( 17 février, 2014 )

A propos de karma….

Lu ce matin dans Chemin de Bonheur de Selim Aïssel aux éditions Ecce dans la collection Spiritualité Pratique :

« Si quelqu’un t’inflige une souffrance et que tu réagis négativement à son égard,… tu crées pour ton avenir un karma négatif.  »

« De l’intérêt de ne jamais réagir négativement, quelles que soient la situation ou la personne que le karma met devant toi. »

Quelle leçon de vie…..

Bergenia en fleurs

Bergenia en fleurs

 

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( 15 septembre, 2013 )

Le jardin de maman

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Les folles herbes ont envahi       le jardin de maman.

Par la fenêtre entr’ouverte,           elle pourrait percevoir,

Allongée dans son lit,      les feuilles encore vertes

des dernières tomates,

Les petits dahlias    et les gros potirons, les cassis alignés

Et les quelques melons qui n’en finissent pas de mûrir sous la serre.

 

Hélas, pauvre petite mère, dans son lit, seule, se meurt.

Ses yeux n’ont plus la force             de porter son regard

Vers ce coin de bonheur     qu’elle a tant fréquenté,

Tant semé, tant sarclé,    arrosé, récolté.

Eh oui, un jour il faut quitter ce que l’on a aimé

et rejoindre la Paix, la grande Paix offerte

car en elle les soucis, les malheurs sont finis.

15 septembre 2013                       Maman décèdera le 4 octobre de la même année

( 14 septembre, 2013 )

Le peuplier encore feuillu…

Août 2013

 

Le peuplier encore feuillu,    Ce matin du mois d’août,         Dans sa cime touffue

Retient les rayons fous       Du chaleureux soleil          Qui bientôt dardera

De l’herbe la rosée,      De la terre merveilles,          Gouttes si vite évaporées,

Ephémères perles de fiction.

Un nouveau jour renaît,        Un nouveau jour donné          Pour apprendre à revivre,

Pour pouvoir cultiver        La paix et le bonheur             Et enfin oublier

De la vie les malheurs.

 

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« Entraîner l’esprit au bonheur, remplacer tout conditionnement négatif par un conditionnement positif », conseille le Dalaî Lama.

Pencher mais ne jamais rompre à l’image de cet arbre.

 

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( 13 septembre, 2013 )

Du côté de l’îlot Bosquet

Sous les grands sapins       Je me suis assise.

Au pied d’une souche,            Les ai écoutés :

Le chant du torrent      Descendant tout droit       Du glacier là-haut,

Le son des marteaux      Assemblant les planches       En bas au village,

Le souffle du vent           dans les hautes branches,

Le cri d’un oiseau                Soudain effrayé.

J’ai vu les fourmis    Transporter leurs œufs          Vers d’autres cachettes,

Un grand sapin mort      Dont le tronc au sol         Barrait le chemin,

Des branches éparses        Aux formes étranges

Et de gros rochers         Recouverts de mousse.

Le soleil jetait      Des rais de lumière        A travers les arbres.

Les nuages blancs      Jouaient dans le ciel.

Le temps s’arrêtait.

La nature était      La douce compagne,     L’amie éternelle

Tout près de laquelle,    Dans cette montagne,    j’aimais m’arrêter.

Grimentz, Suisse. Juillet 1999

 

( 13 septembre, 2013 )

Tisser la vie, tisser la solitude, tisser la laine…

 

25 mars 2013

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« Quand je suis seule, je ne me sens jamais seule, et je ne pourrais pas dire que je la trouve grande, cette solitude. Ou bien âpre, ou insupportable. Au contraire, c’est de pire en pire la manière dont je l’aime, et je ne peux plus me passer d’elle. »  Claudie Hunzinger in Les enfants de Grimm p 14

 

Tisser, tisser la laine, tisser les fibres, tisser la vie, tisser ma solitude…

 

Avec la trame des jours, chaque jour différent, riche ou pauvre de sa propre texture, de sa propre couleur.

 

Avec la chaîne du matin jusqu’au soir, de la terre jusqu’au ciel, du cafard noir jusqu’à l’exaltation, du brouillard dense jusqu’à l’aube claire.

 

« Le soir venu, chacun de nous deux se retire chez lui. »     Claudie Hunzinger in Les enfants de Grimm

 

( 13 septembre, 2013 )

Lettre à l’ami du lointain pays

 

28 avril 2013

 

Viens me chercher, viens vite avant qu’il soit trop tard, mon ami du lointain pays !

 

 

Prends-moi la main et partons découvrir le vaste monde, à deux pas d’ici. A l’ombre du grand chêne nous écouterons vivre la nature. Au bord de la rivière nous rêverons du fil de l’eau. Bien à l’abri au bord de la dune, nous attendrons que le soleil se cache dans la mer.

 

Dépêche-toi, ne tarde pas, je t’attends, mon ami !

 

Nous ferons des projets ensemble, nous lirons, chacun son tour, les mêmes livres qui racontent la vraie vie de douceur, de tendresse et de joie. Nous cultiverons le jardin ensemble, nous nous dévouerons tous deux pour la même cause du sauvetage des animaux perdus, des chiens abandonnés, des ânes martyrisés….

 

Accours, mon ange, ne t’arrête pas en chemin, il est déjà si tard !

 

Nous aimerons les fleurs et planterons des petites viola cornuta, aux coloris charmants, des auricules au tendre parfum, des omphalodes d’un bleu si pur….Nous construirons le paradis sur terre, à l’abri des menteurs, des sans coeur, des indifférents et des « qui n’ont jamais le temps » !

 

Je rêve d’un pays où nous serions amis.

 

( 21 août, 2013 )

Time has gone pour petite maman

maman                                                      papa et maman

Pourquoi ce titre franco-anglais ? Pour le rapport qu’a entretenu maman toute sa vie, à partir de ce matin de fin juillet 1944, avec l’Angleterre et tout ce qui y touchait. Cette aube du  juillet 1944 quand Joseph, son père, a découvert, juché dans un arbre du champ derrière la maison familiale de la Huberdière, Dereck Brook. Cet aviateur anglais tombé en parachute, vers 23h, juste avant que l’avion dans lequel il se trouvait avec six de ses camarades soit abattu par la DCA allemande et s’écrase au bourg de Muneville-sur-mer. Mais ceci est une autre histoire……

 

Seule, toujours seule, encore seule ce jour à partager pourtant avec petite maman et mes amis chiens!

Maman, ma pauvre petite maman si âgée, m’attend, ce dimanche midi, toute en rituels, attendant sa fin de vie patiemment, sans jamais se plaindre.

Au fur et à mesure du temps qui passe, les méandres de sa vie s’effilochent puis s’éteignent peu à peu.

Maman et les roses

Maman n’a plus d’amies (sauf la fidèle Madeleine), plus de papa depuis le 1er juin 2005, ne sort plus, ne rit plus, ne jardine plus, ne pratique plus les mots fléchés, ne joue plus au scrabble, ne va plus à la messe, n’invite plus ses enfants, petits et arrière petits enfants les dimanches et jours fériés. Elle, bonne cuisinière, ne se rend plus au fourneaux, n’épluche plus ses légumes pour la soupe.

Il ne lui reste que si peu d’activités.

« -Alors, maman, tu lis ?

-Faut bien passer le temps ! », soupire -t-elle en tournant la page du livre de cuisine cent fois lu et relu.

Elle appuie mécaniquement sur le bouton télé dès que je pars le soir pour ne pas se retrouver dans son lit médicalisé dès dix neuf heures, seule à attendre le lever du jour le lendemain après quinze heures de position allongée et seulement quelques moments de sommeil.

A petits pas mal assurés, elle arrive encore, après le passage de l’infirmière pour la toilette et les soins, à franchir les quelques mètres qui la mènent du lit au fauteuil, du fauteuil à la table et de la table à la chaise près de la fenêtre, histoire de se sentir plus proche de l’extérieur, de son jardin qu’elle aimait fréquenter, de la campagne qu’elle arpentait et de l’air pur dont elle n’a plus le goût en tête.

Sa petite chatte vient parfois lui rendre visite quand la porte d’entrée n’est pas close. Petite maman se penche alors lentement vers l’animal et caresse doucement sa fourrure tricolore.

Si triste fin de vie, toujours seule, même si ma sœur et moi y allons tous les jours, Monique le matin, Mireille, son aide ménagère le midi et moi-même le soir.

Seule, si seule à attendre la mort…..qui ne saura tarder.

Et c’est ce qui attend chacun de nous….

Comment profiter tant qu’il est encore temps !

 

( 23 mars, 2013 )

Vivre encore, malgré tout…

 

Samedi 23 mars 2013

Vivre encore, malgré tout !                Puiser sa force dans la Terre,

Fuir les humains au goût amer.

O Nature, arbres, feuilles et fleurs,          Aux multiples et douces couleurs,

Demeurez mon havre de paix,             Loin des maux de la société !

Et vous, animaux mal aimés,         De l’homme les martyrs,      Aidez-moi à trouver

La douceur, la tendresse          Nécessaires à la vie ! ! !

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( 21 mars, 2013 )

Tant d’eau!!!!

 

Jeudi 21 mars 2013

 

Après un hiver pourri d’eau, se terminant par un épisode neigeux et se poursuivant par une suite de jours encore pluvieux.

Morne et triste début d’printemps !                        Encore de l’eau, toujours de l’eau !

Le ciel a-t-il chagrin si grand                      Qu’il veuille emplir tous les ruisseaux !

Mon cœur, à l’image du temps,   Prisonnier derrière les barreaux       De ce paysage désolant

Désespérément attend…      Attend le retour du soleil,

Espère la venue des abeilles        Sur les fleurs des talus et des champs,

Veut encore croire à l’amitié,        Compromis entre guerre et paix,

Puisque l’amour est mort,     M’a-t-il dit sans remords,

Comme on enterrerait       L’être autrefois aimé       Et désormais banni             De sa vie.

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( 10 mars, 2013 )

J’ai épargné une araignée…

 

 Dimanche 10 mars 2013

 

J’ai épargné une araignée.             Doux sentiment de paix.

Elle avait, pour l’hiver,                      Squatté la *datchavane.

Tissant ses toiles bien à l’abri,            Elle vivait sereinement,

S’ancrant sur le *  »Walden  »,                              De  « La vie dans les bois  »

Jusqu’au sommet          De * »L’Esprit du Tibet  ».

Anachorète respirant          L’occasionnel bâton d’encens.

Solitaire supportant                             Ma quotidienne visite.

«  Ne va pas dire à tes copines                       qu’ici tu coules des heures divines !

Reste , ta vie durant, ermite.                   Loin des autres, à l’abri du Mal,

Jusqu’à ta dernière heure fatale.                           Les humains ne valent rien!

Hypocrites et sans cœur,                 Mesquins et vils menteurs !

J’ai épargné une araignée,                        Nous avons fait la paix.

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*Datchavane : petite et vieille caravane à côté de l’isba des champs, aménagée en refuge lit et bureau de bricolages

* »Walden ou La vie dans les bois «  : livre écrit par l’écrivain américain H D Thoreau (1817-1862) qui raconte la vie qu’il a passée dans une cabane pendant deux ans, deux mois et deux jours, dans une forêt près de l’étang de Walden.

 * »L’Esprit du Tibet  » : autre bouquin sur l’une des étagères de la datchavane, écrit par Matthieu Ricard, moine Zen, qui raconte la vie et le monde de Dilgo Khyentsé, son maître spirituel.

 

( 7 mars, 2013 )

Ca sent le printemps…

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Jeudi 7 mars 20013

Ca sent le printemps.

Il pleut. D’une pluie douce et fine, tendre et parfumée. Paysage vert et gris, à l’herbe encore courte en cette toute fin d’hiver.

Au loin, deux touffes de laine écrue broutent le ras tapis de verdure. Fifi Rebita et Kiwi, orphelins de Maman Rebita depuis deux mois, continuent leur simple vie de brebis et mouton. A quelques pas de l’endroit, l’herbe habille lentement la terre nue fraîchement creusée sous laquelle repose désormais leur tendre maman, enfin libérée des souffrances de ses mauvaises pattes qui ne voulaient plus la porter. C’était une si douce et affectueuse brebis à la belle et forte tête de Cotentine, puissante et large, dont les flancs creusés par l’âge voulaient encore laisser battre le cœur et dont la piqûre du vétérinaire a abrégé la vie de douleurs d’une paralytique depuis deux jours pendant lesquels, puisque immobilisée, je la nourrissais de quartiers de pommes, de morceaux de carottes et de brassées d’herbe prélevée sur les talus du champ.

Un merle un instant posé sur le fil à linge s’approche prudemment de la boule de graisse mise à la disposition des oiseaux du ciel par temps froid.

Quelques perles d’eau suspendues aux rameaux des jeunes pommiers osent à peine se laisser choir. Calme de la contemplation, à l’abri de toute civilisation, loin des humains…

Les mésanges charbonnières se chamaillent autour de l’autre boule, picorent chacune à son tour les graines mélangées au suif. Cherchant peut-être l’énergie pour débuter un nid. Ca sent le printemps…

 

( 8 avril, 2011 )

Scottish, l’oublié de la déchetterie

Je lui semblais laid, sale et insignifiant. Emprisonné dans la cage d’une déchetterie normande, en triste compagnie d’une jolie Bergère allemande aux superbes yeux bruns et d’un fringant Labrador noir doté d’un pelage fort reluisant. Enfermés tous trois dans cet enclos de deux mètres sur deux, ne disposant que d’une seule et unique niche, d’une seule et unique gamelle débordant constamment de croquettes sèches ou détrempées, selon la météo, mais croquettes tout de même et d’une seule casserole pleine ou vide de boisson selon les maladresses des occupants. 

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« -Il est à donner, lui, le gris ! annonça le préposé de service à la déchetterie en voyant celle qui deviendrait ma maman lorgner vers les infortunés engeôlés.

-Et la Bergère ? se hasarda-t-elle car, dans sa logique, quitte à sauver un animal, de préférence opter pour un être présentable, qui vous fait les yeux doux au travers des mailles du grillage et éviter le crotté dont le regard semble toujours occupé ailleurs si bien que seul le postérieur est visible ! songeait-elle ! 

- Elle vient d’arriver et va peut-être être réclamée tandis que le petit gris, ça fait deux mois qu’il attend ! » 

Eh oui, depuis deux longs mois de cet été 2006, été de la canicule, j’attendais ! Souvenez-vous de l’hécatombe chez les personnes âgées à cause de ces grandes chaleurs ! Qui eût songé que moi aussi, petit chien portant manteau épais car non tondu, je puisse souffrir aussi de l’anormale et durable hausse du thermomètre ! Certainement pas les centaines de videurs de déchets en tous genres occupés à soulager leurs remorques et rentrer chez eux sans s’encombrer d’un chien ! Car du monde de passage aux heures d’ouverture de l’endroit, il n’en manquait pas ! Tous indifférents ou presque !

« Encore et toujours question du gris ! » soupira-t-elle en elle-même !

A peine de retour à son logis, elle intercepta un coup de fil  du préposé l’informant que les maîtres de la Bergère venaient justement de la reprendre à l’instant.

Soulagée de laisser son esprit rêver que, pour la prisonnière, l’affaire était classée.

Nous apprîmes, peu de temps après, de la bouche de ce même gars, que notre belle amie état morte de maladie. Avait-elle fui la maison et erré sur la route en cherchant un endroit où finir, à l’abri des regards, sa vie sur terre ? Trop tôt attrapée par un quidam soucieux de faire place nette en la jetant aussitôt à la fourrière ?

Quant au noir Labrador, lui aussi a rapidement retrouvé son domicile.

Devinez qui restait enfermé !

Ses fréquentes visites furent donc pour moi, le seul bas pattu restant encagé. Je daignai enfin  jeter un oeil vers la visiteuse. Et puis deux ! La solitude me pesant, j’avais vraiment envie de sortir de ce lieu maudit ! Cette humaine, ce pouvait être une aubaine ! Intéressée par le pauvre gris malodorant, l’était-elle réellement ?

Rassemblant tous les atouts de mon côté, je me mis à agiter frénétiquement ma queue touffue entre deux séances de grattage corporel !  A tourner en rond et en long sur le sol en béton, en évitant de piétiner mes rejets expulsés après digestion. Etait-ce le début d’une longue complicité ?

Chaque lundi, avant et après sa séance de chorale sur le chemin de la déchetterie, nous nous sommes mis à discuter, moi à me trémousser de contentement, agitant tout mon être vivement, émettant des roucoulements plaintifs, elle à m’asperger de moult mots câlins et à laisser couler quelques larmes au moment de l’au revoir, me promettant qu’elle reviendrait très vite !  En guise de salut, je poussais un long jappement d’adieu, triste, monotone et monocorde.

Un jour, elle me l’a promis. Et elle a tenu promesse. Non sans avoir pris rendez-vous chez le vétérinaire et la toiletteuse, avant de m’emmener dans sa voiture.

« Vous verrez, il est très mignon et gentil. Il m’arrive, après ma journée de travail, de le lâcher quelques minutes. Il revient toujours vers moi », lança le préposé en guise d’adieu.

Tous trois soulagés de constater l’heureuse tournure de cette histoire.

Le vétérinaire a confirmé en ajoutant que moi, canidé, j’avais environ deux ans et que ma santé était excellente.

La toiletteuse a confirmé en précisant que je devais avoir pour ancêtres  un certain Cairn écossais ou bien un Griffon bruxellois ou encore une aïeule Scottish. 

Ont été vite repérées dans ma toison deux puces à pattes, bien françaises !

Une fois shampooiné, tondu et brossé, j’étais devenu méconnaissable ! D’une rare élégance même ! 

Scottish, me nomma-t-elle ! En voilà un joli nom pour un bâtard d’Ecosse !

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C’est à un accueil plutôt réservé que moi, fringant pattu, j’eus droit de la part de l’homme canin en place depuis cinq années, le Labrador blond, Speed du Manoir, Speedou pour les intimes.

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« -Un basset intrus sentant la cocotte, au poil rêche grisonnant, qu’est-ce ? Pour une courte visite, d’accord ! Ensuite qu’il retourne donc d’où il vient ! osa le blond.

-Tiens, tiens, une grande cour non grillagée avec un seul occupant ! Mais on y pourrait caser une centaine de malheureux ! Accès libre aux trois étages de la maison d’habitation et au jardin ! »

Le luxe pour ma petite personne qui n’avait jusqu’à présent connu que la cage de la déchetterie et auparavant le tierre (en patois normand : chaîne qui sert à attacher un animal dans un champ ou une cour ).

 Cette satanée chaîne qui me donnait le tournis à force de piétiner, dans un sens puis dans l’autre, le périmètre du  cercle réduit que je traçais, au passage quotidien de la factrice à la voiture jaune qui me frôlait dangereusement ainsi qu’à l’arrivée de tous les étrangers à la maisonnée, triste chemin creusé par mes pattes, rendu stérile aux herbes en tous genres ! Et ce collier de cuir épais qui me brisait les cordes vocales car tourner en rond, tirer sur le tierre et japper en même temps, quel sport ! Et cette caisse en bois me servant d’abri, malodorante et pleine de courants d’air ! En guise de matelas couverture, une pouche sac de jute toute raidie par la saleté accumulée au fil des deux années passées dans ce sombre endroit ! Enfin cette pâtée peu ragoûtante faite des reliefs des repas jetés dans un seau autrefois bleu, en résumé d’épluchures de légumes, de pain rassis, d’os incroquables à mes mâchoires prognathes (mâchoires déportées plus ou moins fortement vers l’avant) et d’un peu de lait devenu suret à cause du séjour prolongé dans le récipient ! Beurk ! J’étais donc apprécié des volailles moins délicates que moi, auxquelles je fournissais volontiers la moitié de ma pitance !

Je n’oublierai jamais cette nuit de pleine lune pendant laquelle j’ai tant et tant tiré sur mon tierre que j’y suis parvenu. M’enfuir et prendre le large, tel ne fut pas mon but immédiat, je l’avoue. Mon projet urgent, rendre visite à une demoiselle des environs dont je humais le parfum depuis quelque temps ! A la belle en chenil je ne pus rendre hommage ! Me restait l’errance provisoire ou définitive… Pas question de retourner tendre le cou chez les Gendru, ces grossiers personnages dont je connaissais les infâmes conditions de vie  réservées par eux à un être de ma condition !

Ensuite vous devinez : un premier magistrat d’une petite commune voisine, stupide car raciste, m’a attrapé et conduit  à la déchetterie.  Un chien, c’est fait pour être enfermé ! Un chien en balade, ça fait louche ! Un chien errant, non, ça fait désordre !

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Revenons à nos moutons ! Tiens justement, dès notre arrivée chez elle, dans le grand champ nous sommes allés nous promener. J’y ai rencontré les mouton et brebis de la famille Rebita (voir artile blog), quelques pondeuses emplumées et un gros rat, m’a-t-il semblé de prime abord, sur lequel j’ai foncé. Je haïssais la venue de ces quasi rampants à longues queues qui n’hésitaient pas à laisser leurs traces malodorantes dans ma tierrée et jusque dans ma gamelle ! Le saisissant à grand peine dans ma gueule aux mâchoires inadaptées et ne le lâchant surtout pas malgré les cris déchirants de mon  accompagnatrice !

J’appris plus tard à respecter celui qui était en fait le cochon d’Inde de la famille, vivant en liberté dans le vaste enclos-verger.

 

Depuis déjà cinq années je vis au paradis, je m’balade à pied, en voiture, matin, midi et soir, par tous les temps…

La compagnie des cinq autres rescapés me plaît fort ! 

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J’ai l’embarras du choix pour dormir sur le canapé, le lit, la banquette ou le tapis …..

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Je me gave de petites croquettes, de bolées de riz, carottes, haricots verts, poisson et autres délicieuses nourritures adaptées à ma drôle de denture …..

J’aime la compagnie des deux pattes au soi-disant gros cerveau.

J’ai des câlins à  longueur de journée et je les rends à qui me tend sa patte !

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Je joue avec ma tendre copine Nana Long Nez. Vous confierai-je que j’en suis tombé amoureux !

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Je garde cependant quelques séquelles de ma vie antérieure !

Détestant la couleur jaune-voiture-factrice !

Tournant en rond sur moi-même à l’arrivée d’un étranger !

Toussant si par mégarde l’on me touche à la gorge !

Et urinant volontiers au pied d’un meuble une fois maman partie : c’est là mon principal défaut, je l’avoue ! Changeant d’endroit à chaque occasion donnée, ce qui l’oblige à faire une si longue recherche que la prochaine fois elle m’emmenera ou bien restera à la maison avec nous.

Il ne faut plus m’oublier désormais !  Jamais ! Jamais ! Et je le signe comme je peux !

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( 2 avril, 2011 )

Dans le coeur d’une primevère…. Poème

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Dans le coeur d’une primevère

j’ai humé la frêle senteur

d’une partie de mon enfance

quand, par les chemins, nous allions

jusqu’à l’école du village.

 

Nous aimions picorer les fraises

que nous trouvions sur les talus,

minuscules et parfumées.

Chacune était un paradis,

un instant de bonheur intense.

 

Petits riens de la vie,

humbles plaisirs si brefs

qu’il ne faut pas rater,

qu’il faut savoir trouver.

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( 28 janvier, 2011 )

Où aller, s’il vous plaît ?

C’était un bel oiseau au plumage richement coloré des nuances automnales, à la longue queue de fines plumes, à l’élégante démarche altière. Sa courte vie jusqu’à présent, l’animal l’avait passée entouré de nombreux autres compagnons ailés dans la très grande volière d’un cynégiculteur (mot trop savant pour désigner le stupide éleveur de gibier à occire dès le premier lâcher) . «  Un peu tassés même  », pensait le jeunot en croisant les copains, évitant les grincheux et leur bec acéré.

De l’horizon au-delà des limites des grillages environnants l’oiseau ne s’était jamais préoccupé, bénéficiant d’une nourriture abondante, d’eau et d’air purs à souhait. Notre gallinacé sentait bien parfois démangeaison au niveau des ailes, devant alors faire preuve d’un savoir voleter tout limité en mettant constamment un frein à ses envies d’envol, au risque de heurter le bas plafond de treillis métallique. Il s’en contentait cependant…

Aucun autre choix d’existence en vue  !

Détrompons-nous !

Par un clair matin frais, après quelques lunes passées hors de l’œuf pondu par des parents inconnus, le voilà prestement saisi, jeté en cage telles sardines en boîte, hissé dans un engin motorisé, inconfortablement ballotté par monts et par vaux, enfin brutalement jeté hors de l’espace de mailles restreint. Parachuté dans un endroit non quadrillé, immense, inhospitalier. Seul, sans mangeoire ni abreuvoir. Grands espaces nus à perte de vue, talus et fossés aux ronces et épines acérées, routes asphaltées aux multiples dangers : tout un univers inconnu et hostile! Quasi incapable de prendre son envol au moindre danger car inhabitué, inapte à trouver sa nourriture, l’infortuné oiseau, ce samedi de mi novembre 2010, errait sur l’asphalte lorsque j’ai croisé son regard. Un regard inquiet, perdu, noir, effrayé ! «  Où aller, s’il vous plaît ?  », crus-je entendre alors !

Pauvre hère au funèbre proche destin : gueule du chien, tir du chasseur ou choc contre la roue d’une voiture ? Barbarie humaine, cruauté de l’horrible jeu de la chasse, bêtises d’idiots qui, le fusil à l’épaule, un filet de sang à la boutonnière, le sourire crétin et le parler imbécile, se prennent pour des héros, maigres cervelles d’abrutis incapables de comprendre que la souffrance animale égale celle de l’être humain, à aucun degré moindre ! A douleur, peur, colère, souffrances et chagrin égaux !

Incompréhension du langage, des mœurs de ces autres êtres tellement supérieurs à nous, qu’ils soient d’élevage, sauvages, de compagnie !

«  L’homme n’a pas deux cœurs : un pour les humains et un autre pour les animaux. Il en a un seul ou il n’en a pas du tout. », a énoncé un fin penseur.

«  Les chasseurs sont des malades mentaux  » a écrit le philosophe Jacques Brosse.

Combien de temps encore, d’heures, de minutes ou de secondes notre bel oiseau a-t-il continué d’errer ?

Etait-ce lui ou bien l’un de ses semblables qui, le lendemain matin, sur la banquette gauche de la même route, non loin des tirs fournis des chasseurs, semblait encore poser la même question ? «  Où aller, s’il vous plaît ?  »

J’ose à peine espérer que le malheureux aura survécu une journée de plus, trouvant repères, âme sœur et de quoi se remplir le gosier !

J’ose à peine souhaiter que le coup de feu l’aura percuté de plein fouet, sans qu’il s’en aperçoive !

Cet oiseau ne fut que le premier d’une longue lignée de successeurs que chacun peut croiser, éviter  ou ….massacrer, du mercredi soir au dimanche midi entre fin septembre et février.

Désolée pour les autres périodes de l’année : stock épuisé ! A renouveler l’année suivante !

Car, comme l’a si bien écrit un ami proche : « Sans l’homme, la terre serait habitable ! »

Et Yves Paccalet de conclure :  « L’Humanité disparaîtra ? Bon débarras ! »

Pour documentation, lu sur un site Internet (merci au journaliste)

UNE PRATIQUE HONTEUSE ET DANGEREUSE

Les lâchers de tir sont d’abord condamnables pour des raisons éthiques: les animaux sont lâchés dans les jours qui précèdent l’ouverture de la chasse et dans les jours qui précèdent les week-ends pendant la saison !
Ces animaux ne sont pas adaptés à la vie en liberté. Ils sont bien souvent incapables de se nourrir seuls. Ils sont habitués à la présence humaine et leur approche par le chasseur n’est guère difficile… Certains chasseurs appellent d’ailleurs cela le tir sur « cocotte »…

Il faudrait stopper la pratique du lâcher de tir et mieux encadrer celle du lâcher de repeuplement. Certaines revues de chasse osent l’écrire; certains responsables cynégétiques osent le dire… mais les lâchers continuent. La chasse en a trop besoin pour éviter la chute des effectifs de chasseurs !

LE SORT DES ANIMAUX DITS « DE TIR »

1 – Regard sur leur élevage
« Les faisans doivent porter des anneaux sur le bec pour éviter le picage : les faisans se piquent entre eux et s’arrachent les plumes jusqu’à s’entre-tuer… On les équipe d’avibecs fixés dans les narines ».
Source: Le Courrier picard du 22 septembre 1992. Pour combattre le picage, on utilise aussi le débecquage qui consiste à couper le tiers de la partie supérieure du bec à l’aide d’une lame chauffée au rouge
.

2- Jour de chasse
« le gibier avait été lâché le matin même…sur quatre-vingt pièces, soixante-six avaient été tuées ». Source: La Voix de l’Aisne du 31 octobre 1992.

3- Le sort des survivants
En longeant un bois un chasseur est suivi par un faisan « lâché une semaine avant, une semaine pendant laquelle il n’avait rien mangé ».
Source: Le Chasseur français de février 1992.

Victor Hugo lui aussi dénonça la barbarie humaine.

À un homme partant pour la chasse

Oui, l’homme est responsable et rendra compte un jour.
Sur cette terre où l’ombre et l’aurore ont leur tour, …
Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.
Te figures-tu donc être un tel but final
Que tu puisses sans peur devenir infernal,
Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,
Échiner le baudet, exténuer la rosse,
En lui crevant les yeux, engraisser l’ortolan,
Et massacrer les bois trois ou quatre fois l’an ?
Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,
Confine à l’assassin et touche au sacrilège.
Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.
Tuer pour jouir, non…

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Le 28 janvier 2011

( 22 septembre, 2010 )

Buse en visite privée

Insolite découverte d’une buse prisonnière dans la véranda ce jeudi 16 septembre 2010. Entrée par la porte entrebaîllée, elle n’a pas su retrouver l’ouverture et attendait une main aimable qui lui ouvrirait les baies vitrées.

Dame buse rage,           Loin de ses feuillages,

A vouloir quitter             Lieu non désiré.

 

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Cogne bec et tête !      « Ah! Que suis-je bête!       Ah que je regrette

Mes si vastes cieux! »

 

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Quand soudain fenêtre       S’ouvre et la libère!

« Adieu, véranda !        Je n’reviendrai pas          Chasser les gris rats

A la Mauvillère !                Foi de folle buse ! »

 

( 2 avril, 2010 )

Prête-moi ta patte !

Moi, Zoé, j’ai encore, cette nuit,  rêvé d’elle ! Entrevu ma douce amie bretonne des jours de galère à la ferme d’avant !  Senti sa tiède fourrure fauve, quand dans la grange, blottie à mes côtés, elle me réchauffait  ! Entendu son souffle rapide lors de nos longues escapades par chemins creux ! Perçu son rauque cri lugubre,  nous deux à peine séparées, au sortir de notre évasion !

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        Havane, ma soeur de galère et d’évasion, malheureuse de notre séparation, attendant malgré tout un éventuel adoptant, car la vie doit continuer ! 

Ma soeur des jours maudits me manque terriblement, surtout la nuit, dans mes cauchemars ! Je la revois sans cesse qui court à mes côtés pour me protéger, qui tremble quand j’ai mal d’un coup de pied reçu au ventre, car trop curieuse des bipèdes environnants, qui grogne à l’approche d’intrus non désirés, qui redouble d’ardeur laborieuse pour nous assurer un maigre repas de musaraignes ou souriceaux des champs, qui pleure en silence à l’approche du bâton menaçant de l’homme ou du torchon fortement agité par la femme au-dessus de nos têtes si j’ose tenter de franchir la porte d’entrée.  Qui enfin me console lors de mes terribles otites à répétition puisque non soignées.

Je la vois ensuite s’éloigner jusqu’à disparaître totalement de ma vue, pour toujours, me semble-t-il. Je m’éveille alors brusquement, toute haletante et tremblante, me dresse vivement sur mon céans, jette un oeil dans la vaste chambre et aperçois aussitôt, à la tendre et rassurante lueur de la lampe à sel, le visage de maman puis attends la délicate caresse de sa main sur mon cou. Apaisée, je fourre alors mon museau dans un coin de ma moelleuse couverture et m’assoupis enfin, rassurée.

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Canapé, lit, banquette, tout est confort mais….tu me manques !

Rêvant, à coup sûr, cette prochaine nuit, à la tendre attention de Brouky, la veille, ce midi du 2 avril 2010, dans la véranda. Arrivé le premier pour un bain de soleil sur l’une des banquettes, il a alors étendu sa patte avant droite, sur laquelle, après m’être blottie près de lui, j’ai doucement posé ma tête. Et l’y ai laissée ainsi de longues minutes jusqu’à …une probable crampe menaçante qui la lui a faite ôter  avec la plus grande attention.

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« Ta patte, Brouky, tel un douillet oreiller !  »

J’ai fort apprécié ce généreux geste. Je sais que lui aussi est mon copain. De même BigMa, mon amie Beagle avec laquelle je taquine, histoire de passer agréablement le temps, les petits rongeurs du champ en savourant d’avance les généreuses, riches et bien odorantes gamelles du midi et du goûter. 

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Rien ne vaut un bon bain de soleil !

Je sais que désormais il me suffira de murmurer « Prête-moi ta patte » à Brouky pour apaiser mes petits coups de cafard, de moins en moins fréquents sauf quand maman s’éloigne trop longtemps !

 

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Ame seule cherche patte à louer ! Faisons un essai ce jour ! Qui veut bien me prêter sa patte ?

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« Pas disponible ! J’étouffe et dois me rafraîchir d’abord ! » Signé Scottish.

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« Va demander aux autres ! Je ne m’occupe que de ma propre personne ! » Signé Nana

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« Ecoute, chère amie, je cherche d’abord une place sur canapé ! Ensuite je t’invite ! » Signé Speed.

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« Chérie, mes pauvres vieilles pattes rhumatisantes me font souffrir et ne pourraient supporter ta tête ! Je t’offre volontiers un peu de mon arrière-train ! » Signé BigMa.

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Avez-vous tout compris de mon histoire vécue ?

Moi, Zoé, la Beagle de petite taille, me suis enfuie, il y a deux ans, de la lugubre ferme dans laquelle j’ai passé les dix premières années de ma vie. Enfuie en compagnie de ma jeune amie Beagle fauve de deux ans. J’ai appris que Havane, puisqu’elle a ainsi été prénommée au refuge, a été une première fois adoptée dans une famille peu digne d’elle puisque reconduite au refuge six mois plus tard. Une seconde fois adoptée par d’honnêtes gens. J’aimerais un jour la rencontrer à nouveau et poser un instant ma tête sur sa patte !

( 11 mars, 2010 )

Complainte d’une souris de cimetière

Après de nombreuses lunaisons de nomadisme, errant à la recherche du domicile idéal, ma famille s’est enfin sédentarisée dans ce vieux cimetière d’une petite ville de province bas normande.

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Ci- dessus, moi-même, mon compagnon et deux de nos filles. 

Lieu de repos obligatoire suite à un court ou long passage sur la planète, cet endroit affichant complet, donc portail clos trois cent soixante trois jours l’an, autrefois si frayé des géants bi pattus dégoulinants d’eau salée, est maintenant havre de tranquillité. Si mes parents ont, – paix à leur esprit ! – rejoint la terre de leurs ancêtres, avec mon compagnon et quelques-unes de mes filles, nous vivions ici heureux jusqu’à cette maudite aube fraîche où le voisin d’à côté, minet de son espèce, m’a kidnappée sans apparence de rançon. M’égratignant l’épaule droite et couvrant mon pelage de salive malodorante. Où m’emmenait-il donc, ce chat malappris, grassement nourri, d’ailleurs en léger surpoids ? Pourquoi donc s’attaquer à cent fois plus faible que soi ? Sinon pour jouer au macho ou épater la sœurette !

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Constatez la lutte inégale ! 

Un autre de ces endroits dans lesquels les habitants ne sont ni bruyants ni gênants.

Une fois brusquement jetée sur le froid carrelage d’une cuisine de maison proche du lieu des nombreuses sépultures, j’ai vite profité d’une de ses vocalises miaulées pour m’échapper de sa vue, me faufiler par la porte entrebaîllée d’un placard et disparaître de son champ de vision. 120pxhousemouse.jpg

Ouf ! J’avais le temps d’élaborer un plan d’évasion pour rejoindre au plus vite ma famille, à coup sûr inquiète de mon absence prolongée.

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Me traiter de « dadet », quelle audace, moi élégant siamois ! Je t’y reprendrai !!

Redoublant de miaous miaous, ce grand dadet a alerté la maisonnée, surprise de ne découvrir aucune habituelle proie de volatile ou de mes semblables sur le sol. Caresses et bonnes paroles sont enfin venues à bout de cette frénétique agitation forte en décibels.

Blottie au fond d’un placard mal choisi, au milieu de bouteilles, bidons et flacons de nettoyage, de récurage et polissage, après une longue attente discrète et chagrine, je me suis enfin enhardie à choisir un lieu plus propice à la confection de casse-croûte. Jeûner quarante-huit heures, ça purifie ! Il faut ensuite penser à sa survie ! Ayant repéré l’emplacement réservé aux gourmandises de la fille de la maison, folle amoureuse de ce stupide grippeminaud, j’ai alors tenté l’escalade du pic aux céréales chocolatées. Me contentant seulement de deux de ces délicieuses mignardises !

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 Le maïs aussi, j’appréciais en temps de liberté  ! 

Aurai-je laissé une infime miette, trace trop visible de ma présence indésirable  ou bien quelques-uns de mes reliefs digérés nommés crottes ?

Un vilain piège accompagné d’un tentant bout de fromage fort odorant m’attendait le jour suivant. Diplômée de la Haute Ecole anti-pièges à fromage de Comté, je parvins sans encombres à déguster le cadeau sans me faire prendre.

Et attendis le suivant en me régalant de trois autres Kellogs.

Histoire de tuer le temps, je me surpris à risquer une virée jusqu’à la gamelle d’un des Mistigris, puis à pointer mes jolies dents sur la tendre peau d’une brillante pomme bicolore sise, près de quelques élégantes consoeurs blondes, dans une corbeille fort élégante certes, cependant trop éclairée et imposante pour y tenter un nid de qui vous devinez !

Tant pis pour la maîtresse de maison soupirant chaque matin après cette rusée souris qui refusait de mourir ! Pourquoi quitter la vie dans la fleur de l’âge ? En bonne santé ? Filant le parfait amour ?

J’en avais presque oublié ma famille et le mauvais sang qu’elle se faisait à l’idée de mon éventuel non retour. Disparue depuis autant de jours que de griffes à une patte !

Je souriais déjà à l’idée de leur narrer les péripéties de ce fabuleux voyage en pays inconnu !

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Ma petite personne parmi les folles herbes du cimetière

Le lendemain après-midi, quel ne fut pas mon étonnement de découvrir un engin inconnu, probablement une de ces modernes inventions de ce troisième millénaire !

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Le moral à zéro, je médite sur mon triste sort !

Se faufiler à l’intérieur du long tunnel grillagé pour aboutir à la friandise me parut aisé. Où donc était la ruse ?

Après le traditionnel morceau de Comté, j’eus la joie de goûter une amande, fine et croquante, parfumée à souhait.

Et si fière de moi car déjouant cette machine infernale aux réelles allures de prison argentée !

Très déçue je fus lorsque j’aperçus un stupide petit raisin sec suspendu à la barre d’accroche des victuailles sensées empoisonner.

Valait-il la peine que je me déplaçasse ?

Ce que je fis et me retrouvai cloîtrée dans la cage, une fois la lourde porte brutalement refermée sur mon pauvre petit être.

Après examen, je ne constatai aucune lésion, aucune blessure ! Tout était pour le mieux dans le meilleur des pièges !

Si ma découverte déclencha sourires et ricanements, oufs de contentement et de soulagement, elle signifia également la voie de ma liberté car je fus alors dirigée, mon cloître et moi-même suspendus à l’extrémité d’une patte blanche aux longs doigts dépourvus de poils, vers le vieux cimetière et délicatement déposée par cette généreuse paluche sur mon domaine funéraire, à l’endroit précis où le minet m’avait capturée.

La suite, vous la devinez ?

Le joyeux grincement d’une lourde porte de bagne qui s’ouvre, mon brusque départ à la sauve qui peut, la joie des retrouvailles, le récit de mon incrédible aventure, il y a là matière à graver une page sur une fine croûte de Comté parcheminé, la une de préférence !

Au non plaisir de vous revoir ! Au bonheur de continuer ma paisible vie de souris grise dans ce paradis de cimetière !

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Un chaleureux merci à la dame qui, soucieuse d’épargner une humble vie de petite souris, a su me signifier en douceur de ne plus jamais m’aventurer sur le domaine d’autrui ! A moins qu’un second kidnapping me ramène en ces lieux charmants !!

Le 11 mars 2010

( 9 mars, 2010 )

Le grand chêne du champ…… Poème

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Le grand chêne du champ

Pleure son ami Jules    

Parti depuis longtemps      

Vers une guerre nulle.

Ses larmes s’accumulent

Et creusent chaque hiver,  

Quand le ciel est chagrin,

Une mare dans la terre,

Pour les oiseaux un bain.

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**************************

Depuis bientôt cent ans,  

L’ami Jules est parti.

Depuis bientôt cent ans,

Le grand chêne périt,

Doucement, lentement.

Son large tronc se vrille.

 Ses branches dans le vent  

 Grincent et se fendillent.

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Une hulotte parfois 

Nuitamment vient le voir,

 Profitant, chaque fois,

Du solide reposoir

 Pour convoiter mulots,

 Ratons et lapereaux

Et capturer sans peine

 Taupes et musaraignes.

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***************************

Le vieux chêne sait bien

Que, là-bas dans le Nord,

Un clair matin de juin,

Son ami Jules est mort

Sans être secouru,

Tué par l’ennemi.

Son sang il a perdu !

Vile guerre ! Courte vie !

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Jules, mon arrière grand oncle, a quitté la vie à 21 ans.

*************************

Depuis mil neuf cent quinze,

Dans le Pas-de-Calais,

A la côte cent quinze,

Un autre chêne est né.

Le vieil arbre sourit

En pensant que là-bas

L’esprit de Jules vit

Et lui ouvre les bras.

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6 janvier 2010

 

( 6 février, 2010 )

Brouky, le beau rouquin

Il était une fois….mon conte de fée à moi, Brouky, le beau Rouky, le

beau rouquin.

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Avant mon séjour forcé dans la cage de la déchetterie d’une commune normande, j’étais, voyons voir ! j’ai peine à me souvenir ! Une crise d’amnésie canine précoce m’empêchant d’évoquer ma jeunesse, mon âge, ma maman, ma résidence, mes mets préférés ou bien les coups de pieds au cul et l’infâme pitance quotidienne ! J’étais peut-être chien de rues d’un pauvre SDF conduit un jour en prison après une rixe alcoolisée ou l’absorption abusive d’herbe illégale. Voyant l’affaire tourner mal, le pauvre gars m’aurait brusquement poussé vers les portes de la liberté, que j’ai empruntées sans hésiter !

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Après plusieurs journées et nuitées d’errance, j’ai été apostrophé par un quidam auquel je n’ai pu présenter mon laissez-passer. Sans autre forme de procès, on m’a jeté dans cette cage, déjà occupée par deux détenus qui, au petit matin du lendemain, ont disparu de mon horizon après la visite du vétérinaire et de sa seringue

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Difficile de marcher au milieu de nos déchets naturels dans un si petit  endroit !

Seul donc, je me suis retrouvé, passant mes heures à attendre l’arrivée d’une remorque d’ordures ménagères, d’une camionnette de déchets végétaux ou d’une petite cylindrée au coffre entr’ouvert, débordant d’objets usagés. A attendre une éventuelle caresse d’un des conducteurs de ces engins, ou du gardien, à chaque nettoyage du triste logis ou remplissage de la gamelle. A vrai dire, j’avais une folle envie de sortir, de quitter ces sinistres lieux, cruellement dénués d’humanité animale.

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Jusqu’au jour où elle est apparue, m’extirpant, chaque après-midi ouvré, pendant un mois et demi, de l’endroit maudit,  pour une promenade à travers chemins creux et petites routes proches de la déchetterie. roucky1.jpgA partir de cet instant, ma mémoire est intacte. La poigne nécessaire au gardien pour me passer le collier, la fougue avec laquelle je me précipitais vers la grille de sortie, la longue laisse à laquelle je refusais le mou… Et le premier arrêt sur l’herbe, à me soulager de cette bouffe de croquettes, seul plaisir de l’enfermement, la longue station à laper l’eau boueuse du creux du talus, pour me purifier des miasmes de l’ennui, et l’incessant tir à la laisse, toujours tendue, vers une nouvelle liberté. Nous traversions un stade, sur le parcours. Lancée en l’air, une bouteille plastique à eau traînant près d’un but, faisait office de ballon. Un jeu que j’apprécie particulièrement, ce lancer d’objets de toutes sortes (morceaux de bois courts, longs, légers, lourds, frais, pourris…., os en plastique, boules de neige plus rarement, galets, petits cailloux….). Je suis, depuis toujours, fan de cette activité. Ca, j’en suis sûr ! broukybois.jpg

A en être collant, super collant ! Et vous, c’est quoi, votre passion, celle qui énerve votre entourage, celle à cause de laquelle vous oubliez tout le reste ?

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J’aimais approcher de la grand route. Peut-être m’évoquait-elle la voie de la Liberté ! Puis retour vers les grilles et d’abord le stade avec arrêt émotion sur les gradins. Pour souffler un peu, après cette heure à tirer sur la laisse. Puis parce que j’étais enfin près d’elle. Assis, sage, à me laisser caresser tête et dos, à m’entendre dire des mots gentils…. J’oubliais tout, c’était le paradis ! Nous passions de longues minutes à échanger des mots, des regards, un souffle d’air, des litanies de regrets, de projets, de cris d’injustice… et à laisser couler quelques larmes. Avant le retour en enfer ! Les premières fois, je me contentais de la regarder partir sans comprendre. Puis tout s’est éclairci !

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La séparation, une fois chaque ballade suivante accomplie, m’est devenue insoutenable. J’aboyais encore longtemps après son départ.

On m’a trouvé une famille d’accueil : deux petits vieux que j’ai vite effrayés par ma fougue et ma prestance et qui m’ont ramené à la cage : trop fougueux, trop jeune, trop rapide !

Et elle, pourquoi ne voulait-elle pas de moi chez elle ?

J’ai alors su que deux autres infortunés avaient trouvé refuge à son domicile, sortis in extremis de cette cage de malheur ! Avec le Labrador familial, je serais le quatrième. Mais son mari ne voulait compter qu’à trois, en calcul chien. Comment faire ?

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J’ai alors rendu visite au mari. Qui m’a trouvé fort beau !

« Enfin, cinq chiens ? Tu n’y penses pas ! Quelqu’un va bien l’adopter ! »

Tout dépité et inquiet quant à mon avenir menacé, j’ai regagné la geôle.

« C’est complet ! » a annoncé le gardien. « On va l’attacher  en dehors de la cage avant de trouver une solution ! »

Le téléphone au véto puis la piqûre pour qui, pour eux ou pour moi ?

Pris de cafard, je l’ai suppliée du regard, elle qui se sauvait, les yeux enlarmoyés.

Ni l’un ni l’autre n’avons guère dormi la nuit suivante !

Dès le lendemain matin,  c’était un samedi, un harnais et une laisse à la main, elle est arrivée, souriante et légère !

 C’était le début de ma nouvelle vie !

 Depuis ce jour, nous six, nous portons bien. Elle et Lui, Speed le Labrador, Nana Long Nez, la petite noire pas facile à friser, Scottish, le bon gars sympa et moi qui essaie d’être sage….

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BigMa et moi, assoupis.                        Zoé et encore moi, en sieste. 

Trois bretonnes, déjà âgées, sont venues nous rejoindre. Ce soir du 26 janvier 2010, assoupi sur la confortable banquette de la salle à manger, je pense à mes jours de galère et à tous ces pauvres hères qui n’ont pas eu ma chance.

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Alex, un ami sympa, mon prof d’anglais et de lancer de bâtons.

Le jour où j’arriverai au paradis des chiens, il faudra que j’évoque le problème des animaux abandonnés à Saint Pierre, qu’il intercède auprès de son gouvernement pour que toute haine raciale cesse entre les deux pattes, les quatre pattes, les poilus, les laineux, les emplumés, les carapacés, les écaillés : en un mot ceux qui ont un cœur, tous dignes de respect.

( 6 janvier, 2010 )

Grand-messe en l’honneur de sainte Teinture

Pendant une douzaine d’années, j’ai eu le bonheur de teindre les toisons de mes brebis avec des plantes ramassées dans la campagne environnante. Pourquoi le dimanche ? Parce qu’à l’époque, étant institutrice, j’étais libre ces matins-là. Bonheur d’allier les joies de la marche en pleine nature, la contemplation des beautés végétales, à celles de la préparation à la teinture végétale.

Ma grand-messe à moi a lieu, tels les pratiquants en religion, chaque dimanche matin. Un vaste lieu de culte : les talus des routes de la campagne environnante et les chemins creux de mon village de Basse-Normandie. Mes objets de culte : des paniers d’osier, des plantes, fleurs, branchettes et écorces. A chaque saison, des messes aux épitres et évangiles différents. En hiver, dès le timide lever du pâle soleil, quand merles et pinsons s’égosillent, annonçant la fin de la nuit, un panier me suffit pour la cueillette des fleurs jaune d’or au parfum noix de coco, chaud et sucré, des ajoncs. Gare aux épines acérées et patience ! Une multitude de ces pétales est nécessaire pour colorer la laine d’un beau jaune jonquille.    

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Au début du printemps, la rousserolle entame son répertoire de mélodies variées. C’est le moment de tailler une pleine brassée de brindilles de robinier faux-acacia que je devrai hacher et faire cuire longtemps afin d’obtenir un autre jaune, plus ou moins prononcé selon la quantité de jeune bois utilisé.

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Au mois de mai, balade dominicale pour la coupe des crosses de fougères aigles. Dans la tiédeur matinale, qu’il fait bon écouter le chant du coucou et humer les senteurs légères des fleurs de pommier ! Le panier est vite plein : les plantes abondent. Il suffira ensuite d’une dose de chance pour transformer ces parties terminales des grandes plantes en un joli vert tendre. Sinon, il faudra se contenter d’un autre jaune ! 

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 En été, lorsque les hirondelles gazouillent sur les fils électriques, les millepertuis sont en fleurs. Dès l’aube, sur les talus, délicatement, du bout des doigts vite rougis par le colorant naturel des sommités fleuries, je cueille. A peine rentrée à la maison, je m’empresse de plonger toutes ces fraîches inflorescences dans l’alcool qui, aussitôt, se teinte de rouge. Les résultats obtenus sur la laine sont toujours surprenants, les coloris allant du rouge brique au vert ou même les deux à la fois ou encore au jaune banal ….et décevant, dans le pire des cas. J’aime cette plante mystérieuse qui offre sa teinture selon son humeur, peut-être.    

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En août, près des ruisseaux où la bergeronnette sautille en hochant la queue, je coupe les tiges des reines des près au délicieux parfum pour obtenir des jaune acide.

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Au début de l’automne, quand l’infatigable pinson continue son éternel et lancinant refrain, je ne dédaigne pas non plus me tacher les mains de violet pour égrainer les baies du sureau noir qui donneront généreusement des violets, mauves ou lavande, selon l’ajout de sel ou de vinaigre.  

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Pour une balade très, très courte, il me reste les racines des garances du jardin à arracher, brosser, sécher et couper en petits tronçons avant d’obtenir les plus belles des surprises : de merveilleux roses.    

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Et enfin, il y a encore moins loin, pour les dimanches pluvieux, les pelures des oignons, précieusement amassées tout au long de l’année et qui offriront des jaunes dorés très soutenus.              

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   Ainsi s’achèvent mes grand-messes. Une année s’en va. Une nouvelle débute pour de futures balades à la découverte d’autres plantes tinctoriales et la création de nouveaux tissages en laine colorée avec ces plantes.  

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Sac, échantillon de nombreuses laines teintes.  

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