( 7 février, 2018 )

Satanée pilule

 sans-titre         

 

 

 

 

 

 

« Tu l’as vu, mon comprimé ?

 Idiot ! Je l’ai fait tomber ! »

Nous voilà à quatre pattes,

Examinant chaque latte

Au parquet du logement.

Espérant assurément

Dare dare la capture

Du fuyard en aventure.

 

« Mais où donc est-il caché,  

Ce satané condensé ? »

Scrutant du froid plancher l’aire,

Quatre globes oculaires

S’activent de bas en bas,

Stoppant tout net leur repas,

Du mutin toute saisie

Rimant avec utopie.

 

Piétinant et ruminant,

Nous perdons, zut ! notre temps.

Et abandonnons l’idée

De retrouver la dragée.

Le café qui refroidit,

La tasse de thé aussi !

Les tartines qui attendent

Du breton beurre l’offrande !

 

 

 

Mais soudain dans ma chaussure,

Je sens une bosselure,

Comme un tout petit caillou

Ou bien un grain de cachou.

Faut-il donc croire au miracle ?

Quel insolite habitacle

Pour un vil, coquin cachet,

Baladeur et si rusé !

 

 

Aventure strasbourgeoise survenue le 1er janvier 2018.

 

 

Nellie Duval     La Mauvillière, le 7 février 2018

( 4 février, 2018 )

Dans la nuit bleue

 

Merci à Paul Klee (1879-1940) qui aimait les chats et les a peints.

Merci à Paul Klee (1879-1940) qui aimait les chats et les a peints.

 

Bien lovée au milieu d’une botte de foin,

Dans le vaste grenier la minette avec soin

S’étire, souple encor. La nuit est toute bleue.

L’astre lunaire brille à des milliers de lieues,

Et lance ses reflets dorés au noisetier,

Tout à son périgée*, cette nuit de janvier.

 

Avant de s’assoupir, la vieille chatte sonde

Tous les bruits alentour. La chouette vagabonde

Va, cherchant une proie. Au désespoir d’un chien

A la chaîne étranglé succède un cri lointain,

Un miaulement connu. C’est l’ardente prière

De son cher compagnon, le doux chat de gouttière.

 

Minette est fatiguée. Il n’est plus temps d’aimer.

Et puis, tous ces petits, il faut les élever.

Son pauvre corps usé a tant donné naissance,

Tant fourni de lait chaud, tant pleuré les absences…

Non, elle n’ira pas au galant rendez-vous

Et restera fort sage en son lit, sans époux.

 

Nellie, La Mauvillère, samedi 3 février 2018

*Périgée : période pendant laquelle la lune est au plus près de la terre (359 000 kms), survenu avant-hier, le 31 janvier.

Super lune bleue de sang : alignement rare de trois phénomènes astronomiques qui s’est produit dans la nuit du 30 au 31 janvier 2018 : une «  super lune  », une «  lune bleue  » et une éclipse lunaire, non visible en Europe… combinaison qui ne s’était pas réalisée depuis le 31 mars 1866 et qui reviendra le 31 janvier 2037 !

On  dit que la lune est bleue quand il y a deux pleines lunes dans le même mois, la dernière étant qualifiée de bleue. Ce qui se produit cette année en janvier et mars. En tout 13 pleines lunes dans l’année. Blue moon, disent les Britanniques.   Merci Wikipédia.

( 30 janvier, 2018 )

Grise est ma vie

Si grise est ma vie quand le soleil décline

A percer le manteau de nuages en gésine.

Vaine l’espérance d’un doux jour souriant

Puisque les rayons d’or, du firmament absents,

Ne réchauffent ni sol, ni herbe, ni arbres.

La nature subit, tel un tombeau de marbre,

Le lent ruissellement des éléments chagrins.

Me manquent le pur tordus 2chant des oiseaux, le parfum

De l’œillet, du lilas, la tiédeur du chemin

Vers la sérénité, la paix et la constance.

Si grise est ma vie, si vaine l’espérance.

 

( 23 janvier, 2018 )

Un grand cerf va mourir…

UN GRAND CERF VA MOURIR

cerf wikipedia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand cerf va mourir tout à l’heure,

Victime choisie en sa demeure

Par les adeptes d’un vil rituel,

Chasseurs insensibles et cruels,

Trop rompus aux tueries destructives

De pauvres bêtes inoffensives,

Aux lames tranchantes des poignards,

Aux crocs des chasseurs canins Drahthaar*.

 

La forêt aux arbres centenaires

Assiste, impuissante à l’affaire,

Ne bronche point, muette d’effroi,

Ne se demande pas le pourquoi.

La mousse bientôt prendra la teinte

De son sang et gardera l’empreinte

Du beau brocard aux bois de velours.

La grande vènerie est en cours.

 

L’animal aux abois sent ses forces

Faiblir. Déjà il pressent l’amorce

De sa fin. Cruels hommes et chiens !

A la barbarie ne comprend rien.

Il soupire ! Si grande est sa peine :

Quitter sa vaste futaie de chênes,

Des biches la horde abandonner ?

Non, il ne se veut pas condamné.

 

Saisi d’un incroyable courage,

L’animal se dresse. Fou de rage,

Galope avec opiniâtreté

En direction de la liberté,

Et plonge aussitôt dans la rivière

Profonde, ce jour hospitalière,

Laissant hommes et chiens sur leur faim

De sanglant carnage, les crétins !

Nellie Duval, La Mauvillière, le 23 janvier 2018

 

*Drahthaar : race de chiens utilisés dans les chasses à courre

( 18 janvier, 2018 )

Bons baisers et mots d’Helvétie*

     Montagnes d’Helvétie, tirouli rouli…..

Cela commence bien, me direz-vous ? La voilà qui, par pédanterie, utilise ce terme littéraire, légèrement archaïque, pour désigner la Suisse actuelle ! Sachez cependant que cette partie orientale de la Gaule, oui, de notre Gaule, qu’habitaient les Helvètes, représentait à peu près le territoire de la Confédération helvétique actuelle, la Suisse.

Mais c’était du temps des Orgétorix et Vercingétorix, tout ceci avant JC ! 

Mon propos n’étant pas de vous donner une leçon d’Histoire, vu mes connaissances très limitées, je vous causerai des expressions familières actuelles du langage parlé suisse valaisan, ayant la chance d’être régulièrement invitée chez mes enfants qui vivent à Grimentz, en Valais, depuis plus de vingt années.

          Vingt-six en tout

Au pays des Sept Sages (pas de président de la république, le pouvoir exécutif étant composé de sept conseillers fédéraux), il serait temps que je remise (range) tout ce vocabulaire de la langue valaisane (Le Valais VS étant l’un des 26 cantons parmi lesquels voici les plus connus, accompagnés de leurs deux lettres illustrant les plaques d’immatriculation), ceux de Genève GE, Zurich ZH, Ticino Tessin TI, Vaud VD, Fribourg FR, Grisons GR, Jura JU, Argovie AR, Thurgovie TG, Zug ZG, Berne BE, Bâle Basel BS, Neuchâtel NE). Ajoutons-y un autre fort connu des cruciverbistes : en trois lettres, un canton suisse ? Celui d’Uri UR, naturellement !

carte_Suisse

                     

 

                                     Adjeu ! 

Adjeu (bonjour), vous dis-je donc. Ne regardons en là (en arrière) et partons en çà (en avant). Je vous propose un petit tour du village de Grimentz, dont le cœur de bourg est déjà haut perché (1570m) et dont la plus haute piste des 20 hectares du domaine skiable atteint 2880m, sous l’œil impassible et fier de La Dent Blanche, le sommet alpestre proche culminant à 4357m. 

 

La Dent Blanche Merci, wikipédia

La Dent Blanche Merci, wikipédia

 

 

 

 

 

 

 

 

          Inalpe et désalpe

Ayant quitté le 3e étage du chalet que Lénaël et Sandrine occupent, je suis passée devant cet enclos pentu dans lequel paissaient quelques motrons (jeunes vaches), Bientôt elles rejoindraient leurs aînées à l’étable pour y passer, bien à l’abri, la mauvaise saison. Sachez que, dès la fonte des neiges, vers le mois de juin, les troupeaux d’ovines montent aux alpages, c’est l’inalpe et en redescendent à la désalpe, en début septembre, coutumes qui occasionnent des journées où le folklore est roi et les belles ruminantes les reines. Vache_herensChaque restaurateur, chef d’entreprise, l’électricien, le plombier possède une ou plusieurs vaches, symboles d’une certaine aisance financière et du maintien d’une coutume ancestrale. Sachez que ces vaches sont piètres laitières. Le vacher qui les garde a deux tâches bien définies, mis à part les bons soins et surveillance : noter chaque jour le résultat de la traite sur la liste de chaque propriétaire mais aussi inscrire la maîtresse du jour, s’il y a eu combat, toujours sans gravité mais combat tout de même car chacune des dames aspire, à peine éveillée, à obtenir le titre de reine. Le lait récolté au cours de l’été sera transformé en tomme et le proprio recevra, juste après la désalpe la quantité de fromages équivalant à ce qu’aura fourni la laitière, voire un seul fromage. Un vacher peut se voir confier quarante vaches appartenant à une trentaine de propriétaires différents.

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                   Raccards et galetas

 Une chiclette (chewing-gum) en bouche, me voici mâchonnant à la découverte des ruelles qui mènent à la Maison Bourgeoisiale, l’équivalent de notre mairie. Quelques vieilles bâtissent subsistent au beau milieu des pimpants chalets, nommés raccards, posés sur pilets et palets, rendus ainsi infranchissables aux rongeurs ayant eu fonction de greniers privés ou galetas, greniers d’habitations d’autrefois où l’on mettait tout son chni (les déchets). 

Un raccard Wikipédia

Un raccard

      

 

 

 

 

 

 

 

          T’as où, les vaches ?

Au fait, à toi qui me lis maintenant, dis-moi,  »t’as où les vaches ? » Une adorable expression typiquement valaisane, sœur cadette de « T’as où, les vignes ? » Ce qui signifie : « Toi, tu viens d’où ? » Il faut savoir qu’en pays valaisan, au-dessous de 800m d’altitude, l’on cultive la vigne. En dessus, il y fait trop froid. Plus de vignes mais des vaches, ce qui permet déjà de situer si l’interlocuteur vient du pays producteur de vin ou de lait.

Photo Lénaël

Photo Lénaël

               

 

 

 

 

Brâmée ou bec ?

Il y a encore beaucoup d’autres expressions ou mots valaisans. Allez faire un tour dans cette belle région alpestre, vous les y découvrirez de la bouche des Valaisans eux-mêmes. Mais ne vous montrez pas effrontés ou insolents. Vous pourriez vous entendre dire : « Nom de bleu ! Regarde voir aller çui-ci ! Il mérite une monstre brâmée (correction) ! »  Ou quoi ? Ou bien ?

Je vous quitte à regret car il est l’heure du dîner (repas du midi).

Et vous envoie un bec (baiser) valaisan.

Tchô, bonne….

 

 

 

 

 

                                                 

( 16 janvier, 2018 )

J’aime la liberté

ompha2 O

J’aime la liberté. Je l’aime trop

Pour la laisser filer. En *allegro

Ou bien *ad libidum, douce musique,

Tout en affabile*, mode basique,

Même en *moderato. Libre du choix

D’emprunter le chemin que j’aperçois,

Parsemé d’un tapis de fleurs sauvages,

Exempt de ces bourbiers, après l’orage,

Propres à envaser et le corps et l’esprit.

J’aime la liberté, je vous le dis,

La privilégierai en permanence,

De tout temps et tout lieu, à convenance.

Car il faut bien doser, à juste quantité,

Soupeser, évaluer, avec clarté,

Des jours, des mois, des ans les contraintes,

Sans risque de tomber sous l’étreinte

Des croyances et lois, étouffement

Invisible et sournois, encerclement

Hypocrite et trompeur, jusqu’à l’ivresse

Des grandes profondeurs, fausses caresses.

J’aime la liberté, je l’aimerai

Jusqu’à mon dernier jour, le clamerai.

 

Nellie     La Mauvillière, mardi 16 janvier 2018

 

Termes italiens employés en musique

*Allegro : vif, gai.

*Ad libidum : librement

*Affabile : aimable

*Moderato : modéré

( 13 janvier, 2018 )

Suspension

 

                        Suspension

 

Ils naissent à foison mais s’éteignent de même.

A peine présentés, déjà interrompus,

Un chemin caillouteux que l’ornière parsème,

Que guette le danger, au vide suspendu.

 

Les uns sont pétillants, enflammés, souriants,

Leurs frères plus sérieux, adultes et honnêtes.

Ils peuvent se montrer coquins ou chenapans,

Ridicules, gredins, voire sans queue ni tête.

 

Je voudrais te clamer ces mots qui n’osent pas

De ma bouche sortir, langage d’amoureuse,

Qui, comme tuile au vent, tombent à grand fracas

 

Dans un pli de mon cœur, me rendent malheureuse,

Coincés à tout jamais, car tu ne sembles point

Sensible à leur attrait. Tu n’en as pas besoin ?

 

mots 4

 

Nellie, le 5 janvier 2017 , La Mauvillière

( 9 janvier, 2018 )

De bouche et d’ouïe……. Finlandia

 

 

Joli souvenir, naïvement écrit, d’un petit déjeuner pris en charmante compagnie, un matin de décembre 2017

 

Sur la table, deux chauds croissants,

Thé et café aux bols fumants.

Repose au panier la chienne,

Attendant que du maître vienne

La permission de son lever.

Sibelius* est programmé.

Au doux délice des oreilles

Récemment sorties de leur veille,

Finlandia*, Tapiola,

Rakastava, Kuolema.

Partage du plaisir de bouche

Et d’une musique qui touche

La corde sensible du cœur.

Echos d’un matinal bonheur.

Sibelius. Merci au site Musicologie.org

Sibelius. Merci au site Musicologie.org

 

La Meilleraye de Bretagne, le 19 décembre 2017

*Jean Sibelius (1865-1957), compositeur finlandais de musique classique,  dont le célèbre poème symphonique Finlandia. Il a participé à forger l’identité nationale finlandaise.

( 9 janvier, 2018 )

L’omelette de Noël (pas si conte que ça !)

L’histoire que je vais vous conter se déroule en l’an de grâce 2017, sous le règne de l’honorable roi Macron 1er.

Dans une humble chaumière des bords de Loire, un couple s’apprête à fêter la Noël. Sans y croire vraiment, à cette tradition d’un petit prénommé Jésus né d’une sage vierge et d’un esprit volage, aussitôt couché dans la paille d’une vulgaire mangeoire et réchauffé par les naseaux fumants de deux lourds mammifères.

Dans les autres foyers, c’est l’abondance. Chacun a préparé le foie gras d’oie, tué la dinde hier, épluché les marrons pour lui farcir le giron, fourré la bûche de grasse crème au beurre et sorti de la cave l’exceptionnelle cuvée.

Ici, ils feront simple. Pas question de traîner à table toute la soirée. A quoi bon !!! Il y a mieux à faire !

Fouillant dans le placard, l’homme y trouve un concombre, quatre œufs et un reste du repas précédent. Cela leur suffira.concombre

Les rondelles du vert légume aqueux s’amoncellent, les calcaires enveloppes ovoïdes sont brisées et le magret vite tranché.oeufs

 

L’on s’active au fourneau. La femme a en charge la transformation des œufs en omelette juste baveuse. Ainsi l’apprécient-ils tous deux !

Qui eût prévu qu’un surdosage soudain plomberait l’ambiance nocturne qui s’eût pu avérer joyeuse ?

Chacun sait que, si trop d’exemples tuent l’exemple et que trop d’amour tue l’amour, il n’est point à démontrer que trop de sel occit vite une omelette !

sel

Ah, ce coquin chlorure de sodium pourtant si fin qui, aussitôt introduit dans l’appareil, prit une maligne joie à fondre de plaisir en jouissant aussitôt d’une franche et fraîche liaison, copulant avec blancs et jaunes intimement liés ! Maudite triple union échangiste  qui, une fois les fesses cuites sur poêle, se révéla vraiment, vraiment trop pendable !

La première bouchée, ponctuée d’un grimaçant Pouahhhh ! signifia leur congé à fourchette et couteau. L’estomac lui aussi se trouva en repos forcé, pepsine et lipase gastriques brusquement mises à pied. L’homme, pour s’occuper, tria les miettes de magret et fit semblant de bonne figure en s’en sustentant. La femme, le moral en berne, les yeux humides, faillit se noyer en larmes et étouffer en vaines excuses mais le mal était irréparable !

 

Epilogue

Une tierce personne, jusqu’alors très discrète, joua, tout juste à temps, le rôle du tampon. Pour le poilu buvard à pattes sagement assis près du maître depuis le début du repas, ce fut alors la fête.

Baccha

Baccha

La Meilleraye de Bretagne, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2017

( 5 novembre, 2017 )

Vous avez dit bis, bisse ou bise ?

Le second sera le propos du jour. La bise, je vous l’offrirai bien volontiers ensuite. Quant au bis, non, je ne le répéterai pas. A moins que……

Quest-ce donc qu’un bisse ? Propre au canton du Valais suisse, « c’est un canal d’irrigation, une tranchée ouverte qui achemine l’eau des torrents jusque dans les prairies et champs secs, les vignobles et les vergers », renseignent Mr et Mme Wikipedia. 1508403854560

Il est fréquent d’en rencontrer qui serpentent le long des sentiers à flanc de montagne. Si certains sont encore utilisés de nos jours, la plupart sont conservés et entretenus en tant qu’équivalents de nos voies vertes, excellents buts de balades dominicales à divers degrés  de difficulté. Il y a intérêt à bien se renseigner avant de s’aventurer car parfois les passages longeant les bisses sont étroits, n’offrant qu’une seule main courante de secours, une éventuelle chute le long de la paroi vertigineuse risquant d’être mortelle, à moins d’avoir prévu un parachute de fortune ou des ailes ultra performantes ! D’autres ont leurs fantaisies en ponts de singe, suspensions de rondins de bois et cordages au-dessus d’un vide immense, qui se balancent au gré des pas saccadés ou non du marcheur hardi ou timoré.  Halte là aux malades du vertige !

1508405386018 

Allez, je vous accorde un petit bis pour une seconde explication, plus complète, extraite de la « Définition tirée des statuts de l’Association des Bisses du Valais :

« Le terme de bisse (Wasserleite, Rüs, Suone, raye, meunière) recouvre toute installation d’amenée d’eau d’irrigation avec ses équipements, exploitée sous forme communautaire, de la prise d’eau dans la rivière jusqu’à l’exutoire, à savoir les installations construites par la main de l’homme et servant au transport de l’eau, inclus la prise d’eau, les dessableurs, les installations de stockage, les canaux de transport, les répartiteurs, ainsi que les canaux de décharge servant au réacheminement de l’eau dans le réseau hydrographique. Ne sont pas compris les réseaux de distribution exploités par les privés. »

Une façon ingénieuse d’irriguer gratuitement les terrains en contrebas. Dès le XIIIe siècle, ils sont mentionnés dans les écrits. Au XIXe, il en existe plus de 200. Généralement possessions communautaires de groupes de paysans qui les entretenaient. Un garde était employé à surveiller le bisse pour la juste répartition de l’eau entre agriculteurs montagnards. 1508403939273

Le roi des bisses, c’est celui de Saxon, dans la région de Nendaz. Il atteint 28 kilomètres de longueur. 4 kilomètres pour le bien nommé Petit Bisse. D’autres noms de bisses ? Tsittoret, Sion, Ayent, La Tsandra, Vercorin,… tous sis dans le Haut, le Central et le Bas Valais….Certains sont encore en activité, arrosant généreusement les terres agricoles des paysans de la moyenne vallée.

Des vacances à la découvertes des bisses, pourquoi pas si vous allez du côté de la Suisse valaisane ! Moi, je retournerais volontiers sur ces chemins dans lesquels l’eau du torrent, captive dans ces étroits couloirs-bisses chante toujours en suivant son chemin vers l’aval.

Dernière petite chose : vous pouvez me tendre la joue maintenant car vous l’avez bien méritée, votre bise puisque vous voici parvenu(e) jusqu’au terme de cette histoire de bisse.

Et si, n’ayant pas tout compris, vous désirez remonter le courant pour une lecture bis, n’oubliez pas que vous aurez droit à une seconde bise.  

( 30 octobre, 2017 )

Rêve de demain

Labyrinthe de la cathédrale de Chartres

Labyrinthe de la cathédrale de Chartres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’avenir, cet ailleurs qui vous comble d’espoirs

Sots, insensés, fous ! Difficiles ajutoirs

Entre hier et demain et de la vie la suite !

Maint portail à ouvrir, une seule clef fortuite.

Labyrinthique choix de chemins inconnus,

De dédales chinois et de sommets ardus,

De lendemains rieurs, d’après-demain tristesse.

Il faut s’attendre à tout sur la terre diablesse !

Je rêve de bonheur, le malheur est partout !

Des cœurs je sens le froid, la pierre et le dégoût. 

L’olympe sur ce sol ? Mais vous n’y comptez guère !

Niche-t-il dans l’ombre ou tout près de Cythère ?

Hermétique havre, inaccessible port,

Infranchissable pont, intouchable trésor

D’un navire gisant au fond de l’onde sombre,

Enfoui à tout jamais dans la pâle pénombre.

Avenir incertain, improbable ailleurs !

Rêver plutôt la vie pour un peu de bonheur !

Et non, tel Icare, les ailes trop brûlées, 

Chuter depuis le ciel vers les géhennes damnées.

 

 

 

 

 

La chute d’Icare. Marc Chagall. Centre-Pompidou

 

( 30 octobre, 2017 )

Lettre ouverte aux enfants expatriés

 

Vue de la fenêtre de ma chambre, en face

Vue de la fenêtre de ma chambre, en face

Quatre jours de bonheur en Suisse suivis d’une semaine de vacances des enfants suisses ici ne pouvaient que m’inciter à partager avec vous mes impressions sur ce blog abandonné à la page vide depuis plus de trois semaines au moins.  

Essai humoristique sur le départ des Petits Suisses

Dimanche 29 octobre. 3h30 du matin. La maison râle de se sentir abandonnée, et moi aussi. Les charmants enfants viennent de déserter leur terre natale pour rejoindre ce minuscule ridicule pays, 12 fois moins grand que notre chère France, dont ils sont tombés en amour. Une infidélité de plus de vingt ans déjà ! Pourquoi s’expatrier dans cette nation exempte de ces infinies superbes côtes océaniques, de cette mer « qu’on voit danser le long des golfes clairs », privée de ce climat modérément pluvieux, dépourvue de mouettes rieuses et de goélands argentés kreeayant gaiement en frôlant la vague houleuse ! Envolés vers ce bout de terre aux bosses acérées, aux pics vertigineux risquant de trouer les nuages et de déclencher mainte avalanche de cette trop pâle fleur de farine glacée, vers cette étrange contrée ayant recours à pas moins de sept présidents pour venir à bout des lois, contrats et traités à régir !

 Zut alors ! J’attends déjà ce retour au bercail (pas avant un an, dîtes-vous ?) Mais c’est la Bérézina, Waterloo et Trafalgar tous réunis !!!!

Vue de la fenêtre de ma chambre, à gauche

Vue de la fenêtre de ma chambre, à gauche

 

 Me reste l’espoir d’ouïr très bientôt, et souvent, les sonnailles et clarines des mammifères au lointain, le cri de la marmotte apeurée sur l’alpage et, et, et …le son de votre voix au téléphone, sur le natel, le Skipe ou le WhatsApp, mes enfants chéris.

Bon voyage à vous !  De tout cœur avec vous ! Mum 

( 25 septembre, 2017 )

Libre…

1503649881774Je suis libre, libre de mon voyage,

Tel l’air gouverné par le vent du Nord,

Comme la pluie projetée des nuages,

Telle la feuille dans sa chute indolore.

 

Je ne sais où je vais mais suis en route

Vers l’inconnu, vers un monde nouveau.

Vers la sérénité. Tissage achevé récemment.

Vers la sérénité. Tissage achevé récemment.

 

Ne sais qui me guide mais vis l’écoute

De cette voix résonnant en écho.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1503649881586Echo d’une mélodie de l’espérance,

Echo d’une symphonie de la tendresse,

Histoire de jours meilleurs, de renouveau,

Reflets d’un clair de lune, tout en caresse.

 

Qu’est-ce que la liberté sinon l’attente ?

La soif de combler cet état de vertige ?

Le souhait de serrer la main riante ?

Le désir de réussir sa voltige ? 

tissage

 

 

 

 

 

 

( 13 septembre, 2017 )

Mauves en robe rose

J’aime les mauves, roses striées de fins traits de mauve sur tapis vert. A l’approche de l’automne, les coquettes malvacées offrent leurs clairs pétales, perchés sur tiges, au-dessus de l’émeraude prairie.

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Saviez-vous que le terme « mauve » évoquant la couleur, cousine germaine du violet et du lilas, n’est apparu qu’en 1781 ? La reine Marie-Antoinette aimait cette nuance obtenue sur tissu avec teinture à base d’orseille, extraite de certains lichens, puisqu’elle commanda un ruban mauve en 1787, notent les écrits. mauves1

 

French purple, disent les Anglais, violet français. Quatre nuances lui sont attribuées : mauve vrai, mauve pourpré, mauve violacé et mauve lilacé. 

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Aujourd’hui décor naturel des champs et talus, la jolie malvacée a connu son heure de gloire. L’omnimorbia, ainsi prénommée en latin, combattante de toutes les maladies, était cultivée pour ses propriétés médicinales, appréciée de Pline et Cicéron, présente dans tous les jardins des couvents du Moyen-Age à la Renaissance.

Seraient-elles à croquer, ces mauves ?

Seraient-elles à croquer, ces mauves ?

 

Son mucilage soulageait la gorge, le gonflement des mains, les inflammations de toutes sortes et les blessures.

Une mauve aurait-elle tapé dans l'œil de Nana ?

Une mauve aurait-elle tapé dans l’œil de Nana ?

Certains disent même que la jolie plante aiderait à occire les cellules cancéreuses. 

 

 Sachez encore que les uniformes des gardiens de la paix belges sont de couleur mauve. Et ce n’est pas une blague ! 

Mauve alors ! La vie en mauve, c'est comme celle en rose ?

Mauve alors ! La vie en mauve, c’est comme celle en rose ?

 

 

 

Si, sur votre chemin, vous rencontrez des mauves, vous me direz si vous les trouvez si mauves, ces jolies fleurs roses !

Optique illusionnée !

Optique illusionnée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Attendre patiemment qu’une graine se mette peu à peu à germer, jusqu’au jour ou s’épanouira la fleur de la solution », Yukio Mishima, écrivain japonais

 

« Tel fleurit aujourd’hui qui demain flétrira. Tel flétrit aujourd’hui qui demain fleurira. » Pierre de Ronsard

 

 

( 11 septembre, 2017 )

Vogue, vogue mon voilier…

Tissage terminé ce dimanche 10 septembre. Bois flottés et toison de mes brebis, teinte avec plantes.

Tissage terminé ce dimanche 10 septembre. Bois flottés et toison de mes brebis, teinte avec plantes.

De me mener en galère,

Il n’est vraiment plus question !

A Dieu vat, vat et revat !

J’ai choisi petit voilier

Pour voguer sur les eaux calmes,

Bien à l’abri des tempêtes,

Des remous et des cyclones.

Vogue, vogue mon voilier !

Porte-moi où bon te semble,

Au pays de l’Amitié,

Sur le lac aux Nénuphars,

Près des monts de la Franchise

Ou bien de la Pureté.

Vogue, vogue, mon voilier ! 

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( 10 septembre, 2017 )

Bonjour, la famille Tatie!

Sauvées in extremis de leur ultime voyage vers l’abattoir, les voici déjà paissant dans le vaste enclos du champ. Moi qui m’étais, à la mort de Kiwi, le gentil et ultime mouton mort le 20 juillet dernier, promise de ne plus reprendre d’animaux brouteurs, j’ai craqué. 

Marché de Gavray, jeudi 7 septembre. Parmi les centaines de moutons et brebis attachés court aux barres sous le foirail, il faut choisir vite et quitter cet endroit de marchandage de vies animales, débordant de bêlements inquiets, d’yeux effrayés, de gros maquignons tâtant les croupes bondissant de peur et de senteurs d’abattoir proche. 

Justement, « cette jolie maigre à tête noire, c’est bien une Roussin de la Hague? », m’adressai-je à l’homme déjà âgé, en courte blouse noire. Après son « oui » solitaire, j’insiste pour connaître la suite.

- « Elle est âgée ?

-Dix ans au moins. Pourquoi, elle vous intéresse ? »,  annonce le vendeur surpris par cette curiosité soudaine envers une vieille brebis à réformer au plus vite.

Les 4 nouvelles arrivées

Je me fais insistante, sachant que l’inexorable mal qui guette les moutons en fin de vie, ce sont les pattes ne voulant plus porter les corps laineux :

« A-t-elle mal aux pattes ?

-Non, pas du tout. Elle n’a plus guère de dents : il lui faut juste de la grande herbe et du foin », ajoute le maquignon voyant que le marché pourrait se conclure.  

Inévitable question ! 

« -Combien ? 

-50€. 

-OK. Je la prends. « 

Et de une qui va éviter le couteau Alal ou Casher. 

Ne supportant pas les animaux à l’unité, future vie de solitude et de tristesse, je persiste auprès de l’homme qui ne me paraît pas, après tout, le plus détestable du marché.

- »Et celle d’à côté, elle est à vous aussi ?

-Oui et c’est le même prix ». 

Un large trait de stabilo spécial postérieur ovin et les voilà toutes deux marquées VENDU.

Quand soudain mon regard est accroché par deux immenses yeux vert d’eau striés de marron qui me fixent avec tant d’insistance que vous en devinez déjà la suite…

Tatibelle, la charmeuse à l'œil vert d'eau.

Tatibelle, la charmeuse à l’œil vert d’eau.

 

« -Attention, celle-là, c’est pas le même prix ! Elle est belle. »

Traduction de « belle » en langage maquignon = grasse, dodue, espoir de futurs beaux gigots et côtelettes, en raccourci « bonne à tuer ». 

« -Mais pourquoi elle vous intéresse, celle-là ? Si vous en voulez une autre, prenez plutôt la petite tachetée, juste à côté. Elle vous plaît pas, celle-là ? »

-Mais la grosse a de si beaux yeux ! », rétorquai-je, un brin de malice et de provocation dans les miens. 

J’ai alors vu dans le regard de l’homme, non pas de la moquerie, mais une touche de douceur, un peu d’humanité. Il s’est alors tourné vers moi et m’a observée d’un regard bienveillant.

90 + 70 + 50 + 50 = « 250€, pas plus. OK ? »

Pas le premier en calcul mental autrefois sur les bancs de son école du val de Saire, ce monsieur, car j’ai dû attendre quelques secondes avant qu’il s’aperçoive de l’erreur volontaire de ma part, en bonne normande. 

« -Non, non, ça fait 260 !! Allons, bon, d’accord pour les 250 ! », acquiessa-t-il en sortant, une fois de plus, son stylo marqueur. 

Affaire conclue, chèque empoché, le Cotentinois renseigna qu’il menait régulièrement paître son troupeau d’une centaine de têtes sur l’île de Tatihou, louant les herbus à l’office du Littoral.

En effet, les quatre dames enlainées, habituées à voyager, sautèrent prestement dans la remorque sans se faire prier, en route vers leur nouveau havre de paix dionysien.

 

Tatihou, Tati, bonjour les quatre Taties ! 

Miam miam !

 

 

 

( 31 août, 2017 )

Un trou dans le glacier

Un trou dans le glacier, un cratère dans le cœur !

Réchauffement, glaciation ? Pauvre nature !

Animal, végétal, minéral : ça va mal.

Aucun n’est épargné, tout s’effrite, se dissout !glacier 1

Ce glacier de Moiry est situé à quelques kilomètres de chez mes enfants suisses. Lénaël, mon fils aîné, travaille, en pleine nature, non loin de là. Un endroit et des enfants magnifiques que j’ai hâte de revoir. Photo Lénaël Duval

Ce pâle fleuve de glace avait bien fière allure,

Il y a cinquante ans mais aujourd’hui se meurt,

A perdu ses rondeurs, s’amaigrit à vue d’œil.

Autre photo sgnée Lénaël Duval

Autre photo signée Lénaël Duval

 

Situé en Valais suisse, enfant de la Gougra,

Petit-fils du grand Rhône, là-haut dans la montagne,

Sorti du Grand Cornier, à 3900 mètres,

Il est en perdition et ses jours sont comptés.

Photo Lénaël Duval

Photo Lénaël Duval

Souhaite aller bientôt, avant qu’il soit fondu,

Le consoler un peu, lui confier mon chagrin.

Je lui ferai cadeau de mes larmes amères,

Il purifiera mon cœur plein de tristesse.

Nous nous consolerons, minéral et humain.

Et pourquoi pas ? Suffit de nous tendre la main.  

( 30 août, 2017 )

Amertume

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Confier son chagrin à l’ami

Pour ne pas déjà succomber,

Espérer trouver la raison

De continuer un brin de vie,

Quitter le sentier d’amertume,

Trouver le chemin du pardon

Pour voguer sur l’onde clémente,

Sortir enfin de la brume

Et rejoindre la voie aimante.

Tissage achevé hier soir, 23h, fait de bois flottés que j’ai assemblés à l’aide de chevilles de bois et de ficelles de coton, puis, sur la chaîne,  laine de mes brebis. Je l’ai nommé Amertume.

Tissage achevé, hier soir, sur cadre, fait de bois flottés ramassés, l’été dernier, au Hameau Labour à Lingreville, que j’ai assemblés à l’aide de chevilles de bois et de ficelles de coton, puis, sur la chaîne, laine de mes brebis, teinte avec garance et chlorophylle. Je l’ai nommé Amertume.

 

 

 

 

 

 

 

 

( 29 août, 2017 )

Soleil couchant

A l’automne d’une vie, tel un soleil couchant, 

Pouvoir se refléter encore au doux miroir

De tendres yeux aimés. 

Quelques jours, quelques mois, un an, deux ans, dix ans,

Murmurer à l’oreille fidèle un bonsoir

Sans adieu, apaisé.

Cette superbe photo du soleil se couchant sur la mer, prise hier par Romaric, peut-être un message d'espoir que demain l'astre se lèvera encore !

 Cette jolie photo prise hier soir par Romaric, mon fils cadet, venait à point… pour faire le point. Tout un symbole ! Merci, Romi !

Le soleil s’est couché, le reflet évanoui,

Le rêve s’est brisé, emporté par les flots

de l’infidélité.

Ces traces sur le sable, ces chemins définis,

Et au loin du rivage, ce tranquille bateau,

Un demain épuré ?

( 28 août, 2017 )

Demain, l’aube jolie blanchira la campagne…

Les Anglais le nomment breakup. Pour les Allemands, c’est das Ausenanderbrechen. Les Italiens parlent de rottura et les Espagnols ruptura. Très douloureux, ce phénomène, malheureusement assez répandu à notre époque, dans cette civilisation, vous brise en deux et vous colle la boule au ventre, les boyaux en déconfiture et les cernes aux yeux.

Prévisible mais retenue en l’air le plus longtemps possible, la lame de l’épée atteint le cœur du plus vunérable des deux. C’est cela, un duel ! Il faut bien un vaincu. Le vainqueur retirant l’arme blanche de l’organe vital avec satisfaction, confusion ou regret, à son choix. Une fois le perdant tout baignant dans son sang, deux possibilités lui sont encore offertes. Ou bien il se laisse couler le liquide vermeil jusqu’à épuisement soit, la main serrant dur son pauvre cœur blessé, le malheureux se relève et appelle au secours. Deux autres potentialités se présentent alors. Soit le filet de paroles devenu inaudible, le voilà envoyé ad vitam aeternam dans la gueule des Enfers, soit sa voix fut audible, ses anges et amis accourant prestement. A vous faire confidence, j’opterais sûrement pour la seconde chance.

Car demain, l’aube jolie blanchira la campagne, le chagrin cessera et la vie reprendra, plus belle, plus honnête et plus pure peut-être…    

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