( 10 janvier, 2017 )

Histoire simplifiée des Malgré Nous, habitants de provinces perdues

Georges Logel

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous n’aimez pas l’Histoire, passez votre chemin. Si, curieux, vous voulez  connaître quelques épisodes souvent ignorés et toujours tus dans les livres d’Histoire de France, jetez un œil.

Et si demain, une vilaine « black war », mettait notre chère Normandie en Grande-Bretagne…….. Non, seule la fiction pourrait l’imaginer !

Cliquer sur le texte en bleu pour avoir accès à sa lecture.

 

Le drame a commencé au traité de Francfort, en 1871. Une histoire de guerre entre la France et la Prusse (Allemagne), cette dernière sortant vainqueur, Napoléon  III qui avait piqué en 1859, à l’Italie, Nice et la Savoie, est vaincu et doit céder l’Alsace et la Lorraine.

Empereur déchu, accès à la République.

On rumine, on râle et veut reprendre les chères provinces.

Eternel tourbillon de guerre.

La revanche, ce sera, quarante années plus tard, 1914-18. Et la reprise des Alsace et Lorraine (contenant les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle) si chères. A quel prix ?????

L’esprit revanchard germanique n’est pas mort et, rebelote ! Une vingtaine d’années plus tard, un an après le début de la Seconde Guerre Mondiale, le Führer annexe les deux provinces, pour cinq longues années.

Ce chant, écrit en 1885, conte l’histoire de ces populations (plus d’un million d’habitants) ballottées au fil des victoires et défaites, obligées de parler la langue de l’occupant, souvent privées de liberté.

Le violon brisé

 


1-Sur la route poudreuse et blanche
Où nos drapeaux ne passent plus
Un vieillard va, chaque dimanche,
Rêver seul aux pays perdus.
Parfois de sa lèvre pâlie
Monte une plainte vers les cieux
C’est le regret des jours joyeux
Et c’est l’histoire de sa vie

Refrain
Ils ont brisé mon violon
Parce que j’ai l’âme française
Et que, sans peur, aux échos du vallon
J’ai fait chanter la Marseillaise !

2-J’ai voulu savoir cette histoire
Il me l’a contée en pleurant ;
Gardez-la en votre mémoire
C’est celle d’un cœur simple et grand :
Un soir, me dit-il, sous les chênes
Je faisais danser les enfants
Quand les ennemis triomphants
Jetèrent l’effroi dans nos plaines !

3-Tous s’enfuyaient devant leurs armes
Rouges, hélas ! de sang français ;
Fou de douleur, cachant mes larmes
Tout seul vers eux je m’avançais
-  Qui donc es-tu, toi qui nous braves ?
Firent-ils en me renversant ;
-  Je suis, dis-je, en me redressant
L’ennemi des peuples esclaves.

4– Tu railles bonhomme ? Eh bien joue
Les hymnes chers à notre roi !
Alors leur main souilla ma joue
Mais la France vivait en moi !
Je jouai de Rouget de Lisle
L’ardent et sublime chanson ;
Ils brisèrent mon violon
En voyant leur rage inutile.

Eh bien, ceux que nous avons appelés « Malgré Nous », ce sont ces jeunes garçons et filles qui, subitement déclarés allemands en 1940, alors que, la veille, leur patrie était la France, sont obligés, à partir du printemps 1942, de combattre leur propre peuple, et sous l’uniforme allemand. 100 000 Alsaciens et 30 000 Mosellans (1% du contingent des forces allemandes) vont ainsi, contre leur gré, bien malgré eux, se retrouver sur le Front de l’Est ou dans les combats en Normandie. Les plus jeunes avaient 17 ans. Les plus courageux ont déserté dès qu’ils l’ont pu au risque de se faire tuer ou de voir leurs familles exterminées. Certains ont réussi. 30% furent tués ou portés disparus.

Voici l’histoire de deux d’entre eux, telle que je l’ai publiée dans la presse, grâce aux précieux documents fournis par Jean Bézard, un historien qui passe sa vie à rechercher traces de ces Malgré-Nous et de leurs sauveurs normands.

Incorporé de force

 

 

 

 

 

( 1 janvier, 2017 )

Bonne Année 2017

« Céder à la curiosité et au désir de s’instruire, de savoir des choses.
Il n’est pas à mon sens de joie plus grande, dans le domaine de l’esprit, que de parvenir à saisir une partie du mystère du monde (…)
Il faudrait apprendre tous les jours une chose au moins. Cela en ferait trois cent soixante-cinq par an, ce serait pas mal.
 »

Ses feuilles une fois mortes, l'arbre prépare déjà en secret les bourgeons du printemps, image d'espérance incessamment renouvelée.

Ses feuilles une fois mortes, l’arbre prépare déjà en secret les bourgeons du printemps, image d’espérance incessamment renouvelée.

Il avait bien raison, Théodore Monod (in Terre et Ciel) de tracer le programme que je nous souhaite à toutes et tous pour l’année 2017, tout juste naissante.

Quant à la bonne santé, cela va de soi, nous l’espérons fortement, pour continuer notre chemin sur la planète. 

( 30 décembre, 2016 )

A nouvelle année, compagnon neuf !

imagesGNJPJM2GC’est vrai qu’il n’était plus au top, ce casse-pieds m’empêchant de voir la vie en rose,  ce fâcheux me freinant lorsque, sur le trottoir d’en face j’aurais pu franchir l’asphalte pour saluer une connaissance, cet enquiquineur me privant d’appuyer sur les pédales quand il s’agissait de doubler une voiture tortue, ce malavisé brouillant volontairement ma vision d’un bon film, ce contrariant allant jusqu’à m’interdire la reconnaissance des oiseaux en bord de mer.

Ras le bol de ce compagnon gênant, à traîner coûte que coûte, au long des mois et des jours. Il fallait agir vite.

J’ai donc pris la décision, dès les premiers jours de la nouvelle année 2017, d’appréhender la vie d’un œil nouveau.

Et c’est chose faite depuis la matinée du jeudi 29 décembre.

J’ai un nouveau compagnon. Je n’en ferai pas étalage à la une de tous les quotidiens ou même hebdomadaire pour lequel je travaille. Soyons assez discrets. Mais puis c’est pratique courante aujourd’hui, ne nous en privons pas !

Je vous confierai cependant que la toute première entrevue a viré au rouge, lui surpris d’entrer en terre inconnue et moi l’accueillant, sur mes gardes. Quelques charmeurs battements de mes cils l’ont vite mis en confiance.imagesGNJPJM2G

Je prends soin, depuis notre rencontre, de lui servir de savants cocktails avant chaque repas et lui, apprécie fort, qui les déguste goutte à goutte.

Nous partons pour une période d’essai d’un mois. Ensuite nous verrons les résultats de notre entente.

Désolée. Pas pu prendre de photos de mon nouvel ami car légèrement assoupie lors de son arrivée.

Je nous souhaite, et vous de même n’est-ce pas ? une longue vie heureuse, avec vue nette de la planète et reconnaissance, de loin et de près, des êtres que nous aimons.

Pour les autres, fermons les deux yeux et passons notre chemin ! 

Si, un jour, le même souci se présente à vous, n’hésitez pas ! Changez de compagnon. 

Gros avantage : son séjour chez moi ne coûte presque rien car remboursé par la sécurité sociale. imagesGNJPJM2G

NB : j’ai omis, suis-je sotte ! de le nommer, ce nouveau compagnon. Par discrétion, je dirai Leicifitra Nillatsirc.

Si vous piaffez d’impatience de savoir comment il s’appelle, jouez avec les lettres et peut-être trouverez-vous !  

Une dernière chose : non je n’ai pas fait appel à un site de rencontres en vogue pour le dénicher.

J’ai sollicité un affable, excellent et habile connaisseur en rencontres de ce genre. Si affublés du même souci, vous pouvez le contacter. Il s’appelle Ruetcod Tnemélc. Jusqu’à la fermeture définitive de mes deux yeux, je lui en serai reconnaissante.

Joyeuse nouvelle année à tous.

Un premier clin de l’œil gauche et… à bientôt 

 

 

( 25 décembre, 2016 )

Veille de Noël chez les aigrettes, les oies bernaches et les gravelots

Ce fut une veille de Noël toute simple, tranquille et humble. Pas de quoi en faire un plat, alors, me direz-vous !

Pas d’invités à convier, les enfants suisses là-bas au loin et les Bricquais dans la famille maternelle.

Qu’à cela ne tienne !

Donc pas de préparatifs de grosse table à bomber. Alors parfait ! Place à la balade en bord de mer avec Monique, ma sœur.

Aux Salines de Bricqueville, dans le havre de la Vanlée. Justement plus d’une centaine de bernaches Cravant, ces petites oies venues du froid Canada vers nos contrées plus tempérées, nous y attendaient dans les marais salés, picorant paisiblement salicornes et herbacées.

Bernaches

Deux heures de vagabondage et papotages, tantôt dans les dunes puis tout près des vagues, là où évoluaient des nuées de gravelots à collier interrompu parmi lesquels quelques huitriers-pie identifiables à leur habit noir et blanc et des bécasseaux. Ce petit monde pointant le bec dans le sable pour y dénicher vers et mini crustacés. De temps en temps poursuivis par Riri et Doudoune, nos accompagnateurs canins ravis de gagner du terrain à l’envol majestueux de ces limicoles peu effrayés se posant de nouveau à quelques mètres des intrus.

Une fois revenue à la Mauvillère, en allant donner trois poignées de blé aux trois poules et un bol de pommes à Kiwi, le mouton, j’ai rencontré une aigrette garzette seulette, tout près des génisses. Little egret à la cape de longues plumes blanches, bec et pattes noirs dont le reste de la famille se nourrissait d’herbes et d’insectes dans le champ voisin. Drôles d’oiseaux migrateurs plus souvent proches des bords de mer que de l’intérieur de nos terres !

Aigrette au champ

Aigrette au champ

Pour le repas du soir, pas de réveillon de foie d’oie torturée par le gavage, aucun cuissot de chevreuil, d’autruche, de veau ou de bœuf lâchement abattu, nul homard ôté à sa  famille sous-marine, juste quelques asperges, champignons, quatre noix de Saint-Jacques à chacun des deux hôtes, salades variées et fromages accompagnés d’une tranche d’un pain aux noisettes à la généreuse croûte et d’un doigt de Monbazillac ! Le régal léger qui permet une nuit douce et facile !

Je sais, les coquilles sont des êtres vivants ! Il eût fallu nous sustenter d’un steak végétal ou bien d’une poêlée végétarienne pour que tout fût parfait ! L’an prochain, nous verrons ! 

« L’âge rend sage ! », conclura-t-on. 

 

Il n’y a rien de plus préjudiciable à l’homme que de manger avec excès.
Citation de Molière  in L’avare ou l’école du mensonge, III, 5 (1668)
Le matin, pense ; à midi, agis ; le soir mange ; la nuit, dors.
Citation de  William Blake in Le mariage du ciel et de l’enfer (1794)
La crèche dionysienne, cette année

La crèche dionysienne, cette année, en attente du bébé.

( 14 décembre, 2016 )

Fichus problèmes irrésolubles

Pour moi, ils l’étaient, irrésolubles, ces satanés problèmes de calcul ! Il y avait probablement une erreur dans l’énoncé, ou bien j’avais la réponse mais la maîtresse d’école louchait, refusant de considérer ma réponse comme bonne et de me libérer. « Tu ne comprendras donc jamais ! Tu  recopieras la réponse demain pendant la récré ! Allez, file ! Dépêche-toi de rentrer chez toi ! »

Je quittais alors, la tête bien lasse, le dos alourdi par le cartable de cuir, les yeux rougis, la classe et son institutrice maudite qui, dès le lendemain matin, s’acharnerait encore avec ses divisions et règles de trois, problèmes de dépenses et d’économies d’une ménagère, de caisses à remplir de bouteilles, de périmètre de champ ou de poids du gâteau avant et après cuisson !

nn

nn

En passant devant le clocher de l’église munevillaise (Bien qu’habitants de Bricqueville-sur-mer, mon frère, ma sœur et moi allions à l’école de Muneville-sur-mer, de même que les générations précédentes, car plus proche du domicile), je lorgnais tristement vers les deux aiguilles de son horloge, la grande affichant souvent la demie et la petite l’ayant rejointe sur le VI. Il était 18h30 et je venais tout juste de quitter le banc de bois ciré accolé à ma table d’écolière. Je n’avais certes pas battu mon record du mois précédent (18h45), record dont je n’étais pas fière. J’en souris aujourd’hui, imaginant la réaction des parents actuels voyant rentrer leur enfant deux heures après la sortie des classes.

 

L'église de mon enfance.

L’église de mon enfance.

 

C’était il y a bien longtemps, soixante années bientôt, autres temps autres mœurs, mais je n’ai rien oublié. Combien d’heures perdues, les yeux rivés sur le cahier du jour, à tenter de corriger l’erreur fatale qui m’empêchait de faire comme les copines que je regardais quitter les lieux, une fois l’heure de la classe finie ? 

Quelques infortunées, nulles en math elles aussi, prolongeaient un peu le temps hors scolaire mais partaient les unes après les autres, joyeuses d’avoir abouti au prix de revient du terrain et au montant des honoraires du notaire. Les filles responsables du tableau noir en étaient venues à bout de la craie sur la brosse, longtemps frappée contre le mur blanchi et les autres, responsables du ménage, avaient remisé chiffons, balai et pelle dans le placard du couloir.

Moi, je restais. Je l’avoue, pas toujours à chercher la réponse aux trains qui se croisent, au nombre de litres de lait qu’il faut pour obtenir crème et puis beurre, ou au prix du billet aller-retour le plus avantageux. Je la regardais, elle, la jolie maîtresse d’école aux longs ongles peints d’un vernis rouge brillant, toujours élégamment vêtue, penchée sur la haute pile de cahiers recouverts de leurs protège-cahiers en plastique, de couleur différente selon le niveau de classe et la matière, la plume à la main, sereinement traçant traits et lettres majuscules, modèles à recopier le lendemain matin. prob 1

 

J’attendais de si longs quarts d’heure qu’elle quitte sa chaise pour enfin daigner venir se pencher sur l’élève en détresse au fond de la classe. Mes larmes n’y faisant rien sauf d’énormes taches sur la page d’écriture du matin, je les refoulais au fond des orbites, essuyant d’un coup sec de mouchoir celles qui s’attardaient sur mes joues et j’attendais une xième vaine explication avant qu’enfin elle se décide à m’accorder, voire me souffler, agacée par mon manque de logique si évidente, que dis-je ! me cracher la réponse. Bien polie que j’étais, je murmurais, les lèvres pincées, un mini mini  »merci, madame » du petit bord du cœur.

La soirée n’était pas ainsi terminée car, une fois l’affaire faite sur le cahier, il me fallait emplir le cartable du livret de récitation (strophe 2 à apprendre), du livre de lecture (lire p 69 et 70), de la leçon de Sciences à réviser et de la carte de géographie à savoir par cœur ( la Seine et ses affluents).

Le maudit cahier du jour une fois déposé sur le grand bureau de Mademoiselle Douguet, puisqu’ainsi elle se nommait,(je sais qu’en 2016, elle vit toujours. Peut-être un jour évoquerai-je avec la vielle dame ces heures d’attente !) les chaussons ôtés derrière le grand tableau noir movible, remplacés par les godasses prestement enfilées, l’au revoir obligatoire marmonné et la lourde porte refermée, il me restait le retour à la maison. Pire lorsque les jours approchaient du solstice d’hiver mais c’est une autre histoire !

Un kilomètre et demi à pied avec traversée du bourg, chemins creux boueux ou non à longer, deux champs à franchir, clos par trois barrières à ouvrir suivis d’une longue charrière encailloutée à parcourir, pour aboutir enfin à la route secondaire qui passait devant la maison de grand-mère et conduisait au but : la chère demeure familiale. Papa et maman partis traire les vaches, j’attendrais leur retour pour une réponse à la sempiternelle question : « Ca a été à l’école aujourd’hui ? » Remuer le couteau dans la plaie m’étant douleur, je passais à l’essentiel : « Je sais ma récitation, je peux te la réciter, maman ? »

prob 4

Car, Dieu merci !, si je n’étais pas douée en math, les bonnes notes pleuvaient du côté des dictées, grammaire, conjugaison, rédaction, lecture et poésie !

  »Chaque être est doué d’un don qui lui permet d’être un soutien, une consolation ou une lumière pour les autres ; mais aussi d’une faille, d’une fêlure, d’une fragilité, qui réclame l’aide d’autrui. »

In L’Ame du monde (2012) de  Frédéric Lenoir

Et ce charmant poème écrit par Maurice Carême

LITANIE DES ÉCOLIERS
Saint-Anatole, Que légers soient les jours d’école !

Saint Amalfait, Ah ! Que nos devoirs soient bien faits !
Sainte Cordule, N’oubliez ni point ni virgule.

Saint Nicodème, Donnez-nous la clef des problèmes
Sainte Tirelire, Que Grammaire nous fasse rire !

Saint-Siméon, Allongez les récréations !
Saint Espongien, Effacez tous les mauvais points.

Sainte Clémence, Que viennent vite les vacances !

Sainte Marie, Faites qu’elles soient infinies !

Si j’avais su que saint Nicodème donnait la clé des problèmes !!!

 

( 3 décembre, 2016 )

Une vie prolongée, dix vies massacrées !

Dans les coulisses du téléthon, derrière le rideau des expérimentateurs et chercheurs, il y a ces familles de gentils, doux, intelligents et merveilleux petits chiens Beagles, torturés au nom de la science. Le saviez-vous ?

Mes deux anges Beagle Zozinette et BigMa que j'ai tant aimées.

Mes deux anges Beagle Zozinette et BigMa que j’ai tant aimées.

Le Téléthon, une institution bien ancrée maintenant, à buts certes nécessaires, voire très utiles pour les progrès de la Science, le soulagement des malades et, de ce fait, de leurs familles.

 Oui, donner, avoir donné pour un ancien président véreux de l’association de recherches contre le cancer qui, avec nos propres deniers patiemment amassés, se faisait construire une piscine !

Donner, sans toujours savoir le moche, bien dissimulé derrière la grille vers laquelle vont être emprisonnés les chiens futurs martyres-cobayes achetés avec nos dons, est-ce un beau geste ? Bien sûr, je suis pour le sauvetage et le soulagement des souffrances de tous les êtres atteints de maladies orphelines et rares. Mais à quel prix ?

J’ai toujours crié haut et fort qu’une vie d’humain égale une vie de chien. Pas plus, pas moins, les deux espèces issues de la même souche pleurant, riant, passant par la même gamme de sensibilité ! Je sais de quoi je parle puisque des animaux, il y en a toujours eu, qui partagent le gîte et le couvert à la maison.

Les malades ont leur famille pour les protéger, les entourer, les réconforter.

Les chiens n’ont même plus leur voix pour se plaindre puisque, dans ces laboratoires, on leur coupe les cordes vocales avant de les massacrer à petit feu à coups d’injections de produits à tester et autres substances impropres à leur pauvre corps. Et ce, sans que les infortunés petits êtres puissent aboyer, crier, pleurer, hurler, gueuler….bigmadernphoto2.jpg

J’ai honte de ces méthodes barbares et cruelles sur des êtres sensibles !

Arrêtez le carnage, je vous en supplie et que les dons du téléthon aillent à une médecine propre,  sans souffrances animales, pour la guérison des humains !

( 29 novembre, 2016 )

Rhum ! Rhume ! Zut alors ! J’ai attrapé le second !

Rhum, rhume : quatre lettres en commun, le premier guérissant le second ?

J’en doute et ne vais pas essayer le brûlant breuvage du premier pour soulager mon deuxième !

L’un vient de la canne à sucre après fermentation et distillation.

Photo A little market

Photo A little market

 

L’autre ? Au fait, où l’ai-je attrapé, sans le chercher ?

Il est trouvé trace de l’un au XVIIe siècle du côté de la Caraïbe.

Quant au spécimen enrichi de la cinquième lettre de l’alphabet, ses origines remontent à Eve et Adam, si peu vêtus qu’il leur était destiné. Les docteurs es médecine l’ont baptisé rhinite. Ca fait plus propre, davantage maladie.

« -Tiens, ta collègue n’est pas venue au bureau ce matin ?

-Non, vois-tu, la pauvre souffre d’une grosse rhinite aigüe ».

Le rhume, ce n’est pas plaisant mais ça n’empêche pas les jambes et les bras de fonctionner, y compris le cœur et un peu de cervelle.

L’ennui, c’est que personne n’a encore inventé ce mouchoir incorporé à la partie du corps concernée, informatiquement automatisé présentant un quart de surface vierge à chaque écoulement imprévu. Et ce, quatre fois jusqu’à remplissage du carré de papier recyclé ou non.

Non, je ne suis pas la seule à avoir attrapé ce genre de désagrément.

Pensez ! Déjà les anciens Romains le nommaient  »rheuma », bas latin signifiant « flux marin » ou « catahrre ». Avant eux, dans la civilisation grecque, on avait un ou une  ρ ̔ ε υ ̃ μ α (eau qui coule).

Nos amis anglais le nomment « cold ». Au moins ils affichent carrément son origine.

Saviez-vous qu’au XVIe siècle, ce fichu rhume était du sexe féminin ? Encore un de nos travers ! Le roi Soleil s’étant un jour enrhumé l’aurait, paraît-il, revendiqué en tant qu’attribut masculin aussi ? Le masculin l’emportant sur le féminin ……

Photo A little market

Photo A little market

 

D’ici trois jours, si ce maudit intrus n’a pas fichu le camp, je vais m’exclamer comme Sacha Guitry : « J’ai pris mon rhume en grippe ! »

Et si j’essayais le bon grog de rhum pour tuer mon rhume ! Mais du rhum je n’aime pas le goût. A boire le nez bouché ou ruisselant ?

Photo Comptoir-Irlandais

Photo Comptoir-Irlandais

 

 

Pardonnez-moi de vous avoir importunés avec un sujet si banal, vulgaire, quelconque et que je ne vous souhaite pas d’actualité chez vous demain ! A moins que vous l’ayez déjà en votre possession ! Dans ce cas, vous me comprendrez mieux !

A bientôt pour d’autres sujets beaucoup moins humides et coûteux en mouchoirs !

 

 

 

 

 

Merci au blog « Guess Who » sur lequel j’ai trouvé ce joli poème de Fernando Pessoa, le poète portugais (1888-1935)

« J’ai un gros rhume,

Et tout le monde sait comme les gros rhumes

Altèrent le système de l’univers.

Ils nous fâchent avec la vie,

Et nous font éternuer jusqu’à la métaphysique.

J’ai perdu la journée entière à me moucher.

J’ai mal confusément à tout mon crâne.

Triste condition d’un poète mineur !

Aujourd’hui je suis vraiment un poète mineur !

Ce que je fus autrefois ne fut qu’un désir : il s’en est allé.

 

 Adieu à jamais, reine des fées !

 

Tes ailes étaient de soleil, et moi ici-bas je m’en vais doucement.

Je ne me sentirai pas bien tant que je ne me verrai pas au fond de mon lit.

Je ne me suis jamais senti bien autrement que couché dans l’univers.

Excusez un peu … le bon gros rhume bien physique !

J’ai besoin de vérité et d’aspirine.

 

 

( 19 novembre, 2016 )

Vive la chasse aux ……..chasseurs !!

Ce matin, j’ai rencontré, allant et venant le long de notre petite route, un joli et jeune coq faisan, ailé de plumes d’un superbe bleu ardoise. 

Perdu, effrayé, n’osant se diriger à droite ou à gauche, devant, derrière, ne s’envolant même pas après plusieurs dizaines de mètres de course sur l’asphalte. Bref, une pauvre bête tout juste lâchée, la veille, de la volière dans laquelle elle était nourrie et logée. Une chair à canon pour demain, proie tellement facile, moins agitée qu’un pigeon d’argile mais ……pensante, elle !

Faisane le 19 11-2016

Souffrant de faim car la gamelle n’était plus là. De solitude, les amis de basse-cour parachutés plus loin. Effrayé à la vue d’un engin voiture déboulant sur lui et semblant la poursuivre .  

J’ai eu le temps de prendre deux clichés, il était toujours là et s’est enfin réfugié dans le talus. Demain, petit père, le talus sera visité par les chiens, le ciel à la portée des cartouches et la terre dénudée de son maïs aussi.

faisane 2016

Poulet, je te souhaite une mort rapide, ta seule issue face à la débilité de ces chasseurs insensibles au respect de la vie ! !

Et qui se disent amoureux de la nature !!

Des sportifs ?

Pardon, de quel sport s’agit-il ?

J’ai cherché parmi la longue liste des nombreux sports que chacun peut pratiquer et n’ai pas trouvé l’intitulé « tuerie » !!

De droite, de gauche, du centre ou des extrêmes, hommes et femmes politiques, un jour évoquerez-vous les sujets de la protection animale, de la corrida, de la chasse et autres barbaries dont on pourrait se passer pour vivre mieux notre vie de gens soi-disant intelligents ?

( 18 novembre, 2016 )

Jean Marais, le Manchois et ses ancêtres roncyais, une blague ?

Photo

Photo INA

 

La Manche, oui, il connaissait puisque né à Cherbourg le 11 décembre 1913 au 6, rue Groult, fils cadet d’Aline Vassord (1887-1973) et d’Alfred Marais (1882-1959).

Une enfance non rêvable dans une  »grande maison un peu triste », se souvenait-il.

Ses parents ? Maman Aline, alias Henriette Bézon, prénom donné par ses oncle et tante Bézon car les parents de la petite n’avaient pas la fibre familiale ! 

Papa Alfred ? Le vétérinaire envoyé à la Grande Guerre quand Jean avait huit mois. Revenu en 1919, comme un étranger au bercail, vite rejeté par Aline car amant derrière paravent et par le petit car inconnu surgissant de l’ombre.

Photo INA

Photo INA

L’arrivée au monde de Jean ? Bof, une grande déception car Aline attendait une fille pour remplacer Madeleine et combler le chagrin de la perte de sa chère ange, décédée à l’âge d’un an et demi alors que le petit Jean était déjà dans le ventre de sa maman ! 

Maman tellement déçue qu’elle habillera son Jeannot avec des tenues de fille ! Peut-être l’origine de l’homosexualité du comédien ?

1919 ? Jean a six ans et quitte La Manche pour Paris avec sa maman et Henri, le frère aîné, dix ans.

Sans papa ou « supposé papa » comme disent les mauvaises langues car maman avait le rapport facile ! 

Le comédien reviendra au chevet du père mourant en 1959 et pour son enterrement.

Photo Télérama

Photo Télérama

Dernière apparition manchoise du bel acteur en 1974 pour jouer la pièce « Le Bossu » au Théâtre municipal de Cherbourg, après un rôle dans le film « Les Chouans » en 1947, dans la Baie du Mont-Saint-Michel. De quel côté du Couesnon, le normand ou le breton ?

Là s’arrête l’épisode manchois de l’acteur qui évoquera, dans son livre de Mémoires, le bon souvenir des séances de cinéma cherbourgeoises où l’emmenait sa maman et de cette actrice Pearl White (1889-1938) dans « Les mystères de New-York » (1914). « Moi aussi, je serai acteur », aurait-il déclaré du haut de ses cinq printemps, admiratif de la beauté missourienne si sensuelle. Pearl White Pinterest

« Et Roncey ? » me direz-vous.

Photo INA

Photo INA

Du sang de Normand, Jean Marais en avait dans ses veines puisque ses ancêtres manchois, du côté de papa, ont vécu à Percy. Pierre et Thomas son fils, laboureurs dans ladite commune.

Puis Gilles, Thomas et René, trois générations succédant aux deux premières, elles établies à Roncey de 1709 à 1858, tous cultivateurs et marchands de fer (de ferraille). 

Emmanuel et Hyppolite, les suivants, seront pharmaciens et auront quitté Roncey pour Saint-Vast-La-Hougue.

Hyppolite, c’était le père d’Alfred et la boucle est bouclée.

Neuf générations de Manchois et le dernier, c’est Jean, décédé en janvier 1998. Un souvenir de ce magnifique acteur à Cherbourg ? Une rue d’abord baptisée Courtignon (entrepreneur de travaux publics) puis rue Victor-Hugo, enfin rue Jean-Marais à partir de l’an 2000.

Si jamais vous arpentez, un jour, cette rue cherbourgeoise, peut-être y apercevrez-vous, à la nuit tombée, le fantôme de l’un des plus beaux jeunes premiers du cinéma français ! A moins que vous ayiez choisi de vous emparer de l’un des bustes sur sa tombe à Vallauris et qu’il avait lui-même sculpté, juste pour avoir un souvenir de lui dans votre jardin !

N’omettez pas de lire ce commentaire de ma copine Mo et d’Yves, son mari qui ont souvent rencontré Jean Marais.

Je le reprends ici : « …Oui bel acteur. Il habitait à Marnes la Coquette près de chez nous. Yves avait fait des dépannages (électricité, plomberie…) à son domicile et on le rencontrait souvent au marché. Un homme très discret et très abordable. Après, il a vendu sa maison dans les années 90. Il avait beaucoup d affinités avec Jean Cocteau. Merci, Nellie, ça nous rappelle de bons souvenirs ».

Ce n'est pas une blague ! "L'un des bustes du film "La belle et la bête", créés par l'acteur français, a été volé au cimetière de Vallauris dans la nuit d'un  jeudi à vendredi de janvier 2016 . Cette pièce est estimée à 4000 euros. Photo you tube

Ce n’est pas une blague ! « L’un des bustes du film « La belle et la bête », créés par l’acteur français, a été volé au cimetière de Vallauris dans la nuit d’un jeudi à vendredi de janvier 2016 . Cette pièce est estimée à 4000 euros. Photo you tube

 

  

 

 

( 16 novembre, 2016 )

Splendeur et désillusion automnales

 

féérie O

 

 

 

 

 

 

 

A l’automne de sa vie, la feuille est féérie.

A l’automne de la mienne, tout me paraît bien gris.

L’amour s’en est allé vers d’autres horizons,

Oubliant ses promesses, volage Cupidon.

féérie 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’air pur du matin, la feuille tourbillonne,

Danse, voltige puis au vent léger s’abandonne.

Dans la fraîcheur de l’aube, mes pas sont hésitants.

Echine courbée, je titube et m’en vais défaillant.

arbre féé O

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’aimerais tant connaître, avant l’envol astral,

Un peu de la splendeur des feuilles automnales,

Une saison de douceur au parfum de sous-bois,

La noble pureté d’un sourire d’autrefois.

 

 

( 7 novembre, 2016 )

Des châtaignes pour Freckles

 

Freckles, quel drôle de nom pour une brebis ! A vrai dire, un mot british qui signifie « taches de rousseur ».  Des taches plus ou moins foncées sur ses quatre pattes, les oreilles et sur le corps, bien visibles lorsqu’à la fin du printemps, son manteau de laine vient de lui être ôté.

"Dis, maman, mon cageot est vide !"

« Dis, maman, mon cageot est vide ! »

 

Je vous ai déjà parlé d’elle et de ses maîtres britanniques qui nous l’ont confiée à la fin du printemps 2015, avec sa sœur Ma.

Une escapade en Suisse pour la communion de Nolan, notre petit-fils, n’avait été possible que si nous trouvions quelqu’un pour garder la vingtaine d’amis pattus, canins, laineux ou emplumés, y compris la douzaine de poissons au bassin.

J'ai beau attendre ma copine. Elle fait chambre à part !

J’ai beau attendre ma copine. Elle fait chambre à part !

 

Un séjour que nos amis animaux n’ont pas oublié car la dame était charmante, à leurs petits soins, ayant l’habitude de ce genre de service.

A notre retour, ayant trouvé l’endroit idéal pour une retraite paisible des deux dernières brebis vieillissantes de leur élevage, le couple nous a proposé de les amener ici, pour un séjour de deux mois et demi, monsieur partant en Afrique car retraité travaillant encore cependant pour des missions du Foreign Office. Quant à madame, elle s’envolait pour l’Australie, chez sa fille. Pour l’amour des animaux, j’ai illico presto dit « yes, of course ! ».

 

Et le 6 mai 2014, les deux charmantes et douces lainées sont arrivées. Descente de la vachère un peu difficile car toutes deux souffrant d’un début d’arthrose.

Choyées, elles ont continué leur paisible vie d’ovines dans l’enclos et le vaste champ de 2 hectares et demi ainsi que dans la bergerie, en compagnie de Kiwi Boy et de Fifi Rebita, sa sœur.

Et comme leurs maîtres n’ont jamais daigné reparaître, nous avons volontiers gardé les deux ovines qui ne nous ont guère causé de soucis.

Sauf quand il faut rejoindre l’autre monde….

 C’est Fifi qui, en octobre 2014, a cessé de vivre. Il nous restait Kiwi + les deux Anglaises.  Et l’hécatombe a continué avec, le 25 février de cette année 2016, la disparition de Ma la douce British.

"L'ennui, c'est pour plier ces maudites pattes  qui ne m'obéissent plus !"

« L’ennui, c’est pour plier ces maudites pattes qui ne m’obéissent plus ! »

Depuis trois mois, je nourris la gentille Freckles trois à quatre fois par jour. La nature étant généreuse, je lui offre herbe tendre coupée au ciseau, tranches de pain frais ou rassis dont elle se régale. L’automne venu, Freckles a sa bolée de châtaignes, son saladier de pommes tranchées.

Ses préférées ? Les nashi nashi, ces pommes poires de peu de goût mais tellement juteuses dont elle se gave depuis la mi août, tellement le pommier est généreux.

 

"Je vais me régaler un peu et oublier momentanément mes douleurs !"

« Je vais me régaler un peu et oublier momentanément mes douleurs ! »

 

Le foin ? Non, elle a mieux donc pas question d’y goûter. Les granulés de céréales ? Elle adore, les croquant prestement et en redemandant.

"Le menu ne varie guère mais j'apprécie !"

« Le menu ne varie guère mais j’apprécie ! »

Sa demeure quasi permanente ? Non point la bergerie mais une place bien à l’abri entre la serre et le mur du poulailler, à l’air libre, juste couverte d’une bâche lui évitant les rayons du soleil et la pluie. Si nous la déplaçons vers l’étable pour une nuit quand le temps est à l’eau, elle retourne vers son endroit choisi. Je sais qu’elle guette ma venue et m’avertit par un bêlement sourd. Je sais aussi que sa fin est proche. Le jour où ses pattes ne la porteront plus du tout, il faudra agir.

Un déchirement ! Car ôter la vie à ma douce Freckles au regard tendre et aimant de gentil animal va être un drame. 

Un drame à chaque fois que nous devons alléger les souffrances de nos amis animaux. Leur regard innocent, leur confiance inconditionnelle en nous…, il faut savoir les quitter, ultime preuve d’amour et de respect de notre part face à leur souffrance…

Il faut aussi aimer les animaux pour comprendre cela !

Homère aurait dit : « Le sommeil et la mort sont deux frères jumeaux ».

Car au-delà des ajoncs, de l'ombre et de la mort, il y a peut-être la lumière naissante d'un soleil infini, tels ces rayons, ce matin, passant outre les piquants acérés, sur le talus.

Car au-delà des ajoncs, de l’ombre et de la mort, il y a peut-être la lumière naissante d’un soleil infini, tels ces rayons, ce matin, passant outre les piquants acérés, sur le talus.

Puisse-t-elle bientôt reposer en paix, sans souci de ses quatre pauvres pattes usées, au royaume des vertes prairies, des vergers de pommiers nashi-nashi, des talus de châtaigniers toujours en fruits et des généreux distributeurs automatiques de granulés pour brebis, avec tous les ovins qu’elle a côtoyés et nous, les humains qu’elle a aimés, à sa manière de gentille petite brebis.

Aujourd’hui 8 novembre, j’ai pris la grave et terrible décision de laisser partir Freckles pour un monde meilleur.

Coup de fil au vétérinaire, la voix tremblante. Dernier copieux repas pour ma douce, beaucoup de caresses sur sa tiède tête. Elle ne s’est pas levée de toute la nuit, ses pattes refusant de la porter. Attente interminable de l’homme à la piqûre de soulagement. Enfin, il arrive et la laisse gentiment manger son dernier bol de granulés. Je lui tiens doucement sa tête penchée, il faut trouver la veine. Encore quelques mots et caresses les plus aimants, bienveillants et affectueux possible, les yeux embués de larmes. C’est la fin, la tête s’alourdit au creux de mes mains, les yeux ne cillent plus. Ultime réconfort : Freckles n’a pas souffert pour mourir.

Adieu, ma bien douce et jolie vieille brebis !

Je sais que tu as rejoint ton paradis, tout près de Ma, ta sœur, de tous tes petits dont on te séparait au printemps de chaque année, pour la bouffe de ceux qui aiment la chair animale. Repose en paix dans le champ encore verdoyant et attends-moi ! Un jour, je te retrouverai.

 

«Il y a toujours pour moi cet aspect bouleversant de l’animal qui ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. Il y a cette immense liberté de l’animal, vivant sans plus, sa réalité d’être… C’est pourquoi la souffrance des animaux me touche à ce point.»

Marguerite Yourcenar in « Les Yeux ouverts » 1980  Editions Le Centurion

 

 

  

 

( 19 octobre, 2016 )

Cela point ne lui haictait …

Non, vous n’avez pas découvert cet entrefilet dans votre quotidien ou hebdomadaire. Ni même entendu la nouvelle à la radio. Ni croisé le visage bouleversé de la jeune fille en question au journal télévisé ou sur facebook. Non, non et non. Et pourtant ça s’est bien passé un jour !

Alors moi, je vais vous relater les faits, me ferai sa porte-parole et décrirai le sort de Marie, Isabelle ou Anne ? Car j’ai oublié son prénom. Peut-être bien Ameline ?

Cela est arrivé il y a quelque temps du côté du château haut dressé sur la colline, à quelques lieues de l’abbaye perdue en lisière de forêt.

L’âge de la jeune fille ? Tout juste quinze ans et déjà amoureuse du garçon  qu’elle épouserait un jour si … les parents ne s’y opposaient pas.

A-t-elle fréquenté le cloître de l'abbaye de Fontevraud, en Anjou, en pleine reconstruction au XVIe siècle ? Photo Wikipédia

A-t-elle fréquenté le cloître de l’abbaye de Fontevraud, en Anjou, en pleine reconstruction au XVIe siècle ? Photo Wikipédia

Or père et mère ne voyant pas d’un bon œil cette future alliance avec un gars de plus basse extraction n’envisagent pas les noces. Une seule solution à cette situation : faire entrer la jeunette au couvent, certes contre sa volonté mais c’est pratique courante.  »De plus, nous gagnerons aisément le paradis si nous offrons notre cadette à Dieu ! »

Ainsi fut fait. Notre Ameline fut, contre son gré et à son grand désespoir, conduite au couvent le plus proche, certes fort réputé pour sa qualité de vie stricte et respectueuse de la loi de saint Benoît.

La pauvrette a-t-elle hanté ces longs couloirs angevins de silence et de froid ? Wikipédia

La pauvrette a-t-elle hanté ces longs couloirs angevins de silence et de froid ? Wikipédia

La jeune nonne eut beau implorer la douce vierge Marie et tous les saints que lui avaient enseigné ses parents et son curé, elle se résolut à attendre la mort, enfermée pour toujours, croyait-elle.

Otage de sa prison de prières et de dévotions, la petite se mourait peu à peu quand, au petit matin du premier jour du mois de mai, elle entendit le galop d’un cheval, eut tout juste la force de jeter un œil à la fenêtre de sa cellule pour apercevoir le garçon qu’elle aimait. Un caillou lancé contre la vitre la brisa tout net, une corde lancée à la jolie et attachée à un pied du lit fit l’affaire pour l’évasion et les bouleversantes retrouvailles.

N’ayant pas eu de récentes nouvelles des deux amis, j’ose espérer qu’ils ont fui la région et gagné un endroit paisible à l’abri des parents barbares, des coutumes stupides et des pratiques religieuses cruelles.

Ai-je oublié de vous dire que cette histoire s’est passée au milieu du XVIe siècle, qu’un poète au nom oublié l’a relatée et qu’en 1576, Jehan Chardavoine l’a jointe dans son recueil pour qu’elle arrive, 440 ans plus tard, jusqu’à nous ? Vous en connaissez d’ailleurs quelques-unes de ces chansons car parmi ces poèmes mis en musique et publiés dans son recueil il y a Mignonne allons voir si la rose de Ronsard, d’autres de Joachim Du Bellay et de Clément Marot.

Page de couverture du recueil de chants, à la base des poèmes dont certains parvenus jusqu'à nous.

Page de couverture du recueil de chants, à la base des poèmes dont certains parvenus jusqu’à nous.

 

Cette histoire que je viens d’évoquer, chanson de la Renaissance, est, cette année, au programme de notre petit chœur de femmes, sous la direction de Frances. Je vous en livre le texte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une jeune fillette
     de noble cœur,
Plaisante et joliette
     de grand’ valeur,
Outre son gré, on l’a rendue nonette,
Cela point ne lui haicte,
   dont vit en grand’ douleur.

Un soir après complie
     seulette estoit,
En grand mélancolie
     se tourmentoit,
Disant ainsi, douce vierge Marie
Abregez moy la vie,
     puis que mourir je doy.

Mon pauvre cœur soupire
     incessamment,
Aussi ma mort désire
    journellement.
Qu’à mes parents ne puis mander n’escrire,
Ma beauté fort empire,
     je vis en grand tourment.

Que ne m’a t’on donnée
     à mon loyal amy,
Qui tant m’a desirée
     aussi ay-je moy luy,
Toute la nuit m’y tiendroit embrassée
Me disant sa pensée,
     et moy la mienne à luy.

A Dieu vous dy mon père,
     ma mère et mes parens,
Qui m’avez voulu faire
     nonnette en ce couvent,
Ou il n’y a point de réjouissance,
Je vis en desplaisance,
     je n’attens que la mort.

La mort est fort cruelle
     à endurer,
Combien qu’il faut par elle
     trestous passer.
Encor’ est plus le grand mal que j’endure,
Et la peine plus dure
     qu’il me faut supporter.

A Dieu vous dy les filles
     de mon pays,
Puis qu’en c’est Abbaye
     me faut mourir,
En attendant de mon Dieu la sentence,
Je vy en espérance
     d’en avoir réconfort.

imagesZ3VQ3SZW

Vous vous apercevrez, si vous avez le courage de lire le texte jusqu’à la fin, que l’histoire se termine mal.

C’est moi qui ai voulu sauver la malheureuse et j’y ai réussi puisque vous m’avez suivie un instant.

Car j’aime à croire en une Force Supérieure qui, lorsque vous pensez que tout est fini, vous offre un coin de ciel bleu, une heureuse issue à une histoire qui aurait pu tourner mal.

Cela vous a-t-il haicté ? Haicté ?

J’ai délicatement ouvert l’un des sept volumes du Littré de Raymond Yxemerry, l’écrivain ami, collection offerte par Paulette, son épouse après le décès de celui-ci. Le dernier des sept à la page 333 et j’ai lu au mot « souhaiter » : sous et l’ancien verbe haitier (ou haicter), rendre joyeux.

Haitier vient de l’ancien historique allemand heizan. 

Hait et haiter sont encore utilisés dans le département de l’Ille-et-Vilaine : « Cela ne me haite  (ou haicte) guère » signifiant cela ne me plaît guère.  

Et si je ne vous ai pas haictés, tant pis !

Non, elle n'a pas été enfermée contre son gré à l'abbaye du Mont-Saint-Michel car réservée aux hommes. Aujourd'hui, six à dix frères et sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem y vivent, libres.

Non, elle n’a pas été enfermée contre son gré à l’abbaye du Mont-Saint-Michel car réservée aux hommes. Aujourd’hui, six à dix frères et sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem y vivent, libres.

L'abbaye du Mont-Saint-Michel construite à partir du Xe siècle et quittée par les moines en 1790.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel construite à partir du Xe siècle et quittée par les moines en 1790.

Au fait, saviez-vous qu’Emile Littré (1801-1881), dont le père était né à Avranches, aimait « cette petite ville perchée sur une espèce de promontoire… Un pays charmant qu’il faut voir quand les pommiers sont en fleurs. Elle (la ville) regarde en face d’elle l’abbaye du Mont-Saint-Michel et sa grève désolée… »  In Préface au livre d’Eugène Noël « Mémoires d’un imbécile ». 

 

 

( 12 octobre, 2016 )

La dame à la jupe rouge au pays de la verte Erin

La verte Erin ?  Mais si, vous connaissez !

Comme on dit la Monaco du Nord pour Granville, le pays des mille lacs (la Finlande), la patrie de Noé (l’Arménie), le pays des cèdres (le Liban), le royaume de Cervantes (l’Espagne) ou la plaine des Jarres (le Laos) ou encore le pays des kiwis (la Nouvelle-Zélande), l’on parle de la verte Erin, nom poétique pour désigner l’Irlande.

Limerick_8

C’est là-bas qu’a filé, ce samedi 24 septembre, la diva de Romi. Eh oui, la belle à la jupe rouge et aux bas résille noirs de jais a filé à l’irlandaise, non par infidélité, pratique courante mais parce qu’elle et lui étaient arrivés au terme de leur aventure. Une rupture nette, certes douloureuse, surtout pour Baptiste, trois ans, qui avait, en ouvrant les yeux à la vie, appris à la fréquenter même si, aux premières rencontres, le petit la trouvait trop bavarde et fort bruyante.

Son nouveau compagnon ? Paul O’Connell. Triple champion  de course de côte d’Irlande. 

OK pour le langage des gestes, universel.

OK pour le langage des gestes, universel.

Le charmant trentenaire habite tout près de Limerick, 50 000 habitants, la troisième ville d’Irlande après Dublin, la capitale et Cork.

Heureuse ou malheureuse de partir en Irlande ?

Heureuse ou malheureuse de partir en Irlande ?

Dans la somptueuse remorque accrochée à l’énorme 4/4, doucement, précautionneusement elle a été poussée.

 

Eh bien voilà, c'est fait !

Eh bien voilà, c’est fait !

Nous assistions tous ou participions à la scène, avec un pincement au cœur mais nous n’osions le dire.

Et moi qui l'aimais bien !

Et moi qui l’aimais bien !

Sauf Baptiste, triste et boudeur, lui aussi muet, resté dans son coin, qui n’aurait pas voulu que…. 

Elle avait eu ses jours de gloire, la belle écarlate ! 

Et ses moments de déception !

Laly la regrette aussi un peu, trop fière de redescendre à son volant, sur les genoux de papa, après un passage en course de côte.

Laly la regrette aussi un peu, trop fière de redescendre à son volant, sur les genoux de papa, après un passage en course de côte.

Banal, comme pour les humains, dans la vie !

Quettreville 2015, le trophée du vainqueur, le summum, la plus belle victoire ! 

Août 2015, la victoire à la course de côte Quettreville-Hérenguerville

Août 2015, la victoire à la course de côte Quettreville-Hérenguerville

Quettreville 2016, un joint de tuyau défaillant et tout s’écroulait ! 

Capricieuse à ses heures, fragile de la carrosserie, merveille d’élégance et de classe, vrombissante ou muette, la fille couleur tomate va continuer son parcours de barquette M20, châssis année 2003, moteur Honda 2 litres, 240cv, 540kg, 6 vitesses séquentielles avec palettes au volant…….. sur les circuits irlandais.

Car elle est bien arrivée à Limerick après 17 heures de traversée, sans mal de mer, juste un peu de mal de la Normandie qui va bien vite passer !

D’ailleurs en voici la preuve : elle, dans sa nouvelle demeure en verte Erin.

Le garage irlandais et la dame rouge à l'intérieur

Le garage irlandais et la dame rouge à l’intérieur

 

 

( 10 octobre, 2016 )

5e et dernier chapitre fête de la pomme

Le chapitre le plus gourmand, celui du régal des papilles, des yeux et de l’odorat. Pour les oreilles, un peu de « Jus de pomme ». Une superbe réussite haute en couleurs.

Vous les voulez crues ou bien en tartes, ces jolies pommes normandes ?

Pardon à ceux et celles dont j’ai oublié de prendre la pomme en photo. Quelqu’un d’autre l’aura peut-être fait pour moi ?

musi O

Concours de tartes

Concours de tartes

Pas moins de 130 variétés de pommes sur les présentoirs ! Une petite folie qui en a impressionné plus d'un !

Pas moins de 130 variétés de pommes sur les présentoirs ! Une petite folie qui en a impressionné plus d’un !

( 10 octobre, 2016 )

Fête de la pomme chapitre 4 suite et presque fin en vrac

Beau choix de gâteaux maison vendus par l'APE.

Beau choix de gâteaux maison vendus par l’APE.

Joël au four, Anne aux chaussons, la petite boulangerie en rêvait depuis fort longtemps !

Joël au four, Anne aux chaussons, la petite boulangerie en rêvait depuis fort longtemps !

Jacques, le magicien sachant gélifier une confiture sans sucre et sans cuisson, à froid.

Jacques, le magicien sachant gélifier une confiture sans sucre et sans cuisson, à froid.

Joli jeu original : pomme recherche sa sosie.

Joli jeu original : pomme recherche sa sosie.

Jules et Hector au jeu d'adresse de la balle qui refuse de regagner son trou.

Jules et Hector au jeu d’adresse de la balle qui refuse de regagner son trou.

Ce manège maison ou atelier, confectionné par trois compères a ravi les enfants malgré quelques petits ennuis de gouvernail.

Ce manège maison ou atelier, confectionné par trois compères a ravi les enfants malgré quelques petits ennuis de gouvernail.

Courageuses galettières à l'œuvre pour le régal des passants

Courageuses galettières à l’œuvre pour le régal des passants

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Cidriculteurs au GAEC des Poumyis, de père en fils.

Cidriculteurs au GAEC des Poumyis, de père en fils.

( 10 octobre, 2016 )

Fête de la pomme chapitres deux et trois Dégustation et sculptures

Intarissable sur ce sujet de noble boisson à base de pommes, Dominique Hutin a passionné l'auditoire des becs fins du cidre doux, brut ou demi sec.

Intarissable sur ce sujet de noble boisson à base de pommes, Dominique Hutin a passionné l’auditoire des becs fins du cidre doux, brut ou demi sec.

 

Légère, cette pomme ? Pas moins de 35 kilos, tombée du pommier de chez Jacky, le tourneur sur bois.

Légère, cette pomme ? Pas moins de 35 kilos, tombée du pommier de chez Jacky, le tourneur sur bois.

Oserai-je avouer  que, préférant la dégustation du thé à celle du cidre, j’ai peu de clichés de ce convivial moment car je me suis éclipsée à la découverte des sculpteurs ?

 

Remarquable adresse pour le sculpteur de fruits et légumes.

Remarquable adresse pour le sculpteur de fruits et légumes.

 

Quand quat' cygnes vont à l'eau....

Quand quat’ cygnes vont à l’eau….

Magnifique stand d'Emmanuelle et de Sébastien

Magnifique stand d’Emmanuelle et de Sébastien

sculpture 4 Osculpture 5 O

Apprentissage de la sculpture sur pierre avec Yannick lesté de son bébé.

Apprentissage de la sculpture sur pierre avec Yannick lesté de son bébé.

 

 

 

 

( 10 octobre, 2016 )

Conjugaison de la pomme à toutes les heures du jour 8 octobre 2016. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.

Le soleil matinal joue à travers les pommiers de Maurice.

Le soleil matinal joue à travers les pommiers de Maurice

 

L'homme à la casquette a donné rendez-vous aux passionnés d'arboriculture. Il est 9h1/2.

L’homme à la casquette a donné rendez-vous aux passionnés d’arboriculture. Il est 9h1/2.

D'un pommier à l'autre, l'on se cultive.

D’un pommier à l’autre, l’on se cultive.

Chapitre un

 

 

 

 

 

 

 

La balade matinale

 

 

 

 

 

 

Richard donne une leçon de taille d'un jeune chêne à Maurice, le propriétaire du champ boisé.

Richard donne une leçon de taille d’un jeune chêne à Maurice, le propriétaire du champ boisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Leçon pour le respect de l'arbre.

Leçon pour le respect de l’arbre.

( 2 octobre, 2016 )

Mon premier amour (suite et fin)

La photo de mon premier amour ? La voici.

Titi 2 O

Je l’avais baptisé Titi, joli nom ensoleillé facile à prononcer pour une toute petite fille. C’est vrai que je l’ai aimé fort. Vous aussi avez souvenance d’un ours, d’un doudou ou d’une poupée qui vous a accompagné  tout au long de votre enfance. Confident, consolateur, souffre-douleurs parfois puis un jour rejeté et envoyé au grenier car son temps était passé. Visitant souvent cette partie haute et mystérieuse, domaine des araignées, souris chauves ou non de la maison familiale, j’y ai, il y a une quinzaine d’années, retrouvé mon Titi qui m’attendait, couché dans le vieux landau sans roues et tout mité.

Titi 3 O

Mon cœur n’a alors fait qu’un bond. Maman voyant cet ours tout déconfit et mal en point l’a, des ses mains fort habiles à la couture, élégamment habillé de bouts de tissu.

Le petit homme de mes rêves d’enfant a quitté son logis et est venu habiter à Saint-Denis-le-Vêtu. Il a rejoint le clan des ours en peluche de Lénaël et Romaric, nos deux fils. Des histoires d’ours abandonnés, s’en sont-ils racontées ? Cet été, je l’ai présenté à Timo et Nolan, Laly et Baptiste, la génération des petits-enfants.

Comme tous les enfants du monde, eux aussi ont eu et possèdent encore leur Meuh-meuh, Quinquin, Doudou et Charlotte.

Et vous, comment s’appelait votre premier petit amoureux, celui qui a bercé votre enfance et que vous avez tant serré contre votre cœur ?

Au fait, je dois vous dire pourquoi je l’ai désormais invité à rejoindre, après soixante et un ans d’infidélité, ma chambre.

Très récemment, je suis allée faire une séance de shiatsu. Nous avons la chance d’avoir, dans notre commune, Marie-Christine, une professeur de cette technique de thérapie manuelle d’origine japonaise, méthode de relaxation et de bien-être, pour une meilleure circulation de l’énergie.

Libération des points noués du corps et de l’esprit, recherche de l’origine de ces nœuds qui remontent bien souvent à une partie cachée  vécue dans l’enfance. « Tu dois réhabiliter ton enfant intérieur », m’a-t-elle dit. « Joue le jeu. Achète-toi une poupée, un ours et concentre-toi en lui racontant tes blessures, tes inquiétudes ». Car, c’est un peu théorique :

« Notre enfant intérieur blessé a un mental qui a son propre fonctionnement et qui est complètement indépendant de celui de l’adulte qui compense. Il ou elle vit dans son propre monde, un monde basé sur les expériences et les souvenirs de ce passé lointain. Il ou elle est encore intensément vivant et influence très fortement le présent. Dans mon cas, pendant la plus grande partie de ma vie, il s’est manifesté inconsciemment, mais très puissamment. Je suis maintenant plus conscient de ce qu’il ressent, de pourquoi il fait ce qu’il fait, et de comment il fonctionne. Explorons le monde de cet enfant blessé.

Au fond de la conscience de l’enfant blessé se trouve la peur – une peur non reconnue, et pas acceptée. La peur elle-même n’est pas le problème. C’est notre manque de conscience et d’acceptation de cette peur qui crée les difficultés. On sabote notre créativité, notre estime de nous-même, et nos relations, parce que, caché dans notre inconscient, se trouve un enfant qui a perdu sa confiance en lui ou en elle, et dans les autres. Un enfant qui a profondément peur et qui a toujours souffert d’être privé d’amour. Cet enfant réagit à partir de cette peur, de cette privation, de ce manque d’amour, par de nombreux comportements différents, et inconscients. L’agitation, la précipitation avec laquelle la plupart d’entre nous mangeons, parlons, agissons et nous maintenons occupés, sont quelques-unes des attitudes que montre l’enfant paniqué. »    

Krishnananda

Titi O

Voilà pourquoi Titi est réapparu dans ma vie pour m’aider à trouver la quiétude. Essais de retrouvailles de ces périodes de la petite enfance, travail sur soi-même… à l’aide de cet ours rembourré de paille ou foin, pratique de fabrication de ces petits êtres dans les années cinquante.  

 

( 2 octobre, 2016 )

Mon premier amour

J’aimerais, en toute discrétion, vous entretenir de l’être exceptionnel dont j’ai été amoureuse pendant six longues années.

Il était brun, de taille moyenne, possédait un regard irrésistible. Ses deux petits yeux pétillants, marron havane cerclés de transparence me faisaient chavirer à chaque rencontre. Et ce nez à la retroussette qui lui donnait un air jovial en permanence !

Toujours élégant dans ses habits fait sur mesure par, c’était l’habitude alors, une couturière locale, il aimait que je lui en hôte le blouson, prenant alors ses aises.

Les cheveux ras, les oreilles au vent, le jeune homme n’aimait guère sortir et préférait rester blotti des heures et des heures, voire la nuit entière, sous les draps, à mes côtés. Toutes mes peines, patiemment il les écoutait, ne hochant point la tête. Je savais cependant qu’il me comprenait, sans mot dire. Et j’étais rassurée. Combien de larmes ai-je épongées sur son pull de laine multicolore ! Mes joies aussi, je lui en faisais connaissance et il les partageait : je le voyais alors sourire !

coeur

Un beau jour, bien à regret, nous avons dû nous séparer. Je le reconnais : c’est moi qui l’ai quitté, volant vers d’autres aventures ! La vie est ainsi faite !

Me croirez-vous si je vous dis que, pendant plus d’un demi-siècle, mon premier amour de tendre jeunesse m’a attendu ! Eh oui. Pas d’autre passion pour lui ! Il a vécu caché, sans broncher. Aucune lettre, pas d’appel téléphonique !

Le jeune homme a vieilli en taisant son chagrin, vivant des souvenirs de notre vie à deux, du temps béni de nos amours si nobles et si pures.

Bonheur des retrouvailles, certes sans les mêmes émois mais avec tant de souvenirs communs !

Nous nous sommes étreints si fort, si fort et avons fait la promesse de ne plus jamais nous quitter, quoiqu’il arrive.

Vous voulez sa photo, voir à qui ressemble cet amoureux fidèle ?

Je m’en vais la lui demander et vous la communiquerai dans un prochain article.

Mais inutile d’en parler à tout le monde ! Restons discrets !  

 

« La mémoire est toujours aux ordres du cœur »

Antoine de Rivarol, écrivain et essayiste français du XVIIIe siècle.

( 27 septembre, 2016 )

Là-haut, dans la montagne…

Là-haut, perché dans la montagne à 1572 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est un village de 489 âmes.

Grimentz il se nomme. Sis dans le Valais, l’un des 26 cantons suisses, dont la capitale est Sion, 32 ooo habitants, la ville trois fois déçue de ne pas accueillir les Jeux Olympiques d’hiver, trois fois dauphine d’Innsbrück (Tyrol autrichien) en 1976, de Salt Lake City (Utah aux USA) en 2002 et de Turin (Torino en Piémont italien) en 2006.

Sandrine, Timo et Nolan

Sandrine, Timo et Nolan

 

Non, je n’ai pas pour but de vous ennuyer avec un cours de géographie. Juste évoquer l’endroit dans lequel habitent Lénaël, notre fils aîné, Sandrine, sa charmante épouse vendéenne, Timo, 14 ans et Nolan, 12 ans, nos petits-enfants.

Un emploi dans la restauration, pourquoi pas jusque là-bas, les a tous deux, alors très jeunes serveurs, attirés. Se côtoyant sans se connaître, nos Français expatriés se sont alors rencontrés au bout d’un an de vie au village. Il y a une vingtaine d’années.

chalet

Et depuis tout ce temps, nous n’attendons plus leur retour sauf passager, lors de leurs vacances, généralement deux fois l’an.

Pour les nouvelles fraîches, allo allo, le satellite nous permettant de franchir les 1054 kilomètres en trois secondes.

Petite gentiane

Petite gentiane

 

Au troisième étage d’un chalet au pied des remontées mécaniques, la famille habite. Un autre enfant très poilu, quadripattu, du type mistigris, partage leur vaste espace aux larges baies vitrées ouvrant sur la montagne.

Pensée des Alpes

Pensée des Alpes

 

L’air pur des cimes, le charme du petit village aux chalets de bois, mélèzes et sapins formant écrin en dégradés de verts, les amis fidèles, le blanc manteau neigeux l’hiver, la fraîcheur ensoleillée estivale, la féérie des vallons à l’automne, tout est réuni pour les retenir là-haut.

 

 

Epilobe

Epilobe

 

Et moi, en bas, dans mon si plat pays, je rêve de voyage là-haut tout près de nos enfants, de leur village, de la Dent Blanche, du lac de Moiry, des herbages tout fleuris de gentianes, pensées, épilobes, edelweiss, pulsatiles, campanules, germandrées, arnicas et asters, des vaches aux cloches tintinabulantes.

Je rêve de cette charmante église où j’aime tant aller chanter un Ave Maria, seule dans la discrète lumière filtrée par les vitraux !

Arnica

Arnica

A l’ombre des sapins et mélèzes, à la contemplation du soleil couchant tout près de la tsigère de Pierre, aux longues balades le long des sentiers escarpés en compagnie de nos chers grands et petits Suisses, à la découverte des bisses du Valais.

 

Septembre 2006 Lénaël, Timo et Nolan près du lac de Moiry

Septembre 2006 Lénaël, Timo et Nolan près du lac de Moiry

 

En attendant les beaux sommets alpins, je saurai me contenter de randonner du côté de Montpinchon, Montchâton, Montabot, Montcuit, Montfarville et Montmartin ou Montrabot, tenez, poussons même jusqu’au Mont saint Michel, histoire de prendre si peu de hauteur et d’apercevoir, qui sait ! dans le lointain, le joli village de Grimentz.

"Et ce glacier vieux de millions d'années", montre Lénaël

« Et ce glacier vieux de millions d’années », montre Lénaël

 

 

12345...13
« Page Précédente  Page Suivante »
|