( 31 octobre, 2009 )

Noble dame BigMa

Noble, le suis-je vraiment ? Elle le dit.

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Dame ? Assurément. Malgré les ans, je conserve le port altier d’une reine, presqu’en fin de règne.

Big ? Que celles qui n’ont pas, après la soixantaine, accumulé  quelques grammes  de graisse à la taille me jettent la première pierre !

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Big ? A moins qu’il ne s’agisse d’un surprenant raccourci du terme Beagle, tribu à laquelle j’appartiens.  

Ma ? Tant de fois me sont nés de jolis bambins que j’ai élevés et dorlotés de mon mieux, dans cadre et conditions ni salubres ni enjoués ! Tant de fois j’ai pleuré leur brusque départ, à peine quatre lunes après leur naissance, que je conserve au coin de l’oeil une bosse de chagrin, fort visible par tous les temps.

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J’ai beau désespérément tenter de compter tous mes petits : je ne le puis. Peut-être bien une centaine en tout,  qui se sont tant régalés de mon lait qu’au fil des ans mes mamelles se sont démesurément allongées !

Cessons d’évoquer mon passé, je vous prie et laissons libre cours à ma nouvelle vie !

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Après une halte de quelques semaines au refuge, suite à mon abandon, j’ai trouvé l’âme soeur, le foyer de retraite idéal, la liberté et la dignité de vivre décemment.

Depuis le 13 juin 2007, je coule des jours paisibles, insouciants et joyeux dans la campagne verdoyante d’un village normand.

Tolérante et patiente avec mes frères et soeurs canins, je le suis moins auprès du Labrador qui, le jour de mon arrivée, m’a accueillie plutôt fraîchement, crête de coq et grognements à l’affiche.

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On m’aime, naturellement, puisque je suis douceur, bonté et tendresse personnifiées.

Excepté musaraignes et taupes qu’inlassablement je poursuis, au grand regret de mes vieilles jambes. Les gros chantiers ne m’effraient point, témoins les quelques vilains trous sur la partie herbue du champ. A mi-temps j’exerce cette occupation, mes pelles mécaniques pattues s’enrayant vite.

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Zoé, la petite Beagle, est mon amie. Mêmes passions, mêmes discours.

Ames sensibles, rassurez-vous ! Très peu (trop peu, murmurerai-je !) de ces petits rongeurs se laissent croquer sous mes dents fort élimées !

Juste quelques candidats au suicide ou bien quelques jeunots, non encore avertis des dangers extérieurs par leurs imprévoyants parents.

Au cours de ces longues chevauchées quadripédestres, s’il m’arrive malencontreusement de franchir la clôture à peine dissuasive du seul rang de barbelés du champ de haut, moins hermétique que le champ de bas, pas de panique ! ou bien, selon mon humeur, j’opte, très occasionnellement, pour une petite et courte virée à la ferme des gentils voisins, à la recherche de quelque éventuel os à finir de ronger, ou bien je rentre tout de go et attends fort sagement, sur mon céans, qu’Elle daigne ouvrir la grille d’entrée.

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Elle qui, pourtant, devrait apprécier mon retour me sermonne alors quelques reproches de bienvenue, tout en m’administrant sur l’échine de douces tapes amicales, incontestables signes de contentement.  

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Après de telles virées suivent de longues et interminables siestes sur l’un des trois lits dont deux ne sont réservés qu’à mon usage sauf par temps de vacances scolaire en Hélvetie, lointaine contrée de ses enfants et petits-enfants. Dans ce cas, il me reste un grand panier ou une banquette dont je m’accommode sans rechigner.

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Vous ai-je dit que je suis gourmande ?

Mises à part notre belle assiettée du midi et notre légère collation de fin d’après-midi,  je me hasarde souvent, non sans me faire réprimander, à quémander une ou deux bouchées de leur repas. J’interromps même mon sommeil prénocturne, et, peti peton, je descends les deux escaliers pour réclamer ma douceur du soir, laper une gorgée de ma boisson préférée et …faire un tour aux latrines.  

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Ma voix n’a rien d’extraordinaire. Registre ténorette ou bien basse légère. Avec un puissant coffre de barytonne à faire se sauver tous les minets de la contrée ! Initialement destiné à accompagner le cri du cor à la chasse à courre, faute de cor et de chasse à courre, mon aboiement monophonique croissant est réservé à convoiter une chasse occupée par un quidam : essuyage de gamelle,  léchage de casserole gratinée, motte de terre goûtue, caresses ou brossage prioritaires.

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Seule ma compagne Zoé  se plaît à mes côtés !

Attention, attention ! Je détecte, grâce à mon nez de parfumeuse, un chevreuil au loin, un lièvre dans les taillis ou une perdrix sous les fougères ! Tels mes lointains aïeux, je détale alors et pousse un sprint endiablé à la poursuite de la pauvre bête innocente, tout en lançant mes profonds Ouah ouah ! Suis-je stupide ? J’abandonne alors la partie, heureuse d’avoir pu épargner une vie et d’être en harmonie de sentiments avec Elle. 

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  Ce jour-là, ni chevreuil ni lièvre à l’horizon ! Seule une montgolfière ! Aucun intérêt ! Quelques années plus tard… 18 novembre 2010. 21 hMon dernier message avant la retraite bien méritée. A 98 ans, je crois enfin pouvoir y avoir droit !bigmadernirephoto1.jpg

17 novembre 2010. Hier soir, moment d’accalmie avec ma Zozinette préférée, les fesses au chaud contre le radiateur. Non, maman, je n’ai pas froid. Ne t’inquiète pas ! Bien enveloppée dans ce drap rose, confortablement allongée sous un épais manteau de brune terre fraîchement retournée, à l’ombre de deux jeunes pommiers, dans mon champ préféré, terrain de toutes mes balades bi ou tri quotidiennes, je repose en paix ! Une paix que nul ne troublera, la grande paix de ceux qui ont vécu, l’éternelle paix que chaque être vivant a connue, connaît et connaîtra ! Depuis des millénaires il en est ainsi, maman ! Ne pleure plus, maman !Il est vrai que j’aurais pu prolonger mon séjour près de toi quelque temps ! Mais à quoi bon, maman ! Je sais bien que si tu avais été à ma place, tu aurais trouvé le remède fatal ! Je t’ai entendu en parler une fois ! A propos de ce livre, suicide mode d’emploi !

Plus moyen de monter les escaliers pour profiter, à mon envi, de mes deux lits préférés, l’une de mes pattes ayant doublé de volume en quelques jours.

Mes lits préférés ? Au premier, le 2m40/120, seulement réservé deux semaines l’an lors de la visite de tes enfants suisses !

Au second, le plus étroit, 90/120, fort confortable cependant, également interdit à mon usage en temps de vacances scolaires des petits-enfants ! Heureusement si peu souvent !

Plus moyen de filer mulots et musaraignes au champ à cause de mon énorme ventre rempli d’ascite ! Eh oui, j’aurais dû faire poser, quand il était encore temps, une nouvelle pompe cardiaque pour remplacer mon pauvre cœur défaillant !

Plus moyen de m’allonger, ma pauvre mamelle elle aussi gonflée et bleuie, tendue et douloureuse !

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Te souviens-tu, maman, je t’ai implorée si souvent pour que tu agisses vite ! Je venais chaque soir depuis une semaine poser ma tête sur ton genou. Et toi, ma douce maman, tu faisais mine de ne pas comprendre, t’empressant alors de me procurer une douceur que j’acceptais, gourmande que j’étais. Je retournais alors essayer de me reposer. En vain. Merci, maman ! Merci, ce matin, de m’avoir tendu un bien odorant morceau de pâté dans lequel tu avais glissé quatre petits cailloux croquants !Merci, maman, pour les généreuses tranches de jambon blanc qui m’ont donné le courage et la force de monter dans ta voiture, et que j’ai dévorées en une bouchée ! Te souviens-tu ? Mon régime m’interdisait les mets salés !

Merci, maman, d’avoir roulé si doucement vers la clinique vétérinaire, chemin bien souvent emprunté, pour me permettre de contempler une dernière fois les grands arbres aux mille couleurs d’automne, le long ruban des verts prés, les terres labourées gorgées d’eau…. Et tes yeux, maman, gorgés de larmes ! Maman toute sanglotante, combien de fois t’es-tu retournée pour me regarder, pour me parler ! Fonce, maman ! Qu’on en finisse !

Je me suis alors souvenue des dizaines de petits baisers tendres offerts par papa avant qu’il parte au travail ! Je m’étais dite qu’il forçait un peu la dose ce matin ! Il ne savait pas que les prochains toucheraient mon front déjà refroidi.

Les petits cailloux m’ont alors rendue toute zen. J’ai éprouvé le besoin de m’assoupir un instant, puis deux, puis trois. La portière a claqué. Quelqu’un s’est penché sur moi et j’ai à peine ressenti l’impact de l’aiguille dans ma cuisse.

«  Je t’aime, je t’aime, je t’aime, ma grande fille, ma douce BigMa, ma Bigounette, ma tendre amie, ma chérie…..Jamais je ne t’oublierai…..  ». Oui, maman, j’ai entendu tes mots tendres, tes longs sanglots, si longs……

Le coup fatal puis la détente de tous mes muscles ont suivi. J’étais enfin retraitée de déléguée en chef (Zozinette étant mon adjointe) à la section spéciale de recherche anti-petits-rongeurs.

Maman, sois désormais vigilante ! Car ma pauvre petite collègue devenue récemment aveugle et moi absente, les mini quatre pattes vont en profiter pour proliférer ! Dis à l’équipe des cinq (les autres chiens de la maison, peu enclins à chasser le mulot) qu’elle s’inscrive à un cours du soir !

Notons bien que ni Brouky le grand fier, ni Fifi la timide, ni Scottish le fouineur, ni Nana la rapide n’ont jamais eu de nez ! Quant à Speed le Labrador, l’amateur de siestes prolongées, n’en parlons pas !

Du trajet du retour vers la maison, je n’ai rien vu. De ma dernière demeure que tu as creusée non plus. Des baisers et caresses que tu m’as encore offerts, tout au long de l’après-midi, alors que mon corps refroidissait dans la voiture, non plus. Du drap dans lequel je reposais et que vous avez délicatement, papa et toi, au clair de lune, soulevé, acheminé au champ puis descendu au fond de ma tombe non plus. Des lourdes mottes de terre recouvrant peu à peu ma dépouille non plus.

Car, maman, je vais te dire un secret, rien qu’à toi, ma petite maman : je me suis échappée à temps de mon vieux corps malade pour me lover dans un coin de ton cœur ! Il y fait si bon, maman ! J’ai même choisi d’y séjourner ad vitam aeternam, si tu l’acceptes, ma gentille maman !

Et puis c’est promis ! Quand les six autres du clan des sept que nous formions arriveront, je me pousserai pour qu’ils y trouvent eux aussi leur place.

Signé BigMa

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( 30 octobre, 2009 )

Pieds nus dans la rosée…… Poème

C’était une aube rose,

                      un temps où toute chose

sommeille encore

            après la nuit

                    puis s’éveille alors,

    presque sans bruit.

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Le frêne s’étirait

       et le chêne baîllait.

              Les sapins secouaient

                   leurs branches tout humides

                        et le charme rêvait

                                 à son Adélaïde.

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                                Encore un jour nouveau,

                         sur la terre et sur l’eau,

                       se levait calmement.

                   Le matin était beau,

              humble et émouvant :

        un merveilleux cadeau.

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Dans la fraîche rosée,

                          pieds nus, m’en suis allée

marcher et contempler

                                   le soleil se lever,

s’extraire des nuages

                       comme on tourne une page.

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Et j’ai su que la vie,

         la vraie vie était là,

               au coeur de la Nature

         où passé et futur

sont niés dans l’instant. 

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                             Bien loin les lendemains

                    et leur  lot de chagrins !

               Evanouis les hiers,

        tout chargés de misère.

Enfin, l’éternité ! 

 

( 14 octobre, 2009 )

Histoire de la famille Rebita (récit)

J’abhorre les foires aux animaux de ferme, portail béant vers l’abattoir.

Je hais les maquignons, les « haricotiers », les vendeurs, les acheteurs non respectueux des animaux. Et ils sont nombreux….

Et pourtant, ce matin-là, j’en fus une, d’acheteuse. Ceci afin de trouver une compagne à notre brebis restée seule après la mort de Praline qui avait atteint l’âge plus qu’honorable de 13 ans, faisant d’elle une centenaire.

Dès l’aube de ce jour du 10 août 2005, à la foire Saint Laurent de la commune voisine nous partîmes, en quête de celle qui serait l’heureuse élue, future promise à une longue et paisible vie de broutage agn5.jpg

et de repos, à peine perturbée une fois l’an par la nécessaire tonte de la trop chaude et épaisse toison. Egalement perturbée, plusieurs fois l’an, par le parage, indispensable taille des ongles. Car ces animaux, même très familiers, rechignent à se faire capturer pour subir, pourtant sans la moindre souffrance, de tels soins. Une bonne vitesse de pointe est alors requise de la part du poursuivant, ponctuée d’une forte empoignade d’une parcelle de surface lainée, ce qui stoppe net la course du poursuivi, avant le passage du licol.

Un petit tour, puis deux, puis trois parmi tous les ovins bêlants et agités et nous voilà donc en quête du prix d’une brebis repérée, sympathique au premier abord, à la tête fort large et au regard doux.

Le vendeur décidé à vendre : 

« -Celle-là, c’est pour l’abattoir. Avec un trayon en moins à cause d’une mammite l’an passé, elle n’est plus bonne à rien. »

Moi, naïve : 

« -Est-elle gentille et douce ? Quel âge a-t-elle ? Combien la vendez-vous ?  »

Le vendeur :

« -Oui, pour sûr, elle est douce. 50 € j’en demande. »

Mon mari, tentant un marchandage :

« -Et pour 45, on peut l’avoir ? »

Le marchand, sans hésiter :   »-Marché conclu ! »

« Ouf, pensons-nous, une vie sauvée, sauvons-nous avec notre nouvelle pensionnaire. »

Chèque rempli, animal libéré et pris en main, nous nous éloignons quand soudain derrière nous une jeune agnelle galope, bêlant à chaudes larmes. Suivie de notre vendeur tout affolé, qui se précipite sur la jeunette, manu militari la ramène et l’attache haut et court à la barre du foirail. Je retourne alors près de l’homme qui m’explique que cette bête est la fille de notre nouvelle achetée.

Moi, toujours naïve : 

- »La pauvre, on ne va pas la séparer de sa maman ! »

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« T’as un beau petit, tu sais ! »

Le marchand, ravi à l’idée de faire d’une pierre deux coups :

- »Vous la prenez aussi ? Dans deux mois, elle sera bonne à tuer. Ce sera d’la bonne viande ! Allez, 50 € aussi.Et c’est pas cher ! »

Végétarienne depuis trente années, par respect pour la vie animale, pensez si l’argument du marchand a pesé dans ma décision d’ôter sur le champ cette petite créature à cet individu mangeur d’agneaux !

Il me fallut, sans grande difficulté, convaincre l’époux qui, enfin, donna le feu vert pour la bonne action.  »45 + 50= ce n’était pas prévu mais bon…, si tu le veux vraiment, c’est d’accord. »

Pas question, de la part du vendeur, de baisser les tarifs pour celle-ci. Peu importait ! Nous étions contents.

Nous quittâmes le champ de foire avec deux ovines trottinant joyeusement l’une près de l’autre, s’appelant mutuellement avec de doux bêlements. Précédées de nous deux, trottinant dans nos têtes, heureux d’avoir accompli deux sauvetages et même bientôt trois car, en quittant le vendeur, nous l’entendîmes nous crier : »Peut-être bien que bientôt vous en aurez un troisième ? La vieille est sûrement pleine ! »

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Maman, soeurette et frérot Rebita.

Quatre mois et demi plus tard, naissait Kiwi Rebita (du patois ovin brebis, rebis, rebita), le fils de maman Rebita et frère de soeurette Rebita, de père inconnu cependant, ce qui ne le gêna guère.

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Kiwi Rebita , doux comme … un agneau.

Inséparables ils sont désormais au champ, l’un bêlant à tue-tête lorsque l’autre s’éloigne de quelques dizaines de mètres. 

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Ovins et canins en bons termes.

Heureux ils sont aujourd’hui, tantôt broutant l’herbe tendre du pré, tantôt sommeillant à l’ombre des pommiers ou dans la petite bergerie par temps de pluie, croquant, au râtelier, le foin odorant de l’été passé.    

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 Histoire de la famille Rebita (récit) dans CHERS ETRES PATTUS syssy3-150x127  

 

La douce maman Rebita s’en est allée le 7 janvier 2013. Ses pauvres jambes bien fatiguées ne pouvant plus la porter, elle s’est endormie avec une piqûre, tranquillement, dans son étable, tout près de Kiwi et de Fifi, ses deux enfants.

 

Elle était environ âgée de 7 ans. Elle qui aurait dû connaître le chemin de l’abattoir en mai 2009 parce que ne possédant qu’un seul quartier de mamelle et ne pouvant plus nourrir sa future progéniture, elle a donc vécu heureuse 4 années supplémentaires, nous rendant nous aussi heureux de lui offrir cette chance d’une vie de famille passée à brouter l’herbe des champs, en toute liberté et…en famille !

 

 

 

 

 

 

( 9 octobre, 2009 )

L’ami Dandy et les sept paires d’yeux…… Poème

Dandy, le chat de ma gentille voisine, ose parfois s’aventurer dans mon champ, terrain  sur lequel règnent mes 7 chiens. Fort heureusement sa pointe de vitesse laisse mes quatorze paires de pattes penser qu’elles  ont rêvé. Il reste bien le trou dans la haie, bizarrement vide … 

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Dandy, le chat de ma voisine (photo prêtée) 

Tapi dans la verdure,

L’ami Dandy murmure:

« La camoufl’essayons,

Les oreill’seules pointons.

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BigMa a, la première, repéré Dandy, petite tache noire à gauche

Ne suis pas repéré,

Je reste ici caché.

Quand soudain sept paires d’yeux,

brillant de tous leurs feux,

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Nous avons dû rêver ! Où donc est-il ? 

aperçoivent le minet,

 » M’enfuir à pas pressés,

Il y va de ma vie ! »

Hurle notre Dandy,

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 « Pas la pein’ de m’presser, j’arriv’rai pas à temps ! »

« A mon trou dans la haie,

J’aurai enfin la paix. » 

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Rentrons chez nous goûter un scone ! (Photo prêtée)

( 19 septembre, 2009 )

Halte à la pluie…… Poème

Janvier et février 1995 ont été deux mois particulièrement généreux en averses incessantes. De là, un certain ras-le-bol de l’élément liquide venu du ciel !

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Il pleut à voix basse     sur la terre lasse     d’absorber,        d’avaler

l’eau qui tombe du ciel    avec un goût de fiel,

l’eau qui n’en finit pas     de sonner le trépas

sur l’herbe suffocante,   les cailloux délavés,

sur les bêtes ruisselantes     et sur les gens fâchés.

Halte à la pluie !

As-tu fini      ta comédie ?

Cesseras-tu      cet impromptu ?

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La malaimée     S’en est allée,

sans faire de bruit,       nous a tous fuis.

Et le soleil est revenu.

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Enfin l’espoir est apparu !

( 5 septembre, 2009 )

Le soleil s’est couché…….. Poème

 Le soleil s’est couché

Là-bas, entre les chênes.

Il nous a salués

Puis a quitté la scène.

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Quelques nuages mauves

S’étirent dans le ciel bleu

En gagnant leur alcôve.

Des hirondelles volent

Au-dessus de nos têtes. 

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Les fourmis caracolent

Parmi les herbes vertes

Et les criquets bavardent,  

Cachés dans les buissons. 

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Une lune blafarde

Se lève à l’horizon.  

La clarté diminue,

Le silence grandit.

Les criquets se sont tus,

Les hirondelles aussi.  

Un autre jour a fui,

Laissant place à la nuit

Qui déploie son manteau

De silence et de paix.  

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Avant le jour nouveau,

Allons nous reposer !

( 2 septembre, 2009 )

Le marronnier de l’oncle Jules

 

  Le marronnier de l'oncle Jules  dans HISTOIRES DE FAMILLE : puisons dans le passé wma marronnirdelonclejulesavril2008.jpg

Le marronnier de Jules, le grand-oncle que je n’ai pas connu

«  Pourquoi diantre veux-tu planter un marronnier d’Inde ? D’accord pour un chêne, un châtaignier ou un hêtre ! Enfin ! pourquoi cet arbre qui ne produit que de gros fruits non comestibles !  »

Tel il avait dit, tel fut fait. Jules planta, à la sainte Catherine 1906, le marronnier sur le talus bordier de la petite route qui mène au Boulay. Pour faire plaisir à Marina et à Cyrille, ses chers parents, il planta aussi, le même jour, le chêne sur le talus qui séparait les deux parcelles de terre, à égale distance de la route et du chemin. Quant au hêtre, le jeune homme se dit qu’à chaque jour suffit sa peine et qu’il attendrait un peu.

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Le grand chêne au centre du champ

En 2009, ces deux vénérables arbres continuent d’abriter de leur généreux ombrage les quadrupèdes ruminants. A l’automne, les cyclistes pestent contre les fruits oblongs qui envahissent l’asphalte, au risque d’occasionner une chute. Lors de l’abattage du talus qui séparait les deux champs, dans les années 1980, le beau chêne a été fort heureusement épargné. S’il a souffert des grandes bourrasques de vent qui, peu à peu, lui ont sculpté un tronc tortueux, il est là, témoin d’une époque disparue, celle de l’oncle Jules et du sombre destin qui attendait le jeune homme.

Car ce jeune homme, prénommé Jules Albéric Aimable, était alors âgé de 12 ans, l’année de la plantation du marronnier. Né à la fin du XIXe siècle, il pensait bien voir les arbustes grandir en même temps que lui. D’ici quelque cinquante années, leur ombrage serait apprécié, non seulement des animaux, mais peut-être aussi de ses petits-enfants !

Le sort, hélas, en a décidé autrement.

Jules est devenu un beau jeune homme, secondant chaque jour ses parents agriculteurs, aux travaux des champs, ne pensant pas qu’un tristement célèbre jour d’août 1914, il ne pourrait faire taire les toscins des villages environnants.

Jules a dû quitter sa famille et ses terres !

Presqu’une année d’enfer, dix longs et sanglants mois à l’issue desquels, à l’époque des fenaisons, il est tombé sur le champ de bataille !

S’il m’arrive parfois, lors d’une ballade au clair de lune, ou dans le frais matin  ou bien le soir au crépuscule,  de prêter fort l’oreille près des beaux arbres centenaires, je les entends murmurer doucement la complainte de Jules.

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( 1 septembre, 2009 )

J’ai honte d’être un humain ! (Plaidoyer)

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Passionnant moment de découverte de la porte spécial chiens

Tout être vivant a droit au respect, qu’il soit animal, végétal, minéral ou humain !

Pourquoi nous les humains aurions-nous plus de droits que les autres ?

Parce que nous avons un gros cerveau ? Empli de quoi ? D’instruments pour faire la guerre, pour violer, faire souffrir, tuer pour le plaisir, pour la chasse, la religion ?

Chaque animal a son intelligence, dans son domaine, parallèle à la nôtre, digne d’un grand respect.

Il suffit de prendre beaucoup, beaucoup de temps à observer pour comprendre qu’un animal rit, pleure, souffre, a peur, en bref ressent les mêmes choses que nous.

J’ai souvent honte de faire partie de la plus vile catégorie d’êtres vivants sur la terre !

De là vient mon plus grand chagrin.

Un camion rempli d’ovins, de porcins ou de bovins se dirigeant vers l’abattoir, une photo de lévrier Galgos supplicié de la plus cruelle des manières parce qu’il n’a pas gagné la course, un lapin dans un clapier, un poisson rouge dans un si minuscule bocal et qui tournera en rond toute sa courte durée de vie,  un taureau qui n’en finit pas de mourir sous les applaudissements de cinglés en délire dans l’arène, les chiens en vitrine dans les restaurants asiatiques attendant la mort pour satisfaire l’appétit des barbares venus en famille déguster leur plat préféré, l’hermine, le bébé phoque qu’on égorge pour la fourrure !

Comment ne pas hurler en pensant à toutes ces cruautés gratuites et évitables !

Car il est possible de ne pas manger son semblable animal, car il est possible de pratiquer un sport non barbare, car il est aussi possible de respecter un certain confort pour l’animal à la maison, dans le jardin, au champ….

Qui a dit ? 

On n’a pas 2 coeurs : un pour les animaux et un pour les humains : on en a un ou pas du tout ! 

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Une vraie famille !

( 31 août, 2009 )

A Praline, la douce brebis… (Poème)

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De ta toison, ma douce, il me reste les tissages colorés aux plantes proches de ton habitat !

Tu trottines,  Douce Praline,   A petits pas    Tu vas,

Vieille brebis     Toute raidie       Par le temps.

Mince toison       Par les saisons usée.

Maigre squelette     De pauvre bête,     Rongé.

Ta vie,    Brebis,    La sienne,   La mienne

Se valent,   Egales,    Solitaires    Sur la terre.

 

( 26 août, 2009 )

On m’appelle Zoé Caramelle (récit)

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Zoé, c’est le prénom donné par ma nouvelle maman.

J’ai été baptisée Caramelle, mon 2ème prénom, par Timo et Nolan, mes amis suisses, les petits-fils de ma maman.

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Je suis une Beagle de toute petite taille, tricolore. J’ai un joli minois et séduis tout le monde. Douce, câline, je ne sais pas aboyer. Mon âge ? Peut-être entre 8 et 10 ans ! Ca ne m’intéresse pas de compter les années ! Ma philosophie ? Ne retenir que les instants de bonheur qui s’offrent à moi !

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 Avant, je m’appelais… Je m’empresse d’oublier ce passé car….

Ma nouvelle vie a commencé le 29 juillet 2008 lorsque j’ai été présentée à Nellie, ma future maman. Toute frétillante, j’ai bondi et posé les pattes avant sur ses genoux en lui expliquant mon cas. Je venais d’arriver au refuge dans le camion des pompiers qui nous avaient trouvées, ma copine d’infortune et moi-même, au petit matin, devant la caserne d’une ville bretonne. Nous avions erré toute la nuit et étions harassées.

 

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 D’où venions-nous ? Avons-nous été abandonnées ? Etions-nous maltraitées pour prendre un jour la clé des champs ? Je préfère taire mon passé qui, de toute façon, n’a rien à envier à mon existence actuelle.

Je souffrais alors d’une otite carabinée que la dame du refuge a aussitôt commencé de traiter.

Nellie m’aurait bien emmenée ce même jour ! Hélas, il fallait me stériliser avant de joindre la meute de ses 5 amis canins.

Ce fut fait le 5 août. Et le 11, tout juste remise de l’opération, j’arrivai dans ma nouvelle demeure. Six mois furent nécessaires pour que mes oreilles qui, lors de l’intervention, avaient attrapé un pseudomonas arruginosa, vous préférez bacille pyocyanique, enfin une chiennerie très résistante et difficile à traiter, particulièrement attachante, presque indécollable…, soient guéries !

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Bref, il ne me reste que le souvenir désagréable des pipettes et innombrables gouttes auriculaires, des longs voyages en voiture jusque chez le vétérinaire et… un souffle au coeur nécessitant un traitement à vie, en fait une gélule glissée entre 2 morceaux de délicieux jambon blanc ! Pourrais-je avoir 2 souffles au coeur ?

 Mon plus vilain défaut n’enchante pas maman : je me ronge les ongles, ou plutôt me mordille les pattes jusqu’au sang. Maman affirme que ce sont des séquelles de ma vie antérieure.

J’ai aussi le défaut, un peu lourd, de ne pas vouloir rentrer de mes occupations champêtres, ce qui oblige maman à me porter délicatement dans ses bras. J’aime alors la série de bisous qu’elle m’offre sur le front pendant le voyage de retour. J’ai compris que plus je vais loin, plus j’accumule de baisers. Donc, dès que je la vois arriver, je semble flairer une trace et galope loin devant moi ! Je pense aussi à ses muscles qui, après 60 ans, doivent être régulièrement entretenus pour éviter de devenir flasques !

Ma passion-travail, c’est la chasse aux taupes, campagnols et autres rongeurs à galeries.

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 En fait, je me ballade, la truffe au ras du sol, la queue en l’air toute agitée, fouinant dans les touffes de l’herbe des 2 hectares et demi du champ, évitant bouses de vaches, chardons et orties, respectueuse des limites du talus au-delà duquel je n’oserais m’aventurer.

Serais-je bruyante ou odorante ? L’ennemi ayant largement le temps de s’enfuir, je rentre toujours bredouille et fais ainsi honneur à mon bol de croquettes.

La nuit, je repose dans mon grand panier d’osier habillé de douces couvertures, tout près du lit de Nellie. J’ai parfois quelques quintes de toux; à cause de l’insuffisance cardiaque. Je sens alors une douce main se poser sur mon dos, apaisante et soporifique.

Le jour, entre mes travaux agricoles, j’ai aisément accès au lit maternel grâce à un escabeau spécial chiens petite taille. J’ai aussi le choix des banquettes de la véranda ou bien de la salle à manger.

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Je suis en bons termes avec mes semblables. J’ai cependant une affection particulière pour BigMa, la grande Beagle, elle aussi amateur de longues chasses au dahut-taupe !

Toujours gaie et rieuse, j’aimerais jouer avec Nana et Scottish lors de leurs parties de fou rire ! Hélas ! Ils me traitent de vieille et passent leur chemin !  

Maman a beau les gronder : rien n’y fait.

Pour me consoler, maman me propose alors une séance de « rampinerie », exercice au sol qui consiste à ramper le plus longtemps possible, sur la moquette. A ce jeu, je gagne toujours.

 Puissent  tous les chiens et autres amis animaux connaître un tel bonheur de vivre ! 

 

 

 

 

 

( 24 août, 2009 )

Et l’aube pointa… (Poème)

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Omphalodes Starry Eyes

L’aube aux mille couleurs

L’aube dans sa splendeur

Luit.

La nuit

Fuit

A pas de géant

Par le trou béant.

Un nouveau jour est né

Dans le clair matin frais.

 

« Apprendre, c’est observer, voir dans un état permanent d’amour, sans juger, voir ce qui est, voir la beauté, le silence. »   Krishnamurti

( 24 août, 2009 )

Un blog, c’est peut-être vivre… en pensant aux autres

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Ecrire, écrire pour soi puis refermer la page ! N’y plus penser, ne pas partager ! A quoi bon !

Ecrire pour soi, c’est une certaine libération, un moyen de chasser ses démons, de se connaître, de se prouver qu’on existe un peu.

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Ecrire pour les autres (sur le blog) devient un rendez-vous d’amitié, un moment de bonheur en plus, celui de dire à l’autre les petits actes ou gestes positifs de la journée (gardons les négatifs  sur le non blog) .      

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   Primevères du jardin

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