet, les métiers à tisser, les livres, des flacons d’huiles essentielles, des bâtons d’encens.

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Mon refuge de paix toutes les nuits depuis mai jusqu’à fin octobre et, chaque jour, dès que je trouve le temps. Mieux vaut un tout petit coin douillet qu’une grande demeure sans âme !

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( 9 février, 2015 )

Brouillard

Ce matin, le brouillard a tout enveloppé de sa grande cape de fines gouttelettes. L’atmosphère est devenue pesante, mystérieuse.

Le grand chêne de l’oncle Jules semble perdu au beau milieu du champ.
Des perles de diamant pendent aux branchettes des arbustes sur le talus.
Et le pauvre soleil, malgré bien des efforts, ne peut pas se résoudre à percer les nuages. Tout est silencieux, les bruits étouffés et les chiens en balade des ombres agitées.
Les feuilles mortes crissent sous les pas et la mousse, cette nuit, a blanchi.
Doudoune, la grande chienne, a repéré la trace fraîche du blaireau qui, chaque nuit, vient se gaver de châtaignes et glands à moitié enfouis dans le sol.
L’isba devra se contenter, cet hiver, de ce genre de manteau et ne partira pas en pays sibérien.

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( 4 février, 2015 )

Remercier

SAMSUNG CAMERA PICTURESDire merci. Reconnaître tous les petits événements et détails positifs de la journée. Dans le confort du lit, bien au chaud entre les draps de coton, encore remercier avant de se laisser lover dans le sommeil réparateur. Se forcer à retrouver la moindre mini parcelle de bonheur du jour et la valoriser par un merci à la Vie. Un regard souriant, une attention particulière de l’autre, un nuage coloré de rose dans le petit matin, une goutte de rosée accrochée à l’aiguille du sapin, la timide pâquerette perdue dans l’herbe rase de la prairie, la léchouille d’un chien par temps de cafard, une page de lecture, un blog d’autrui juste découvert, tout, tout, tout devrait être prétexte à dire merci. Et l’on se sent mieux après.

Posologie : renouveler l’opération plusieurs fois par jour. Aucune contre-indication. 

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Balade d’hier mardi 3 février à Montmartin-sur-mer, coin de paradis pour nous six, mes cinq amis canins et moi. Extraordinaire terrain inculte où la végétation sauvage a repris ses droits et où l’eau de pluie accumulée a formé de magnifiques petits lacs. Le bonheur à l’état pur, à moins qu’une arrivée d’autres visiteurs impromptus gache la fête !

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( 3 février, 2015 )

Le petit chemin de nos enfances

 

J’ai retrouvé, dans un vieux cahier d’écolier tout jauni ayant appartenu à papa, son texte manuscrit, travail d’une rédaction du vendredi 3 mai 1935.

Le maître proposait : « Une promenade, par un beau jour de printemps, dans un sentier en pleine campagne. »

Très inspiré puisque familier de ce chemin d’un kilomètre et demi  qu’il devait emprunter chaque jour pour se rendre à l’école de Muneville-sur-mer, papa a pris son porte-plume muni d’une « sergent-major » et reporté au propre,  sur la page blanche immaculée de son cahier du jour, le texte qu’il avait auparavant griffonné sur le cahier de brouillon. Bien des années plus tard, à notre tour, Monique, Daniel et moi prendrions la direction de ce chemin, en route vers la même école communale, petit chemin à jamais gravé dans nos cœurs et nos mollets. Une mise en marche à ces belles balades que nous aimons tant faire.

« Dans notre commune, il y a beaucoup de petits chemins. Chaque jour, je parcours, pour venir en classe, un chemin qui part de la bourgade principale et qui conduit jusqu’à ma demeure. Ce pauvre chemin n’est pas goudronné ni même empierré. Pour cette raison, il y a presque toujours de la boue. Pour ne pas salir mes souliers, je monte sur des talus qui sont en démolition.

Mon chemin est en ce moment très agréable à cause de la renaissance des fleurs. C’est pour cela que j’aime venir par ces sentiers. On voit quotidiennement de l’herbe drue et fraîche, des primevères, des boutons d’or, des violettes, des pâquerettes, les brebis du cordonnier qui ,n’ayant pas de champ, les met à paître dans le chemin et les abeilles qui butinent de fleur en fleur pour faire le miel.

On sent le parfum des fleurs qui embaument le chemin, on sent également l’herbe fraîche. On entend les oiseaux qui chantent ou qui sifflent dans la plaine ou au bord de leur nid. On entend aussi le bêlement des brebis, le mugissement de la vache dans la prairie et le claquement d’un fouet dans le lointain. »

Numérisation_20150203Premières primevères.

Signé papa, dans son cahier d’écolier, le vendredi 3 mai 1935. Il avait sept ans et demi et n’a obtenu, pour cette page de rédaction qu’un 6/10.

 

( 2 février, 2015 )

Less is a big thing !

Posséder moins, quelle bonne idée ! écrivait l’artiste Jude Hill sur son blog « Spirit Cloth ».

Une yourte, quelques étagères de livres et  deux porte-vêtements, une caisse de nourriture de base et un grand panier de fruits, un jardin tout près, des animaux en liberté dans le champ autour, un cœur à aimer, des enfants et petits-enfants heureux dans leurs habitatsauriculesfonces.jpg, la vie rêvée ! Mais peu accessible, étant conditionnés par la maison et sa kyrielle de pièces, les armoires remplies de linge et vêtements, la télé, le four, l’ordinateur….

Je rêve d’une vie meilleure, en less sauf la tendresse.

( 18 novembre, 2014 )

Vue sur jardin secret !

Au commencement, ce fut une cour, la cour principale de la demeure, chaque année empierrée, gratouillée, desherbée,  foulée de pas entrants et sortants, de carrioles roulantes et de chevaux piétinants, puis de voitures automobiles pétaradantes et puantes.

A l’abri des regards nous l’avons souhaitée. Retournée, subterrée, ensemencée, pelousée elle est devenue. Ceinte d’un rideau d’arbres, (Quels arbres ? Des qui poussent très vite, qui gardent toujours leurs feuilles, qui se taillent le moins possible, bref de vulgaires, moches et uniformes lauriers palmes…), elle nous plaisait.

Las de quatrepatter à la poursuite des centaines de feuilles chues lors de chaque tonte, quelque temps plus tard, adieu le long et régulier régiment de palmes au garde à vous, bienvenue, pour notre enceinte sacrée, à un mur de pierres côté privé et à de vulgaires agglos badigeonnés d’un crépi verdâtre côté chemin communal.

Lasse du tapis vert uni,  j’ai peu à peu grignoté l’herbe au profit de plate-bandes de rosiers (trop piquants, trop peu fleuris, avais-je la main verte ?), puis de fleurs annuelles (ras le bol de devoir planter, déplanter, replanter chaque fois qu’une saison décidait de laisser place à sa voisine!), enfin de vivaces dont j’espérais la durée de vie éternelle. Certaines coquines se sont révélées très éphémères, ne résistant même pas l’espace d’un été ! D’autres plus coriaces se sont tant étendues, devenues une plaie sur laquelle renouveler, à grands coups de sarclette,  leur arrachage.

Tentant de canaliser et compartimenter les divers végétaux, j’ai alors débuté le charriage de pierres, les assemblant tantôt en alignements réguliers tantôt en désordonnés emplacements, donnant ainsi naissance à des rocailles à ma façon. Suivait la commande aux pépinières Lepage : une sorte de collection d’une vingtaine de petits godets différents, jamais deux semblables, que j’attendais avec impatience. Menthes, thyms, vivaces tapissantes, asters, sedums, primevères que j’ai choyés et qui ont, pour la plupart, disparu peu à peu.

 

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Les tout premiers mini habitants sont  arrivés au printemps 1983, apportés par maman dans un panier d’osier. Quatre boules de poils tricolores qui ont ravi Lénaël et Romaric. Moi aussi, j’étais heureuse et j’ai alors vite réalisé la mini fermette pelouse close d’un bas grillage. Une petite cabane a vu le jour, demeure royale de notre nouvelle famille de rongeurs Cavia Porcellus. Une visite au zoo de Champrepus et la venue de Champrepus la bien nommée, fille Cobaye à l’abondante tignasse punk châtain.

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Cette charmante créature a vécu longtemps chez nous, heureuse en famille avec les autres amis de son espèce qui s’est agrandie jusqu’à plus de 20 cochons d’Inde, les garçons séparés des filles par un grillage sinon surproduction assurée en peu de mois. Deux lapins les ont rejoints dont Pimpin, un bélier russe blanc. Jocasse la pie a peuplé notre monde une semaine. Blessée ou faible, je l’ai soignée et nourrie puis elle s’est éteinte.

 

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Plusieurs années après, la maladie et la vieillesse ont décimé ce petit peuple de doux êtres.  Les cochons d’Inde décédés, au gré de mes idées et de ma fantaisie, j’ai réalisé d’autres bordures et rocailles.

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En 2006, aux cochons d’Inde ont succédé les chiens. Six chiens recueillis en un an, tous abandonnés et destinés à un sort tragique ou morbide. La pelouse s’est transformée. Petit coin par petit coin, pour ne plus avoir à passer la tondeuse ou poursuivre les taupes envahissantes, j’ai remplacé la verdure par des pierres, des centaines de pierres ramassées ici et là, quelques-unes posées en forme de fleurs. Les amis canins aimant fouir ou grimper sur les quelques bordures restantes, les fleurs se sont faites rares et tant pis. C’est ainsi.


 

 

( 15 septembre, 2013 )

Le jardin de maman

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Les folles herbes ont envahi       le jardin de maman.

Par la fenêtre entr’ouverte,           elle pourrait percevoir,

Allongée dans son lit,      les feuilles encore vertes

des dernières tomates,

Les petits dahlias    et les gros potirons, les cassis alignés

Et les quelques melons qui n’en finissent pas de mûrir sous la serre.

 

Hélas, pauvre petite mère, dans son lit, seule, se meurt.

Ses yeux n’ont plus la force             de porter son regard

Vers ce coin de bonheur     qu’elle a tant fréquenté,

Tant semé, tant sarclé,    arrosé, récolté.

Eh oui, un jour il faut quitter ce que l’on a aimé

et rejoindre la Paix, la grande Paix offerte

car en elle les soucis, les malheurs sont finis.

15 septembre 2013                       Maman décèdera le 4 octobre de la même année

( 6 janvier, 2010 )

Grand-messe en l’honneur de sainte Teinture

Pendant une douzaine d’années, j’ai eu le bonheur de teindre les toisons de mes brebis avec des plantes ramassées dans la campagne environnante. Pourquoi le dimanche ? Parce qu’à l’époque, étant institutrice, j’étais libre ces matins-là. Bonheur d’allier les joies de la marche en pleine nature, la contemplation des beautés végétales, à celles de la préparation à la teinture végétale.

Ma grand-messe à moi a lieu, tels les pratiquants en religion, chaque dimanche matin. Un vaste lieu de culte : les talus des routes de la campagne environnante et les chemins creux de mon village de Basse-Normandie. Mes objets de culte : des paniers d’osier, des plantes, fleurs, branchettes et écorces. A chaque saison, des messes aux épitres et évangiles différents. En hiver, dès le timide lever du pâle soleil, quand merles et pinsons s’égosillent, annonçant la fin de la nuit, un panier me suffit pour la cueillette des fleurs jaune d’or au parfum noix de coco, chaud et sucré, des ajoncs. Gare aux épines acérées et patience ! Une multitude de ces pétales est nécessaire pour colorer la laine d’un beau jaune jonquille.    

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Au début du printemps, la rousserolle entame son répertoire de mélodies variées. C’est le moment de tailler une pleine brassée de brindilles de robinier faux-acacia que je devrai hacher et faire cuire longtemps afin d’obtenir un autre jaune, plus ou moins prononcé selon la quantité de jeune bois utilisé.

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Au mois de mai, balade dominicale pour la coupe des crosses de fougères aigles. Dans la tiédeur matinale, qu’il fait bon écouter le chant du coucou et humer les senteurs légères des fleurs de pommier ! Le panier est vite plein : les plantes abondent. Il suffira ensuite d’une dose de chance pour transformer ces parties terminales des grandes plantes en un joli vert tendre. Sinon, il faudra se contenter d’un autre jaune ! 

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 En été, lorsque les hirondelles gazouillent sur les fils électriques, les millepertuis sont en fleurs. Dès l’aube, sur les talus, délicatement, du bout des doigts vite rougis par le colorant naturel des sommités fleuries, je cueille. A peine rentrée à la maison, je m’empresse de plonger toutes ces fraîches inflorescences dans l’alcool qui, aussitôt, se teinte de rouge. Les résultats obtenus sur la laine sont toujours surprenants, les coloris allant du rouge brique au vert ou même les deux à la fois ou encore au jaune banal ….et décevant, dans le pire des cas. J’aime cette plante mystérieuse qui offre sa teinture selon son humeur, peut-être.    

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En août, près des ruisseaux où la bergeronnette sautille en hochant la queue, je coupe les tiges des reines des près au délicieux parfum pour obtenir des jaune acide.

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Au début de l’automne, quand l’infatigable pinson continue son éternel et lancinant refrain, je ne dédaigne pas non plus me tacher les mains de violet pour égrainer les baies du sureau noir qui donneront généreusement des violets, mauves ou lavande, selon l’ajout de sel ou de vinaigre.  

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Pour une balade très, très courte, il me reste les racines des garances du jardin à arracher, brosser, sécher et couper en petits tronçons avant d’obtenir les plus belles des surprises : de merveilleux roses.    

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Et enfin, il y a encore moins loin, pour les dimanches pluvieux, les pelures des oignons, précieusement amassées tout au long de l’année et qui offriront des jaunes dorés très soutenus.              

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   Ainsi s’achèvent mes grand-messes. Une année s’en va. Une nouvelle débute pour de futures balades à la découverte d’autres plantes tinctoriales et la création de nouveaux tissages en laine colorée avec ces plantes.  

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Sac, échantillon de nombreuses laines teintes.  

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